2011.11.11_Douaumont.jpg Le 11 novembre, nous célébrerons l’anniversaire de l’armistice de 1918 qui mit fin à la « grande guerre ». En plus des 500 000 soldats de l’Empire, souvenons-nous que plus de 8 millions de Français furent mobilisés, soit 20 % de la population, représentant à l‘époque 75 % des hommes de 20 à 55 ans. Ils ont rejoint l’armée pour repousser l’envahisseur allemand, tandis que les femmes et les enfants assuraient la production agricole pour survivre et l’activité industrielle pour fabriquer armes, munitions et matériels de guerre.
Au soir de la victoire, le bilan fut terrible : 1,3 million de morts, soit 16 % des mobilisés, 1,1 million de blessés, 750 000 orphelins et 600 000 veuves, sans parler des ruines qui couvraient le quart nord-est du territoire métropolitain. La proportion des tués parmi les combattants a dépassé 18 % ; elle fut le double chez les officiers. Aucun autre grand pays engagé dans cette guerre n’a supporté, en proportion de sa population, de tels sacrifices.
Le dernier Poilu a disparu ; ce jour anniversaire est un jour sacré, celui du souvenir et de l’hommage unanime rendu en métropole et dans les départements et collectivités d’outre-mer, par tous les Français, à tous ceux qui sont morts pour la France. Il s’agit d’honorer tous ceux qui depuis vingt siècles ont « fait la France à coups d‘épée » et continuent aujourd’hui encore de la servir, partout dans le monde, au prix du sang.
Si notre pays est riche malgré la crise, indépendant en dépit de la puissance d’un nombre croissant d’Etats et si notre liberté est enviée par la plupart des peuples du monde, c’est d’abord grâce au sacrifice de ces hommes et de ces femmes qui ont accepté, à 20 ans, de donner leur vie pour défendre ce bien commun reçu de leurs pères et qui se nomme la Patrie. Cet héritage, nous devons le protéger, si possible l’enrichir puis le transmettre à la génération suivante.
Aujourd’hui la France est confrontée à d’autres défis. Il ne s’agit plus d’invasion militaire mais, depuis quelques mois, de crise financière. Il en va de son économie, de son développement et à terme de sa capacité à préserver son indépendance et sa liberté. Qui peut croire que notre pays pourra arriver à l‘équilibre budgétaire et supprimer la dette sans des efforts durables partagés par l’ensemble des Français ? L’exemple des sacrifices consentis par nos soldats peut-il aider à faire ces efforts ?
Serons-nous unis et solidaires, comme le furent nos parents hier au front et nos soldats aujourd’hui en Afghanistan ?
Tout est possible pour notre peuple, sans être jamais acquis. Notre longue histoire l’atteste : dans des circonstances souvent plus graves, nous avons su rétablir des situations jugées désespérées chaque fois qu’il s’est trouvé une volonté commune de gagner et de vaincre. Au-delà des clivages politiques, religieux et philosophiques, les Français sont capables de se retrouver sous réserve qu’on veuille et qu’on sache leur parler, que quelqu’un oriente leur action.
Dans les crises du temps de paix comme hier dans la guerre, il faut à la France des chefs qui montrent l’exemple et soient prêts à payer de leur personne ; des chefs francs et courageux, car « aux armées comme aux peuples, pourvus de chefs excellents, tout le reste sera donné de surcroît ».

Association de soutien à l’armée française


"Les français sont capables de tout pourvu que ceux qui les commandent soient capables de leur bien enseigner ce qu'il faut qu'ils pratiquent. S'ils vivent sans discipline en ce Royaume, ce n'est pas tant leur faute que celle des chefs qui les commandent, qui se contentent d'ordinaire de faire de belles ordonnances et n'ont pas le soin qu'ils doivent de les faire observer." Cardinal de Richelieu