Mère Thérèsa nait en 1910, à Skopje, capitale de la Macédoine d’une famille d’origine albanaise. En 1928, à 18 ans, elle rejoint l’institut des Sœurs de Notre Dame de Lorette près de Dublin en Irlande. En 1929, elle débarque à Calcutta, ville importante suitée en Inde orientale près du Bangladesh, pour y faire son noviciat. En 1931, elle fait sa profession de foi et choisit le prénom de Theresa par admiration pour Sainte Thérèse de Lisieux. Pendant 20 ans, elle enseigne la géographie à Loreto Entally, une école pour filles de castes supérieures, à l’abri du monde misérable et sale de Calcutta.

Le 10 septembre 1946, elle reçoit de Dieu, ce qu’elle appellera Un appel dans l’appel. En effet, Dieu lui enjoint, comme un ordre, une certitude de quitter son couvent et d’aller vivre parmi les plus pauvres d’entre les pauvres. Elle demande à l’archevêque Ferdinand Perier, la permission de quitter sa congrégation et reçoit, le 8 août 1948, l’autorisation d’exclaustration du pape PIE XII à Rome.

Lorsqu’elle quitte le couvent, elle a 5 roupies en poche et un sari qu’elle s’est confectionné pour marquer son inculturation. Son sari blanc gansé de bleu rappelle les traditionnelles représentations de la Vierge.

En décembre 1948, après 4 mois de formation infirmière, elle ouvre sa 1ère école dans un espace public de Calcutta pour des dizaines d’enfants abandonnés à qui elle enseigne l’alphabet et distribue des savons. Elle ouvre aussi le ’mouroir’ de Calcutta pour assurer une fin digne à ceux qui, leur vie durant, avaient vécu comme des bêtes. Plusieurs autres sœurs et anciennes élèves de Loreto l’ont rejointe, si bien qu’au printemps 1950, elle rédige la règle d’une nouvelle congrégation Les Missionnaires de la Charité dont la vocation est de répandre l’amour qui vient de Dieu. Elle prend alors officiellement le nom de Mère Theresa.

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Pour elle chaque vie est sacrée : Même l’enfant, non encore né, a la vie de Dieu en lui. Nous n’avons pas le droit de détruire cette vie pour quelque raison que ce soit répète-t-elle à propos de l’avortement, ce qui lui vaudra des critiques de l’occident.

Mère Theresa n’en a cure : sans relâche, elle fonde, recrute, secoue les indifférences, frappe aux portes et aux cœurs des puissants.

A partir de 1970, devenue célèbre, elle utilise cette notoriété pour élargir son réseau de donateurs et rappeler que les pauvres n’ont pas besoin de pitié mais de respect. En 1979, elle reçoit le prix Nobel de la Paix.

En 1996, la congrégation des Missionnaires de la Charité comptait 517 missions dans plus d’une centaine de pays. Il y a actuellement 4000 sœurs Missionnaires de la Charité. En 1997, elle décède à l’âge de 87ans. L’Inde a déclaré le lendemain de sa mort un deuil national et lui a offert des funérailles nationales. En 2016, elle est canonisée par le pape François.


Pendant 50 ans, la vie de Mère Theresa de Calcutta a été marquée par la grande épreuve spirituelle de la Nuit de la Foi. Elle était assaillie par le doute concernant l’existence de Dieu. Ces années de nuit intérieure constituent un trait important de sa figure spirituelle. C’était un supplice secrètement enfoui en elle et dissimulé derrière un visage paisible qu’elle avait en public. Personne ne savait qu’elle était tourmentée. Cette épreuve de la Nuit de la Foi apparaît avec précision, jusque-là inédite, avec la publication en 2007, d’un ouvrage compilant 40 lettres rédigées au cours des 6 dernières années de sa vie et qu’elle voulait voir détruites pour certaines.