Homélie du Père Ambroise Marie Pellaumail à Amblainvilliers pour la vigile de Pentecôte (2 juin 2017)

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Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Chers Pèlerins,

Cette année, nous marchons en méditant sur le thème de « Sainte Marie, Mère de Dieu ». A travers les différents mystères du rosaire que nous méditerons pendant ces trois jours, nous contemplerons le mystère de la maternité divine de Marie. En effet, la plupart des mystères du Rosaire nous présentent Marie comme la mère de Jésus, associée à la vie de son Fils. Après les scènes de l’évangile rapportant la vie terrestre du Christ, les trois derniers mystères glorieux nous font contempler Marie comme notre mère. Ainsi nous prenons vraiment conscience de la maternité de Notre-Dame à notre égard. Par les paroles « Voici ton fils » adressées à Marie et « voici ta mère » adressées à l’apôtre Saint Jean au pied de la Croix, Marie reçut la mission de cette nouvelle maternité qui lui a été confiée. Après le retour de Jésus auprès de son Père, les mystères de la Pentecôte, de l’Assomption et du Couronnement nous dévoilent cette maternité de grâce de Marie.

Marie reçut une première effusion de l’Esprit-Saint à l’Annonciation pour devenir mère du Seigneur : Elle conçut du Saint-Esprit. Pour devenir notre mère, elle reçoit une nouvelle effusion de grâce. Au milieu des apôtres, elle enfante à la grâce l’Eglise, qui est née du côté du Christ sur la Croix, ainsi que tous les chrétiens, membres de l’Eglise. Mais cette maternité va prendre toute son ampleur avec l’Assomption. En montant au Ciel avec son corps et son âme, Marie peut ainsi veiller, du haut du Ciel, sur chacun de nous. Elle est devenue « l’étoile de la mer » chère à Saint Bernard et aux marins, qui dans les périls l’invoquent pour être assistés de son secours. Les différentes apparitions mariales nous montrent cette proximité et cette douceur maternelle envers les voyants en particulier et aussi envers tous les hommes. Enfin, par le couronnement de la Vierge, Jésus veut associer Marie à l’extension de son règne. Il veut que son règne s’étende par celui de Marie. Comme le dit Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, au début du traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge : « C'est par la Très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et c'est aussi par elle qu'il doit régner dans le monde. » En effet, par sa douceur maternelle, Marie est capable de toucher les cœurs les plus endurcis pour les ramener à Jésus.

A côté du rosaire, bien des prières nous parlent de cette maternité de Marie envers nous. C’est le cas des litanies de la sainte Vierge, dites de Lorette, que vous pourrez réciter pendant ces trois jours et qui comportent un certain nombre de titres attribués à la Vierge. Parmi toutes ces invocations, quatre titres nous aident à mieux saisir cette maternité de Marie à notre égard : « Salut des infirmes », « Refuge des pécheurs », « Consolatrice des affligés » et « Secours des chrétiens ». Ces quatre titres nous montrent que Marie comme mère de grâce, est mère miséricordieuse, mère de miséricorde : les épreuves de sa vie terrestre et notamment celle de voir souffrir autant son Fils ont forgé en Marie un cœur à l’unisson de celui de son fils. Si Dieu montre toute sa miséricorde envers nous par le mystère de la Rédemption, Marie ne peut qu’imiter son fils et son sauveur dans cette voie de la miséricorde. La proximité de Marie et de Jésus et l’union de leurs deux cœurs vont faire de Marie, une mère de miséricorde, vont lui apprendre à voir comme Dieu voit, et à aimer comme Dieu aime. Les quatre titres des litanies soulignent comment Marie est celle qui remédie à notre misère, comment elle est mère de miséricorde.

De plus, ces quatre invocations nous parlent à chacun d’entre nous, car nous sommes tous d’une certaine façon :
Infirmes au moins spirituellement en raison de nos péchés ;
Pécheurs, car encore loin de la sainteté ;
Affligés au moins par nos péchés et aussi par les épreuves ;
et Chrétiens depuis notre baptême.

Tout d’abord, comme « Salut des infirmes », Marie est celle qui agit à notre place dans l’ordre surnaturel et spirituel quand nous sommes devenus trop faibles, trop malades, quand nous sommes devenus incapables d’agir par nous-mêmes. Elle nous obtient la guérison de l’âme lorsque celle-ci est mise à mal par le péché et l’épreuve ; elle nous fortifie dans le bien lorsque nous sommes encore fragiles et elle nous soulage des maux en écartant bien des dangers pour notre âme. Comme « Refuge des pécheurs », Marie révèle toute sa miséricorde, car elle accueille à bras ouverts les pécheurs et les protègent des attaques du démon. Elle est notre avocate, comme le dit si bien le Salve Regina, car elle plaide notre cause auprès de son fils, même si nous avons fait les pires des péchés. Ce sont les entrailles d’une mère qui a souffert pour ses enfants, qui parlent à ce moment-là.

Comme « Consolatrice des affligés », Marie, est une mère qui nous soutient quand nous sommes accablés par les épreuves ou découragés par nos si faibles progrès dans notre conversion. Elle adoucit les peines qui nous accablent.

Comme « Secours des chrétiens », Marie est celle qui combat pour nous, qui nous obtient les victoires sur nos désordres intérieurs, sur le tentateur et sur les ennemis de notre religion.
En ce centenaire de Fatima, tournons-nous vers notre Mère, mère de grâce et de miséricorde pour qu’elle nous apprenne à être vraiment ses enfants et par là les enfants de Dieu. Prions pour que, par la répétition de nos Ave, par la contemplation des mystères du Rosaire et l’invocation de ses différents titres dans les litanies, nous prenions conscience de la maternité de Marie à notre égard et qu’ainsi nous sachions recourir en toute circonstance à cette si douce mère.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.