Pèlerinage de Pentecôte
de Paris à Chartres

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Actualité

jeudi 08 avril 2021

Chartres 2021 : les inscriptions sont ouvertes!

Chers amis,

Après les mesures gouvernementales sur le nouveau confinement, nous adaptons les modalités que nous avions retenues pour notre prochain pèlerinage de chrétienté des 22, 23 et 24 mai 2021.

Les régions Ile de France et Centre qui devaient pèleriner de Paris à Chartres sont désormais invitées à s’inscrire aux initiatives locales de leurs régions organisées par les Chefs de chapitres.

Les inscriptions sont ouvertes ce vendredi 9 avril, les tarifs maintenus à 9 euros pour recevoir le livret du pèlerin. Nous vous remercions de vous inscrire aussi nombreux que possible.

A la fin du confinement (fin avril) nous verrons avec les autorités si des pèlerins peuvent marcher de Paris à Chartres et, si oui, combien. Vous serez informés des décisions prises dès que possible.
Ces dispositions tardives s’expliquent évidemment par la complexité de la situation actuelle.

Restez bien en relation avec Notre-Dame de Chrétienté par le site www.nd-chretiente.com, par téléphone (01 39 07 27 00) ou avec votre hiérarchie régionale.

Et, surtout, aidez-nous par vos prières et vos inscriptions pour que "chrétienté continue" !

Notre-Dame de Chartres, priez pour nous,
Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous.


Notre-Dame de Chrétienté

mercredi 07 avril 2021

La Semaine AQUINAS - 7 jours pour quitter la confusion des idées

Pourquoi la Semaine AQUINAS ?

Chacun d’entre nous est confronté en permanence à un virus pire que le Covid : la confusion des idées. À tout moment, à tous niveaux, dans tous les esprits… Toutes les distinctions structurantes de la pensée – homme et femme, vie et mort, bien et mal, homme et animal, nature et liberté, nature et grâce, personne et société, etc… longue est la liste ! – sont aujourd’hui remises en question. Face à ce naufrage de la pensée humaine, la Semaine AQUINAS propose 7 jours de formation pour sortir de la confusion des idées et entrer dans une compréhension profonde du réel.

 

Et concrètement ?

La Semaine AQUINAS est une Université d’été qui offre aux étudiants et jeunes pros (jeunes gens et jeunes filles de 18 à 35 ans) une réponse doctrinale aux grandes questions qui agitent les esprits à la lumière de la sagesse chrétienne transmise par saint Thomas d’Aquin.

AQUINAS, c’est une semaine de formation riche (histoire des idées, philosophie, théologie), solide et abordable pour sortir de la léthargie intellectuelle. C’est aussi une semaine de rencontres entre intervenants et participants, tous animés par une même exigence de vérité, pour prendre le temps de poser les problèmes, de les étudier et de les résoudre. C’est enfin une semaine de vacances studieuses et détendues, dans le cadre idéal d’un cloître normand, avec la messe quotidienne (forme extraordinaire, rite dominicain), rassemblant des jeunes gens et jeunes filles venus de toute la France.

 

Pouvez-vous en dire un peu plus sur le contenu ?

Le thème de l'édition 2021 sera la "nature" (dans tous ses sens). L'objectif est de répondre à l'idéologie du gender et d'affronter les enjeux liés au transhumanisme. Le programme est composé de conférences pour apprendre, de tables rondes pour débattre, de témoignages d’acteurs de “terrain” pour vérifier cette réflexion toute simple : Les idées mènent les hommes. Les idées folles mènent à la ruine, les idées vraies mènent à la lumière. Les conférences seront données par des pères de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier et des prêtres de la Fraternité Saint-Pierre. Entre autres intervenants, nous serons heureux d’accueillir Emmanuel Brochier, doyen de l’Institut de Philosophie Comparée (IPC) et maître de conférences.

 

Que diriez-vous à un jeune qui réfléchit à s’inscrire ?

Je lui dirais ceci en me mettant à sa place : « Si je ne viens pas à Aquinas, je stagne au niveau zéro du marécage intellectuel qui me sert de culture personnelle, je reste solitaire dans mon trou à me morfondre sur les malheurs des temps, sans comprendre ni les causes ni les effets des modes intellectuelles qui agitent le monde… Mais si je viens à Aquinas, je sors de la confusion des idées, je construis un réseau d'échange et d'amitié autour d’un socle d’idées et de valeurs communes pour comprendre le réel. »

En résumé : Sors de ton confinement intellectuel. Viens à AQUINAS pour quitter la confusion des idées. Inscris-toi maintenant !

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La Semaine AQUINAS est organisée par la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier avec le concours de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre.

·      du 25 juillet au 1er août 2021

·      à l’Institut Croix-des-Vents à Sées (Normandie)

·      125 €/personne tout compris

 Inscription en ligne

jeudi 25 mars 2021

Recollection des chefs de chapitre d'Ile de France

Cette année, c’est au Bon Conseil dans le 7e arrondissement de Paris que se sont retrouvés les chefs de chapitre d’Ile de France le 7 mars. Les buts de cette journée sont multiples : profiter de ce temps de carême pour faire une récollection, tisser des liens entre les différents chefs de chapitre et bien sur en savoir davantage sur l’édition du pèlerinage de Chartres 2021 tout en préparant les méditations du prochain pelerinage.

La journée débute par la messe célébrée par l'abbé de Massia en présence de plus de soixante-dix de chefs de chapitre. Le thème du pèlerinage ne saurait cependant nous faire oublier le saint à qui notre année est confiée : c’est donc sur Saint Joseph que prêche le célébrant.

La matinée se poursuit par un rapide moment de convivialité autour d’un petit déjeuner, première occasion de se retrouver après une longue pause. Chacun échange sur la tournure que prit son pèlerinage l’année précédente malgré ces temps d’épidémie.

Avant d’entendre les topos spirituels, le responsable IDF vient nous donner un grand message d’espérance, tentant de rassurer ceux qui doutent encore de l’existence de notre pèlerinage cette année. Le reste de la journée sera consacré à l’approfondissement du thème de notre marche : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie », grâce aux abbés Damaggio, de Massia, Garnier et au père Chalufour. C’est pour nous l’occasion de saisir davantage notre devoir de connaitre Dieu et de proclamer la Vérité. Pour cela, nous sont rappelés les moyens qui nous sont donnés pour nous unir à Lui en particulier la Messe et les sacrements, grâce à l’Eglise qui est la médiation entre Dieu et les hommes. Et c’est de cela que vit notre âme pour avancer vers le ciel, dans une union toujours plus intime avec Dieu.

Nous avons également l’honneur d’avoir une intervention de Jean de Tauriers, président de l’association et Louis de Lestang, directeur de pèlerins et de rappeler toutes les actions proposées par Notre Dame de Chrétienté et de rentrer davantage dans le détail de l’organisation du pèlerinage à venir…qui aura bien lieu !

Cette journée conviviale s’achève par le salut du saint sacrement, où nous pouvons d’ores et déjà confier nos chapitres et notre marche. Nous repartons sanctifiés, rassurés, et plein d’espérance !

Un chef de chapitre

mercredi 17 mars 2021

Adieu « Humanae vitae ». Son fossoyeur arrive ( tiré de Diakonos.be)

(s.m.) Je reçois et je publie.  L’auteur de la note, Thibaud Collin, est professeur de philosophie au Collège Stanislas de Paris et a publié des essais importants sur les théories du « gender », le mariage homosexuel et la laïcité politique.  Son dernier livre, datant de 2018, s’intitule : « Le mariage chrétien a-t-il encore un avenir ? ».

Le point de départ de sa réflexion, c’est la récente nomination de Philippe Bordeyne, 61 ans, théologien moraliste, recteur de l’Institut catholique de Paris, comme président de l’Institut théologique pontifical « Jean-Paul II » pour les Sciences du mariage et de la famille, en remplacement de PierAngelo Sequeri.

Il entrera en fonction en septembre.  Et cela marquera une volte-face radicale de l’Institut qui porter le nom de Jean-Paul II, mais qui est toujours plus éloigné de l’enseignement du pape qui l’a fondé et de son prédécesseur Paul VI.

Le tremblement de terre qui a chamboulé l’Institut en 2018 est l’œuvre de son Grand Chancelier, l’archevêque Vincenzo Paglia, sur mandat du Pape François, visiblement au grand dam du pape émérite Benoît XVI.

Mais le président Sequeri était resté en place – un théologien d’une valeur reconnue et non suspect de conservatisme – pour porter courageusement la flamme d’une interprétation de l’encyclique « Humanae vitae » de Paul VI fidèle à son sens originel :

> Surprise. Un des hommes de François défend “Humanae vitae”

Mais aujourd’hui, ce dernier garde-fou vient de tomber.  Bordeyne se bat depuis des années pour le dépassement de cette encyclique et une nouvelle approche de la théologie de la famille qui, pour lui – et selon lui, pour le Pape François également – « ne s’arrête pas au triangle petit-bourgeois d’un père, un mère et des enfants », mais qui « est le lieu où chaque individu grandit comme une personne en relation », et donc « mépriser les famille différentes, ce serait aussi mépriser ce travail de socialisation » (interview à « La Croix », 8 avril 2016).

La parole au professeur Collin.

Mais alors qu’on l’appelle Institut « Amoris Laetitia »

par Thibaud Collin

La nomination annoncée de Mgr Philippe Bordeyne, actuel recteur de l’Institut Catholique de Paris, au poste de président de l’Institut Jean-Paul II est la dernière étape de la refondation opérée par Mgr Paglia et par le Pape François de cette institution explicitement voulue par saint Jean-Paul II et fondée par Carlo Caffarra. Cela confirme que cette refondation est bien une révolution.

La riche réflexion du pape polonais sur le corps sexué, le mariage et la famille peut être perçue comme une réponse au fiasco de la réception de l’encyclique de saint Paul VI “Humanae vitae”. Non que ce texte porte sur l’intégralité de ces sujets, loin s’en faut, mais il peut être considéré comme la pierre de touche de toute la doctrine de l’Église sur la sexualité et le mariage. La mentalité contraceptive à laquelle s’oppose l’encyclique est en effet objectivement la condition de possibilité de la légitimation sociale de l’avortement, des technologies de la procréation et de toutes les revendications LGBTQ.

Or la refondation de l’Institut Jean-Paul II entreprise depuis quelques années par Mgr Paglia, passant par le limogeage d’une bonne partie de ses professeurs et la nomination de théologiens comme Maurizio Chiodi  et Gilfredo Marengo, ne prend clairement plus “Humanae vitae” comme pierre de touche. Ce texte est désormais vu comme trop « abstrait » et « théorique » ; le statut qu’il lui est accordé en fait un idéal, quand bien même on le qualifierait de « prophétique »… autant dire un bibelot que l’on pose sur la cheminée pour la décoration et auquel on ne touche plus.  La nomination de Philippe Bordeyne confirme ce changement de paradigme. Qu’on en juge sur pièces. Voici ce que Mgr Bordeyne dit dans un texte écrit à l’occasion des synodes de la famille de 2014 et 2015 :

« L’encyclique ‘Humanae vitae’ enseigne que les méthodes naturelles de maîtrise de la fécondité sont seules licites. Il faut toutefois reconnaître que la distance entre la pratique des fidèles et l’enseignement magistériel s’est creusée. Est-ce pure surdité aux appels de l’Esprit ou le fruit d’un travail de discernement et de responsabilité chez les couples chrétiens soumis à la pression de nouveaux modes de vie ? Les sciences humaines et l’expérience des couples nous enseignent que les rapports entre désir et plaisir sont complexes, éminemment personnels et donc variables selon les couples, et qu’ils évoluent dans le temps au sein du couple. Devant le devoir moral impérieux de lutter contre les tentations de l’avortement, du divorce et du manque de générosité face à la procréation, il serait raisonnable de renvoyer le discernement sur les méthodes de régulation des naissances à la sagesse des couples, en mettant l’accent sur l’éducation morale et spirituelle permettant de lutter plus efficacement contre les tentations dans un environnement souvent hostile à l’anthropologie chrétienne. »

« Dans cette perspective, l’Église pourrait admettre une pluralité de chemins pour répondre à l’appel général à maintenir l’ouverture de la sexualité à la transcendance et au don de la vie.  (…) La voie des méthodes naturelles impliquant la continence et la chasteté pourrait être recommandée comme un conseil évangélique, pratiquée par des couples chrétiens ou non, requérant la maîtrise de soi dans l’abstinence périodique. L’autre voie, dont la licéité morale pourrait être admise et le choix confié à la sagesse des époux, consisterait à user des méthodes contraceptives non abortives. S’ils décident d’introduire cette médecine-là dans l’intimité de leur vie sexuelle, les époux seraient conviés à redoubler d’amour mutuel. Celui-ci est seul à pouvoir humaniser l’usage de la technique, au service d’une écologie humaine de l’engendrement ». (“Synode sur la vocation et la mission de la famille dans l’Eglise et monde contemporain 26 théologiens répondent”, Bayard, 2015, p. 197-198). »

Ce texte est un condensé de ce que nombre de théologiens et d’épiscopats ont dit à propos de la norme éthique rappelée par saint Paul VI et fondée par saint Jean-Paul II anthropologiquement dans les catéchèses sur la « théologie du corps » et moralement dans « Veritatis splendor ».

Désormais la boucle est bouclée : l’esprit ecclésial des années ’70 a fini par gagner Rome ! Mais pourquoi la « distance » s’est-elle « creusée » si ce n’est parce que la plupart des pasteurs n’ayant pas pris à bras le corps cette bonne nouvelle sur la régulation des naissances identifiée à un fardeau insupportable ne l’ont jamais vraiment transmise à ceux qui leur étaient confiés ? Dès lors, pourquoi parler de « surdité » aux appels de l’Esprit comme si effectivement la voix de Celui-ci avait rejoint les oreilles des fidèles ?

La réalité est que la plupart de ceux-ci n’ont eu vent de la doctrine de l’Église sur ce sujet que par les media mainstream. Le travail de transmission n’ayant pas été fait, il n’est pas étonnant que l’appropriation n’ait pas eu lieu.

On a donc beau jeu de dire que ce texte n’ayant pas été reçu, il serait peut-être nécessaire de le passer au tamis des sciences humaines et de la « sagesse » des couples. Raisonnement circulaire qui permet de le liquider discrètement. Faire de la régulation naturelle des naissances l’objet d’une option révèle que le sacrement de mariage n’est plus perçu comme orienté vers la sainteté à laquelle tous les baptisés sont appelés.

Comment ne pas voir que ces affirmations relativisent gravement l’enseignement magistériel et induit en erreur les couples de bonne volonté qui ne voient dès lors cette norme éthique non pas comme une voie de bonheur mais comme un idéal quasi inhumain ? La doctrine de « Humanae vitae » exige bien sûr d’être incarnée dans une pastorale et une « éducation morale et spirituelle » mais celle-ci n’a pas à être mesurée par les sciences humaines, par nature incapables de saisir la vérité du langage des corps. La finalité de l’éducation est la subjectivation adéquate, c’est-à-dire la réalisation libre du vrai bien humain.

Les pasteurs et les laïcs engagés dans la pastorale du mariage doivent donc travailler à rendre aimable le bien à réaliser dans les actes libres, actes par lesquels les époux signifient dans le langage du corps la vérité de leur amour conjugal. Affirmer qu’il faudrait laisser à la conscience des couples le choix de la méthode de régulation révèle que la norme éthique est vue de manière extérieure et non pas comme engageant la personne dans son entièreté, bref de manière déjà technique : un peu comme si je me demandais : « Je dois aller à tel endroit ; vais-je prendre le vélo ou la voiture ? » D’où l’expression ô combien révélatrice « d’humanisation de la technique par l’amour » ! Alors que justement l’introduction de la technique vient brouiller le don de soi en faisant de l’union des corps une sorte de mensonge puisqu’il ne signifie plus objectivement la communion des époux. Le sommet de la confusion est atteint quand on indique que cette humanisation de la technique doit être mise au service de l’écologie humaine !

Seule la vertu de chasteté, intrinsèquement liée au bien de la communion conjugale et source de la continence temporaire mais ne s’y réduisant pas, peut sauvegarder, dans l’unité de la personne corps et âme, la vérité de l’amour. Seule la chasteté hisse la vie sexuelle des époux à la hauteur de la valeur de la personne et évite de réduire celle-ci à ses seules valeurs sexuelles. Dans le champ de l’amour, la technique ne peut et ne pourra jamais remplacer la vertu.

Il est enfin étonnant de penser la contraception comme une sorte de rempart à l’avortement ; toutes les études montrent au contraire que le progrès de la mentalité contraceptive encourage de facto l’avortement, sans compter qu’aujourd’hui nombre de pilules sont aussi abortives.

Bref, la nomination de cette figure managériale qu’est Philippe Bordeyne confirme que l’Institut Jean-Paul II, en pleine hémorragie d’étudiants, devrait par honnêteté intellectuelle changer de nom. On pourrait l’appeler, par exemple, l’Institut « Amoris laetitia ».

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

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Lundi 15 mars 2021

Homélie pour le Dimanche de Laetare

http://www.nd-chretiente.com/dotclear/public/.France_Eure_et_Loir_Chartres_Cathedrale_nuit_02_s.jpg

Sermon pour le 4ème dimanche de carême 2021

 

Mes frères,

Nous sommes encore, je le reconnais, bien loin de la Pentecôte, mais en ce dimanche joyeux de Laetare c’est du pèlerinage de Chartres dont je voudrais vous parler un instant ce matin. Hélas, l’année dernière ce pèlerinage, en raison de l’épidémie, n’avait pas eu tout le faste des années précédentes… et nous sommes à vrai dire pour cette année encore dans l’incertitude…

Mais une chose demeure pourtant certaine : ce pèlerinage est un moment important pour notre vie personnelle et pour la vie de l’Eglise. Pour beaucoup(et j’en suis d’ailleurs), il a été l’occasion de découvrir le monde de la tradition avec la beauté de ses rites, la solidité de sa doctrine ainsi que cet enthousiasmeconquérant des marcheurs et du clergé, lesquels sont des signes d’espérance et de renouveau. 

Alors pourquoi vous parler du pèlerinage de Chartres en ce jour ? Toutsimplement parce qu’il y a selon moi un lien assez clair entre la liturgie de ce dimanche et un moment particulier du pèlerinage que vous connaissez certainement, et qui est celui de l’arrivé au bivouac de Gas, le dimanche soir. 

Depuis la veille, depuis cette fraiche matinée passée en partie à traverser Paris, vous avez marché, chanté et prié ; d’abord avec joie et entrain et puis, en fin de journée, à force d’avoir enchaîné les kilomètres sous un soleil de plomb ou sous une pluie battante, vous avez commencé à sentir la fatigue et pour certains même l’usure. Le lendemain matin, à une heure où tous les coqs de toutes les fermes de France dorment encore, vous avez entendu retentir le Gloria de Vivaldi à travers les immenses enceintes de la sono, et vous avez entendu aussi cette voix anonyme -heureusement pour elle !-, prononçant gravement la phrase rituelle qui lance la journée, cette phrase que nous redoutons tous du fond de nos duvets : « Amis pèlerins, bonjour ! Il est cinq heures ; Je vois encore des tentes debout ! ».

Durant la journée du dimanche, vous avez marché avec courage, toujours en lutte contre les éléments, et tandis que les chapelets s’égrenaient et que votre pauvre corps accumulait les courbatures et les ampoules, vous avez eu degrandes joies spirituelles certes, mais aussi des déceptions et des déconvenues, surtout si vous avez cru naïvement les indications du service d’ordre : « La prochaine halte ? A peine à 200m, juste au bout du chemin ! ». 10 km plus tard,vous êtes enfin arrivés au bivouac de Gas, et vous avez ressenti une impression étrange, impression qui s’apparente peut-être, en tout cas je l’espère, à celle du dimanche de Laetare, ce dimanche en rose qui marque une halte bienfaisante dans notre carême.

Et d’abord, c’est cette ambiance de joie, la joie des retrouvailles après l’effort ; parfois même il vous arrive de rencontrer des personnes que vous n’avez pas vues depuis des années, et qui sont à peu près dans le même état que vous. 

Tout ce petit monde boîte, sourit et chante dans cette grande crevasse beauceronne qui se remplit peu à peu de pèlerins fourbus, le visage buriné par le soleil, et qui peuvent enfin se reposer et savourer une boîte de conserve et un sandwich écrasé lesquels, en cette soirée unique, sont  attendus comme un menu de chef étoilé…

Mais cette joie a aussi une autre dimension : en cette journée du dimanche, nous avons suivi la belle Messe de la Pentecôte, qui nous a rappelé la naissance de l’Eglise à laquelle nous sommes fiers d’appartenir. Et en fin d’après-midi, alors que nous étions tentés par le découragement face à la fatigue, nous avons entrevu furtivement les clochers de la cathédrale de Chartres au milieu des champs de blé, et nous avons alors douloureusement ployé le genou en chantant un Salve Regina. 

Le soir venu, dans le bivouac, notre joie est devenue plus apaisée et plus profonde : dans le silence de la nuit, nous avons adoré Jésus dans l’ostensoir, entouré de bougies et de bannières, alors que quelques ombres furtives sontenfin allées, après deux jours de lutte contre le diable, demander discrètement le pardon du Seigneur, afin d’être enfin purifiées de leurs fautes.

Certes, mes chers amis, toutes ces joies ne sont pas des joies définitives : Le bivouac de Gas n’est pas la cathédrale de Chartres, cette cathédrale qui nous accueillera le lendemain avec ses cloches retentissantes et ses merveilles de pierre et de verre. Et par conséquent le lundi matin, il faudra courageusement reprendre la route, après avoir à nouveau entendu le Gloria de Vivaldi à cinq heures ainsi que la voix du Stentor criant : « Amis pèlerins, Bonjour ! », puisque notre inconnu -on se sait trop comment !- a miraculeusement échappé au lynchage la veille…

Et pourtant, mes frères, c’est cette joie de l’étape qui va nous donner toute l’aide et toute la motivation nécessaires pour parvenir jusqu’au terme de notre route. Elle aura été, si je puis dire, le prélude de la joie totale au moment de l’arrivée.

Le dimanche de Laetare, c’est exactement cela ! Ce n’est pas la joie du but : l’alléluia n’est pas revenu dans notre liturgie, et la couleur blanche des ornements n’est pas encore à l’ordre du jour. Toutefois, c’est une joie bien réelle que l’Eglise nous offre à travers sa liturgie : les fleurs, en effet, sont réapparues sur l’autel, l’orgue peut à nouveau se faire entendre, et le violet s’est transformé en rose. 

Par ailleurs, notre joie repose aussi sur cette certitude que nous sommes lesenfants de Dieu, des enfants non pas élevés dans la crainte, comme autrefois le peuple d’Israël, mais élevés dans l’amour et par conséquent dans la liberté. Saint Paul vient d’avoir des mots merveilleux à ce sujet dans l’épitre qui vient d’être lue.

Tout cela, évidemment, nous annonce la joie et la libération de pâques, tout comme le bivouac de Gas nous donne un avant-goût de l’arrivée à Chartres le lendemain... mais n’oublions pas que Chartres est à la fois un but mais aussi une étape, de la même manière que la fête de Pâques est aussi chaque année un but et une étape. Le but ultime, nous le savons, c’est le ciel.

Aussi, mes chers amis, profitons bien de cette halte joyeuse et pleine de ferveur du dimanche de Laetare, mais surtout gardons bien à l’esprit qu’une halte sert à se reposer mais aussi à faire le point. Et tout d’abord, posons-nous cesquestions : où en suis-je dans mon carême ? Depuis le mercredi des Cendres, ai-je vraiment entrepris une réforme de ma vie chrétienne ? Ma prière est-elle plus fervente ? Mes défauts sont-ils combattus? Mes sacrifices sont-ils de vrais sacrifices ? 

Par ailleurs mes frères, vous avez remarqué que ce dimanche de joie est aussi un dimanche eucharistique, tant il est vrai que le trésor de l’eucharistie est, lui aussi, une joie temporaire qui prépare la joie définitive du ciel : certes, le jeudi saint, nous commémorerons l’institution de ce sacrement admirable, mais déjà en ce jour, nous le contemplons par anticipation avec le miracle de la multiplication des pains. Cette multiplication des pains, en effet, nous enseigne ce qu’est vraiment l’eucharistie : elle nous montre que ce sacrement est la manifestation la plus haute de la surabondance, du non-calcul et de la démesure de Dieu envers nous.

Aussi, mes chers amis, de la même façon que le bivouac de Gas, au pèlerinage de Chartres, est l’occasion de retrouver des forces, pensons aussi à l’importance du sacrement de l’eucharistie, cette nourriture céleste qui nous fortifie et qui nous aide à avancer au cours de notre pèlerinage sur la terre. 

Et surtout n’oublions pas que si l’Eucharistie est le ciment de notre vie chrétienne, elle est aussi le ciment de l’Eglise, cette Eglise catholique qui est préfigurée en particulier par la ville de Jérusalem. D’ailleurs, avez-vous remarqué à quel point Jérusalem est présente dans la liturgie de ce dimanche ? Jetez un œil sur votre missel : « Réjouis-toi, Jérusalem » ; « Il ne sera jamais ébranlé, celui qui habite dans Jérusalem » ; et surtout, dans l’antienne de Communion : « Jérusalem, qui est construite comme une cité, dont toutes les parties se tiennent ensemble ».  

Ainsi mes chers amis, c’est bien tout un peuple que Moïse conduit vers la terre promise ; c’est toute une foule que Jésus nourrit sur la montagne ; c’est toute une colonne de milliers de marcheurs qui s’avance chaque année dans la plaine de Beauce vers les flèches de Notre-Dame de Chartres. N’oublions jamais, mes frères, que le moindre de nos péchés nous abime mais qu’il abime aussi l’Eglise tout entière ; mais soyons bien certains que le moindre effort ou le moindre sacrifice nous grandit et donne à notre Eglise un surcroît de splendeur. Amen.

 

Abbé Philippe Jouachim, FSSP, Chapelain de l'Immaculée Conception à Versailles

Pèlerinage de Pentecôte 2021

Chers pèlerins,

Après de nombreuses discussions avec les autorités ces dernières semaines, Notre-Dame de Chrétienté a décidé de démultiplier le pèlerinage de chrétienté les 22, 23 et 24 mai 2021 prochains :

  • de Paris à Chartres pour les chapitres d’Ile-de-France et de la région Centre,
  • par des pèlerinages locaux pour les chapitres des autres régions.

Ce choix est guidé par le souci de maintenir ces trois jours de chrétienté bénéfiques en grâces en s’adaptant à la situation sanitaire de cette année.

Dans cette période difficile, nous sommes confiants dans votre enthousiasme à être des pèlerins actifs témoignant que l’unique Espérance repose dans Celui qui a dit « Je suis la Voie, la Vérité, la Vie ». Le pire serait cette année que la bannière de votre chapitre ne soit pas déployée, nous vous demandons donc, chers pèlerins, dans l’esprit de Tradition, de Chrétienté et de Mission qui nous unit de bien vouloir respecter scrupuleusement nos consignes.

Les chapitres Adultes, Pastoureaux, Enfants, Familles de l’Ile-de-France et du Centre pourront s’inscrire dans les conditions habituelles. La date d’inscription dépendra des instructions gouvernementales. Nous vous remercions de consulter notre site régulièrement où toutes ces informations seront données. Nous retiendrons les premiers inscrits dans un souci d’équité et selon les quotas qui nous seront alors fixés.

Tous les chapitres des autres régions de Province et des pays étrangers sont vivement invités à organiser des pèlerinages locaux comme l’an passé et bien évidemment dans le respect des règlementations en vigueur. Les pèlerins peuvent dès maintenant prendre contact avec l’association ou le responsable régional de Notre-Dame de Chrétienté. Chaque région aura à cœur de s’unir aux prières des pèlerins de Chartres par différentes activités spirituelles et pèlerinages. Nous demandons aux pèlerins des chapitres des régions de l’étranger et de Province (excepté ceux de la région Centre) qui souhaitent participer à ces différentes activités de s’inscrire en grand nombre comme l’année passée sur le site afin de recevoir livret du pèlerin et bracelet.

Les Anges gardiens, nos pèlerins non marcheurs de France et du monde entier, complèteront cette chaîne spirituelle. L’inscription se fera également dans des conditions habituelles sur le site de Notre-Dame de Chrétienté.

En vous remerciant de vos prières pour que le trente-neuvième pèlerinage de chrétienté puisse avoir lieu dans ces conditions, je vous remercie infiniment de votre compréhension, votre fidélité et votre engagement.

Notre-Dame de Paris, priez pour nous
Notre-Dame de Chartres, priez pour nous
Saint Joseph, protégez-nous
Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous


Jean de Tauriers
Président

jeudi 21 janvier 2021

Un remake de Good bye Lenin !

Chers pèlerins,

La lecture de la synthèse de la Consultation sur l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum (Lettre 780 publiée le 18 janvier 2021 par Paix Liturgique) est intéressante, un peu irritante parfois, en réalité guère étonnante, certainement rajeunissante. J’ai eu l’impression de vivre un remake de « Good bye Lenin » !

Qui a bien pu rédiger un tel document ? Comment la Conférence des Evêques de France peut-elle sortir un document éloigné des éléments convenus de langage comme de la plus élémentaire charité ?

Le texte en lui-même n’a rien de surprenant quand on fréquente certains milieux épiscopaux français. Il représente le canal historique des réformes progressistes, des grandes expériences pastorales, liturgiques et tutti quanti des années soixante. Ces réformes mal inspirées et mal conduites ont suscité en France une puissante réaction traditionnelle qui a créé, entre autres, Notre-Dame de Chrétienté. Benoît XVI avait voulu apaiser les esprits par un acte de réconciliation (le motu proprio Summorum Pontificum de 2007). La lecture de cette synthèse de la CEF montre bien que le motu proprio n’aura finalement jamais été ni accepté ni compris de nombreux diocèses.

Mais est-ce si simple ? Je ne le crois pas et c’est ce que je voudrais vous dire, chers pèlerins, qui êtes perplexes, voire écoeurés devant ces calomnies.

Nous croisons beaucoup de prêtres et séminaristes dans nos pèlerinages qui ne viennent pas tous, loin de là, des milieux dits « Eccesia Dei ». N’oublions pas nos conversations de pèlerinages avec tous ces prêtres, séminaristes et parfois des évêques. L’amitié catholique qui nous unit est bien plus importante que les ragots de la synthèse. Cette amitié est le fruit du motu proprio de Benoît XVI. Quand il était le cardinal Ratzinger, il nous avait assuré que nous avions toute notre place dans l’Eglise, comme nous étions, c’est-à-dire intégralement.

Chers amis pèlerins de Notre-Dame de chrétienté, je comprends votre ressentiment devant ces mauvais traitements. Vous êtes engagés sur vos lieux de travail, dans les écoles, les mouvements pro-vie, la défense de la famille, l’évangélisation, ... Vous vous battez tous les jours pour que vos enfants reçoivent un catéchisme catholique, des sacrements catholiques dans un monde athée et anti-catholique. Vous avez bien raison de soutenir les prêtres de communautés qui donnent leurs vies pour vos âmes. Ne nous laissons ni décourager, ni diviser. Cette synthèse de la CEF ne montre aucune compréhension pour la difficulté de la vie chrétienne dans un « monde qui a cessé d’être chrétien ». Ce monde anti-catholique, chers amis, vous l’avez reçu en héritage et ceux qui vous critiquent aujourd’hui et vous font des procès, sont ceux qui ont assisté au premier rang à l’effondrement de l’Eglise catholique en France !

Les dernières familles catholiques françaises « observantes » n’ont que faire de ces haines recuites, de ces rancoeurs racornies. Elles réclament simplement la charité élémentaire du catholique envers son prochain et pour le salut de nos âmes, la possibilité de faire l’expérience de la tradition.

Notre-Dame de Paris, priez pour nous,
Notre-Dame de Chartres, priez pour nous,
Sainte Jeanne d’Arc, sauvez la France,
Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous.

Jean de Tauriers
Président de Notre-Dame de Chrétienté

vendredi 15 janvier 2021

Appel de Chartres n° 244

» Téléchargez le numéro 244 de l'appel de Chartres (janvier 2021)

Un numéro de 16 pages.

Au sommaire:

  • Edito de l’aumônier
  • Le mot du Président
  • Un chantier de l'année: le développement des réseaux sociaux
  • Communiqué Marche Pour la Vie: rdv dimanche 17 janvier à 15h
  • Quelques nouvelles: entretien avec Jean de Tauriers après la 6ème rencontre Summorum Pontificum
  • Hommage aux aumôniers: abbé Montarien, abbé de Nailly, abbé Comby... Ces aumôniers qui plantaient des âmes
  • Le jardinier de Dieu: hommage d'un ancien de la VIIème Paris

Notre-Dame de Chrétienté a besoin de vos prières

Chers amis pèlerins,

Bonne et sainte année 2021 à vous tous, à vos familles et vos proches.

Je n’oublie pas Notre-Dame de Chrétienté dans ces vœux en souhaitant de beaux pèlerinages et de nombreux pèlerins.

Aujourd’hui, Notre-Dame de Chrétienté a besoin de vos prières pour que le pélé 2021 ait lieu les 22, 23 et 24 mai dans les meilleures conditions possibles car quelle qu’en soit la forme notre pèlerinage verra à nouveau des milliers de pèlerins se tourner vers Notre Dame.

Vous le savez tous, bon nombre d’entre vous en font partie, notre organisation travaille dur sur le prochain pèlerinage et toute l’année. Nous sommes prêts depuis maintenant plusieurs mois à lancer le pèlerinage 2021 mais comment pourrions-nous engager des dépenses lourdes, obtenir les différentes autorisations administratives dans la situation sanitaire actuelle ? Les autorités n’ont aucune visibilité sur le prochain week-end de Pentecôte et ne peuvent se prononcer à ce jour.

Chers amis, je vous demande de prier Saint Joseph en ce début d’année. Saint Joseph est le saint patron des causes difficiles. Saint Joseph incarne cette force dont nous avons besoin. Nous faisons appel à lui avec confiance et tout particulièrement en ce moment puisque l’année 2021 lui a été consacrée par le Saint Père. Cette prière fervente et confiante ne nous empêchera pas de continuer à travailler à la préparation du pèlerinage pour nous adapter à toutes les situations.

Je vous demande de prier tous les soirs, en famille et sous la forme d’une neuvaine, cette prière en demandant à Saint Joseph d’intercéder pour que le pèlerinage 2021 ait lieu.

Ô vous que l'on a jamais invoqué en vain,
vous qui êtes si puissant auprès de Dieu que l'on a pu dire
"au Ciel, Joseph commande plutôt qu'il ne supplie",
tendre père, priez pour nous Jésus.
Soyez notre avocat auprès de ce divin Fils
dont vous avez été ici-bas le père nourricier et le protecteur fidèle.
Ajoutez à toutes vos gloires celle de gagner la cause difficile que nous vous confions.
Nous croyons, oui nous croyons que vous pouvez exaucer notre demande
en nous délivrant des peines qui nous accablent.
Nous avons la ferme confiance que vous ne négligerez rien
en faveur des affligés qui vous implorent.
Nous vous en supplions, ô bon Joseph, ayez pitié de nos larmes et de nos gémissements.
Couvrez-nous du manteau de vos miséricordes et bénissez-nous.
Ainsi soit-il

Notre-Dame de Paris, priez pour nous,

Notre-Dame de Chartres, priez pour nous,

Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous.

Jean de Tauriers
Président
Notre-Dame de Chrétienté

mercredi 06 janvier 2021

La dimension internationale du pèlerinage de Chartres

Entretien avec Jean de Tauriers après la 6ème Rencontre Summorum Pontificum (Lettre 778 du 6 Janvier 2021 - Paix Liturgique)

Nous publions ici l’entretien accordé à Paix liturgique par Jean de Tauriers, Président de Notre Dame de Chrétienté (France), à la suite de son intervention lors de la 6ème Rencontre Summorum Pontificum, qui s’est déroulée le 23 octobre 2020, à Rome, à l’Institut Maria Santissima Bambina, sur le thème de « La vitalité missionnaire de la messe traditionnelle ». On sait que Notre-Dame de Chrétienté organise le pèlerinage désormais historique de Chartres. Sur le souvenir des pèlerinages vers Chartres, en 1912 et 1913, de Charles Péguy, le pèlerinage a été longtemps un pèlerinage des étudiants catholiques de Paris, organisé par le Centre Richelieu, jusqu’à ce que la crise conciliaire le réduise à presque rien. Après qu’il ait vivoté pendant les années de plomb avec quelques étudiants et les scouts d’Europe naissant et le MJCF, il a été repris en 1983, à l’initiative de Rémi Fontaine, Dom Gérard et Bernard Anthony, par le Centre Charlier, pour devenir le pèlerinage de ND de Chrétienté en 1993. Le pèlerinage, devenu international, se déroule donc de Paris à Chartres, la vigile de Pentecôte, le dimanche et le lundi de Pentecôte, chaque année, entraînant sur les routes de Beauce près de 15.000 pèlerins. Jean de Tauriers, dans son intervention à la Rencontre avait parlé de « La dimension missionnaire et internationale du pèlerinage de Chartres », qui est aussi le sujet de cet entretien.

Cher Jean, je souhaiterais aborder avec vous la dimension internationale du pèlerinage de ND de Chrétienté. Pour débuter cet entretien, pouvez-vous nous dire si vous avez aujourd’hui des chapitres « étrangers » au pèlerinage ?

Jean de Tauriers - L’année 2020 ayant été très spéciale, je me baserai donc sur les chiffres de 2019. Nous étions à Chartres 14 000 pèlerins marcheurs et plus de 3 500 pèlerins non marcheurs (le chapitre des Anges gardiens). 2019 avait été une année exceptionnelle, nous n’avions jamais atteint des chiffres aussi importants. La croissance depuis 7 ans atteignait 8% par année en moyenne ce qui est considérable et montre bien l’attrait du pèlerinage de Chartres et de la messe en forme extraordinaire. La moitié de nos pèlerins a moins de 20 ans ce qui ne signifie pas que les plus âgés n’ont pas leur place au pèlerinage de chrétienté car toutes les générations sont bien représentées. Mais quand on sait qu’en France, le taux de pratique est de 1% parmi les jeunes, il est facile de comprendre l’importance de notre pèlerinage aujourd’hui dans l’Eglise.

La croissance numérique de ces dernières années est aussi venue des chapitres étrangers. En 2019, les pèlerins étrangers étaient très nombreux avec près de 40 chapitres Adultes et Familles et même un chapitre Enfants (moins de douze ans). Ces 40 chapitres représentaient environ 1 300 pèlerins, un quasi doublement depuis 2 ans !

Pouvez-vous nous en faire une sorte de panorama ?

Jean de Tauriers - La liste des pays participants est impressionnante : Allemagne, Angleterre, Pays de Galles, Australie, Belgique, Ecosse, Espagne, Etats-Unis, Irlande, Italie, Lituanie, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Suède, Suisse, Tchéquie, Vietnam. Et je ne compte pas les chrétiens d’Orient (Liban, Irak, Syrie, …) intégrés dans les chapitres français.

Notre pèlerinage s’internationalise chaque année de plus en plus. En 2019, nous avions invité le mardi de Pentecôte, le lendemain du dernier jour de pèlerinage, les chefs de chapitres étrangers pour une rencontre dans Paris. Nous pensions que nous allions être peu nombreux après la Sainte Messe à Saint Eugène. Les pèlerins étaient certainement rentrés chez eux et tout le monde était de toute manière très fatigué. A notre grande surprise, nos amis étrangers sont venus en grand nombre pour rencontrer ceux qui organisent toute l’année le pèlerinage qu’ils venaient d’accomplir. Nous avons eu un grand et bon moment que nous essaierons de recommencer si Dieu le veut mais qui montre l’ambiance très particulière d’amitié catholique autour de cet événement.

 

Mais ces pèlerins étrangers sont-ils des personnes qui vivent en France ou bien des étrangers qui viennent en France spécialement pour le pèlerinage ?

Jean de Tauriers - Les pèlerins étrangers viennent des pays dont je viens de parler. Les chapitres américains sont notamment des fidèles des premiers pèlerinages, il y a près de 40 années maintenant.

Notre-Dame de Chrétienté a une organisation spécifique dédiée à l’accueil des étrangers voulant faire le pèlerinage de Chartres. Un pèlerinage se prépare au moins 12 mois à l’avance quand nous ne sommes pas perturbés par l’épidémie de Covid. Nous disposons d’un réseau pour faire comprendre l’originalité de l’œuvre, tous les détails pratiques, comment y participer et comment s’y préparer.

Et avez-vous des prêtres étrangers qui participent au pèlerinage ?

Jean de Tauriers - Avant de répondre à votre question, quelques chiffres sur le nombre des clercs participant au pèlerinage. Ils étaient plus de 330 en 2019 : 120 séminaristes et frères, 188 prêtres et 24 religieuses. Ces clercs viennent principalement des communautés ex Ecclesia Dei mais les diocésains viennent également pour une part significative. Nous y voyons là l’effet du Motu Proprio de Benoît XVI en 2007 avec une espèce de décloisonnement des mouvements et des événements du monde traditionnel.

Le plus souvent, les pèlerins étrangers viennent entourés par leurs prêtres qui connaissent fort bien le pèlerinage de chrétienté. En fonction des langues maîtrisées par les différents prêtres, nous savons organiser au mieux les différents temps de confession, de méditations pendant le pèlerinage et ainsi permettre la meilleure intégration possible.

 

Certains ont-ils essayé d’essaimer chez eux en y créant des pèlerinages dans leurs propres pays ? 

Jean de Tauriers - Nous avons aidé, il y a quelques temps, certains amis argentins, anciens pèlerins de Chartres. Un grand pèlerinage traditionnel s’est ainsi développé en Argentine entre Buenos Aires et Notre-Dame de Lujan, sainte patronne de l’Argentine.

De nombreuses initiatives sont également encouragées dans le cadre du chapitre des Anges gardiens qui réunit tous ceux qui ne peuvent marcher avec nous lors du pèlerinage mais qui veulent être en union spirituelle avec nos pèlerins marcheurs. Ces pèlerins, près de 3 500 en 2019, sont pour partie des étrangers ou des français expatriés. Parmi eux les chrétiens orientaux sont nombreux et pour beaucoup organisent dans leurs pays des temps de prières, des messes…

Nous cherchons aujourd’hui à mieux organiser notre réseau des Anges gardiens et avons besoin de cadres pour cela nous représentant dans les différents pays. Si un de vos lecteurs veut s’engager, il est le bienvenu, il suffit de téléphoner au secrétariat de NDC (01.39.07.27.00). Pourquoi n’aurions-nous pas autant de pèlerins marcheurs vers Chartres que de pèlerins Anges gardiens unis spirituellement au pèlerinage ?

Pensez-vous que cette dimension internationale va se développer au cours des prochaines années ?

Jean de Tauriers - La croissance est régulière depuis maintenant plusieurs années. Pourquoi s’arrêterait-elle ? Les catholiques pérégrinent nombreux à Lourdes, Fatima ou Czestochowa.

Notre pèlerinage traditionnel de chrétienté a vocation à devenir le grand pèlerinage international itinérant pour tous les catholiques attachés à la messe en forme extraordinaire. Le nombre des vocations, les engagements de tous types et toutes les conversions nous donnent courage et confiance pour améliorer notre organisation de plus en plus complexe.

 

D’une manière plus générale assiste-t-on dans tout le monde catholique à un renouveau du concept fort ancien de pèlerinage ?

Jean de Tauriers - Il me semble que le christianisme renaîtra dans les anciens pays occidentaux à partir des sanctuaires, pèlerinages ou monastères de même que la chrétienté est sortie des monastères au début du Moyen Age.

Notre pèlerinage est une nécessité spirituelle pour les pèlerins qui nous le disent. Pour beaucoup le pèlerinage est leur retraite annuelle. Et pour certains le pèlerinage est l’occasion de rencontrer un prêtre. Il est également une source de réconfort pour les clercs. Un prêtre diocésain m’avait écrit pour me dire qu’au pèlerinage de chrétienté nous savions ce qu’était un prêtre. Quelle phrase terrible ! J’ai souvent pensé aux souffrances endurées par ce prêtre diocésain pour écrire ainsi.

Le pèlerinage de chrétienté est un lieu de mission dans un monde athée et dans une Eglise en crise. Nos pèlerins viennent pour entendre un enseignement catholique, ce qui n’est pas si courant de nos jours. Le pèlerinage avec sa jeunesse du monde entier, sa liturgie tridentine, son exigence doctrinale rappelle à contre-courant de notre société relativiste, laïcarde et athée que le Christ doit régner sur nos sociétés. Où nos pèlerins entendraient-ils cette vérité si ce n’est au pèlerinage de chrétienté ?

 

mardi 15 décembre 2020

Appel de Chartres n° 243 : Le syndrome du colonel Nicholson

Les situations de crise agissent comme des révélateurs. Les attentats, l’incendie de Notre-Dame, l’interdiction du culte public ont été pour des raisons variées des agressions contre les catholiques. Certes menées dans des contextes différents, elles restent des attaques contre la France catholique.

Les attentats terroristes ne sont pas une guerre contre la République. Non, le terrorisme attaque la France éternelle, la France catholique.

L’incendie de Notre Dame de Paris est l’image de notre Eglise en feu devant la stupeur du monde et les larmes des catholiques.

L’assentiment de la Conférence de l’Eglise de France devant l’interdiction du culte ne démontre-t-il pas la perte du sens de la sainte Messe au cœur de la foi catholique ? La Messe n’est pas un rassemblement, ce n’est pas un moment « pour-faire-église » qu’il serait possible de supprimer. La sainte Messe est le renouvellement non sanglant du sacrifice de la croix. Elle est indispensable au salut des catholiques. Jean-Marie Guénois[1] dans un article récent du Figaro (23 novembre 2020) constate une « division profonde dans l’Eglise » sur ce sujet, conséquence de divergences théologiques majeures sur l’eucharistie. Ecoutons-le : « Une partie des théologiens, prêtres, évêques et certains cardinaux, a épousé les thèses du protestantisme qui considère la présence réelle eucharistique du Christ comme symbolique et non réelle. Donc non absolument sacrée au point de se battre pour elle. » Il s’agit donc bien d’une question de foi sur l’Eucharistie et la sainte Messe comme nous le disons depuis près de quarante années lors de nos pèlerinages. L’incapacité des catholiques aujourd’hui à savoir ce qu’est véritablement la sainte Messe est un des effets catastrophiques de la crise de la transmission, plusieurs générations de catholiques ayant été privées de catéchisme. La hiérarchie catholique est restée longtemps aveugle et sourde (pas tous les évêques, Dieu soit loué). Certains de ses membres semblent coupés des derniers fidèles pratiquants comme le dit Yann Raison du Cleuziou dans un article de La Croix[2] quand il écrit que « le mépris affiché (par la hiérarchie) pour les ultimes pratiquants est suicidaire ».

Bien sûr, nous nous réjouissons que les évêques de France aient fini par présenter un référé-liberté (même deux en l’occurrence) et ainsi montré un peu de caractère. Une prise de conscience a peut-être enfin eu lieu. Il faut encourager nos évêques pour ces actes d’autant plus méritoires qu’ils sont nouveaux et marquent un changement de position face au pouvoir civil. Un des effets heureux de la situation serait que les yeux et les intelligences s’ouvrent devant la gravité de la situation.

Nos évêques semblent être tombés dans le syndrome du colonel Nicholson (joué par Alec Guinness) pour ceux d’entre vous qui connaissent le film « Le pont de la rivière Kwaï ». Ce colonel veut montrer la qualité des soldats et ingénieurs britanniques devant le colonel Saïto et ira jusqu’à construire un pont stratégique en pleine jungle birmane sans comprendre qu’il est prisonnier, que son pays est en guerre contre le Japon et qu’il rend un grand service à son ennemi en construisant ce pont. Comme me le disait un ami, l’analogie avec nos évêques (heureusement pas tous) est assez criante.

Aucune réforme n’aura lieu sans que la vérité soit dite, sans que nous soyons capables de regarder la situation en face et de la décrire. La vérité est simple et compréhensible par tous. Nul besoin d’avoir fait des études de théologie. Une connaissance du catéchisme pour enfants remplacera avec bonheur tout le pseudo-intellectualisme relativiste de certains.

« L’homme ne vit pas seulement de pain » (Matthieu 4,4)

« Quel profit, en effet, peut avoir l’homme à gagner l’univers au détriment de son âme » (Marc 8,36)

« On offre le sacrifice de la messe pour 4 fins : 1° adorer Dieu ; 2° le remercier de ses bienfaits ; 3° implorer le pardon de nos péchés et 4° lui demander ses grâces » (N°461 Catéchisme du Diocèse et de la Province de Paris 1968)

« Le devoir de rendre à Dieu un culte authentique concerne l’homme individuellement et socialement » (article 2105 du Catéchisme de l’Eglise Catholique sur la doctrine du règne social de Notre Seigneur Jésus Christ)

L’homme est âme et corps, l’ordre surnaturel prime l’ordre naturel car le but de notre vie sur terre est de sauver notre âme. Notre fin surnaturelle est plus importante que notre santé physique. Nous ne demandons pas à nos politiciens athées de le croire, nous demandons à nos évêques de nous l’enseigner et de le dire aux autorités civiles.

Comment se fait-il qu’un catholique de base soit obligé de rappeler ces évidences ? L’Eglise doit s’efforcer de sauver les âmes avant de s’engager à suivre scrupuleusement les règles sanitaires. Nous comprenons que l’Eglise s’emploie bien évidemment à respecter des réglementations techniques mais elle ne doit pas oublier « Dieu premier servi » (Sainte Jeanne d’Arc).

Il ne s’agit donc pas « de petit business » mais de salut.

Devant l’ampleur de la crise et l’affaissement de la place de l’Eglise dans notre société française, nous pensons aux erreurs passées où notre hiérarchie a cru habile de se taire. Nous en payons durement le prix aujourd’hui car il y a un lien entre les abandons d’hier et les persécutions d’aujourd’hui. La loi Veil sur la dépénalisation de l’avortement de 1975 ne serait pas passée si la hiérarchie catholique s’y était opposée comme l’a dit Simone Veil[3]. Demain, si nous voulons nous redresser, il faudra accepter de reconnaître les fautes commises. Il sera aussi nécessaire d’unir les forces catholiques en France qui peuvent avoir un poids considérable dans notre pays si elles sont bien dirigées, si elles sont unies et si elles s’engagent. La jeunesse catholique a montré récemment qu’elle avait ce courage dans les manifestations pour la messe. Ces catholiques ont besoin de chefs ayant la force de caractère, le courage physique et intellectuel pour résister à un ordre totalitaire matérialiste. De grandes figures peuvent les inspirer comme les cardinaux Mindszenty, Wyszyński, martyrs du communisme, Saint Thomas Becket ou Saint Thomas More. Nous avons un pays à reconquérir, nous aurons besoin de foi, de force et de sainteté.

Quelques mots enfin sur Notre-Dame de Chrétienté qui a connu une année difficile comme vous tous. La dernière Assemblée Générale, « confinée comme il se doit et dans le respect des gestes… », a montré une nouvelle fois la formidable motivation, l’engagement de tous ses membres. Je remercie tous ceux qui se sont dévoués cette année pour que le pèlerinage ait lieu sous des formats nouveaux qui auront réuni plus de 10 000 pèlerins.

Je compte sur vous tous en cette nouvelle année pour organiser un beau et grand pèlerinage de chrétienté avec comme thème « Je suis la Voie, la Vérité, la Vie ». Suivez notre site pour la préparation d’un pèlerinage exceptionnel si Dieu le veut.

Enfin, je demande vos prières pour trois pèlerins très proches de Notre-Dame de chrétienté :

Hervé Pinoteau, historien, royaliste, pèlerin de Chartres de toujours, rappelé à Dieu le 24 novembre. Prions pour ce combattant vigoureux, courageux et valeureux dans des temps difficiles. Prions également pour son épouse, Herrade, décédée quelques jours après son mari et qui l’a soutenu toute sa vie. Prions pour toute sa famille très engagée dans Notre-Dame de chrétienté.

Notre ami, Daniel Hamiche, est décédé le 29 novembre. Il était fidèle du pèlerinage attirant la sympathie par sa grande gentillesse et sa constante bonne humeur. Il ne manquait jamais d’accueillir les chapitres à Chartres et nous ne l’oublierons pas. Homme de conviction et de foi, prions pour le repos de son âme.

Je vous souhaite à tous un joyeux et saint Noël, en espérant que pourrez le passer avec vos proches, en famille, dans la paix du Bon Dieu devant la crèche.

Notre-Dame de Paris, veillez sur nous

Notre-Dame de Chartres, veillez sur nous

Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous

 

Jean de Tauriers - Président

 


[1]Jean-Marie Guénois est un vaticaniste et journaliste français spécialisé dans les questions religieuses internationales, rédacteur en chef pour le quotidien Figaro.

[2] Article de Yann Raison du Cleuziou dans la Croix du 25/11/2020 : « Le mépris affiché pour les ultimes pratiquants est suicidaire ». Yann Raison du Cleuziou, sociologue à l’Institut de recherche Montesquieu à l’Université de Bordeaux est l’auteur de l’ouvrage « Une contre-révolution catholique. Aux origines de La Manif pour tous », Seuil, 2019

[3] « Madame Veil aurait ainsi elle-même déclaré que si les médecins, les évêques et les prêtres avaient défilé en tête d’une manifestation nationale, le vote n’aurait pas été le même » par Docteur Patrick de Saint Louvent le 28 mars 2019 dans Tribune libre, site L’Homme Nouveau

samedi 05 décembre 2020

In memoriam Daniel Hamiche

Voici si longtemps que nous travaillions ensemble sur mille sujets – pas tous très sérieux – que j’ai encore du mal à réaliser que Daniel Hamiche nous a quittés. C’était mon plus vieux complice, dont je fus le collaborateur pendant des années à « Légitimiste » et Communication & Tradition, et qui devint le mien par un de ces détours dont la Providence a le secret dans la nébuleuse de blogues où nous sévissons (où nous exerçons notre capacité de nuisance selon l’expression qu’il affectionnait), notamment pour Riposte catholique et l’Observatoire de la christianophobie – mais, beaucoup plus qu’un collaborateur, il était le vieux sage capable de m’encourager à foncer ou de me conseiller la prudence et nous n’avions pas besoin de palabrer longtemps pour savoir ce que nous devions faire pour accomplir notre devoir de journalistes catholiques et (donc) contre-révolutionnaires.

Je l’ai rencontré en 1993, dans le contexte du bicentenaire de la Terreur – j’étais déjà médiocrement jacobin. Mais c’est surtout quand il lança Communication & Tradition vers 1995 que j’ai commencé à fréquenter assidûment sa merveilleuse boutique de la rue Didot – et la « Mangeoire », bistrot mitoyen qui nous servait d’annexe.

Nous avons été ensemble sur tant de combats que je ne saurais les évoquer tous : pour la messe, pour la défense des enfants à naître, pour les chrétiens persécutés, pour le roi – et toujours finalement, pour le dire d’un mot qui les résumait tous dans son esprit, pour le Christ-Roi. La manchette de notre cher « Légitimiste » – que je l’avais poussé, avec une inconscience qui m’effraie quand j’y repense, mais que je ne regrette pas le moins du monde, à transformer en hebdomadaire – était d’ailleurs tirée de la post-communion de la solennité du Christ-Roi : « Sub Christi Regis vexillis militare gloriamur ». Lui qui n’était pas latiniste était ravi du jeu de mots qu’il y lisait en tordant à peine le texte : non pas seulement nous sommes fiers de combattre sous les étendards du Christ Roi, mais aussi nous sommes fiers de combattre avec le roi sous les étendards du Christ.

Daniel avait découvert le combat politique à l’extrême gauche – là où le « non serviam » luciférien est le plus monstrueusement conséquent. Quand il revint à la foi de son baptême, il ne l’envisagea plus jamais autrement que comme un combat pour que le Règne du Christ advienne dans son âme, mais aussi sur la nation et sur l’humanité tout entière. Son amour de la messe traditionnelle tenait d’abord à cet amour de la Royauté du Christ : toute la messe traditionnelle est orientée (c’est bien le cas de le dire) vers l’adoration du Créateur, à qui le Christ rend par les mains du prêtre, admirablement effacé et pour ainsi dire invisible, le sacrifice parfait et digne de Lui.

Mais Daniel n’était pas seulement un valeureux combattant de la foi catholique, si piétinée et méprisée dans notre monde, il était aussi un homme de fidélité au plan tout simplement naturel. Quelle fête il faisait à ses amis qui faisaient escale rue Didot ou, plus tard, à « L’Homme nouveau » (qui l’avait très gentiment accueilli après le retentissant effondrement de notre toute petite maison d’édition, achevée par le grand combat pour la « Passion » de Mel Gibson) ou dans tous les « rades » que nous avons écumés autour de Montparnasse (le plus souvent tenus par des Coptes ou d’autres chrétiens d’Orient pour joindre l’utile à l’agréable : le soutien à des frères persécutés et une bonne bouteille de « rouge bien frais ») !

Moi qui étais alors un gamin dans la Légitimité et qui n’avais connu que de loin la grande époque du millénaire capétien et que l’impressionnante ascension du prince Alphonse, je fis connaissance avec Daniel, grâce à Daniel, de bon nombre de fidèles. Comment ne pas évoquer ici le cher Pinoteau, la mémoire du légitimisme contemporain, le chancelier à la plume acérée, qui nous a quittés une semaine avant Daniel (et une semaine avant son épouse, qui nous semblait pourtant indestructible) ? Comment ne pas évoquer le cher abbé Chanut ? Et tant d’autres que je ne nommerai pas mais qui sont restés dans les prières quotidiennes de Daniel jusqu’à la fin.

Cette fidélité allait de pair avec une générosité fascinante. J’ai toujours connu Daniel fauché. Mais aussi toujours prêt à offrir l’obole de la veuve. Il fallait le voir arriver rue Didot chargé comme un baudet de cadeaux pour les enfants d’amis qu’il allait voir le samedi suivant. Que de fois ai-je été témoin (ou bénéficiaire !) de cette générosité touchante. Que de fois surtout ai-je vu des étoiles dans ses yeux quand il offrait une babiole à un enfant. Bien que n’ayant pas lui-même d’enfant (même si, à sa grande hilarité, un journaliste de la große presse comme il disait, l’avait un jour affublé de 5 petits-enfants), il était très proche des plus petits – qui le lui rendaient bien. Comme sainte Thérèse qu’il vénérait tant, il cultivait avec amour l’esprit d’enfance.

Enfin, on ne peut pas parler de Daniel sans parler de l’excellent compagnon qu’il était. Je ne sais pas combien d’heures nous avons pu passer à discuter en buvant tantôt une « moussette », tantôt un « rouge bien frais », selon ses principes extrêmement précis. Mais il avait le talent de rire dans l’adversité, de jeter un calembour absurde capable de mettre les rieurs de son côté. Ou, tout aussi facilement, de se hausser jusqu’aux plus fines discussions de théologie ou d’exégèse. Et souvent les deux à la fois. Je me souviens d’une émission sur Dieu sait quelle chaîne de télévision aux ordres, pendant sa campagne homérique pour la « Passion » de Gibson, où l’un de ces insupportables « experts » de salon avait commencé à l’attaquer son prétendu intégrisme, en pontifiant du haut de ses titres universitaires. Et Daniel, avec un bon sourire, avec sa voix chaleureuse, lui avait répondu en plagiant Pascal : Mais, cher Monsieur, je vous parle du Dieu de Jésus-Christ, pas du Dieu des philosophes et des savants. Le pauvre « expert » était retourné à la niche, un peu penaud !

L’Eglise militante, la France, le roi légitime, ont perdu un fidèle serviteur et nous tous, ses amis, nous avons la douleur de perdre un frère d’armes, mais j’ai bon espoir qu’avec la grâce de Dieu, le paradis se soit enrichi d’un nouveau saint aussi enjoué que militant – et que l’esprit français, fait de familiarité et de respect, de gaieté et de sérieux, soit à l’honneur au banquet céleste !

A Dieu, vieux camarade, réservez-nous une place !

 

Guillaume de Thieulloy

Dimanche 22 novembre 2020

Nous sommes là parce que nous avons faim : rendez-nous la messe !

Mes chers enfants,

Quand le sujet de la tenue d’une manifestation ce dimanche est venu autour de la table du repas familial, rapidement les doigts se sont levés pour y participer. Mais pourquoi sommes-nous là ce matin ? Avons-nous trouvé un motif - valable - de sortie à plus de 1 km de chez nous ? Avions-nous envie d’apercevoir - de loin - quelques bons copains ?... Non !

Nous sommes là parce que nous avons faim.
Nous sommes là parce que la messe nous manque.

Nous sommes là parce que, nous le croyons, la messe manque à notre Seigneur.
Nous sommes là parce que nous voulons soutenir nos prêtres et notre évêque.
Nous sommes là… parce qu’on nous a privés de messe sans raison vraiment valable. Et que c’est (presque) une première dans l’histoire de France.


En tant qu’élève, on apprend à connaître aussi les sombres épisodes de l’histoire de notre pays : les invasions des Vikings, les guerres de religion, les ravages de la peste, les bombardements des nazis... et un tas d’autres batailles sanglantes ou épidémies. Mais jamais, en ces temps si différents, jamais la messe n’a été interdite. Même durant la Terreur révolutionnaire, la liberté de culte, sérieusement compromise, n’a pas été abolie ; seuls les prêtres qui refusaient la Constitution civile du clergé, la réforme de l’Église de France votée par l’Assemblée nationale en juillet 1790, seuls ces prêtres ont été persécutés et massacrés. Mais même là, même dans cette période douloureuse pour l’Eglise, la messe n’était pas interdite partout et pour tous.

La liberté de culte est essentielle. Les régimes politiques qui ont suivi depuis deux siècles n’ont jamais pu l’abolir. Notre Premier Ministre, Jean castex, l’a très justement rappelé le 7 novembre dernier, lors de l’hommage aux catholiques assassinés à Nice :
« La République ne transige pas avec la liberté de culte. C'est une liberté fondamentale. »
C’était il y a tout juste deux semaines…

Alors pourquoi sommes-nous là ce matin ? Nous sommes-là, parce que le soir-même de l’intervention du Premier Ministre, le Conseil d’Etat faisait goûter aux prêtres et catholiques la puissance de l’Etat en confirmant l’interdiction de célébrer des messes. Une interdiction réclamée par le Président de la République pour ce nouveau confinement.

Pour la deuxième fois en quelques mois, le gouvernement nous prive de messe. La première fois, au printemps, nous l’avions (un peu) mieux accepté, même si, souvenez-vous, il avait été douloureux de ne pas fêter Pâques. Cette première fois, nous l’avions un peu mieux acceptée parce que nous étions privés de presque tout :
- les écoles, collèges et lycées étaient fermés,
- la plupart des magasins étaient interdits,
- la plupart des entreprises étaient à l’arrêt,
- la plupart des trains et bus ne circulaient pas.
Et surtout il n’existait de protocole sanitaire nulle part. Rappelez-vous, c’était l’époque où le port du masque était… inutile !

Mais cette fois, mes chers enfants, les choses sont complètement différentes. Cette fois, les écoles, les collèges, les lycées sont ouverts.
Cette fois, nombre de magasins trouvent un moyen d’ouvrir.
Cette fois, les entreprises doivent continuer à tourner.
Cette fois, il est possible de s’entasser dans un bus de ville.

Mais, cette fois, les messes demeurent interdites. Vous le savez, pourtant, le port du masque et les règles sanitaires sont la norme depuis des mois dans nos églises. Mais rien n’y a fait : le gouvernement a considéré qu’il était plus risqué de de se trouver à 30 dans une vaste église pour célébrer la messe que de s’entasser à 50 dans un bus. Oui, c’est absurde.


En passant en ville, hier, vous auriez pu entendre au moins deux autres manifestations : pour la liberté de la presse, pour la liberté d’instruction. Nous ne sommes pas les seuls à manifester pour défendre la liberté. Parce que, oui, les libertés sont menacées chaque jour un peu plus dans notre beau pays. La liberté de culte n’y fait pas exception. Nous sommes là ce matin pour le rappeler.


Alors bien sûr, vous l’entendrez aussi : “Se priver de messe c’est un geste solidaire pour protéger les autres du Coronavirus.” Mais a-t-on pointé du doigt les églises comme étant des foyers de contamination ? Non.
Au contraire, les scientifiques qui conseillent le Président de la République ont bien noté dans leur rapport que “les églises n’étaient pas retrouvées parmi les lieux à risque d’infection.” Alors pourquoi nous interdire d’y aller pour la messe alors même que les écoles qui sont ouvertes représentaient, elles, dès septembre, le principal lieu de circulation du virus ?

Je sais que vous pouvez également entendre des amis vous dire : “Et puis après tout, pourquoi réclamer la messe en vrai, il y en a tant à la télévision ou sur l’Internet ? C’est finalement pas si mal… et en plus on n’a pas à sortir ! ”
Y croyez-vous ?
Un joli reportage sur le Puy du Fou... remplace-t-il un séjour en famille dans le parc ? Non !
Une émission de cuisine... remplace-t-elle le bon moelleux au chocolat de Maman ? Bien sûr que non !
La vidéo d’un nouveau-né à la maternité... remplace-t-elle un premier câlin avec ce petit frère ? Là encore, c’est non !
Eh bien, une messe à la télévision, n’en déplaise au gouvernement, ne remplacera jamais une messe vécue !

Voilà pourquoi nous ne pouvons pas nous satisfaire de la situation actuelle. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de nous entasser dans des bus, des salles de classe, des queues de supermarché… tout en étant privés de se réunir à quelques-uns dans une église, pour la messe !

Pour finir, je vous félicite, mes chers enfants, d’avoir tenu à être là ce matin, d’avoir tenu à manifester que la messe vous manque, que nos prêtres vous manquent, que notre évêque vous manque. Vous avez raison de vous faire entendre. Le Pape François vous y encourageait d’ailleurs il y a quelques années. Je me permets de lui laisser la conclusion de ce mot :

“Mettez le bordel ! Mettez le feu dans les diocèses ! Ne restez pas enfermés dans vos communautés. L'Église doit sortir dans la rue. Je n'apprécie pas les jeunes qui ne protestent pas."

“Nous ne voulons pas de jeunes mauviettes. Nous ne voulons pas de jeunes qui se fatiguent vite, qui vivent leur vie épuisés avec l’ennui sur leur visage. Nous voulons des jeunes avec de l’espoir et de la force.”

Limoges, dimanche 22 novembre 2020 - " Donnez-nous la messe"


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Dimanche 15 novembre 2020

Appel de Chartres n°242 : Il y a 500 ans, "Exsurge Domine", la condamnation de Luther

« Exsurge Domine, Levez-vous, Seigneur » ! C’est par ces mots que commence la bulle du pape Léon X dont nous fêtons cette année le 500e anniversaire. Texte qui reste d’une actualité brûlante, car certaines confusions sont toujours vivaces.

 

 

  1. Petit rappel historique 

Le sous-titre latin d’Exsurge Domine est clair : Bulla contra errores Martini Lutheri et sequacium - contre les erreurs de Martin Luther et de ses disciples. La bulle ne condamnait pas toutes les 95 propositions de Luther mais exigeait qu'il retire ses erreurs concernant 41 points précis.

Le temps alloué expire le 10 décembre 1520, jour où Luther brûle publiquement sa copie de la bulle. En accomplissant ce geste, il affirme que le pape était lui aussi condamné. En réaction, Léon X publie, le 3 janvier 1521, la bulle Decet Romanum Pontificem qui excommunie Luther.

Ainsi débute la révolte de Luther : contre le Pape et l’Église, contre le culte des saints et surtout contre l’Eucharistie. Luther s’écrie : « Quand la Messe sera renversée, nous aurons renversé la papauté » (Werke, t. X sec. II). Ainsi débute le protestantisme et la négation de la présence réelle dans l’Eucharistie.

Curieusement, un groupe de dialogue luthéro-catholique demande en 1989 l'abrogation officielle de l'excommunication (à laquelle les luthériens ne croient pourtant pas…). Le 6 juin, le Pape Jean-Paul II répond aux luthériens, lors d’une visite le Danemark : « Les événements entourant Luther ont laissé des blessures qui n'ont pas encore guéri après plus de 450 ans et qui, aujourd'hui encore, ne peuvent pas être guéris par un acte juridique. Selon la compréhension de l'Église catholique romaine, toute excommunication prend fin avec la mort d'une personne, car cela doit être considéré comme une mesure contre une personne au cours de sa vie ».

Luther est conscient du mouvement de rébellion contre l’Église qu’il a lancé : « Je dois confesser que mes doctrines ont produit de nombreux scandales. Oui, je ne peux le nier : souvent cela m’épouvante, spécialement quand ma conscience me rappelle que j’ai détruit la situation en place de l’Église, si calme et si tranquille sous la papauté » (Lettre à Zwingli).

 

  1. Est est, non non

Inutile de le cacher : on peut multiplier les « groupes d’étude », de « réflexion », les dialogues, les rencontres, les symposiums. L’Eucharistie demeure et demeurera toujours un point de séparation définitive entre catholiques et protestants.

  • Ainsi que les autres sacrements, en particulier le sacrement de l’ordre, la prêtrise, chose inconnue chez les protestants, chez qui il n’y a ni prêtre, ni évêque. Même si certains laïcs protestants s’habillent de cette façon,
  • Ainsi que le culte des saints, de la sainte Vierge en particulier,
  • Ainsi que la hiérarchie catholique, la primauté et l’infaillibilité de l’Église, etc.
  • Ainsi que la pseudo-prédestination, etc.

Soyons honnêtes : sur ces sujets fondamentaux pour les catholiques, tout nous sépare.

En ce qui concerne la présence réelle par transsubstantiation, dans la sainte hostie consacrée par le prêtre, de Notre Seigneur Jésus-Christ, Corps, Sang, Âme et Divinité, les positions sont absolument irréconciliables :

  • Soit on y croit et on est catholique,
  • Soit on n’y croit pas et on est protestant.

Cela n’a pas empêché de maladroites tentatives qui butent toutes et buteront toujours sur cette évidence.

 

  1. Le temps des illusions

Difficile ici de ne pas citer Mgr Bugnini, dont Paul VI fait en octobre 1963 son théologien personnel et qu’il nomme président de la Commission spéciale pour la réforme de la liturgie.

Bugnini publie cette incroyable déclaration dans l’Osservatore Romano, le 19 mars 1965 : « Nous devons dépouiller nos prières Catholiques et la Liturgie Catholique de tout ce qui pourrait représenter l’ombre d’une pierre d’achoppement pour nos frères séparés, c'est-à-dire pour les Protestants ».

Rappelons que 6 protestants participeront à la commission de réforme conduisant à la nouvelle messe.

On en connaît le résultat, très semblable aux cérémonies protestantes : orientation de l’autel, plus de croix ni de tabernacle sur l’autel, suppression de l’offertoire, communion dans la main, etc.

Le document Institutio generalis Missalis Romani du 3 avril 1969 qui présente la nouvelle messe ne mentionne pas une fois le mot Transsubstantiation. La ‘présence réelle’ n’est évoquée que dans une note ! La définition de l’article 7 est même inouïe :

« La Cène du Seigneur ou Messe est la synaxe sacrée ou le rassemblement du peuple de Dieu sous la présidence du prêtre pour célébrer le mémorial du Seigneur ».

Tout y est : négation du sacrifice, de la transsubstantiation et du sacerdoce du prêtre. C’est un texte parfaitement protestant, si controversé qu’il sera remanié par le Vatican en mai 1970.

 

  1. La stupeur

Converti, avec sa sœur, du protestantisme, l’écrivain julien Greene découvre la nouvelle messe : « Ce que je reconnus était une imitation assez grossière du service anglican qui nous était familier dans mon enfance. Le vieux protestant qui sommeille en moi dans sa Foi catholique se réveilla tout à coup devant l’évidente et absurde imposture et, cette étrange cérémonie ayant pris fin, je demandai à ma sœur : ‘Pourquoi nous sommes-nous convertis ?»

Choquée par la nouvelle messe, Agatha Christie écrit au pape et obtient en 1971 une autorisation de la Messe catholique traditionnelle en Angleterre et Pays de Galles (surnommée « l’indult Agatha Christie »). La célèbre romancière était pourtant… protestante !

On sait le vent de folie qui s’est parfois emparé de certains, dans les années qui ont suivi l’introduction de la nouvelle messe.

 

  1. Le besoin d’une « réforme de la réforme »

Heureusement, dans les années 1990, le vent a tourné. Les abus, voire les folies, sont dénoncés, mais il existe toujours des extrémistes résiduels qui poursuivent leurs chimères.

La crise de l’Église, la brutale chute de vocations et de la pratique religieuse, surtout en Occident, est trop visible pour ne pas faire réfléchir.  A Rome est évoquée de plus en plus ouvertement l’idée

d’une « réforme de la réforme liturgique ».

Le Cal Ratzinger publie en 2002 un ouvrage au retentissement mondial, « L’esprit de la Liturgie », qui ouvre le débat des nécessaires révisions de la nouvelle messe. Il récidive en mai 2003 avec un nouvel ouvrage sur l’Eucharistie : « Un Dieu intime ». Il y écrit : « dans la crise de la Foi que nous traversons, le point névralgique devient de plus en plus une célébration correcte et une bonne compréhension de l’Eucharistie (…). Aujourd’hui, nous courons le risque que nos églises deviennent des musées ».

A cette même date, en mai 2003, est publiée l’encyclique de Jean-Paul II, « Ecclesia de Eucharistia » qui réaffirme que la Messe est au cœur de la vie de l’Eglise. Elle dénonce les « pratiques eucharistiques contraires à la discipline », les « innovations non autorisées et souvent de mauvais goût » : « les abus n’ont pas manqué et ils ont été des motifs de souffrance pour beaucoup ».

Plus récemment, en mai 2016, dans une interview dans Famille Chrétienne, le Cardinal Sarah invite appelle les prêtres à célébrer la messe face à Dieu. Plusieurs citations sont explicites :

  • « La liturgie est en danger »
  • « L’homme cherche à prendre la place de Dieu »
  • « La liturgie risque de devenir un simple jeu humain »
  • « Beaucoup de nos liturgies deviennent des spectacles » où le prêtre ne célèbre plus « l’amour du Christ à travers son sacrifice », mais « une rencontre entre amis, un repas convivial, un moment fraternel » 

Principale dérive de la liturgique actuelle, selon le cardinal Sarah : « la position du prêtre tourné vers le peuple », qui fait parfois de l’assemblée une «communauté refermée sur elle-même» et non plus «ouverte, ni vers le monde à venir, ni vers le Ciel». Le prêtre ne doit pas être « le centre, le protagoniste principal de la célébration eucharistique, car les fidèles ne sont pas venus pour parler au prêtre mais à Dieu ».

Pour « replacer Dieu au centre de la liturgie, le meilleur moyen est certainement de célébrer – prêtres et fidèles – tournés ensemble dans la même direction : vers le Seigneur qui vient».

Le cardinal dénonce les mauvaises interprétations du Concile Vatican II qui « n’a jamais demandé de célébrer face au peuple » et encore moins n’en a fait une obligation.

 

6. Et demain ?

On ne compte plus les commentaires qui vont dans le même sens.

Où est passé le « printemps de l’Église » ? Dans de nombreux pays autrefois catholiques, dont la France, tous les indicateurs : baptêmes, mariages, ordinations, pratique, confessions sont au rouge.

Benoît XVI a été clair : « La cause la plus profonde de la crise qui a bouleversé l’Église réside dans l’obscurcissement de la priorité de Dieu dans la liturgie ».

On aimerait que tout cela soit du passé. Ce n’est malheureusement pas le cas.

Les progressistes et modernistes ne renoncent pas à leurs chimères, dans leur aveuglement, ils en veulent encore plus. Les nouvelles du synode allemand, comme beaucoup d’autres signes négatifs sont sous nos yeux : messes scandaleuses, Pachamama, intercommunion (actuellement hebdomadaire, quoiqu’interdite), campagnes pour l’ordination de femmes (pourtant définitivement impossible), ‘bénédiction’ d’homosexuels, etc.

Du fait de ces nouvelles attaques, dans un futur proche, dès l’an prochain sans doute au terme du synode allemand, l’Église catholique va devoir affronter une crise en son sein. Et devra rappeler les vérités à propos de l’eucharistie, de la transsubstantiation et de la présence réelle.

Mgr Schneider demande même un nouveau Syllabus.

Exsurge Domine va redevenir d’actualité !

 

Hervé Rolland

samedi 14 novembre 2020

La pornographie...pas chez moi ?

Ingénieur de formation, Joseph-Marie Rouvière est l’auteur d’un site de plus en plus visité (1500 téléchargements à ce jour) : https://ensortir.fr/les-filtres-qui-marchent.

Soutenu par l’association stopauporno, il alerte sur la nécessité d’installer des protections efficaces sur les ordinateurs et smartphones…

Monsieur Rouvière, qu’est-ce qui vous a lancé dans cette entreprise considérable, fruit de 3 années de travail ?

Un triple constat :

1) La pornographie est très largement répandue dans les milieux catholiques pratiquants, toutes tendances confondues…La moitié des jeunes catholiques pratiquants de 15 à 17 ans ont déjà surfé sur un site porno…Il y a encore un nombre étonnant de parents qui s’imaginent que « leur enfant n’est pas concerné ». Et contrairement aux idées reçues, la pornographie touche également de plus en plus de filles et de femmes. Les personnes qui sont le plus réservées à aborder ce sujet se révèlent bien souvent aussi atteintes que les autres, voire plus…

2) La plupart des parents de ces jeunes ont plus de 40 ans. Un père de 40 ans en 2020 avait 15 ans en 1995, et à cette époque, internet n’avait pas encore pénétré dans les foyers, et encore moins le smartphone…Ces parents ne sont donc pas conscients du surcroît de difficulté que rencontrent aujourd’hui leurs enfants pour rester purs – particulièrement les garçons…Ces parents ne savent pas ce que c’est que de traverser les difficultés propres à l’éclosion de la sexualité en ayant à disposition des millions de photos et vidéos pornographiques.  

3) De plus en plus d’adultes, également fragilisés par la facilité d’accès à la pornographie, ont besoin de se protéger eux-mêmes en installant des applications fiables.

 

Que faire alors ?

Pour les adolescents, la première des protections est une éducation à la vie affective et sexuelle. De nombreux jeunes ne reçoivent toujours pas d’aide de leurs parents.

La deuxième protection concerne autant les adultes fragiles que les jeunes, elle est technique, et c’est l’objet de mon étude : quels filtres installer ?

Les parents ont le grave devoir d’installer des filtres. Peut-on laisser son enfant dormir dans une chambre où il y a des bandes dessinées pornographiques à côté d’autres B.D. innocentes ? Eh bien, si vous laissez à un jeune un smartphone sans filtre, ce n’est pas l’accès à quelques B.D., mais à des millions de photos et de video pornographiques…Si ça, ce n’est pas grave, qu’est-ce qui l’est ?

 

N’existe-t-il pas déjà des sites comparables au vôtre ?

De nombreux sites proposent des solutions, mais on voit que les testeurs n’ont pas fait leur travail sérieusement et la plupart des contrôles parentaux présentent des failles faciles à trouver pour un jeune d’aujourd’hui.

Par exemple, Qustodio, réputé un des meilleurs, est en fait très facile à faire sauter sur un smartphone, sans compter que sa proportion de sites pornographiques bloqués n’est pas pleinement satisfaisante…

Autre exemple : l’application 4teens, pourtant lancée à grand renfort de publicité dans les revues familiales, se révèle inopérante.

 

Certains disent en effet qu’aucun filtre n’est efficace à 100 % et que donc cela ne sert à rien de mettre des protections ?

C’est une fausse excuse qu’on se donne pour céder au laxisme suicidaire en la matière…et ce raisonnement ne prend pas en compte une donnée psychologique : si une personne fragile doit passer plusieurs minutes pour trouver un contournement possible au filtre, sa conscience peut la travailler pendant ce temps-là. Alors que s’il n’y a pas de protection, il suffit d’un instant d’acquiescement à la tentation, et d’un clic, pour arriver à des images qui, par leur aspect envoutant, lui rendront difficile le fait de s’arrêter et de faire marche arrière.

 

Y a-t-il donc des programmes efficaces ?

Après avoir testé nombre de programmes existants, je recommande sans hésiter Boomerang parental control sur les smartphones, et Forticlient sur les ordinateurs. On peut télécharger sur le site des fichiers pdf expliquant comment installer ces applications.

 

Un mot de conclusion ?

3 règles d’or :

1) l’ordinateur doit être dans un lieu public (salon…) où on est vu de tous. Eviter de prêter la tablette qui peut être emmenée en chambre. La meilleure protection reste le regard d’autrui…

2) Par un mot de passe d’accès à l’ordinateur/tablette, rendre impossible aux personnes fragiles d’aller sur internet sans personne à côté.

3) Si un adolescent a vraiment besoin d’un téléphone, lui en donner un à touches, et non un smartphone.

mardi 10 novembre 2020

Catholiques de France, réveillez-vous !

Chers pèlerins,

Un grand mouvement se lève en France pour rappeler que nous ne sommes pas que des consommateurs : nous sommes âme et corps !

Selon la loi actuelle, il est aujourd'hui possible de faire ses courses, mais pas de participer à ce qui est le coeur et le sommet de la vie du chrétien : la Messe et l'Eucharistie.

C'est profondément inacceptable.

Notre-Dame de Chrétienté rappelle depuis sa création que la vie est harmonie entre le spirituel et le naturel. Nous appelons donc tous les pèlerins de Chartres à participer aux nombreuses initiatives lancées dans notre pays.

'Jésus-Christ n'est pas facultatif' !

samedi 31 octobre 2020

COMMUNIQUE DE LA FRATERNITE SACERDOTALE SAINT-PIERRE

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En lien avec l’association l’AGRIF, l’Institut-du-Christ Roi, l’Institut-du-Bon-Pasteur, la communauté Saint-Vincent-Ferrier et l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre dépose aujourd’hui une requête en référé-liberté devant le Conseil d’Etat contre le décret du 29 octobre 2020 interdisant toute célébration religieuse publique dans les églises, alors que les écoles, les transports en commun et de nombreux commercent restent ouverts. Depuis le début de la crise sanitaire, les catholiques français ont eu à cœur de respecter fidèlement les précautions sanitaires imposées par le Gouvernement, de sorte qu’on n’a jamais entendu dire que les églises aient été des lieux de contamination. L’absence de considération, de la part du Gouvernement, pour la dimension spirituelle de l’homme et la pratique religieuse, nous montre, une fois de plus, que notre société a escamoté toute transcendance et considère la religion à l’égal du tourisme ou des loisirs. Face à ce que nous estimons être une atteinte grave à la liberté de culte, dont le Conseil d’Etat avait pourtant rappelé l’importance lors de l’arrêté du 18 mai 2020, il nous semble juste de réagir pour que les catholiques français puissent, le dimanche, assister à la messe dans le respect scrupuleux des mesures sanitaires afin de protéger les plus fragiles d’entre nous.

Notre démarche est soutenue par les associations Notre-Dame de Chrétienté, Renaissance Catholique, Oremus, le blog Le Salon Beige et le journal L’Homme Nouveau.