Appel de Chartres

vendredi 15 janvier 2021

Appel de Chartres n° 244

» Téléchargez le numéro 244 de l'appel de Chartres (janvier 2021)

Un numéro de 16 pages.

Au sommaire:

  • Edito de l’aumônier
  • Le mot du Président
  • Un chantier de l'année: le développement des réseaux sociaux
  • Communiqué Marche Pour la Vie: rdv dimanche 17 janvier à 15h
  • Quelques nouvelles: entretien avec Jean de Tauriers après la 6ème rencontre Summorum Pontificum
  • Hommage aux aumôniers: abbé Montarien, abbé de Nailly, abbé Comby... Ces aumôniers qui plantaient des âmes
  • Le jardinier de Dieu: hommage d'un ancien de la VIIème Paris

mardi 15 décembre 2020

Appel de Chartres n° 243 : Le syndrome du colonel Nicholson

Les situations de crise agissent comme des révélateurs. Les attentats, l’incendie de Notre-Dame, l’interdiction du culte public ont été pour des raisons variées des agressions contre les catholiques. Certes menées dans des contextes différents, elles restent des attaques contre la France catholique.

Les attentats terroristes ne sont pas une guerre contre la République. Non, le terrorisme attaque la France éternelle, la France catholique.

L’incendie de Notre Dame de Paris est l’image de notre Eglise en feu devant la stupeur du monde et les larmes des catholiques.

L’assentiment de la Conférence de l’Eglise de France devant l’interdiction du culte ne démontre-t-il pas la perte du sens de la sainte Messe au cœur de la foi catholique ? La Messe n’est pas un rassemblement, ce n’est pas un moment « pour-faire-église » qu’il serait possible de supprimer. La sainte Messe est le renouvellement non sanglant du sacrifice de la croix. Elle est indispensable au salut des catholiques. Jean-Marie Guénois[1] dans un article récent du Figaro (23 novembre 2020) constate une « division profonde dans l’Eglise » sur ce sujet, conséquence de divergences théologiques majeures sur l’eucharistie. Ecoutons-le : « Une partie des théologiens, prêtres, évêques et certains cardinaux, a épousé les thèses du protestantisme qui considère la présence réelle eucharistique du Christ comme symbolique et non réelle. Donc non absolument sacrée au point de se battre pour elle. » Il s’agit donc bien d’une question de foi sur l’Eucharistie et la sainte Messe comme nous le disons depuis près de quarante années lors de nos pèlerinages. L’incapacité des catholiques aujourd’hui à savoir ce qu’est véritablement la sainte Messe est un des effets catastrophiques de la crise de la transmission, plusieurs générations de catholiques ayant été privées de catéchisme. La hiérarchie catholique est restée longtemps aveugle et sourde (pas tous les évêques, Dieu soit loué). Certains de ses membres semblent coupés des derniers fidèles pratiquants comme le dit Yann Raison du Cleuziou dans un article de La Croix[2] quand il écrit que « le mépris affiché (par la hiérarchie) pour les ultimes pratiquants est suicidaire ».

Bien sûr, nous nous réjouissons que les évêques de France aient fini par présenter un référé-liberté (même deux en l’occurrence) et ainsi montré un peu de caractère. Une prise de conscience a peut-être enfin eu lieu. Il faut encourager nos évêques pour ces actes d’autant plus méritoires qu’ils sont nouveaux et marquent un changement de position face au pouvoir civil. Un des effets heureux de la situation serait que les yeux et les intelligences s’ouvrent devant la gravité de la situation.

Nos évêques semblent être tombés dans le syndrome du colonel Nicholson (joué par Alec Guinness) pour ceux d’entre vous qui connaissent le film « Le pont de la rivière Kwaï ». Ce colonel veut montrer la qualité des soldats et ingénieurs britanniques devant le colonel Saïto et ira jusqu’à construire un pont stratégique en pleine jungle birmane sans comprendre qu’il est prisonnier, que son pays est en guerre contre le Japon et qu’il rend un grand service à son ennemi en construisant ce pont. Comme me le disait un ami, l’analogie avec nos évêques (heureusement pas tous) est assez criante.

Aucune réforme n’aura lieu sans que la vérité soit dite, sans que nous soyons capables de regarder la situation en face et de la décrire. La vérité est simple et compréhensible par tous. Nul besoin d’avoir fait des études de théologie. Une connaissance du catéchisme pour enfants remplacera avec bonheur tout le pseudo-intellectualisme relativiste de certains.

« L’homme ne vit pas seulement de pain » (Matthieu 4,4)

« Quel profit, en effet, peut avoir l’homme à gagner l’univers au détriment de son âme » (Marc 8,36)

« On offre le sacrifice de la messe pour 4 fins : 1° adorer Dieu ; 2° le remercier de ses bienfaits ; 3° implorer le pardon de nos péchés et 4° lui demander ses grâces » (N°461 Catéchisme du Diocèse et de la Province de Paris 1968)

« Le devoir de rendre à Dieu un culte authentique concerne l’homme individuellement et socialement » (article 2105 du Catéchisme de l’Eglise Catholique sur la doctrine du règne social de Notre Seigneur Jésus Christ)

L’homme est âme et corps, l’ordre surnaturel prime l’ordre naturel car le but de notre vie sur terre est de sauver notre âme. Notre fin surnaturelle est plus importante que notre santé physique. Nous ne demandons pas à nos politiciens athées de le croire, nous demandons à nos évêques de nous l’enseigner et de le dire aux autorités civiles.

Comment se fait-il qu’un catholique de base soit obligé de rappeler ces évidences ? L’Eglise doit s’efforcer de sauver les âmes avant de s’engager à suivre scrupuleusement les règles sanitaires. Nous comprenons que l’Eglise s’emploie bien évidemment à respecter des réglementations techniques mais elle ne doit pas oublier « Dieu premier servi » (Sainte Jeanne d’Arc).

Il ne s’agit donc pas « de petit business » mais de salut.

Devant l’ampleur de la crise et l’affaissement de la place de l’Eglise dans notre société française, nous pensons aux erreurs passées où notre hiérarchie a cru habile de se taire. Nous en payons durement le prix aujourd’hui car il y a un lien entre les abandons d’hier et les persécutions d’aujourd’hui. La loi Veil sur la dépénalisation de l’avortement de 1975 ne serait pas passée si la hiérarchie catholique s’y était opposée comme l’a dit Simone Veil[3]. Demain, si nous voulons nous redresser, il faudra accepter de reconnaître les fautes commises. Il sera aussi nécessaire d’unir les forces catholiques en France qui peuvent avoir un poids considérable dans notre pays si elles sont bien dirigées, si elles sont unies et si elles s’engagent. La jeunesse catholique a montré récemment qu’elle avait ce courage dans les manifestations pour la messe. Ces catholiques ont besoin de chefs ayant la force de caractère, le courage physique et intellectuel pour résister à un ordre totalitaire matérialiste. De grandes figures peuvent les inspirer comme les cardinaux Mindszenty, Wyszyński, martyrs du communisme, Saint Thomas Becket ou Saint Thomas More. Nous avons un pays à reconquérir, nous aurons besoin de foi, de force et de sainteté.

Quelques mots enfin sur Notre-Dame de Chrétienté qui a connu une année difficile comme vous tous. La dernière Assemblée Générale, « confinée comme il se doit et dans le respect des gestes… », a montré une nouvelle fois la formidable motivation, l’engagement de tous ses membres. Je remercie tous ceux qui se sont dévoués cette année pour que le pèlerinage ait lieu sous des formats nouveaux qui auront réuni plus de 10 000 pèlerins.

Je compte sur vous tous en cette nouvelle année pour organiser un beau et grand pèlerinage de chrétienté avec comme thème « Je suis la Voie, la Vérité, la Vie ». Suivez notre site pour la préparation d’un pèlerinage exceptionnel si Dieu le veut.

Enfin, je demande vos prières pour trois pèlerins très proches de Notre-Dame de chrétienté :

Hervé Pinoteau, historien, royaliste, pèlerin de Chartres de toujours, rappelé à Dieu le 24 novembre. Prions pour ce combattant vigoureux, courageux et valeureux dans des temps difficiles. Prions également pour son épouse, Herrade, décédée quelques jours après son mari et qui l’a soutenu toute sa vie. Prions pour toute sa famille très engagée dans Notre-Dame de chrétienté.

Notre ami, Daniel Hamiche, est décédé le 29 novembre. Il était fidèle du pèlerinage attirant la sympathie par sa grande gentillesse et sa constante bonne humeur. Il ne manquait jamais d’accueillir les chapitres à Chartres et nous ne l’oublierons pas. Homme de conviction et de foi, prions pour le repos de son âme.

Je vous souhaite à tous un joyeux et saint Noël, en espérant que pourrez le passer avec vos proches, en famille, dans la paix du Bon Dieu devant la crèche.

Notre-Dame de Paris, veillez sur nous

Notre-Dame de Chartres, veillez sur nous

Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous

 

Jean de Tauriers - Président

 


[1]Jean-Marie Guénois est un vaticaniste et journaliste français spécialisé dans les questions religieuses internationales, rédacteur en chef pour le quotidien Figaro.

[2] Article de Yann Raison du Cleuziou dans la Croix du 25/11/2020 : « Le mépris affiché pour les ultimes pratiquants est suicidaire ». Yann Raison du Cleuziou, sociologue à l’Institut de recherche Montesquieu à l’Université de Bordeaux est l’auteur de l’ouvrage « Une contre-révolution catholique. Aux origines de La Manif pour tous », Seuil, 2019

[3] « Madame Veil aurait ainsi elle-même déclaré que si les médecins, les évêques et les prêtres avaient défilé en tête d’une manifestation nationale, le vote n’aurait pas été le même » par Docteur Patrick de Saint Louvent le 28 mars 2019 dans Tribune libre, site L’Homme Nouveau

Dimanche 15 novembre 2020

Appel de Chartres n°242 : Il y a 500 ans, "Exsurge Domine", la condamnation de Luther

« Exsurge Domine, Levez-vous, Seigneur » ! C’est par ces mots que commence la bulle du pape Léon X dont nous fêtons cette année le 500e anniversaire. Texte qui reste d’une actualité brûlante, car certaines confusions sont toujours vivaces.

 

 

  1. Petit rappel historique 

Le sous-titre latin d’Exsurge Domine est clair : Bulla contra errores Martini Lutheri et sequacium - contre les erreurs de Martin Luther et de ses disciples. La bulle ne condamnait pas toutes les 95 propositions de Luther mais exigeait qu'il retire ses erreurs concernant 41 points précis.

Le temps alloué expire le 10 décembre 1520, jour où Luther brûle publiquement sa copie de la bulle. En accomplissant ce geste, il affirme que le pape était lui aussi condamné. En réaction, Léon X publie, le 3 janvier 1521, la bulle Decet Romanum Pontificem qui excommunie Luther.

Ainsi débute la révolte de Luther : contre le Pape et l’Église, contre le culte des saints et surtout contre l’Eucharistie. Luther s’écrie : « Quand la Messe sera renversée, nous aurons renversé la papauté » (Werke, t. X sec. II). Ainsi débute le protestantisme et la négation de la présence réelle dans l’Eucharistie.

Curieusement, un groupe de dialogue luthéro-catholique demande en 1989 l'abrogation officielle de l'excommunication (à laquelle les luthériens ne croient pourtant pas…). Le 6 juin, le Pape Jean-Paul II répond aux luthériens, lors d’une visite le Danemark : « Les événements entourant Luther ont laissé des blessures qui n'ont pas encore guéri après plus de 450 ans et qui, aujourd'hui encore, ne peuvent pas être guéris par un acte juridique. Selon la compréhension de l'Église catholique romaine, toute excommunication prend fin avec la mort d'une personne, car cela doit être considéré comme une mesure contre une personne au cours de sa vie ».

Luther est conscient du mouvement de rébellion contre l’Église qu’il a lancé : « Je dois confesser que mes doctrines ont produit de nombreux scandales. Oui, je ne peux le nier : souvent cela m’épouvante, spécialement quand ma conscience me rappelle que j’ai détruit la situation en place de l’Église, si calme et si tranquille sous la papauté » (Lettre à Zwingli).

 

  1. Est est, non non

Inutile de le cacher : on peut multiplier les « groupes d’étude », de « réflexion », les dialogues, les rencontres, les symposiums. L’Eucharistie demeure et demeurera toujours un point de séparation définitive entre catholiques et protestants.

  • Ainsi que les autres sacrements, en particulier le sacrement de l’ordre, la prêtrise, chose inconnue chez les protestants, chez qui il n’y a ni prêtre, ni évêque. Même si certains laïcs protestants s’habillent de cette façon,
  • Ainsi que le culte des saints, de la sainte Vierge en particulier,
  • Ainsi que la hiérarchie catholique, la primauté et l’infaillibilité de l’Église, etc.
  • Ainsi que la pseudo-prédestination, etc.

Soyons honnêtes : sur ces sujets fondamentaux pour les catholiques, tout nous sépare.

En ce qui concerne la présence réelle par transsubstantiation, dans la sainte hostie consacrée par le prêtre, de Notre Seigneur Jésus-Christ, Corps, Sang, Âme et Divinité, les positions sont absolument irréconciliables :

  • Soit on y croit et on est catholique,
  • Soit on n’y croit pas et on est protestant.

Cela n’a pas empêché de maladroites tentatives qui butent toutes et buteront toujours sur cette évidence.

 

  1. Le temps des illusions

Difficile ici de ne pas citer Mgr Bugnini, dont Paul VI fait en octobre 1963 son théologien personnel et qu’il nomme président de la Commission spéciale pour la réforme de la liturgie.

Bugnini publie cette incroyable déclaration dans l’Osservatore Romano, le 19 mars 1965 : « Nous devons dépouiller nos prières Catholiques et la Liturgie Catholique de tout ce qui pourrait représenter l’ombre d’une pierre d’achoppement pour nos frères séparés, c'est-à-dire pour les Protestants ».

Rappelons que 6 protestants participeront à la commission de réforme conduisant à la nouvelle messe.

On en connaît le résultat, très semblable aux cérémonies protestantes : orientation de l’autel, plus de croix ni de tabernacle sur l’autel, suppression de l’offertoire, communion dans la main, etc.

Le document Institutio generalis Missalis Romani du 3 avril 1969 qui présente la nouvelle messe ne mentionne pas une fois le mot Transsubstantiation. La ‘présence réelle’ n’est évoquée que dans une note ! La définition de l’article 7 est même inouïe :

« La Cène du Seigneur ou Messe est la synaxe sacrée ou le rassemblement du peuple de Dieu sous la présidence du prêtre pour célébrer le mémorial du Seigneur ».

Tout y est : négation du sacrifice, de la transsubstantiation et du sacerdoce du prêtre. C’est un texte parfaitement protestant, si controversé qu’il sera remanié par le Vatican en mai 1970.

 

  1. La stupeur

Converti, avec sa sœur, du protestantisme, l’écrivain julien Greene découvre la nouvelle messe : « Ce que je reconnus était une imitation assez grossière du service anglican qui nous était familier dans mon enfance. Le vieux protestant qui sommeille en moi dans sa Foi catholique se réveilla tout à coup devant l’évidente et absurde imposture et, cette étrange cérémonie ayant pris fin, je demandai à ma sœur : ‘Pourquoi nous sommes-nous convertis ?»

Choquée par la nouvelle messe, Agatha Christie écrit au pape et obtient en 1971 une autorisation de la Messe catholique traditionnelle en Angleterre et Pays de Galles (surnommée « l’indult Agatha Christie »). La célèbre romancière était pourtant… protestante !

On sait le vent de folie qui s’est parfois emparé de certains, dans les années qui ont suivi l’introduction de la nouvelle messe.

 

  1. Le besoin d’une « réforme de la réforme »

Heureusement, dans les années 1990, le vent a tourné. Les abus, voire les folies, sont dénoncés, mais il existe toujours des extrémistes résiduels qui poursuivent leurs chimères.

La crise de l’Église, la brutale chute de vocations et de la pratique religieuse, surtout en Occident, est trop visible pour ne pas faire réfléchir.  A Rome est évoquée de plus en plus ouvertement l’idée

d’une « réforme de la réforme liturgique ».

Le Cal Ratzinger publie en 2002 un ouvrage au retentissement mondial, « L’esprit de la Liturgie », qui ouvre le débat des nécessaires révisions de la nouvelle messe. Il récidive en mai 2003 avec un nouvel ouvrage sur l’Eucharistie : « Un Dieu intime ». Il y écrit : « dans la crise de la Foi que nous traversons, le point névralgique devient de plus en plus une célébration correcte et une bonne compréhension de l’Eucharistie (…). Aujourd’hui, nous courons le risque que nos églises deviennent des musées ».

A cette même date, en mai 2003, est publiée l’encyclique de Jean-Paul II, « Ecclesia de Eucharistia » qui réaffirme que la Messe est au cœur de la vie de l’Eglise. Elle dénonce les « pratiques eucharistiques contraires à la discipline », les « innovations non autorisées et souvent de mauvais goût » : « les abus n’ont pas manqué et ils ont été des motifs de souffrance pour beaucoup ».

Plus récemment, en mai 2016, dans une interview dans Famille Chrétienne, le Cardinal Sarah invite appelle les prêtres à célébrer la messe face à Dieu. Plusieurs citations sont explicites :

  • « La liturgie est en danger »
  • « L’homme cherche à prendre la place de Dieu »
  • « La liturgie risque de devenir un simple jeu humain »
  • « Beaucoup de nos liturgies deviennent des spectacles » où le prêtre ne célèbre plus « l’amour du Christ à travers son sacrifice », mais « une rencontre entre amis, un repas convivial, un moment fraternel » 

Principale dérive de la liturgique actuelle, selon le cardinal Sarah : « la position du prêtre tourné vers le peuple », qui fait parfois de l’assemblée une «communauté refermée sur elle-même» et non plus «ouverte, ni vers le monde à venir, ni vers le Ciel». Le prêtre ne doit pas être « le centre, le protagoniste principal de la célébration eucharistique, car les fidèles ne sont pas venus pour parler au prêtre mais à Dieu ».

Pour « replacer Dieu au centre de la liturgie, le meilleur moyen est certainement de célébrer – prêtres et fidèles – tournés ensemble dans la même direction : vers le Seigneur qui vient».

Le cardinal dénonce les mauvaises interprétations du Concile Vatican II qui « n’a jamais demandé de célébrer face au peuple » et encore moins n’en a fait une obligation.

 

6. Et demain ?

On ne compte plus les commentaires qui vont dans le même sens.

Où est passé le « printemps de l’Église » ? Dans de nombreux pays autrefois catholiques, dont la France, tous les indicateurs : baptêmes, mariages, ordinations, pratique, confessions sont au rouge.

Benoît XVI a été clair : « La cause la plus profonde de la crise qui a bouleversé l’Église réside dans l’obscurcissement de la priorité de Dieu dans la liturgie ».

On aimerait que tout cela soit du passé. Ce n’est malheureusement pas le cas.

Les progressistes et modernistes ne renoncent pas à leurs chimères, dans leur aveuglement, ils en veulent encore plus. Les nouvelles du synode allemand, comme beaucoup d’autres signes négatifs sont sous nos yeux : messes scandaleuses, Pachamama, intercommunion (actuellement hebdomadaire, quoiqu’interdite), campagnes pour l’ordination de femmes (pourtant définitivement impossible), ‘bénédiction’ d’homosexuels, etc.

Du fait de ces nouvelles attaques, dans un futur proche, dès l’an prochain sans doute au terme du synode allemand, l’Église catholique va devoir affronter une crise en son sein. Et devra rappeler les vérités à propos de l’eucharistie, de la transsubstantiation et de la présence réelle.

Mgr Schneider demande même un nouveau Syllabus.

Exsurge Domine va redevenir d’actualité !

 

Hervé Rolland

Lundi 28 septembre 2020

Appel de Chartres n°241 : Que la force soit avec toi !

Chers amis, clercs, religieuses, cadres et pèlerins d'hier et d'aujourd'hui,

         Ce titre est « facile », il attirera sans doute l'attention des cinéphiles, amateurs de la « Guerre des Etoiles ». Plus sérieusement, il évoque un « livre phare » récemment paru. Un phare, ça donne de la lumière - ça reste debout dans la tempête -ça défie le flot et l'isolement « au péril de la mer ». Ce livre, c'est « La Force de la verité », écrit par le cardinal Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Son sujet tient dans le sous-titre ; « Les défis posés à la foi catholique dans un monde qui n'est plus chrétien ». L'introduction jette une lumière évangélique sur la situation où nous sommes; « L'Eglise est confrontée à une crise de la foi comme le fut Simon Pierre avant la Passion du Sauveur (…) C'est Satan et personne d'autre qui a voulu que les disciples fussent « criblés comme le froment » (Lc XXII, 31), afin que le bon grain fut séparé de l'ivraie, pour que même les gens de bien faillissent et que nul ne se tint plus auprès de Christ au milieu des tentations, des séductions et des persécutions qui sévissent dans le monde[1]».

On trouvera dans l'ouvrage, en 10 chapitres et quelques 175 pages, des réflexions argumentées sur des thèmes brûlants dans la vie de l'Eglise. Disons-le honnêtement, certains développements sont ardus, « techniques », et font appel à une bonne culture théologique et philosophique. Mais le jeu en vaut la chandelle ; ne cédons pas à la facilité, dans une ère de « réflexion en forme de tweet ». Le livre est un ami, il peut donc être exigeant dans ce qu'il a à dire ! De plus, le cardinal rattache chaque explication à un grand principe de base de l’intelligence ; la non-contradiction. Dieu ne se contredit pas, il n'affirme ni ne demande en même temps une chose et son contraire[2].

Comment recevoir et garder la « parole d'Eglise» et la «parole de l'homme d'Eglise», y compris (et surtout) s'il y a contradiction (averée) entre l'une et l'autre[3]? Le Père Augustin-Marie nous a gratifiés là-dessus d'un excellent travail l'an dernier ; à relire, sans modération. Le Cardinal reprend ce sujet majeur ; l'autorité de l'Eglise, en particulier l'autorité d'enseigner, et la valeur du Magistère[4]. Les actes du Magistère sont en lien étroit avec la Tradition de l'Eglise, selon une logique de continuité. D'où la difficulté rencontrée ces derniers temps. La médiation humaine ne produit pas d'elle-même une vérité, mais elle se borne à en porter témoignage. Et de conclure sur une heureuse référence au pape émérite Benoit XVI ; un rappel de la soumission de l'Eglise et de son chef à la Parole divine, « contre toute tentative de l'adapter ou de la diluer, et contre toute forme d'opportunisme[5] ».

Ensuite, l'analyse se porte sur les nombreux « changements » introduits ou revendiqués. En bonne philosophie, tout changement aboutit soit à un « mieux » (développement), soit à un « mal » (corruption). L'exagération des « bonnes dispositions subjectives » individuelles a abouti à de graves dérives sur de nombreux sujets de morale, dans l'Eglise (éthique de situation) et dans la cité (idéologie de déconstruction). « Au vrai, on peut pécher contre la foi catholique non seulement en niant tout ou partie de son contenu, mais en reformulant les principes formels qui permettent de la comprendre[6]». Des gnostiques aux progressistes, en passant par les crises protestantes et modernistes, la tentation est toujours la même; «transformer une violation directe des commandements de Dieu en une louable décision de conscience[7]». Il y a corruption (et non développement) lorsque « l'Eglise adopte les critères de la société moderne et se laisse assimiler par elle ». Au passage, apprécions que les évêques soient ici replacés «pas à la périphérie, mais au centre de l'orthodoxie[8]». Avec le devoir de compétence pour enseigner ou rappeler les vérités de la foi, et l'exigence de formation suffisante comme critère de nomination des successeurs des Apôtres.

« Puissions-nous trouver notre secours dans la foi et surmonter les tentations d'apostasie, de dérive schismatique ou tout simplement de résignation ; puissions-nous échapper aussi au danger de nous surestimer et de nous appuyer sur nos œuvres plutôt que sur la grâce, tel est le vœu que formule ce livre ». Merci Éminence de relever ces défis, et de nous conforter dans la foi en « insistant à temps et à contretemps, avec patience et souci d'instruire » (St Paul à Timothée)[9]! Nous faisons entièrement nôtre votre conclusion.

Amis pèlerins, ne pleurons pas sur le « côté obscur de la force » ! N'augmentons pas la « faiblesse des gens de bien », déplorée par le pape Pie XI. Rassemblons plutôt nos forces pour servir la lumière de la vérité, dans 3 directions qui nous sont chères ; Chrétienté, Tradition, Mission. Lançons ou rejoignons les initiatives variées à l'échelle nationale ou locale ; actions pro-vie et famille, défense de la liberté de l'Église catholique et des racines chrétiennes, inscriptions anciennes et nouvelles du règne du Christ dans la cité. Nous sommes plus forts si nous sommes plus unis et mobilisés.

Et puisqu'au-dessus de tout phare brille une étoile, confions-nous particulièrement en cette rentrée, à celle qui est « l'étoile de la mer... forte comme une armée rangée en bataille... Tour de David... et Vierge fidèle ».

Abbé Alexis Garnier, Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté.

 

 

 

[1]     Introduction, page 11.

[2]     Page 20, vers la fin.

[3]     La force de la Verité, page 13, premier §.

[4]  Munus docendi, un des 3 pouvoirs laissés par le Christ à son Eglise, avec celui de sanctifier par le culte et les sacrements, et de gouverner par les lois et repères pratiques, rappelant les commandements et les béatitudes.

[5]     Benoit XVI, Discours de prise de possession de la chaire de Pierre, Rome, 7 mai 2005.

[6]     La force... page 31.

[7]     Idem.

[8]     La force... p 29, fin du 1er §.

[9]    Nous exprimons également notre gratitude à Mr François Rosso qui a traduit l'ouvrage et aux éditions Artège, qui ont publié cet excellent travail!

 
 
 
 

jeudi 04 juin 2020

Appel de Chartres n° 240 : Rendez-vous à Sainte Odile le 11 juin 19h30 pour la messe d’action de grâce !

Chers amis pèlerins,

Nous venons de clore la trente-huitième édition de ce pèlerinage exceptionnel. Entre le coronavirus, l’interdiction des messes publiques, les changements de dernière minute, ... rien n’aura été épargné à l’organisation de Notre-Dame de chrétienté qui aura dû s’adapter jusque dans les derniers jours. Je remercie tous nos amis cadres de Notre-Dame de chrétienté, leur dévouement, leur efficacité auront été fantastiques.

Le pèlerinage a bien eu lieu avec des centaines d’initiatives locales, une ferveur intacte et un entêtement courageux à pèleriner. Comme chaque année, nous vous donnerons les chiffres (les vrais cela va de soi !) après la messe d’action de grâce à Sainte Odile le 11 juin (toutes les informations dans www.nd-chretiente.com).

En voyant tous ces petits groupes marcher dans Paris samedi, en regardant toutes ces photos de France et d’ailleurs, j’étais admiratif et plein de confiance pour notre avenir. NDC (le « pèlerinage de Chartres » pour faire simple) a près de 40 années. Nos fondateurs voulaient recréer une chrétienté, au moins une réaction chrétienne en France, à l’appel de Jean-Paul II dans une Eglise et une civilisation en crise. Ils voyaient les effets de la déchristianisation et voulaient susciter un élan au sein de la jeunesse. Quand j’observe nos pèlerins, en majorité jeunes, je constate que cette relève a bien lieu, elle est porteuse d’espoir pour demain.

Il est inouï que le culte public ait été interdit en France à l’occasion de cette pandémie. Il faudra réfléchir et tirer toutes les leçons de ce qui s’est passé, du stupéfiant affaiblissement de l’Eglise en France. Nous n’oublions pas les propos courageux de certains évêques que nous remercions une nouvelle fois. En s’associant à une requête en référé-liberté déposée devant le Conseil d’Etat, NDC a voulu apporter son soutien aux communautés qui marchent régulièrement sur les routes de Chartres. Notre démarche a été à la fois respectueuse de la hiérarchie en place et déterminée car il s’agissait de l’honneur de Dieu.

Toute cette histoire me fait penser à la fable de Jean de La Fontaine « Le lion amoureux ». Lue par Fabrice Luchini, c’est exceptionnel. Le pauvre lion amoureux est un peu comme l’Eglise qui a voulu, lors d’un fameux et récent Concile, abandonner tous ses privilèges : plus de constitution chrétienne, plus d’avantages, … Elle ne demandait qu’à être « une église libre dans un état libre » avec la grande efficacité que nous observons. Le sort de l’Eglise catholique ressemble à celui du pauvre lion amoureux qui accepte pour séduire sa belle de faire rogner ses dents et limer ses griffes :

Le lion consent à cela,
Tant son âme était aveuglée !
Sans dents ni griffes le voilà,
Comme place démantelée.
On lâcha sur lui quelques chiens :
Il fit fort peu de résistance.


Des questions demeurent : Pourquoi étions-nous si peu nombreux ? Pourquoi les associations diocésaines ou d’autres communautés en dehors de la sphère traditionnelle n’ont-elles pas entamé la même démarche ? Défendre la liberté du culte publique est un objectif partagé par tous les catholiques, me semble-t-il ?

Je ne crois pas du tout que, comme a écrit Jean-Pierre Denis dans la Vie, nous (les traditionalistes) soyons « non représentatifs » de l’Eglise. Cette expression est assez méchante mais l’histoire nous a appris à avoir l’estomac solide. Plus que méchante, c’est surtout très faux car nous sommes de plus en plus représentatifs.

Les « catholiques observants » (comprendre les derniers catholiques pratiquants) au sens de Yann Raison du Cleuziou dans son livre « Aux origines de la Manif pour tous », doivent apprendre à agir ensemble sur certains sujets, celui de la liberté du culte en était un. Les catholiques forment désormais une minorité en France et, ce qui est plus douloureux, une ancienne majorité. Apprenons pour demain à travailler réunis, « représentatifs et non représentatifs » !

Je tiens à remercier chaleureusement les célébrants et autorités qui nous ont soutenus en 2020 :

Le chanoine Fournier, aumônier militaire, à Saint Sulpice en remerciant le Père Lacroix pour son accueil ainsi que Monseigneur Aupetit.

Monseigneur Rougé qui a accueilli la « toute petite colonne » de pèlerins à l’entrée de son diocèse le samedi matin.

Le Très Révérend Père Louis-Marie de Blignières, supérieur de la Fraternité Saint Vincent Ferrier, qui a célébré la Messe de Chémeré-le-roi le dimanche de Pentecôte.

L’abbé Barrero, supérieur de l’Institut du Bon Pasteur, pour le Salut du Saint Sacrement du séminaire de Courtalain le dimanche soir.

Monseigneur Descourtieux (Congrégation pour la doctrine de la Foi) qui a célébré de la chapelle Sainte Pétronille dans la basilique Saint Pierre à Rome la messe du lundi de Pentecôte.

Le recteur de la cathédrale de Chartres, le Père Blondeau, pour son accueil toujours aussi généreux et amical ainsi que Monseigneur Christory.

Vous imaginez bien que toutes ces retransmissions ont nécessité des trésors d’ingéniosité et beaucoup de travail. Une immense merci à tous ceux qui ont œuvré dans la discrétion avec bien évidemment, et je termine ainsi, un grand mot de gratitude pour l’abbé Garnier, notre aumônier général.

Nos Saints Anges, protégez-nous dans les combats

Sainte Jeanne d’Arc, protégez la France

Sainte Geneviève, protégez la France

Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous ! 

Jean de Tauriers

 

Nous vous attendons nombreux avec vos bannières
le jeudi 11 Juin 2020 à 19h30

Pour une messe d’action de grâce à l’occasion de la fête du Très saint Sacrement

Paroisse Ste Odile – 2 av Stéphane Mallarmé – 75 017 PARIS

Suivie d’un cocktail dinatoire

Pour vous inscrire, c'est ici

 

vendredi 22 mai 2020

Appel de Chartres n°239 par Charles de Meyer

http://www.nd-chretiente.com/dotclear/public/.IMG-0892_s.png

 

Chers amis pèlerins,

Alors que, au cœur des troubles liés à l’épidémie de Covid-19, vous envisagez certainement les différentes possibilités de participer au pèlerinage  vers Chartres (virtuellement ou localement), SOS chrétiens d’Orient a plaisir à vous saluer, à vous rappeler l’admiration que toute notre association porte pour votre foi et combien elle est heureuse de participer chaque année, avec la chapitre Saints-Benham-et-Sarah, à la cohorte en marche vers Notre-Dame de Chartres.

Nous espérons que les mesures de confinement seront adoucies au Proche-Orient, afin que nos volontaires s’élancent aussi nombreux que possible, en communion avec les pèlerins, vers des sanctuaires locaux ou des lieux saints, en Syrie, en Irak, au Liban, en Egypte et peut être ailleurs encore… Cette simultanéité constitue l’incarnation du pari initial de notre association : puiser dans l’héritage catholique et la vie spirituelle contemporaine de notre pays pour soutenir notre investissement auprès de nos frères aînés dans la foi, les chrétiens d’Orient.

Le ressourcement spirituel annuel du pèlerinage de chrétienté caracole en tête des points communs qui unissent nombre de nos volontaires. Elevés dans la foi catholique, instruits de leur mission d’engagement dans la Cité, ils ont souvent participé à la marche avec leur famille, leurs amis, leurs troupes.

Nous sommes ainsi parmi les plus grands redevables de l’obstination des organisateurs et de la confiance des parents, embarquant leur barda, rompant le confort quotidien pour transmettre les trésors du cheminement à leurs enfants. Mieux encore, nous avons la joie de retrouver la Fraternité Saint-Vincent Ferrier sur la route, communauté qui assure notre conseil spirituel tout au long de l’année. De nombreux prêtres d’autres communautés partis en mission avec nos volontaires sont également au rendez-vous. Cette année encore, malgré les circonstances, nous serons tous unis en prière, au même moment, à défaut d’être physiquement ensemble.

De notre côté, nous espérons et prions pour que les volontaires agnostiques ou athées qui intègrent notre mission apprennent à connaitre ce moment de vie chrétienne et y posent les premiers jalons de leur conversion. Parole de président, nous comptons déjà quelques exemples édifiants !

Car ces trois jours de marche sont toujours l’occasion de retrouvailles, spirituelles et humaines. Ces trois jours de marche sont aussi un temps de pénitence, pour interroger nos renoncements, nos mollesses. Même à distance, sur vos chemins locaux ou dans vos prières, nous espérons que vous ménagerez pour nos volontaires, pour leurs familles, une intention qui les renforcera.

Plus encore, nous vous demandons d’aviver l’espérance de ceux que nous aidons en les unissant à votre prière. Eux aussi, souffrent dans leurs tribulations. Eux aussi, sont confrontés aux discriminations et au mépris. Eux aussi, souffrent parfois d’ombres dans leur foi. Mais eux risquent la mort, l’exil, la disparition, quand nous ployons si souvent devant des périls mondains ou anodins.

Nous sollicitons aussi votre cœur pour qu’il s’emplisse de la joie qui nous étreint depuis le retour de nos quatre collaborateurs, portés disparus en Irak durant deux mois ! Qu’une partie du pèlerinage célèbre leur retour sains et saufs, mais qu’il prie aussi pour tous ceux qui, dans le monde, n’ont pas eu cette chance ou qui attendent encore une hypothétique libération. Nous sommes certains que le Seigneur, en ses voies, saura leur faire sentir ce renfort d’espérance dont ils ont certainement tant besoin. Que l’Esprit consolateur de la Pentecôte et les Anges assistent et fortifient tous ceux qui font ainsi, généreusement et sans arrière-pensée, don de leur personne pour aider leur prochain et témoigner de leur foi en Jésus-Christ.

Notre expérience auprès des communautés chrétiennes orientales est une formidable expérience d’humilité. Notre mission est pleine des défis de la Pentecôte : la myriade des langues et le babil de l’anglais international, les barrières culturelles et sociales, les blessures de la désunion ecclésiale forment autant de défis pour nos équipes.  Instruments de la charité de dizaine de milliers de familles françaises, qu’ils puissent partager les grâces de la Pentecôte et s’en servir comme inspiration de leur mission. L’hymne du dimanche de Pentecôte prie d’ailleurs l’Esprit Saint de « repousser l’ennemi et de donner la paix sans retard ».

C’est notre ferme engagement de militants des chrétiens d’Orient que de continuer à partager ce témoignage des souffrances de ces Eglises en but à l’islamisme, aux errements des institutions internationales et au vieil amour des hommes pour la guerre. Nous attendons avec vous la joie de la Pentecôte et nous languissons de brandir la bannière de notre chapitre pour retrouver, de quelque manière que ce soit, l’énergie et le secours du pèlerinage de chrétienté.

Charles de Meyer,

Président de SOS Chrétiens d’Orient

mercredi 13 mai 2020

Appel de Chartres n°238 par Bernard Antony

http://www.nd-chretiente.com/dotclear/public/.2016-03-0070_s.jpg

 

Chers pèlerins de Notre-Dame de Chrétienté de l’an 2020

Avant de devenir, par-delà les peuples et les époques, une réalité historique de civilisation diversement façonnée selon les différentes circonstances d’accueil de la foi catholique et les vicissitudes de l’histoire, la Chrétienté a toujours été le produit d’un souffle de foi incessant et donc aussi d’espérance et de charité, toujours recommencé.

Avant même les grands pèlerinages des peuples d’Europe vers la Terre Sainte ou Saint-Jacques de Compostelle, le pèlerinage que vous allez effectuer de Notre-Dame de Paris vers Notre-Dame de Chartres, au cœur même de notre patrie, a constitué depuis des siècles un acte de ferveur personnelle ou collective.

Pour la deuxième année dans l’histoire de notre pèlerinage, il ne sera pas commencé sous les voûtes de Notre-Dame de Paris, notre cathédrale nationale si tragiquement blessée à l’image de notre France si défigurée.

Vous n’en aurez que plus d’ardeur, plus de ferveur, à accomplir, trois jours durant, cette marche de prières, même spirituellement en ces temps de confinement mais non sans joie pour tous au fond des cœurs.

Vous inscrirez vos pas dans ceux de Charlemagne qui l’effectua vers le sanctuaire antérieur à celui d’aujourd’hui, et puis vers notre cathédrale dans ceux du roi Saint-Louis qui, de Nogent le Roi s’y rendit pieds nus pour offrir avec sa mère Blanche de Castille les magnifiques vitraux de la rose nord du transept.

Vous les inscrirez dans ceux de bien de princes et de rois mais aussi des plus humbles gens de toutes conditions ; dans les pas encore de notre immense poète national Charles Péguy, et encore dans ceux d’Henri et André Charlier ; et selon l’appel magnifique, en 1986, de Dom Gérard.

Vous y implorerez Notre-Dame pour le pardon des péchés personnels mais aussi de ceux de tout un peuple par trop déconstruit dans l’acceptation des lois iniques de la nouvelle barbarie, tragiquement oublieux des promesses de son baptême, comme le lui rappela le pape saint Jean-Paul II, si attaché au salut spirituel et politique de nos patries d’Europe.

Vous le savez, de nouvelles incertitudes et angoisses ont surgi sur l’avenir humain de notre Église catholique ébranlée par le retour de vieilles remises en cause.

Accomplir le pèlerinage de Chartres, ce n’est pas faire le choix d’une préférence pour le passé, c’est faire celui d’un présent et d’un avenir à la lumière de l’éternité du Christ.

C’est celui de la radicalité de l’amour évangélique en réponse à toutes les radicalisations de la haine.

Aussi est-ce le chemin du plus absolu des anticonformismes que vous avez choisi face aux dérisions de toutes les vieillesses idéologiques.

Que votre route vers Chartres, par tous temps, soit belle et lumineuse de prière, en vous et autour de vous, dans la piété filiale pour les pères fondateurs de notre France et de notre Chrétienté à rebâtir sans cesse dans l’éternelle jeunesse de ses recommencements.  

Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous

Bernard Antony

Président de Chrétienté-Solidarité

jeudi 19 mars 2020

Appel de Chartres n°237: Irons nous tous au Paradis ?

Est-il aspiration plus communément partagée que celle d’aller au Paradis ? D’enfin trouver le repos après un séjour, plus ou moins agréable, mais toujours bref au regard de l’éternité, dans cette « vallée de larmes », selon l’expression imagée du Salve Regina.

Une nouvelle conception du Salut
Il est de bon ton aujourd’hui d’affirmer que tout le monde sera sauvé puisque l’important serait d’aimer et que chacun, d’une manière ou d’une autre, aime. On pense à ce dessin de Faizant représentant un bourgeois satisfait de lui-même faisant la leçon à un jeune chevelu que l’on imagine être son fils et pontifiant : « L’important dans la vie c’est d’aimer. Ainsi, moi, j’aime la blanquette de veau. » En arrière-plan, madame fait la vaisselle…Certains auteurs en viennent à affirmer tel le père Zanotti-Sorkine dans son ouvrage : D’un amour brûlant : « Je le dis sans détour, il est très difficile de se damner. »
Tout cela est assez conforme à l’air du temps, Michel Polnareff chantant : On ira tous au Paradis. Les messes d’enterrement sont devenues un concert de louanges du défunt et d’exaltation de ses mérites supposés sur fond de confiance absolue en la miséricorde de Dieu.
Que penser de tout cela à la lumière de la parole de Dieu et de l’enseignement de l’Eglise ?

Le témoignage de l’Ecriture et de la liturgie
Le Christ est venu sauver tous les hommes. Cependant cette prédestination universelle au Salut n’est pas sans conditions : « Dieu veut le Salut de tous les hommes et qu’ils parviennent à la connaissance de la vérité » écrit saint Paul (I, Tim II, 4) et saint Pierre quant à lui affirme : « Dieu ne veut la mort de personne mais que tous se convertissent. » (II, Petr III, 9). Il ne suffit pas d’être gentil ! Il faut se convertir ! Là contre, la conviction du Salut universel de tous est souvent justifiée par un argument, peu ou prou, emprunté à sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus :
« Moi, si j'avais commis, tous les crimes possibles,
Je garderai toujours, la même confiance,
Car je sais bien que cette multitude d'offenses
N'est qu'une goutte d'eau, dans un brasier ardent.
»
Certes. Cependant la confiance de Thérèse repose sur son abandon total à la volonté de Dieu et à son Amour : « Afin de vivre dans un acte de parfait Amour, je m’offre comme victime d’holocauste à votre Amour miséricordieux, vous suppliant de me consumer sans cesse. »
L’Ecriture sainte rappelle à de nombreuses reprises que le Salut est exigeant et que tous ne se sauvent pas : « Si le juste se sauve à peine que vont devenir l’impie et le pécheur ? » (I, Petr IV, 18). « Elle est large et spacieuse la voie qui mène à la perdition et nombreux sont ceux qui s’y engagent. Elle est étroite, la porte, et resserrée la voie qui mène à la vie, et petit est le nombre de ceux qui la trouvent » (Matt VII, 13). « Ne vous y trompez pas, on ne se moque pas de Dieu. On récolte ce que l’on a semé » (Gal, VI, 7). Etc.
On peut, également s’interroger sur la raison pour laquelle pendant des siècles, dans la séquence Dies Iræ de l’office des défunts l’Eglise a qualifié le jour du jugement de jour de colère, évoquant la terreur, la stupeur, les larmes, les cendres, implorant le pardon de Dieu, etc. Si tout est pardonné par avance pourquoi de tels émois ? Quel peut d’ailleurs être, alors, l’intérêt de faire célébrer des messes pour le repos de l’âme du défunt ? Quels sens ont le rite de l’extrême-onction, la bénédiction in Articulo mortis ou les prières traditionnelles pour les agonisants ? Quelle serait en effet leur raison d’être si nous allons tous au Paradis ?

Un changement de paradigme
Le sociologue Guillaume Cuchet dans son livre : Comment notre monde a cessé d’être chrétien observe : « Tout se passe comme si, (…) des pans entiers de l’ancienne doctrine considérés jusque-là comme essentiels tels le jugement, l’enfer, le purgatoire, le démon étaient devenus incroyables pour les fidèles et impensables pour les théologiens. » La raison majeure de ce changement est, pour lui, un accès de rousseauisme collectif faisant de la damnation une « possibilité infiniment improbable » (Hans Urs Von Baltasar), négatrice du péché originel mais aussi du péché actuel. L’appartenance à l’Eglise et le respect de son enseignement théologique et moral apparaissaient comme l’arche en dehors de laquelle le Salut était, sinon exclu, du moins rendu plus incertain et problématique. S’adressant à ceux qui n’appartiennent pas à l’Eglise visible Pie XII dans Mystici corporis (29 juin 1943) les invitait à : « S’efforcer de sortir d’un état où nul ne peut être sûr de son Salut éternel ; car même si par un certain désir et souhait inconscient ils se trouvent ordonnés au Corps mystique du Rédempteur, ils sont privés de tant et de si grands secours et faveurs célestes dont on ne peut jouir que dans l’Eglise catholique. »

Conséquences théologiques et pastorales
A quoi servent les prêtres s’il suffit d’aimer ? Pourquoi user des sacrements s’ils ne sont pas le moyen voulu par Dieu pour fortifier la volonté afin que chacun fasse le bien et évite le mal. Pendant deux mille ans, l’Eglise a suscité des apôtres animés par la certitude que si chacun a les grâces suffisantes pour se sauver, l’évangélisation était nécessaire dans la mesure où, en raison de la blessure du péché originel il est très difficile de se sauver en dehors de l’appartenance à l’Eglise et sans l’aide des sacrements.
La doctrine moderne du Salut universel est, aussi, la négation du libre arbitre et de la responsabilité de l’être humain. C’est ce que rappelle le CEC § 1861 : « Si le péché mortel n’est pas racheté par le repentir et le pardon de Dieu, il cause l’exclusion du Royaume du Christ et la mort éternelle de l’enfer, notre liberté ayant le pouvoir de faire des choix pour toujours, sans retour. »
C’est aussi une fausse conception de la liberté et de l’amour qui est en cause. Il ne suffit pas d’aimer. Encore faut-il aimer en vérité. « La vérité vous libérera » (Jn VIII, 31). Il s’agit de savoir si notre cœur appartient au créateur ou à une créature.
Enfin cette nouvelle conception du Salut est la remise en cause de tout effort de conversion personnelle, d’ascétisme, voire de pénitence à l’encontre du commandement du Christ : « Si vous ne faites pénitence vous périrez tous » (Luc XIII, 5). Sous des dehors attrayants ce n’est rien de moins que la disparition pure et simple de l’Église que risquent d’opérer ceux qui soutiennent ainsi une fausse et spécieuse conception du Salut universel.

Jean-Pierre Maugendre

mardi 18 février 2020

Appel de Chartres n°236: le pèlerinage, vecteur de chrétienté dans le réel !

https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/s960x960/79238863_1498348037006058_8499861448401354752_o.jpg?_nc_cat=107&_nc_oc=AQn-pFvKxbtRYjqj9-0ayX6mdQjrWBwUlkcT5jmA8t1yHU_kTTOo96lBdmbXUorcjVJ2aaxCLc_gNA1rnVAjotdb&_nc_ht=scontent-cdg2-1.xx&_nc_tp=7&oh=938010f33774b432287330aca3273666&oe=5EBB6C7D

Chers pèlerins,

« Qu’est-ce que Dieu ? » s’interroge le jeune Saint Thomas d’Aquin. Dieu est unique, infiniment simple, supérieur à toute chose en restant pourtant infiniment proche de toute chose, immuable et éternel, ordonnateur de toute chose ; Il est l’Etre, la Vérité, l’Unicité, la Bonté, la Beauté…

Et Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance. » Quel mystère… en l’homme, grâce et pesanteur ; l’homme est image et ami de Dieu mais en même temps héritier du péché originel et pécheur lui-même. Il n’est ni bête, ni ange, mais incarné dans le temps et dans l’espace, à l’intelligence et au cœur embrassant de larges horizons et pourtant incapables de saisir entièrement les mystères de l’homme, et encore moins ceux de Dieu…

Quels sont les chemins que peut alors choisir l’homme face à sa condition ? Il peut se battre pour une illusion, celle de pouvoir atteindre une des perfections de Dieu dans une recherche d’absolu et d’universel : amasser des connaissances, multiplier les œuvres de charité, développer les sciences jusqu’à la dénaturation des mystères comme celui de la vie, rechercher des positions pour faire dépendre les autres de soi, etc. « Il fallait posséder l'infini de l'espace et l'infini du temps pour savoir que ces deux infinis sont encore des prisons, que l'âme n'est qu'un cri vers un autre infini. » Vouloir être l’égal de Dieu, c’est l’histoire de la Tour de Babel réactualisée ; l’homme n’a finalement guère changé !

Cependant l’homme peut également apprendre à connaître, à apprivoiser et à aimer le réelavec ses paradoxes que l’on ne pénètre qu’avec la vision des cœurs purs, vision simple de Dieu, embrassant le temps et l’espace dans son éternité. Apprivoiser le temps et l’espace, c’est marcher pendant trois jours pour franchir 100km alors que l’on prend l’avion toutes les semaines pour franchir les océans…, c’est oublier son portable et se rendre compte que notre vie et notre salut se jouent dans les relations avec ceux qui nous entourent à chaque instant.C’est d’abord la clef de toute vie humaine que le pèlerinage de Chartres nous aide à forger !

Le retour au réel est urgent ! A-t-il un jour cessé de l’être… ? « Rien ne mène plus sûrement à la barbarie que l’esprit pur. Et peut-être est-ce la forme la plus maléfique du péché contre l’Esprit que de tout ramener à l’esprit… ». Pas après pas, en marchant vers Chartres, nous mettons l’esprit en pratique, nous apprenons à bâtir une chrétienté !

Les pierres de cette chrétienté sont chacun de nous, pèlerins ; quant au ciment, nous l’incarnons et le vivifions sur la route entre les deux cathédrales : il s’agit d’un triple amour, d’une triple piété filiale.

- Amour profond du visage de l’Eglise actuelle. L’Eglise semble « rouler » à deux vitesses mais n’est-ce pas un nouveau paradoxe sur lequel repose l’unité intrinsèque de l’Eglise ? Le faible pousse le fort à l’exemplarité et à briser sa raideur ; le fort entraîne le faible à éclairer sa conscience et à maintenir sa volonté dans le bien…

- Amour de la France et de nos patries respectives actuelles, œuvrant pour qu’elles deviennent ce qu’elles sont en puissance : le terreau fécond de saints qui auront leur couleur propre dans les cieux, une nouvelle forme de réponse à l’Epoux.

- Amour de nos familles parfois déchirées, souvent blessées. Notre chrétienté repose sur l’unité fondamentale des familles, images de la Sainte Trinité.

Ces trois amours sont notre nourriture et le lieu où nous nous donnons. Le pèlerinage les vivifie. Comment ? En leur donnant des échelles adaptées. Notre amour pour l’Eglise se porte en priorité vers notre paroisse, non seulement entité territoriale, mais lieu où nous recevons les biens spirituels, et notre Evêque, en tant que successeur des apôtres, représentant du Christ en son diocèse, pasteur et docteur des fidèles. L’amour de la France passe par l’engagement dans nos villes et villages. L’amour de nos familles exige l’exercice concret de la charité fraternelle avec nos proches et entre les générations. Nous apprenons que « nous sommes en mesure de faire le bien pendant douze heures, ce qui ne saurait pas nousdécourager, comme si nous pensions que nous devons le faire toute notre vie durant. »

Ce ciment est purifié par l’épreuve de la fidélité, fidélité envers et contre tout, fidélité qui devient la manifestation en acte de nos trois amours et de notre Espérance ! Cela ne diminue certes pas la souffrance aiguë de la perte de sens, de l’incompréhension et du sentiment d’abandon mais le pèlerinage de Chartres est une grande grâce pour nous encourager à chercher la Vérité et à traverser cette nuit de l’Eglise, de la France et de nos familles. « Aimez donc votre état [de pauvreté spirituelle] et bâtissez dessus. C’est la pierre solide car c’est la pierre de la vérité, et l’édifice qui s’y appuie résiste aux vents et aux tempêtes. » nous encourage le Père Marie-Etienne Vayssière. L’amour nous blesse ; réjouissons-nous ! En devenant par amour comme « une humanité de surcroît en laquelle [le Christ] renouvelle tout son mystère », nous acceptons le partage de la croix, plantée dans notre cœur. Voici le chemin par lequel le Christ nous mène à Sa Lumière !

Ne nous laissons pas berner par le jeu si rapide des médias qui nous oppressent, espérant nous entraîner dans leur folie planétaire. Le réel nous rend confiance non pas en un synode mais en nos prêtres et en l’Eglise à la fois comme institution de droit divin et comme assemblée d’âmes pour lesquelles le cœur à cœur avec Dieu est plus qu’un précepte dominical. 

Alors OUI, « les temps sont durs », mais béni soit ce temps, dans lequel nous sommes nés, et bénie soit cette terre sur laquelle le bon Dieu nous veut saints pour sa plus grande gloire ! Ad superna semper intenti !

Chartres nous appelle !

Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous !

 

La Direction des pèlerins

jeudi 16 janvier 2020

Appel de Chartres n° 235 : « Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat »

Chers amis pèlerins,

Chers cadres de chrétienté,

nous pèlerinerons cette année sur le thème des Anges. Saviez-vous que Saint Michel, Prince des Anges, était l’un des protecteurs de notre pèlerinage ? 

Avant tout, Saint Michel est protecteur du Royaume de France, comme il fut celui d’Israël. De même qu’il a aidé la France à rester fidèle aux promesses de son baptême, il nous aide à rester forts dans les tentations.  En effet, Saint Michel accompagnait déjà Clovis et ses Francs à Tolbiac. A l’issue de la bataille, le roi lui consacrait la fille aînée de l’Eglise. Représenté sur les bannières de Charlemagne, honoré par le Mont Saint Michel, il guida Sainte Jeanne d’Arc, qui délivra Orléans le 8 mai, fête de Saint Michel (apparition au mont Gargano). Louis XI avait une telle dévotion pour lui, qu’il le choisit comme patron du premier ordre de chevalerie du royaume, l’ordre de Saint Michel. Par ailleurs, les rois de France demandaient à Saint Michel sa protection pour leur royaume, le jour de leur sacre. Alors que Louis XV omet de le faire, sans doute mal conseillé par le Régent, nous ne pouvons que tristement constater comment les forces de l’enfer se sont ensuite emparées du royaume de France et n’ont eu de cesse de mettre à bas la chrétienté dans notre pays. 

Saint Michel est logiquement le saint patron du Service d’Ordre, humble milice terrestre au service de la chrétienté. L’Archange entraîne les gilets bleus sur les routes de Chartres, afin qu’ils conduisent les pèlerins d’une cathédrale à une autre, aux pieds de Marie. De manière symbolique, vous verrez en tête de chaque procession, lors de notre pèlerinage, la bannière du Service d’Ordre, sur laquelle figure Saint Michel, comme l’étendard de Charlemagne autrefois. Le Service d’Ordre et la Direction des Soutiens qui organisent durant l’année notre pélé, invoquent ensemble leur saint patron pour qu’il nous aide à conduire les pèlerins en sécurité de Paris à Chartres. Nous l’implorons aussi pour qu’il nous protège des divisions et des assauts du Malin, nous donne les forces sur les sentiers de la sainteté, et  nous aide à rebâtir la chrétienté en France, en restaurant la Royauté de Notre-Seigneur dans la société et dans nos familles. 

« Oh Michel, patron des paras, trempe nos cœurs de hardiesse…» . (1)
Saint Michel, Défenseur de la foi, priez pour nous (2). Aidez-nous à rester fidèles à la foi des Apôtres. 
Saint Michel, Protecteur et Défenseur du Saint Sacrifice de la Messe, priez pour nous (3), qui voyons dans la Messe traditionnelle le ferment de notre pèlerinage. 
Saint Michel, Protecteur de la Cité du Vatican, défendez le Saint Père et la Curie contre les agressions du diable. 

Saint Michel, Prince de la Milice céleste, dirigez nos combats d’hommes, déployez vos légions d’anges pour nous protéger, ainsi que nos familles et nos chapitres, contre « Satan et les autres esprits mauvais qui rôdent dans le monde pour perdre les âmes (4) ». 

Et vous, chers amis, je vous invite à reprendre, derrière notre Service d’Ordre, le chemin de la dévotion à Saint-Michel. Que portés par elle, nous redécouvrions l’intimité avec les Saints Anges, sans doute nos derniers secours quand tout semble humainement perdu et en particulier à notre dernière heure. 

Denis Pinoteau
Directeur des Soutiens

_______________________________

(1)  Hymne à Saint Michel 
(2) Litanies de Saint Michel
(3) idem supra
(4) Prière de Léon XIII à Saint Michel

Dimanche 15 décembre 2019

Appel de Chartres n° 234 : Une histoire de courage

« …Le corps a besoin de vertus. Nous pensons principalement à ces vertus militaires qui sont des vertus de l’âme avant d’être des vertus de guerre. Quelles sont-elles ? Le courage, la loyauté, la patience, le sens de la justice, le sens de l’honneur, le goût du sacrifice. Or, quel sentiment voit-on dominer si souvent parmi ceux qui doivent être l’élite d’une nation ? La peur. La peur de déplaire, la peur d’être désavoué, la peur d’être seul. Un religieux de grand mérite, mort il y a quelques années, nous disait : ‘Il aura fallu que j’arrive vers la fin de ma vie pour comprendre le rôle que joue la peur dans la vie des hommes.’ Contre cette peur qui étreint et qui paralyse, il y a la prière et il y a l’exemple des saints. Il y faut en plus un amour tendre et viril pour le Christ Jésus, une mystique simple et forte comme la terre de Palestine où elle prit naissance, quelque chose de crucifié et de vainqueur qui pénètre dans le fond de l’âme et la soulève, si besoin est, jusqu’aux extrémités de la terre. » Demain la chrétienté par Dom Gérard (éditions Sainte-Madeleine, pages 153-154).

Les catholiques découvrent effarés le culte idolâtre rendu dans les jardins du Vatican devant le pape et dans la basilique Saint-Pierre. Je vous renvoie, pour une information complète sur les événements, à l’excellent blog de Jeanne Smits (leblogdejeannesmits.blogspot.com). Nous n’avons pas le temps dans cet article d’établir la continuité évidente entre cet acte et la déclaration Nostra Aetate de 1965 « L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions (non chrétiennes) »qui n’a, bien sûr, pas souhaité des cultes idolâtres mais a voulu modifier la relation avec les autres religions. Quand on voit la confusion générale autour de l’œcuménisme, cela n’a pas bien fonctionné ! Une parenté évidente existe également avec la première rencontre interreligieuse pour la paix d’Assise de 1986 (organisée par le cardinal français Roger Etchegaray). Ce qui vient de se passer avec la Pachamama, dans le contexte actuel bien particulier de l’Eglise, a une portée sans précédent.

Une pétition circule sur internet pour demander respectueusement au Saint Père un acte de repentance après ces actes sacrilèges. Je l’ai signée à titre personnel pour les raisons suivantes :

- Nos autorités ecclésiales « naturelles », c’est-à-dire proches, ne se sont pas exprimées pour désapprouver le culte de la Pachamama.

- De nombreuses personnalités apparaissent dans la liste de soutien et certains de nos amis,parfois engagés à NDC, ont signé cette pétition. Il n’est pas question de les laisser seuls.« Jamais les saints ne se sont tus » disait Pascal et … nous cherchons à être des saints.

- Enfin, n’est-il pas plus que temps, comme nous le rappelle Dom Gérard, de ne pas avoir peur, « la peur de déplaire, la peur d’être désavoué, la peur d’être seul. »

Notre-Dame de chrétienté a organisé une Journée d’Amitié chrétienne (nouveau nom de l’ancienne Université d’Automne) le 16 novembre dernier. Nous avions réuni de nombreuses personnalités avec notamment Charlotte d’Ornellas, Jean-Frédérique Poisson, Joseph Thouvenel et Yann de Saint Vaulry qui nous ont parlé de doctrine sociale de l’Eglise à la recherche du bien commun. Nous avons également entendu François Bert sur le rôle du chef. Mon espoir est de faire de ce rendez-vous annuel un moment de retrouvailles et de réflexions pour tous nos amis, cadres, Chefs de chapitres, Responsables des services Soutiens,…

L’Assemblée Générale de NDC avait eu lieu le 15 novembre dans la soirée avec notamment la présentation des résultats du sondage réalisé auprès des pèlerins. Avec près de 4000 réponses, ce sondage donne des indications précieuses, principalement dans lescommentaires transmis.  Un immense merci pour le temps consacré à ce sondage. 

L’Assemblé Générale a été le moment de dessiner les orientations des prochains mois. J’en cite quelques unes :

- Concevoir un nouveau modèle de pèlerinage afin d’accueillir davantage de pèlerins.

- Développer les Anges gardiens (non marcheurs) à l’international. Nous avons besoin de correspondants dans différents pays (si vous pouvez nous aider, merci de contacter la Direction Pèlerins au secrétariat de NDC).

- Poursuivre la mise en place de notre communication (avec notamment un nouveau site).

- Accentuer la formation de nos pèlerins et de nos cadres. Nous consacrons tous nos efforts à cette question (qualité du livret, vidéo formations, récollections, présence sur les réseaux sociaux, …) :

• Comment expliquer à nos jeunes pèlerins les raisons de notre perplexité sur la note 351 d’Amoris Laetitia en contradiction avec Familiaris Consortio n°84 ? Cette note réclame une précision du Saint Siège car dans sa rédaction actuelle elle met en danger la compréhension de la vie sacramentelle et donc ce qu’est l’Eglise.

• Comment expliquer les raisons de notre protestation contre le culte de la Pachamama ?

Reconnaissons que les tumultes actuels, pas uniquement dans l’Eglise, sont l’occasion de réfléchir à nos positions, d’apprendre à les expliquer et donc à les transmettre. Essayons d’avoir une vue surnaturelle de ces désordres. Cette crise où le bon Dieu a voulu nous placer n’est-elle pas « un appel à la sainteté » pour reprendre les mots du Père Roger-Thomas Calmel. 

Avec tout Notre-Dame de chrétienté je vous souhaite un bon temps de l’Avent et de belles fêtes de Noël. Soyons unis devant la crêche et prions pour la protection et le développement spirituel de notre pèlerinage.

Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous !

Saints Anges, protégez-nous dans les combats !

 

Jean de Tauriers

Président

vendredi 27 septembre 2019

Appel de Chartres n° 233 : Osez... le violet !

Chers amis pèlerins,

 

La semaine passée était celle des Quatre Temps d'automne. Et nous avons vu revenir le violet dans la liturgie. Petit parfum de Carême en plein temps après la Pentecôte... Irruption du violet sur le vert serein et profond de cette saison liturgique.

En liturgie, l'admirable « code couleur » est un élément de langage  spirituel, il transmet un message.

Ainsi le violet est couleur de chair blessée, et évoque notre nature abîmée par le péché originel et ses suites, jusque chez les membres de l'Eglise. Il est ensuite un appel, un sursaut d'âme ; oser le violet, c'est prendre les armes de Dieu... A commencer par la prière, la pénitence.

Donc le message est simple, de la simplicité de la Sainte Vierge elle-même. Simple, mais urgent ; oser le violet, et (re) prendre les moyens de la prière et de la pénitence. Il y a bien des raisons de le faire. Écoutons les Evangiles de cette semaine des Quatre Temps, mis en regard de l'actualité de l'Eglise et de notre pays.

 

Dans cette semaine de 4 Temps, Notre Seigneur expulse un démon et pardonne une pécheresse.

Cet enfant possédé et tourmenté du démon... n'est-ce pas l'enfance mise à mal, déconstruite et reconstruite sans amour, sans mariage, sans filiation ?

Ce père accablé, impuissant, mais pourtant audacieux et persévérant dans la foi et l'humilité... n'est-ce pas un appel à résistance devant le coup de grâce qu'on veut porter à la paternité, le dernier acte de la « mort du père », à travers la PMA accessible «à tous»?

Cette pécheresse « passe derrière les pieds du Seigneur », avec quel soin ; les larmes pour les laver, la chevelure pour les essuyer, le parfum précieux pour les oindre. Quelle belle évocation de l'Eglise ! Elle est Corps mystique du Christ. Elle est aussi servante et consolatrice fidèle de son Seigneur.

 

La Tradition spirituelle nous rappelle les bonnes raisons de faire pénitence, d'oser le violet; satisfaire et compenser pour les offenses envers Dieu - obtenir quelque grâce particulière, ou la solution de quelque doute.

Offense à compenser, la PMA contrevient au plan du Créateur sur l'amour humain, la fécondité, le mariage et la famille. « L’humanité a confondu l’autorité qui fait grandir avec le pouvoir qui écrase et qui exploite tout à son profit. Ce désastre ne concerne pas seulement les plantes vertes et les animaux dans leur biodiversité, elle concerne de plus en plus l’humanité elle-même dans son désir de toute-puissance, par exemple lorsque l’on fabrique un hybride homme-animal ou que l’on vote des lois pour combler les frustrations sans tenir compte de la dignité de l’enfant qui a le droit de naître de l’acte d’amour de son père et de sa mère. »

Doute introduit dans l'Eglise, et confusion dangereuse, ce sont certaines adaptations et déclarations « pastorales » envisagées. C'est un coup au cœur de l'Eglise, oui! Ces propositions et projets douteux engendrent confusion et division pour la vérité et l'unité catholique, la communion de l'Eglise. Lisez les lignes admirables de NN SS les Cardinaux Burke, Müller, Brandmüller, et de Monseigneur Schneider. Elles expriment un cœur de pasteur et de serviteur vigilant envers la foi de l'Eglise. Avec 2 F ; filialement, fermement.

 

Alors, cet Appel de Chartres n'est pas un appel à l'agitation ou l'affolement.

Mais c'est un appel à la lucidité paisible, à la détermination. Car il y a certaines compromissions pour Dieu qui sont inévitables, et certaines compromissions au monde qui sont inacceptables.

 

Enfin, cet élan de prière et de pénitence peut et doit s'accompagner d'autres moyens.

Et j'invite en particulier tous ceux et celles qui le peuvent parmi vous à se joindre à la manifestation du 6 octobre.

Il y a l'inévitable tentation de l'a quoi bon, le scepticisme ou peut-être la lassitude évidente devant le mal qui dure et progresse.

Mais il y a aussi l'humilité confiante du grain de sable ; « C'est bon... de se dire qu'on est un petit grain de sable, c'est tout, mais qu'à force de mettre des grains de sable dans la machine, un jour elle grincera et elle s'arrêtera ». Dont acte !

 

Chers amis pèlerins, osez le violet, il est de saison !

 

Abbé Alexis GARNIER, Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté.

 

 

jeudi 27 juin 2019

Appel de Chartres n°232 : 14 000 pèlerins à Chartres !

Chers amis pèlerins,

Nous avons assisté jeudi 20 juin à la messe d’action de grâce à St Odile. L’église était remplie pour remercier la Sainte Vierge d’avoir protégé le pèlerinage de chrétienté, son pèlerinage, cette année encore. Lors de cette soirée Notre-Dame de Chrétienté a l’habitude de communiquer les chiffres définitifs du dernier pèlerinage. Nous étions plus de 14 000 à Chartres cette année, une nouvelle progression très forte ! La croissance moyenne annuelle depuis 5 années atteint près de 10% ce qui est considérable. Les Anges Gardiens (pèlerins non marcheurs) étaient près de 3 000, un chiffre difficile à évaluer tant les initiatives de groupes de prière sont multiples dans différents pays. Enfin, près de 22 000 personnes ont suivi la Sainte Messe du lundi de Pentecôte sur notre site (www.nd-chretiente.com), en direct ou en replay pendant la semaine, ce chiffre est lui aussi en forte progression.

Je tiens à remercier le Père Julian Large, Prévôt de l’Oratoire de Londres, d’avoir célébré la Sainte Messe à Saint Sulpice le samedi. L’accueil du Père Jean-Loup Lacroix dans son église après le drame de Notre-Dame a été particulièrement chaleureux et nous l’en remercions ainsi que Monseigneur Leproux pour ses mots « sois fort et garde courage ! » qui ont accompagné nos pèlerins pendant les 3 jours. La messe d’Igny pour les chapitres Familles, Pastoureaux et Enfants a été célébrée par l’abbé Guilhem de Labarre, aumônier du Service d’Ordre. Nous avions également la très grande joie d’avoir comme célébrant du dimanche de Pentecôte le Prieur du Monastère de La Garde, le Très Révérend Père Marc. Tous les amis de Notre-Dame de Chrétienté connaissent l’amitié bénédictine que nous entretenons depuis 37 ans. Le dimanche soir, le Salut du Saint Sacrement était célébré par l’abbé Jean-Raphaël Dubrule des Missionnaires de la Miséricorde Divine. Le Saint Sacrement exposé, la fatigue, la nuit, le sacrement de confession, la consécration à Notre Dame, les mots du célébrant élèvent nos âmes vers Dieu dans un moment particulier. Le lendemain, Monseigneur Léonard, primat émérite de Belgique et archevêque émérite de Malines-Bruxelles, a célébré la Sainte Messe du lundi de Pentecôte devant Monseigneur Christory qui avait tenu à marcher avec les pèlerins le dimanche après-midi. Je les remercie de tout cœur. Enfin, je n’oublie pas dans ces remerciements Monseigneur Rougé, évêque de Nanterre, qui a accueilli les pèlerins de passage sur son diocèse au parc Sellier du Plessis-Robinson.

Parmi les événements marquants du pèlerinage, l’abbé Garnier a béni une Croix (offerte par Notre-Dame de Chrétienté) installée sur les ruines de l’église de Gas en présence de Madame le Maire et une partie du Conseil municipal. Quel beau symbole que cette Croix bénie un lundi de Pentecôte sur les ruines d’une église ! De ce bourg de Beauce nous pensions à Notre-Dame de Paris en feu et bien sûr à la symbolique de notre société chrétienne à reconstruire.

Très souvent, je suis interrogé sur les raisons du développement numérique du pèlerinage de chrétienté. Pourquoi tant de monde ? Comment de jeunes pèlerins « de nos jours ! » acceptent-ils de donner 3 jours pour un pèlerinage ? « Et pourquoi acceptent-ils d’assister à une liturgie médiévale sans comprendre un mot de latin ? »

Ces questions me font penser à ce commentaire d’un évêque rapportant avec humour que de nos jours « les jeunes veulent assister à la messe tridentine, ce sont les plus de 60 ans qui préfèrent la messe des jeunes du samedi soir ».

A ces questions habituelles, j’aime bien d’abord répondre que le pèlerinage s’adresse à tout le monde. De nombreuses familles se rassemblent au cours du pèlerinage sur les bivouacs, les haltes et pendant la marche. Notre-Dame de Chrétienté réunit ainsi toutes les générations, même si tout le monde n’a pas la capacité physique de marcher 100 km en trois jours. J’essaie aussi de faire comprendre que la raison de notre grand nombre est aussi limpide que le célèbre mot de Saint Augustin « Vous nous avez fait pour Vous, ô mon Dieu, et notre cœur est inquiet tant qu'il ne repose pas en Vous ». Notre époque athée et matérialiste ne comble en rien le cœur de l’homme qui est, aujourd’hui comme hier, assoiffé de Dieu. Sur la route de Chartres, le pèlerin cherche Dieu, veut entendre parler de Lui, se réconcilier avec Lui. Parfois, le pèlerin vient pour une seule rencontre avec un prêtre. Parfois, une simple discussion avec son chef de chapitre sera providentielle. Les histoires du pèlerinage, comme nous le disons à Notre-Dame de Chrétienté, sont innombrables. Le cadre traditionnel (liturgie, doctrine, catéchisme, …) qui étonne tant nos zoïles n’est donc pas une barrière mais un écrin.

Cher ami lecteur, si tu ne me comprends pas, la seule solution est de t’inscrire comme pèlerin de Chartres en 2020 !       

Notre prochain grand rendez-vous sera la Journée d’Amitié Chrétienne qui vient remplacer l’habituelle Université d’Automne. Cette Journée se tiendra le 16 novembre 2019 à Sainte Odile (XVIIème arrondissement de Paris). Suivez bien les informations sur notre site car nous aurons cette année des invités exceptionnels. Cette journée sera l’occasion de nous rencontrer, de parler de l’avenir de Notre-Dame de Chrétienté mais aussi de préparer le quarantième anniversaire du pèlerinage de chrétienté qui approche rapidement, en 2022 si Dieu le veut.

Notre-Dame de Chrétienté vous souhaite un bel été, reposant pour ceux qui peuvent prendre des vacances. Restons unis par la prière.

Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous.

Jean de Tauriers
Président

mardi 30 avril 2019

Appel de Chartres n° 231 - Le Christ est Roi

Le 11 décembre 1925, la pape Pie XI publiait l’encyclique Quas primas qui instituait la fête du Christ-Roi. En vérité, la Royauté du Christ n’était pas vraiment une nouveauté, et l’Eglise comme les autres sociétés – la famille et l’Etat ­­–, christianisées, manifestaient dans leurs lois, dans leurs mœurs, dans leur diplomatie, la souveraine domination du Christ, dont le nom signifie précisément « Seigneur ». Cela se nommait : « chrétienté ».

 

L’hymne de la fête du Christ-Roi le rappelle très opportunément : « [C’est] A vous, que les chefs des nations rendent les honneurs publics ; que vous confessent maîtres et juges, que lois et arts portent votre empreinte. Que, soumis, les insignes des rois brillent, à vous consacrés ; à votre doux sceptre soumets la patrie et les demeures des citoyens. [...] ». Disparue sous les coups de boutoir répétés de l’Ennemi du genre humain, par le biais des idées philosophiques et des révolutions successives qui renversèrent les trônes catholiques les uns après les autres, il fallait, la nature ayant horreur du vide, que l’on remplaçât cette chrétienté par autre chose, dont l’essence était, quelque forme que prît ce succédané, de reléguer la foi au domaine privé, de ne pas la favoriser par l’action de l’Etat, et, moyennant cette « prise en tenaille », s’assurer, à plus ou moins long terme, que le nombre de ceux qui croyaient non seulement au Christ, mais encore au Christ-Roi, s’amenuiserait, voire disparaitrait.

Car, n’en doutons pas, tenir que le Christ est Roi, c’est non seulement affirmer ce que croit l’Eglise, mais encore un des aspects les plus fondamentaux de la lutte que nous menons contre celui qui hait Dieu. Reconnaître la royauté du Christ, c’est corrélativement renoncer à ce qu’un autre souverain exerce sur nous son empire : pas de double nationalité pour un chrétien ! : « Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi disperse. » (Mat. XII, 30).

Le Catéchisme de l’Eglise catholique enseigne lui-même, au n. 2105 : « Le devoir de rendre à Dieu un culte authentique concerne l’homme individuellement et socialement. C’est là "la doctrine catholique traditionnelle sur le devoir moral des hommes et des sociétés à l’égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ ". »

Beaucoup, aujourd’hui, oublient cet enseignement, pourtant maintes fois réaffirmé : on ne peut se prétendre chrétien en cantonnant la foi et son expression au domaine privé. On ne peut s’affirmer chrétien en se prétendant « le levain dans la pâte » (Mat. XIII, 31-35), lorsqu’on limite la domination de Dieu sur un pan essentiel de notre existence, la communauté humaine, la vie en société.

Puisque nous parlons de royauté, il convient d’en préciser la nature : pour tout homme, il est une fin commune vers laquelle il doit orienter sa vie. Pour autant, cette orientation ne prend pas toujours, en raison des circonstances, des caractères, des formes identiques. Dans ces conditions, l’homme doit faire appel à sa raison et à sa prudence pour se gouverner lui-même. Puisqu’il convient que l’homme se gouverne lui-même dans sa conduite individuelle, il faut évidemment que cette nécessité de gouvernement se retrouve dans la vie sociale. « Nulle société n’est possible sans un chef qui l’organise et la dirige dans la poursuite de la fin qu’elle se propose. » Chaque individu composant le groupe poursuit, légitimement, des intérêts propres.

Le chef, qui, rien ne l’interdit, peut être en fait constitué de plusieurs individus auxquels l’autorité est dévolue, sera « un chef, un pasteur unique, qui cherche le bien commun de la multitude et non son propre avantage. » Le Christ est donc Roi. Il est roi universel : son dominion ne se limite pas aux baptisés qui croient en lui : il s’étend à tous les hommes de tous les temps, à toutes les créatures, à tous les ordres sociaux, dans l’ordre naturel comme dans l’ordre surnaturel : « D'autre part, ce serait une erreur grossière de refuser au Christ-Homme la souveraineté sur les choses temporelles, quelles qu'elles soient:  il tient du Père sur les créatures un droit absolu, lui permettant de disposer à son gré de toutes ces créatures. » Et ce pouvoir royal, le pape le rappelle, le Christ l’exerce non seulement parce qu’il est Dieu, mais également parce qu’il est homme, parce que Dieu lui a donné la puissance : « [...] les anges et les hommes ne doivent pas seulement adorer le Christ comme Dieu, mais aussi obéir et être soumis à l'autorité qu'il possède comme homme ; car, au seul titre de l'union hypostatique, le Christ a pouvoir sur toutes les créatures ». 

 

Le règne que doit exercer le Christ, vrai Dieu, vrai homme, n’est donc en aucune manière un règne métaphorique, comme hélas, beaucoup le laissent entendre. C’est bien une royauté sociale et à vocation universelle dont il est question. Le Christ s’étant immolé pour le genre humain, il convient « qu’après avoir soumis toutes les créatures à son pouvoir, il procurât à votre immense Majesté un royaume éternel et universel, un royaume de vérité et de vie, un royaume de sainteté et de grâce, un royaume de justice, d’amour et de paix. ». 

C’est pourquoi également le devoir d’évangélisation n’est pas un simple conseil : il faut s’évangéliser soi-même, bien-sûr, mais aussi, par amour, le prochain : parce que l’on veut son bien, il faut agir afin que son âme soit remplie de Dieu et soumise à son joug, qui est « doux et léger ». La société dans laquelle ces âmes évolues doit elle aussi contribuer à cette évangélisation car elle n’existe que par et pour les âmes : la divinisation de l’Etat pratiquée par le marxisme, le fascisme, le nazisme, et aujourd’hui encore dans nos propres pays, ne produit que mort et désolation.

Le pape Jean-Paul II, depuis canonisé, parlait avec justesse de « structures de péchés » : ces sociétés, parce qu’elles sont étrangères à Dieu ne suscitent que l’impossibilité de faire le bien ou d’éviter le mal, ce qui est le B-A, BA de l’action morale. Sauvés par le Christ, élevés à la vie de la grâce, cela ne nous exempte cependant pas de notre fin humaine, « et l’organisation sociale qu’exige cette poursuite demeure requise. »  L’ordre temporel, et ses chefs, demeurent à leur place. Mais, l’irruption de la grâce dans le monde doit désormais incliner leur action vers le Christ. Chassant les marchands du Temple, le Christ ne se substitue pas aux chefs légitimes de la société juive.

Cette intervention dans l’ordre temporel n’est que le juste exercice d’une prérogative de la royauté spirituelle du Christ – et il faut dès lors bien comprendre que le caractère spirituel de la royauté n’exclut pas, et même exige parfois, une intervention dans l’ordre temporel, sans que la distinction Cæsaris Cæsari en pâtisse – qui exerce alors une puissance royale temporelle. Saint Thomas, commentant l’épitre aux Hébreux écrivait : « [...] ce règne n’a pas pour but les choses du temps, mais celles de l’éternité (Jn. XVIII, 36) : "Mon royaume n’est pas de ce monde", car si le Christ règne, c’est pour conduire les hommes à la vie éternelle. »

 

Et de fait, si le Christ possède bien la royauté temporelle en raison de sa royauté spirituelle, il est manifeste, à la lecture des évangiles, qu’il n’a pas souhaité exercer cette puissance temporelle. La royauté du Christ, dans la plénitude de ses pouvoirs et de son exercice comprend ainsi, outre une triple domination ­­– législative, exécutive et judiciaire –, un vrai pouvoir spirituel – l’influx de la grâce – par lesquels le Christ, en vertu de l’union hypostatique, est cause universelle de sanctification. Il est donc roi des individus, mais aussi roi des sociétés humaines, c’est là la fameuse, et trop souvent oubliée, « Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ ».

 

Chanoine Benoît Merly 

Institut du Christ Roi Souverain Prêtre 

 

jeudi 18 avril 2019

Appel de Chartres n°230 : « Détruisez ce temple, et en trois jours, je le relèverai », Jean 2, 19

« Notre-Dame de Paris ravagée par les flammes » ; « une tragédie marque le début de la semaine sainte » ; « la flèche de Notre-Dame s’est effondrée ». Les tweets fusent à la vitesse du son, ou du feu… Il est 22h22 et l’incendie commencé vers 18h30 n’est toujours pas éteint. Nous pouvons prédire par avance les discours apocalyptiques des prochains jours : le vieil Occident Chrétien, si peu fidèle à ses ancêtres, est en train de connaître un déclin semblable à celui de l’Empire Romain. Notre-Dame brûle comme Rome avant elle… et les Néron modernes ayant épuisé leurs ressources lyriques partagent leurs émotions sur Instagram. Cet incendie est aussi un rappel de notre passage limité sur terre. Memento mori ! Rappel de fin de carême que nous aurions bien aimé éviter : « Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière» (Gn 3, 19) et qui donne une amère résonnance à ces vers de Nerval:

« Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher !

Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
— Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort ! »

L’UNESCO pleure son patrimoine, la France pleure ses racines subitement retrouvées, les catholiques pleurent… que pleurent-ils au fait ? Dieu ? Pourtant Dieu est immuable, Il est le Créateur de l’Univers ainsi que de ces pierres qui ont servi à édifier Sa Cathédrale ! Dieu ne disparaît pas en fumée comme des poutres du XIIème siècle ! Le symbole alors ? Cette flèche était un doigt pointé vers le ciel ; avec toute la Création, elle s’écriait au « chercheur de Dieu » : « nous ne sommes pas ton Dieu, cherche au-dessus de nous » ! Oui, nous sommes des êtres incarnés et limités dans notre intelligence et notre volonté, nous avons besoin de médiateurs, de rites, de signes pour prendre conscience de la présence aimante de Dieu, la recevoir et y répondre dans et par le même élan. Mais soyons francs, nous pleurons aussi notre participation au reniement de Saint Pierre. L’Église souffre par les scandales dont les médias nourrissent la foule, l’Église souffre par la profanation de ses cimetières, de ses églises, de ses tabernacles qui réactualisent les ignominieuses scènes de la Passion, enfin l’Église souffre dans l’absence complète de résistance aux attaques répétées du prince des ténèbres dont le monde nie l’existence ! Tous les jours, par notre mutisme, notre conformisme, notre relativisme, nous renions le Christ. Alors pleurons, pleurons bien car seules ces larmes pourront éteindre l’incendie.

« Réveille-toi ô toi qui dors » (Ep 5,14)… Notre monde sommeille d’un sommeil bien lourd, abruti par l’information de masse et le changement permanent, par le somnifère du confort, par la morphine du narcissisme universel. Pauvre de nous, le réveil devait être brutal… La Cathédrale est devenue le jouet des flammes et à travers elle, sont touchés les trois pouvoirs de l’Église qui réalisent « l’unité de son corps mystique, sans laquelle il n’y a pas de salut »:

  • Gouverner : la Cathédrale est le siège de l’évêque.
  • Enseigner : la chaire de l’Église est destinée aux prédicateurs qui par leurs sermons éveillent le cœur et l’esprit des fidèles et les orientent vers la Trinité.
  • Sanctifier : l’autel de l’église est le lieu du sacrifice du Christ ; le tabernacle est la tente de la Présence Réelle ; le baptistère contient les eaux qui ouvrent à l’amitié divine, les confessionnaux restaurent cette amitié.

Cette triple attaque blesse l’Église en son cœur et ne peut être l’œuvre que d’un seul ; cette triple attaque nous fait ouvrir les yeux sur les attaques isolées qui visent toujours un de ces trois pouvoirs : négation de l’autorité de l’Église, rejet de ses enseignements et de sa doctrine traditionnelle, banalisation du sacré. Ne sombrons pas dans le désespoir ! Il nous faut y répondre par un triple cri : cri de foi, cri d’espérance, cri d’amour vers le ciel. L’heure n’est plus à la mélancolie. La vie tient plus d’un concerto de Rachmaninov que d’une valse de Chopin ! Notre temps est un temps de purification qui doit nous aider à chercher la Vérité. Interrogeons-nous ? Qu’est-ce qu’un évêque ? Qu’est-ce qu’une cathédrale ? Qu’est-ce qu’une église ? Sans réponses, nous risquerions de reconstruire la voûte de Notre-Dame de Paris en bois recyclé avec intégration de panneaux solaires pour alimenter les illuminations touristiques…  Il nous faut également retrouver le sens de la noblesse de nos actes qui n’ont pleinement de valeur que lorsqu’ils sont gratuits, dépouillés, offerts : ainsi de l’édification d’une cathédrale dont le nom des bâtisseurs est un secret gardé par les pierres, ainsi de la vie – toute vie, ainsi du sacrifice salvateur du Christ pour les hommes de tous les temps.

Dans le Credo, nous affirmons « je crois à la communion des saints ». Entrons dans ce réseau d’amitié surnaturelle entre la terre et le ciel et cherchons particulièrement l’amitié des saints des temps de crise. Imitons avec la grâce de Dieu leur foi et leur force : Sainte Geneviève et sainte Clothilde, Saint Vincent Ferrier et Sainte Catherine de Sienne, Sainte Jehanne d’Arc et… Saint Michel Archange ! Au XIVème siècle, Sainte Catherine de Sienne a fait sienne trois grandes causes : la paix entre les cités (elle prêcha aux puissants de repartir en croisade dans le but de diriger leurs passions vers une cause sainte), le retour du Pape à Rome et la réforme du clergé embourbé dans la fange. L’actualité de ces trois causes n’est pas à démontrer, prions cette Sainte de nous aider dans cette nouvelle croisade : celle de la Foi dans nos cœurs et dans nos cités. Avec la Sainte Vierge au pied de la croix, tenons-nous debout car avec son regard de foi, d’espérance et de charité vers le Cœur ouvert de son Fils, nous deviendrons les pierres vivantes pour bâtir la cathédrale de la Jérusalem nouvelle (Ap 21,2) !

Chartres sonne, Chartres t'appelle, soyons encore plus nombreux cette année sous le regard de Notre Dame ! 

Pour vous inscrire, au pèlerinage de Paris-Chartres c'est ici

Sainte Geneviève, intercédez pour Paris !

Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat !

Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous !

La Direction des Pèlerins

 

 

vendredi 22 mars 2019

Appel de Chartres n°229: Contre la dictature du bruit

Mon Dieu, que de bruit !

Chaque jour nous apporte sa dose d’informations, à une vitesse de plus en plus vertigineuse, sur les sujets les plus variés. Près d’un Terrien sur deux (3,4 milliards de personnes) utilise un réseau social chaque jour. Nous disposons aussi de chaînes de télévision en continu, lesquelles doivent, hélas, remplir des heures et des heures d’antenne. Et, pour ce faire, elles sont prêtes à tout raconter, tout montrer, tout commenter. Sans laisser à quiconque le temps de réfléchir, puisque chaque info nouvelle chasse l’info précédente.

Tout ce bruit, est-ce vraiment de l’information ? Ne faut-il pas plutôt parler d’approximation, d’exagération, de désinformation, de manipulation, etc. Nous voilà dans le monde des « fake news »,  du complotisme et de l’anti-complotisme. Le gouvernement français veut même légiférer contre ces fake news. Chose assez cocasse quand on sait d’où vient le plus de surenchère dans les ‘coups de com’.

Qui ose encore parler de vérité ou même, tout bonnement, de faits. Charles Péguy nous a prévenus : « Il faut toujours dire ce que l'on voit : surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l'on voit » (Notre jeunesse, 1910).

Ne pas voir ce qu’ils voient, c’est le mal des politiques, des journalistes, des célébrités, de tous ces bavards. Parce que les faits, qu’ils voient pourtant, ne collent pas avec leur « politiquement correct ». Alors, ils préfèrent ignorer les faits, les tronquer ou les truquer. Le refus de regarder en face l’islamisme, un exemple parmi tant d’autres, en est une illustration flagrante. Et ils osent dénoncer les fake news…

Plus grave, ce déluge de news plus ou moins trafiquées remplit le vide existentiel de nombre de nos contemporains. L’homme ne contemple plus Dieu, alors il se réfugie dans le bruit.

Écoutons les mots forts du cardinal Sarah :  « L’homme post-moderne ne comprend plus l’éternité divine et mystérieuse (.. .). Il s’est accoutumé à un bruit de fond constant qui l’étourdit et lui apporte un réconfort » (La Force du Silence, contre la dictature du bruit). En réalité, le réconfort est de courte durée, car l’information continue est anxiogène. L’homme n’a plus le temps de digérer tout ce qu’il entend : c’est trop rapide, trop confus, trop compliqué.

En ce temps de Carême, nous Catholiques avons une immense chance : retrouver le silence, la force du silence, pouvoir contempler, méditer, prier. Et nous abstraire de ce bruit, de tout ce déluge. Un bruit pas si innocent, disons-le clairement : chaque fois que possible, c’est criant en ce moment, il s’agit de tenter de salir l’Église catholique. Bonne nouvelle : si on nous attaque, c’est que nous sommes porteurs de Vérité.

Stat Crux, dum volvitur orbis est la devise des Chartreux, qui savent mieux que quiconque la force du silence : la Croix demeure tandis que le monde tourne. Il tourne de plus en plus vite, de plus en plus fou, il donne le tournis : la Croix, elle, demeurera toujours.

Hervé Rolland
Délégué Général NDC

samedi 02 mars 2019

Appel de Chartres n°228: Les devoirs des autorités civiles

« Malheur à celui qui est seul, et qui tombe sans avoir un second pour le relever » (Ecclésiaste, IV, 10) La parole de l’Ecclésiaste nous rappelle une vérité observable par tous : un certain nombre de biens matériels et immatériels, ne sont accessibles à l’homme que dans la mesure où ils lui sont transmis par d’autres hommes. Personne ne peut prétendre être à l’état de l’art dans tous les métiers qui rendent la condition humaine à peu prés vivable. Qui aurait l’audace de prétendre être, à la fois et de manière pertinente : agriculteur, boulanger, cuisinier, maçon, électricien, plombier, tailleur, professeur, médecin, etc.

 

Il est de la nature de l’homme de vivre en société

C’est pour répondre à ces besoins, divers et variés, qu’il est de la nature de l’homme de vivre en société. Sans omettre une dimension supplémentaire, profondément ancrée au cœur de chacun : le besoin d’aimer et d’être aimé. Pour cela encore faut-il être, au moins deux !

Ainsi disposé, naturellement, à vivre avec ses « amis » (socius en latin) l’être humain organise la vie commune, les sociétés sont des amitiés nous dit Aristote. Cependant cette vie en commun n’est pas qu’une vie sociale, elle est une vie politique : l’homme est un animal politique. Cela signifie que ne pèse pas sur la vie des hommes en société le même déterminisme absolu que celui qui frappe les sociétés animales. Le mode d’organisation d’une fourmilière ou d’une ruche, aujourd’hui, est identique à celui qu’il était il y a des siècles ou des millénaires. Il n’en est pas de même de la société des hommes. Bien peu de points communs unissent, à travers le temps et l’espace, l’Athènes de Périclès, la Chine des Han, l’empire Monomotapa, la France de Louis XIV et celle d’Emmanuel Macron.

Destinés à vivre en société les hommes sont ainsi, et par ce moyen, appelés à parvenir à la plénitude de leur être, conformément à leur vocation. Or toute vie en société exige la mise en place de règles qui définissent les droits et les devoirs de chacun au service du bien commun. Les autorités civiles sont en charge de la mise en place de ces règles et doivent veiller à leur respect pour le bien de tous.

 

Les règles de la vie en société

Deux règles fondamentales sont alors en prendre en compte.

La neutralité de l’Etat et des autorités civiles est un leurre. Toute organisation de la vie sociale repose sur une conception de l’homme, une anthropologie, plus ou moins en accord, ou en désaccord, avec la réalité de la nature humaine. Il n’est pas anodin que l’homme soit considéré comme un simple amas de cellules, un consommateur, un loup pour l’homme (Hobbes), un homo festivus (Philippe Murray), un dieu tombé qui se souvient des cieux ( Lamartine), etc. ou une créature créée à l’image de Dieu mais blessée par le péché originel. A rebours du relativisme contemporain qui est un totalitarisme (la dictature du relativisme dénoncée par le cardinal Ratzinger) l’Eglise observe puis enseigne qu’il existe une loi naturelle que les autorités civiles doivent respecter car elles sont à son service et non l’inverse. (cf § 2235 CEC) Ainsi, enseigner que la vie commence à la conception est la simple observation d’une réalité irréfutable. L’autorité civile qui autorise la suppression d’une vie humaine innocente, voire promeut cette suppression, nie ce qui constitue sa propre légitimité : le service du bien commun et le respect de la loi naturelle.

L’ensemble des règles édictées, dans une société, doit permettre de conjuguer harmonieusement l’intérêt personnel de chacun avec celui de la communauté. Bien sûr, nous ne sommes pas dans un monde de bisounours et il peut arriver que l’intérêt de la communauté exige, de manière légitime, le sacrifice d’un intérêt particulier. Ainsi en est-il du soldat qui risque sa vie au service de la défense de son pays, ou de l’homme qui s’interpose pour éviter à une personne plus faible une agression. Cependant le sacrifice, régulier et constant, d’intérêts personnels légitimes à un hypothétique intérêt général, souvent sur l’autel de présupposés idéologiques largement discutables, crée un réel sentiment d’injustice, qui n’est pas toujours qu’un sentiment. Ainsi le bien commun de la société exige-t-il que celle-ci se perpétue par la génération naturelle. Pas d’enfants, pas de retraites ! Pas d’enfants, pas de visites dans les EPHAD ! Or la naissance de chaque enfant génère une baisse sensible du niveau de vie des parents qui n’est pas compensée par la modeste revalorisation des retraites liée au fait d’avoir élevé ces enfants. La réalité est qu’une famille qui, par sa progéniture, a assuré l’équilibre du système de retraite et l’avenir du pays, se trouve très largement défavorisée, matériellement, tout au long de son existence par rapport à un ménage sans enfants. En effet la mère de famille n’a généralement pas pu avoir de carrière professionnelle complète et la capacité d’épargne du ménage a été largement obérée par les frais liés à l’éducation des enfants. Est-il juste qu’un homme, ou une femme, qui a fait le choix volontaire de ne pas avoir d’enfants bénéficie d’une retraite payée par les enfants des autres ? A cette question il est généralement répondu par une, paraît-il, nécessaire solidarité. Elle semble s’apparenter à celle de la cigale sollicitant la fourmi afin de bénéficier du fruit de son labeur lorsque la bise fut venue. Si la cigale, qui a chanté tout l’été, et la fourmi, qui s’est affairée pendant ce temps là sont finalement logées à la même enseigne il y a fort à parier que la fourmi va rapidement se décourager et, elle aussi, profiter du bon temps plutôt que de travailler. Si la fourmi n’est pas mise en situation de profiter, paisiblement, du fruit de son travail elle sera démotivée et cessera de travailler ce qui sera dommageable à tout le monde.

 

Laisser décider celui qui assume les conséquences

La responsabilité des autorités civiles est, en respectant la loi naturelle, de laisser les communautés naturelles et les corps intermédiaires assurer la prospérité de la cité. Pas de tout régenter dans la cité au détriment du principe de subsidiarité qui consiste à laisser chaque échelon de la vie sociale décider et mettre en œuvre ce qui est de son ressort sans interférence de la structure supérieure trop souvent incompétente et essentiellement avide de pouvoir, bref le contraire de ce que l’on enseigne à l’ENA…

                                                                

Jean-Pierre Maugendre - Renaissance Catholique - février 2019

 

 

 

 

jeudi 21 février 2019

Appel de Chartres n° 227 : Debout ! La Mission vous attend !

« Le bonheur de certains appartient, par un mystère de charité, à tout le monde » écrivait Paul Claudel

Cette phrase me semble aujourd’hui particulièrement appropriée aux pèlerins de Notre Dame de Chrétienté : chaque pèlerin, quel qu’il soit, est en effet, si l’on suit le grand poète français, à la fois un « certain » et un « tout le monde », ou encore le bonheur de chaque pèlerin appartient à tout le monde, et le bonheur de certains appartient également à chaque pèlerin. Et ce, sans s’arracher les cheveux ni les couper en quatre, bien que la référence au génial écrivain du Soulier de satin puisse, j’en conviens, évoquer de telles tractations !

Remarquons tout d’abord que c’est bien « par un mystère de charité » que ce petit miracle de chaque Pentecôte s’accomplit. Le Saint-Esprit, troisième personne de la Sainte Trinité, est ce nœud d’amour qui unit le Père et le Fils, en procédant de Leur amour, et c’est bien Lui qui protège notre pèlerinage de Chrétienté. Sans Lui, nous ne pouvons rien faire ! Mystère de charité, aussi, qui est celui de l’Eglise, vivifiée par sa tête, le Christ, mort par amour pour nous. Sur des bases ainsi stables, voyons l’enseignement de l’écrivain.

Le bonheur de certains, dit-il, appartient à tout le monde. Le mois de février, qui s’allonge démesurément entre les joies de Noël et l’ascèse quadragésimale, paraît propice à la douce somnolence de l’hibernation. Mais les Français ne sont pas de la race des ours ! Ils sont de la race d’un saint Bernard, d’une sainte Thérèse de Lisieux, d’un saint Théophane Vénard ! Prêcher, prier, évangéliser et baptiser sans relâche, en un mot se sacrifier. La France est le pays qui a fourni le plus de missionnaires. Le cardinal Sarah, qui nous a tant honorés l’année dernière, aime à redire qu’il doit la pourpre de son cardinalat au sang des missionnaires français venus dans sa terre natale. « Seigneur, le zèle de ta maison me consume », dit l’Ecriture Sainte. En ces temps de vent, de froidure et de pluie, laissons-là nous aussi nos manteaux, pour nous vêtir de livrées jolies et de broderies. Un missionnaire, c’est d’abord un saint, un « contemplatif en action » (Redemptoris missio). C’est en ce sens que le bonheur de certains appartient à chaque pèlerin, à un « tout le monde » qui englobe aujourd’hui chaque marcheur et ange gardien de Pentecôte. Le sommeil en hiver est fatal au voyageur...

Amis pèlerins, debout ! Il est temps de réveiller votre entourage, de réfléchir au chapitre où vous pèlerinez, de le grossir par votre zèle apostolique, et de nourrir le dit zèle ! Comment ? C’est tout simple : participez aux récollections régionales, venez soutenir vos chefs de chapitre et vous rassasier de la bonne parole de nos aumôniers, venez préparer votre marche, et raffermir vos pieds par l’accroissement des connaissances.

Votre aimable région est dépourvue de chapitre ? Votre paroisse se meurt d’inexistence au sein du pèlerinage ? Faites advenir le printemps et les fleurs sur ces terres glacées et désolées ! Fondez votre chapitre, en écrivant à votre chef de région ! 

Que les esprits timides et débordés se rassurent : notre patronne des missions est bien la carmélite de Lisieux, qui depuis son couvent sut être une âme missionnaire d’élite. Et c’est bien le conseil de Dom Chautard « Qui ne connaît cette parole de saint Bernard aux apôtres : Si vous êtes sage, soyez des réservoirs et non des canaux (...). Le canal laisse écouler l'eau qu'il reçoit sans en garder une goutte. Le réservoir au contraire se remplit d'abord, puis, sans se vider, verse un trop-plein toujours renouvelé dans les champs qu'il fertilise. Combien qui, adonnés aux œuvres, ne sont jamais que des canaux et restent eux-mêmes à sec alors qu'ils s'efforcent de féconder les cœurs ! ». Depuis votre prière quotidienne, chaque pèlerin pourra assurer le bonheur de tous, puisque prier pour tout le monde !

Mais aussi, le bonheur de chaque pèlerin appartient à tout le monde. A savoir que « toute âme qui s’élève élève le monde ». Tout le monde, ce sont nos communautés religieuses amies qui, depuis leur cloître, font monter leurs prières vers Dieu pour chaque pèlerin. Tout le monde, c’est l’Eglise triomphante – et j’ajouterais française – qui, du haut du ciel, contemple ses descendants, ceux de chez nous, qui sont encore militants. Le missionnaire est un témoin de l’amour de Dieu, et dans ce sens, le bonheur que reçoit chaque pèlerin ne lui appartient pas, mais devient vitrail de l’amour de Dieu pour les autres, chacun étant coloré par la Grâce à sa façon.

Chacun reflète l’Aventure, qui est celle de la Foi, de l’Espérance et de la Charité. Saint Grégoire écrit ainsi « L'apostolat ne consiste pas à courir après les âmes, mais à être tel que les âmes viennent à vous ». Saint Benoît-Joseph Labre, le mendiant missionnaire, saint François de Sales dans son évêché protestant, le Bienheureux Charles de Foucauld dans son ermitage sont, chacun à leur manière, des missionnaires-vitraux. 

Amis pèlerins, votre bonheur appartient à tous, et le bonheur de certains dépend de vous. C’est encore un écrivain français qui nous dit, fin connaisseur qu’il était des grandes vérités de la nature : « Et ce champ inculte où tu marches attend non pas que tu pleures sur sa mauvaise végétation, mais que tu le défriches pour y semer le bon grain. Là où il n’y a pas d’amour, mettez de l’amour et vous tirerez de l’amour ». A bientôt sur les routes de Chartres, dans cette campagne beauceronne qui n’attend que votre amour !

 

Vous voulez sortir de votre hibernation alors rejoignez-nous en vous proposant auprès de votre chef de région ! (http://www.nd-chretiente.com/index-site.php?file=pelerinage/contact-chapitres)

Vous voulez aider durant l’année et marcher durant le pèlerinage alors n’hésitez pas les anges gardiens ont besoin de votre aide dès maintenant ! (angesgardiens@nd-chretiente.com)

Vous voulez aider les pèlerins qui marchent auprès des chapitres familles alors écrivez-nous ! (familles@nd-chretiente.com)

Vous êtes à l'autre bout du monde et vous voulez nous aider à distance, nous avons besoin de vous ! (recrutement@nd-chetiente.com)

Vous l’aurez compris la direction des pèlerins (DIRPEL) recrute et vous invite dès maintenant à nous proposer vos talents ! (recrutement@nd-chetiente.com)

 

Sursum corda !

La Direction des Pèlerins

 

Lundi 04 février 2019

Appel de Chartres n° 226 : l’expérience de la Chrétienté !

Chers amis pèlerins,

 

Sans oublier la primauté du spirituel, de la vie intérieure et de la morale, bien au contraire – commencer par soi, le premier pays de mission ! –, c’est en tant que laïc en charge du temporel – et donc de politique au sens large et noble du terme – que je voudrais vous parler ici. Autour du thème de notre prochain pèlerinage : « La paix par le règne du Christ ! »

« Car, mon jeune camarade pèlerin, pourrais-je aussitôt ajouter selon le théorème de Jean Madiran inspiré de Péguy, c’est un grand mystère, il ne suffit pas d’avoir la foi. Nous sommes faits pour vivre notre temporel en chrétienté. Ailleurs, quand ce n’est pas le martyre physique, ce sont les âmes qui n’arrivent plus à respirer ! »

La chrétienté ? Ce sont parfois ceux qui l’ont d’abord refoulé qui l’évoquent le mieux. Après un salutaire retour au réel. La preuve par Jean-Marie Paupert avec ses Mères patries (Grasset, 1982). Progressiste adulé, fantasmant hier (1967) les « chrétiens de l’an 2000 » et fustigeant avec mépris les « vieillards de chrétienté » (Madiran, Ousset, Salleron, Saint-Pierre, Thibon…), il rédigea avec Péril en la demeure (France-Empire, 1979) une œuvre décisive de rétractation, livre de cœur et de mémoire, qui lui valu une relégation sociologique révélatrice.

Réactionnaire ou dissident

Avant ce tournant, la réponse de Paupert à sa fameuse question Peut-on être chrétien aujourd’hui ? (Grasset, 1966) allait quasiment en sens opposé de « l’option bénédictine » de Rod Dreher dans son essai récent Comment peut-on être chrétien dans un monde qui ne l’est plus ? (Artège, 2017). Et après ? « Je crois que le plus fier devoir de l’homme et plus encore du chrétien aujourd’hui (car le chrétien est en charge de l’homme) est d’être réactionnaire, c’est-à-dire retrouver sa vraie nature. »

Peu importe que Dreher, comme Soljenitsyne et Vaclav Benda ou Havel, parle plutôt de dissidence que de réaction. La démarche est la même : « Oui, le premier devoir chrétien aujourd’hui c’est, vomissant le monde, de garder précieusement d’abord au contraire tout ce qui peut demeurer du temps de la foi et de la chrétienté – nos prières et nos rites, nos coutumes et nos mœurs, nos pratiques et nos chants, nos dogmes et notre ferveur antique – au lieu de tout brader à la foire sacrilège où se vident nos temples… Puis, vomissant le monde, peut-être pourrons-nous recréer » (Paupert). Où l’on constate que les débats qui agitent encore les chrétiens aujourd’hui n’ont guère changé depuis le tristement célèbre et prescriptif Feu la chrétienté d’Emmanuel Mounier !

Loin d’être un désengagement, un repli frileux et un retrait de la politique, notre réaction ou notre dissidence chrétienne doit se vivre comme une présence citoyenne et totale à ce qui se fait dans la patrie et dans le monde. Elle renoue avec les principes politiques d’Aristote et de saint Thomas contre ceux de Rousseau et de Hobbes dans la dissociété individualiste et la décréation sociétale du monde moderne. Car notre dissidence est intrinsèquement ordonnée au bien commun. Comme la réaction vitale de l’anticorps est en vue de la régénération d’un organisme miné mortellement par les toxines.

L’hérésie de notre siècle : l’abandon de la loi naturelle

Que disait et redisait Jean-Marie Paupert en substance après sa singulière conversion, et que nous assumons à notre tour, à notre manière, comme militants de chrétienté ? Il dénonçait, comme nous, le mépris et l’abandon de la loi naturelle jusqu’au sein de l’Eglise par la contamination de la culture. C’est toujours l’intuition essentielle de Péguy, reformulée aussi par Benoît XVI à Ratisbonne et aux Bernardins : « Il y a une destination profonde de la culture pour la foi… Tout éternel est tenu de prendre une inscription charnelle… La parole de Dieu : grave en hébreu, intelligente en grec, en latin éternel… Le temporel fournit la souche ; et si le spirituel veut vivre, s’il veut continuer, s’il veut fleurir, s’il veut fructifier, le spirituel est forcé de s’y insérer… »

En méprisant la fusion des trois sels culturels d’où est né le sel évangélique de notre civilisation chrétienne – autrement dit les mères patries (Jérusalem, Athènes et Rome) sur lesquelles la foi chrétienne a pris racines par dessein divin – le (néo-)modernisme a peu à peu renié la souche sur laquelle se greffe mystérieusement le christianisme. Il menace ainsi la survie du spirituel. Un catholicisme sans piété filiale, sans sa culture, sa matière idoine, devient « immunodéficitaire ».

De la même manière que les décolonisateurs ont cédé en toute innocence (?) comme en toute inconscience des territoires entiers aux flux oppresseurs du communisme et de l’islamisme, de même un certain aggiornamento ecclésial a cédé sa foi à des mariages contre nature (à commencer par celui avec la modernité et son sécularisme), lâchant la possibilité de bien christianiser le monde. La formule de Chesterton fonctionne aussi à l’envers : « Ôtez le (droit) naturel (et le culturel qui va avec), il ne restera plus grand chose de surnaturel ! » L’adieu aux armes de la culture chrétienne signifie trop souvent l’adieu aux âmes par l’adieu à la loi naturelle incarnée dans cette culture propre héritée…

Gilets jaunes de l’Eglise ou l’option bénédictine !

Loin d’être des « hypophètes » (selon le néologisme de Rabelais), soucieux et nostalgiques d’un passé révolu, nous voulons être des prophètes de la chrétienté, soucieux du salut éternel des âmes et du monde et non pas seulement de conversion écologique pour sauver la planète ! Gilets jaunes de l’Eglise ? Oui, si nous sommes ainsi des marcheurs pacifiques de la Contre-Révolution qui n’est pas une Révolution contraire mais le contraire de la Révolution ! Misant sur des « ronds-points » de chrétienté – ces « oasis » ou ces « îlots de chrétienté » de Benoît XVI qui n’empêchent pas d’aller aux « périphéries » du pape François –, par un « pari bénédictin » analogue à celui de la première évangélisation par l’œuvre des monastères, nous voulons être des buttes-témoins et plus encore des lampes-témoins phosphorescentes d’une nouvelle chrétienté redonnant lumière, espoir et vie aux familles ainsi qu’aux corps intermédiaires, avec le secours de la grâce, pour le bien des personnes.

La chrétienté est une seconde nature, un art, disait Péguy. L’art des recommencements. Par un certain nombre de bouleversements subis, l’Eglise au cours de son histoire a déjà connu successivement cinq morts de la foi, selon Chesterton : « Mort plusieurs fois, le christianisme est chaque fois ressuscité ; car son Dieu sait comment l’on sort du tombeau. » L’appel à la nouvelle évangélisation ne se fait cependant pas ex nihilo mais justement avec des « minorités créatives », fidèles à l’héritage chrétien. Fidèles ainsi à l’alliance de la foi avec la sagesse des nations apportée notamment par ces trois capitales honorées par Paupert. Alliance illustrée en d’autres temps par cette « option bénédictine » qui a généré la première chrétienté. Clamons-le haut et fort à nos autorités temporelles et spirituelles : – Laissez-nous faire l’expérience de la chrétienté ! Cette connaturalité féconde du temporel et du surnaturel : la paix par le règne du Christ ! « N’ayez pas peur petit troupeau ! » (Lc, 12, 32).  Chrétienté ? – Résurrection !

 

Rémi Fontaine

• Pour aller plus loin :

- Pour qu’Il règne par Jean Ousset, DMM.

- Demain la Chrétienté par Dom Gérard aux éditions Sainte-Madeleine.

- Itinéraires de Chrétienté avec Jean Madiran par Rémi Fontaine aux Presses de la Délivrance, 2018.

 

mardi 22 janvier 2019

Appel de Chartres n° 225 : amis pèlerins, nous recrutons !!!

Cher ami pèlerin,

En ce temps de l’Epiphanie, comme les Rois mages, nous contemplons le Prince de la Paix, venu nous sauver. Et nous aspirons à vivre éternellement dans cette Paix du Christ, menacée chaque jour par le désordre ambiant. Et pour cela, il faut que le Christ règne dans nos sociétés.

Mais concrètement aujourd’hui ?

Sois Cadre de Chrétienté… pour qu’Il règne.

Dans ce monde sans Dieu, où le désordre règne, où la loi naturelle n’est plus considérée comme une référence de vie, nous pouvons travailler chaque jour à réinstaurer le règne du Christ autour de nous.

Comment ? par notre pèlerinage, évidemment.

Déjà, notre chapitre, notre pôle, notre service, est une micro chrétienté, qui nous permet de :

  • nous réhabituer pendant trois jours de pélé à vivre dans une Paix réelle, loin des tracas qui nous déstabilisent, et des sollicitations permanentes qui nous éloignent de la prière,
  • méditer un thème structurant, prier sans relâche, exercer avec assiduité la charité dans ces périodes de fatigue,
  • rayonner ensuite cette Chrétienté, devenue inhabituelle dans notre monde, par nos récits au bureau ou en famille, puis l’année suivante par notre préparation (recrutement de pèlerins, de bénévoles, réunion de préparation et de debriefing, …).

De plus, notre organisation est une communauté humaine au service du Beau, du Vrai et du Bien.

A l’opposé de ce que nous pouvons vivre dans trop de nos entreprises, notre communauté s’appuie sur des « Cadres de Chrétienté ». Nous retrouvons, ensemble, ce qu’entreprendre veut dire, ie le sens du concret, le modelage au quotidien d’une œuvre dans un but noble. En effet, organiser le pélé ensemble, c’est bien:

  • un difficile labeur, jamais achevé, qui nous occupe de septembre à juin,
  • un esprit d’équipe où les talents individuels doivent se conjuguer,
  • un résultat toujours tangible, mais beaucoup d’efforts et de sacrifices individuels aussi, rarement du réconfort,
  • une culture du bénévolat, pas du bénéfice.

 

Alors,

Si tu veux contribuer concrètement au Règne du Christ autour de toi,

Si tu veux vivre au quotidien une expérience d’amitié chrétienne, dans la suite de tes engagements de scout, de routier, 

Si tu veux gérer des projets fous qui te dépassent, organiser l’inorganisable,

Si tu veux comprendre chaque jour que le Diable ne veut pas que ce pèlerinage continue,

Si tu veux faire comprendre chaque jour au Diable que ce pèlerinage continuera,

Si tu veux recruter des bénévoles, les former, et surtout les fidéliser, pour qu’ils prennent ta place demain, 

Si tu veux commander des hommes en t‘oubliant toi-même, les faire prier toute l’année dans ton chapitre,

Si tu veux t’entraîner à gérer ton stress dans des moments tendus, anticiper des situations de crise en coopération avec les autorités publiques,

Si tu veux organiser les plus belles cérémonies qui soient, dans des cathédrales de pierre et de verdure,

Si tu veux soigner, aider, participer à l’équilibre économique du pélé,

Si tu veux développer ton engagement, ton goût de l’effort, ton esprit d’initiative, ta créativité,

Si tu veux te former à des métiers inhabituels et les transmettre ad vitam aeternam

Si tu veux réaliser tout ce que tu ne réaliseras jamais dans ton entreprise, par un esprit catho,

 

Alors, rejoins les Cadres de Chrétienté…pour qu’Il règne !  Et clique ici->  : responsable.rh@nd-chretiente.com

Tu n’auras peut-être que peu ou pas de récompense sur cette Terre, mais en tout cas tu auras celle de savoir que tu feras Sa sainte volonté.

Et au Règne du Christ sûrement... tu contribueras. 

 

Denis Pinoteau

Directeur des Soutiens