4ème commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère »

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A l’exemple de saint Dominique Savio

Dans la vie de saint Dominique Savio, Don Bosco a raconté :

« Dès l’âge le plus tendre, nous ont dit ses parents, alors que les enfants, par manque de réflexion, sont pour leurs mamans un tracas et un souci continuels […], non seulement il nous obéissait avec promptitude, mais encore on sentait qu ‘il voulait aller au-devant de nos moindres désirs pour nous être agréable. On ne peut imaginer d’accueil plus aimable, plus empressé que celui qu’il réservait à son père quand celui- ci rentrait à la maison. Dominique courait à sa rencontre, le prenait par la main, lui sautait au cou. « Mon petit papa, lui disait-il, tu dois être bien fatigué, n’est-ce pas ? Tu travailles tant pour moi, qui ne fais que te causer de l’ennui. Je prierai le Bon Dieu qu’il te garde en bonne santé et qu’il me rende bien sage« . Et tout en bavardant, il accompagnait son
père à la maison, lui apportait une chaise ou un petit banc, s’asseyait près de lui et lui faisait mille caresses. « C’était pour moi, disait le père, un véritable repos. J’étais impatient de rentrer à la maison pour embrasser ce cher petit garçon que j’aimais tant.« 

Comme nous le montre ce témoignage très touchant de Don Bosco, le petit Dominique respectait parfaitement le quatrième commandement de Dieu qui nous « commande d’honorer et de respecter nos parents et ceux que Dieu, pour notre bien, a revêtus de son autorité » (Compendium du Catéchisme de l’Église catholique, n° 455). « Les enfants doivent respect (piété filiale), reconnaissance, docilité et obéissance envers leurs parents, contribuant ainsi, par les bonnes relations entre frères et sœurs, au
progrès de l’harmonie et de la sainteté de toute la vie familiale.
 » (Compendium, n° 459.)

Malgré les difficultés :

Ah mon Père tout cela est très gentil ! Dominique Savio avait des parents (1) admirables, mais si vous connaissiez les miens ! Comment pourrais-je les respecter et leur obéir !
Je veux bien que tes parents aient de grands défauts. Et c’est vrai que leur autorité a des limites. Le Compendium les fixe à propos de ce même quatrième commandement (n° 460-461).
Mais prends bien garde : nous sommes souvent tentés de voir la paille dans l’œil du prochain et pas la poutre dans le nôtre. Ne juge pas trop vite. N’oublie pas surtout la raison profonde de ton devoir de piété envers tes parents. C’est elle qui nous oblige à dépasser ce qu’il pourrait y avoir parfois de légitime dans nos révoltes. Nous ne sommes pas, vis-à-vis de nos parents, sur un pied d’égalité. Il y a « x » années, tu n’existais pas. Ils t’ont transmis la vie, avec tout ce qui était nécessaire pour qu’elle dure
et s’affermisse jusqu’à l’âge d’homme : nourriture, logement, éducation et, s’ils sont chrétiens, la vie divine en te faisant baptiser. Jamais tu ne pourras leur rendre tout ça. Dieu veut du moins que tu leur marques par ton affection et ta reconnaissance que tu n’es pas un ingrat.
— C’est vrai, mon Père, ça devrait aller de soi. Alors pourquoi est- ce en fait si difficile ? Je sens tellement de résistances qui m’empêchent d’être reconnaissant.
— Il serait trop long de te l’expliquer. Disons simplement que c’est là une des suites du péché originel. Un enfant ne pense pas spontanément à dire merci ! Il faut le lui apprendre. C’est ce qu’a voulu Dieu par le quatrième commandement du décalogue. Et il a prescrit à Moïse : « Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que le Seigneur te donne.« 

C’est le seul commandement accompagné de la promesse d’une récompense. Ce n’est pas un hasard. Autant son observance est source de joie et de paix, autant « l’inobservance de ce commandement entraîne de grands dommages pour les communautés et les personnes humaines » (CEC n° 220).

La gratitude, source de joie et de paix

Si nous cultivons la piété filiale, nous regarderons tout ce que nous possédons comme totalement immérité. Tout ce qui nous arrive de beau et de bien prendra la couleur d’un cadeau merveilleux et inattendu. Et par suite, nous serons heureux. Quant aux revers et aux malheurs, ils nous ébranleront moins. Nous essaierons de dire comme Job, accablé de souffrances et d’épreuves : « Si nous avons reçu les biens de la main de Dieu, pourquoi n’en recevrions-nous pas aussi les maux ? »
L’ingratitude, en revanche, est un vent desséchant qui fait tout mourir. Dans les familles comme dans la société. Et même dans l’Église… Dans un monde où les hommes ne savent plus qui ils sont et où ils vont, nous avons la grâce inestimable d’avoir la foi, de connaître et d’aimer Jésus, de pouvoir recevoir son pardon et son corps en nourriture. La pire des ingratitudes serait de n’en pas remercier Dieu sans trêve, comme la Préface de la messe nous y invite : « Vraiment il est juste et digne, c’est notre devoir et notre salut de vous rendre grâce toujours et en tout lieu… »

Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

Note
1 – En revanche, sauf monstruosité morale, dès que l’enfant paraît, les parents ne peuvent s’empêcher de l’aimer et d’être portés à lui procurer tout ce dont il a besoin. Vu l’extrême indigence du bébé qui vient de naître et la longue fragilité du petit d’homme. Dieu a mis cette disposition quasi innée dans le cœur des parents.