A L’IMITATION DE MARIE, LA VIRGINITÉ FÉCONDE

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Tous les baptisés peuvent participer à une telle fécondité dans la mesure de leur union au Christ par la grâce

Quelle est la relation de la Vierge avec la Sainte Trinité ?

Elle est Mère de Dieu le Fils, Elle est épouse du Saint-Esprit, Elle est fille de Dieu le Père, Pleinement vierge, Notre Dame s’offre totalement corps et âme à la sainte Trinité. Ce don total à Dieu nous montre :

  • La beauté et la grandeur de la vocation de vierge consacrée
  • La fécondité spirituelle de l’état de virginité consacrée pour n’appartenir qu’à Dieu seul.

La sainte Vierge Marie, première entre toutes les femmes, vraie mère des hommes, est le meilleur modèle de la virginité consacrée. Elle nous montre le chemin à suivre. Imitons là, laissons-nous aussi entièrement configurer au Christ par l’action de l’Esprit Saint.

I. MARIE, PLEINEMENT MÈRE, PLEINEMENT VIERGE

La virginité de Marie est en lien étroit avec sa maternité divine. Elle manifeste en effet que Celui qu’elle enfante ainsi miraculeusement est le Fils du Père éternel, et elle est le signe de la mystérieuse génération du Verbe au sein de la Trinité sainte24.

Marie est Vierge d’abord en son âme : « La virginité du corps, c’est son intégrité. La virginité du cœur, c’est une foi pure. »25 La foi très pure de Marie, son don total à Dieu la préparent à accueillir le don de l’Esprit Saint. En son esprit et son corps, Notre Dame conçoit ensuite le Fils de Dieu fait Homme.

La Vierge Marie est la Mère du Christ qui est la Tête de l’Église. Et ensuite, l’Église est Vierge et Mère des membres du Christ qu’elle enfante spirituellement à la vie de la grâce.

Les vierges consacrées, les religieuses prennent pour modèle la Mère du Christ. Elles sont des « signes » vivants, très beaux, du mystère de l’Église. L’Église et la religieuse sont toutes 2 vierges et épouses du Christ.

II.     LA BEAUTÉ DE LA VOCATION DE VIERGE CONSACRÉE

Les vierges consacrées sont apparues dès les débuts de l’Église. Elles sont… une réponse ! Une réponse à un appel particulier du Seigneur : le suivre de manière exclusive. Une réponse au désir d’imiter exactement la forme de vie du Christ par les conseils évangéliques.

Voici ce que disait Saint Jean-Paul II : « Répondez à l’amour infini du Christ par votre amour total et exclusif. Aimez-Le comme il souhaite être aimé, dans le concret de la vie : “Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements” (Jn 14, 15). Aimez-Le comme il convient à votre condition d’épouse : en assumant les sentiments qui sont les siens (cf. Ph 2, 5) ; en partageant son style de vie, fait d’humilité et de douceur, d’amour et de miséricorde, de service et de joyeuse disponibilité, de zèle infatigable pour la gloire du Père et le salut du genre humain26. »

Dans ce même discours, le Saint Père insistait également sur la grandeur de l’état de virginité consacrée :

« L’état de virginité consacrée rend :
plus spontanée la louange rendue au Christ,
– plus facile l’écoute de Sa Parole,
plus joyeux Son service,
– plus fréquentes les occasions de Lui offrir l’hommage de votre amour.
Mais la virginité consacrée n’est pas un privilège ; elle est un don de Dieu, qui implique un grand effort dans la marche à Sa suite pour devenir son disciple. »

Cela signifie le renoncement à soi pour partager la croix du Seigneur. Le sens de cette vocation est magnifiquement mis en relief par la très belle prière prononcée par l’évêque lors de la consécration d’une vierge au Christ : « C’est Votre Esprit Saint qui suscite au milieu de Votre peuple des hommes et des femmes conscients de la grandeur et de la sainteté du mariage et capables pourtant de renoncer à cet état afin de s’attacher dès maintenant à la réalité qu’il préfigure : l’union du Christ et de l’Église.

« Heureux ceux qui consacrent leur vie au Christ et Le reconnaissent comme source et raison d’être de la virginité. Ils ont choisi d’aimer Celui qui est l’Époux de l’Église et le Fils de la Vierge Mère ! 27 »

III.  LA    FÉCONDITÉ   SPIRITUELLE   DE    LA    CONSÉCRATION TOTALE À DIEU

Les vierges consacrées, par cette offrande d’elles-mêmes, sont un signe prophétique, un rappel pour le monde. Elles nous redisent que « nous n’avons pas ici-bas de cité permanente »28, et que l’unique nécessaire est de chercher le Royaume de Dieu et sa justice. Témoins de l’appel universel à la sainteté, elles invitent à vivre tourné vers le Seigneur qui vient, et à désirer cette venue par une attente vigilante et pleine d’amour.

Leur vie acquiert ainsi une fécondité apostolique et missionnaire. Cette fécondité ne vient pas d’abord des œuvres qu’elles peuvent exercer au service des hommes (comme l’éducation ou le soin des pauvres et des malades). Elle vient de leur union au Christ et de leur prière d’intercession, qui leur permettent d’exercer une véritable maternité spirituelle.

De là vient l’extraordinaire rayonnement d’une sainte Catherine de Sienne, disant au moment de sa mort : « En vérité, j’ai consumé et donné ma vie dans l’Église et pour la Sainte Église, et ce fut pour moi une grâce toute spéciale. » 29

C’est aussi celui de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, patronne des missions, sans être jamais sortie de son carmel (!) Elle écrivait : « Être ton épouse, ô Jésus, (…), être par mon union avec Toi, la mère des âmes. » 30

C’est encore le désir de la bienheureuse Élisabeth de la Trinité : « Être épouse du Christ ! (…). C’est être féconde, Co rédemptrice, enfanter les âmes à la grâce, multiplier les adoptés du Père, les rachetés du Christ, les cohéritiers de Sa gloire. »31

IV.  CONSÉCRATION À NOTRE-DAME

Tous les baptisés peuvent participer à une telle fécondité dans la mesure de leur union au Christ par la grâce. Cette fécondité sera d’autant plus grande que les chrétiens se consacrent à la Sainte Vierge. En appartenant totalement à la Sainte Vierge pour qu’elle vive en eux et dispose d’eux, les consacrés puisent ainsi à sa source la grâce de sa maternité virginale pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.

Selon l’enseignement de saint Maximilien Kolbe32 : « Toute la perfection pour procurer la gloire de Dieu repose sur le fait d’être instrument de l’Immaculée (…) pour lui permettre de nous conduire en tout. (…) Quelquefois on se demande en soi-même : “Comment as-tu le courage de devenir un saint étant aussi faible ?” Plus nous sommes faibles, mieux cela vaut. L’Immaculée est comme “l’incarnation” de la Miséricorde divine. »33

En conclusion, posons-nous quelques questions :
Est-ce que je crois que Marie est vraiment Vierge et Mère ?
Est-ce que je vis avec elle chaque instant de ma vie ?
Est-ce que je crois à la maternité virginale de l’Église ?
Est-ce que je crois que le Seigneur m’appelle à faire de ma vie un don total ?
Suis-je prêt à le suivre sur le chemin de la vie consacrée s’il m’y appelle, ou à tout faire pour aider ceux que j’aime à le suivre s’ils y sont appelés ?
Est-ce que je prie et fais prier pour les vocations à la vie consacrée et la sainteté des consacrés ?

« À vous, les jeunes, je dis : si vous entendez l’appel du Seigneur, ne le repoussez pas ! Situez-vous plutôt avec courage dans les profonds courants de sainteté que de grands saints et saintes ont fait naître à la suite du Christ.
Entretenez en vous les aspirations typiques de votre âge, mais adhérez sans tarder au projet de Dieu sur vous, s’Il vous invite à chercher la sainteté dans la vie consacrée. (…) Vous, parents, rendez grâce au Seigneur s’Il a appelé l’un de vos enfants à la vie consacrée ».34

24 « Vierge, en premier lieu, est la pure Trinité. Le Fils roi est engendré du Père, Principe sans principe, qui n’a pas été produit du dehors, mais qui n’engendre pas un Fils selon un mode humain, mais comme de la splendeur procède la splendeur. » (St Grégoire de Naziance).
25 St Augustin
26 Discours au congrès international de l’ordre des vierges
, 2 juin 1995.
27 Rituel de la consécration des vierges
28 Épître aux Éphésiens, 25 et 32.
29 Cité par le Bx Paul VI, Audience générale, 15 juin 1966.
30 Manuscrits autobiographiques
, B 2.
31 Notes intimes
, n°13.
32 Certains pèlerins ce soir au bivouac de Gas lors du Salut au Saint Sacrement se consacreront à la Sainte Vierge en suivant la consécration de Saint Maximilien Kolbe.
33 Cité dans H. M. Manteau-Bonamy, La doctrine mariale du Père Kolbe, Lethielleux, 1975, p. 124
34 St Jean-Paul II, Vita Consecrata, n°106-107.

Citations

« En contemplant la sainteté mystérieuse de la Vierge et en imitant sa charité, en accomplissant fidèlement la volonté du Père, l’Église (grâce à la Parole de Dieu qu’elle reçoit dans la foi) devient à son tour Mère : par la prédication en effet, et par le baptême, elle engendre à une vie nouvelle et immortelle des fils conçus du Saint-Esprit et nés de Dieu.

Elle aussi est vierge, ayant donné à son Époux sa foi, qu’elle garde intègre et pure ; imitant la Mère de son Seigneur, elle conserve, par la vertu du Saint- Esprit, dans leur pureté virginale une foi intègre, une ferme espérance, une charité sincère. » Saint Jean-Paul II, Vita Consecrata, N°64

« La bienheureuse Vierge, de par le don et la charge de sa maternité divine qui l’unissent à son fils, le Rédempteur, et de par les grâces et les fonctions singulières qui sont siennes, se trouve (…) en intime union avec l’Église : de l’Église, comme l’enseignait déjà saint Ambroise, la Mère de Dieu est le modèle dans l’ordre de la foi, de la charité et de la parfaite union au Christ.

En effet, dans le mystère de l’Église, qui reçoit elle aussi à juste titre le nom de Mère et de Vierge, la bienheureuse Vierge Marie occupe la première place, offrant, à un titre éminent et singulier, le modèle de la vierge et de la mère : par sa foi et son obéissance, elle a engendré sur la terre le Fils lui-même du Père, sans connaître d’homme, enveloppée par l’Esprit Saint, comme une nouvelle Ève qui donne, non à l’antique serpent, mais au messager de Dieu, une foi que nul doute n’altère. » Vatican II, Lumen Gentium, n°63

« Le Christ a aimé l’Église et il s’est livré pour elle. (…) Ce mystère [du mariage] est grand : je le dis en pensant au Christ et à l’Église. » Épître aux Éphésiens, 25 et 32.

« Étant donné que l’Église universelle est une vierge unie à un Époux unique, le Christ, comme le dit l’Apôtre (2 Co 11, 2), de quel honneur ne sont pas dignes ceux de ses membres qui observent dans leur chair ce que tout entière elle observe dans sa foi : elle qui prend pour modèle la Mère de son Époux et Seigneur. » Saint Augustin

« La personne consacrée ne se contente pas de faire du Christ le sens de sa vie, mais elle cherche à reproduire en elle-même, dans la mesure du possible, “la forme de vie que le Fils de Dieu a prise en entrant dans le monde”. Vatican II, Lumen Gentium, n°44

Embrassant la virginité, elle fait sien l’amour virginal du Christ et affirme au monde qu’Il est Fils unique, un avec le Père (cf. Jn 10, 30 ; 14, 11) ; imitant sa pauvreté, elle Le reconnaît comme Fils qui reçoit tout du Père et lui rend tout par amour (cf. Jn 17, 7-10) ; adhérant par le sacrifice de sa liberté au mystère de son obéissance filiale, elle Le reconnaît comme infiniment aimé et aimant, comme Celui qui ne se complaît que dans la volonté du Père (cf. Jn 4, 34) auquel Il est parfaitement uni et dont Il dépend tout entier. » Saint Jean-Paul II, Vita consecrata, n°16. Cf. aussi n°18

« Accorde, Seigneur, ton soutien et ta protection à celles qui se tiennent devant toi, et qui attendent de leur consécration un surcroît d’espérance et de force. (…) Par la grâce de ton Esprit Saint, (…) qu’elles brûlent de charité et n’aiment rien en dehors de toi. Qu’elles méritent toute louange sans jamais s’y complaire. Qu’elles cherchent à te rendre gloire, d’un cœur purifié, dans un corps sanctifié. Qu’elles te craignent avec amour, et par amour, qu’elles te servent. Et toi, Dieu, toujours fidèle, sois toute leur fierté, toute leur joie, tout leur amour. Sois pour elles consolation dans la peine, lumière dans le doute, recours dans l’injustice ; dans l’épreuve, sois leur patience, dans la pauvreté, leur richesse, dans la privation, leur nourriture, dans la maladie, leur guérison. En toi, qu’elles possèdent tout, puisque c’est toi qu’elles préfèrent à tout. » Rituel de la consécration des vierges

« Faites en sorte que votre personne irradie toujours la dignité du fait d’être épouse du Christ, exprime la nouveauté de l’existence chrétienne, et l’attente sereine de la vie future. Ainsi, par votre vie droite, vous pourrez être des étoiles qui orientent le chemin du monde. Benoît XVI, Discours au Congrès international de l’Ordo virginum, 15 mai 2008

« La vie consacrée rend continuellement présente dans la conscience du peuple de Dieu l’exigence de répondre par la sainteté de la vie à l’amour de Dieu répandu dans les cœurs par l’Esprit Saint (cf. Rm 5, 5), en reflétant dans le comportement la consécration sacramentelle que Dieu opère par le Baptême, par la Confirmation ou par l’Ordre. Il convient, en effet, de passer de la sainteté conférée par les sacrements, à la sainteté de la vie quotidienne. La vie consacrée, de par son existence même dans l’Église, se met au service de la consécration de la vie de tous les fidèles, laïcs et clercs. » Saint Jean-Paul II, Vita Consecrata, n°33

« L’homme renaît dans l’eau du baptême et devient ainsi enfant de Dieu. L’eau purifiant tout ce qu’elle touche est symbole de l’Immaculée qui purifie chaque être qui s’approche d’elle, parce que précisément elle est sans tache. (…) L’enfant de Dieu, membre de la “Famille divine” a comme Père le divin Père, comme Mère la divine Mère, comme Frère le divin Fils. (…) Ce n’est pas encore tout : le divin Fils choisit pour épouses les âmes avec lesquelles il s’unit par cet amour familial ; elles sont pour lui mères de tant et tant d’autres âmes. » Cité dans H. M. Manteau-Bonamy, La doctrine mariale du Père Kolbe, Lethielleux, 1975, p. 124

« Comme cela a toujours été, il faut se sentir très honoré que le Seigneur porte son regard sur une famille et choisisse l’un de ses membres pour l’inviter à prendre la voie des conseils évangéliques. Gardez le désir de donner au Seigneur l’un de vos enfants pour la croissance de l’amour de Dieu dans le monde. Quel fruit de l’amour conjugal pourrait être plus beau que celui-là ? » Saint Jean-Paul II, Vita Consecrata, n°106-107

Bibliographie

  • Vivre en Marie, J. Guibert, éd. du Carmel, 2013.
  • Initiation à la théologie mariale – Tous les âges me diront bienheureuse, B.-D. de La Soujeole, Parole et Silence, 2007.
  • Le secret de Marie, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Médiaspaul, 1996.
  • La doctrine mariale du Père Kolbe, H. M. Manteau-Bonamy, Lethielleux, 1975.
  • Avec Marie Mère de Jésus – Doctrine mariale du P. Vayssière, M.-D. Poinsenet, éd. Saint Paul, 1976.
  • Sponsa Christi, Pie XII, 1950.
  • Sacra virginitas, Pie XII, 1954
  • Vita consecrata, Saint Jean-Paul II, 1996.
  • Vultum Dei quaerere, Pape François, 2016.
  • Sponsa Verbi – La vierge consacrée au Christ, Dom Marmion, 1938.
  • L’ordre des vierges, une vocation ancienne et nouvelle, don du Seigneur à son Eglise, “Christi Sponsa, 1993-2013, sélection d’articles, Imprimerie Saint Joseph, 2013.