AU FONDEMENT DE LA FAMILLE : LE MARIAGE, SACREMENT DE LA SANCTIFICATION MUTUELLE

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Chers pèlerins,
Hier, nous avons médité sur le projet de Dieu pour nous. Il veut faire de nous ses amis, ses intimes. Notre participation à son amitié, à sa vie a un nom : la Grâce. Être en état de grâce, c’est être en état d’amitié avec Dieu.
Pour produire en nous la grâce, pour la conserver et l’augmenter, Notre-Seigneur JésusChrist nous a donné les sept Sacrements. Parmi eux, le mariage est le fondement, la racine de la famille chrétienne.

I. PAR LA GRACE DU SACREMENT, L’AMOUR HUMAIN EST TRANSFIGURE

Par ce sacrement, la famille devient un lieu de sanctification, c’est-à-dire un lieu où nous pouvons progresser dans l’union à Dieu, par cet amour qu’on appelle la charité théologale, parce que c’est un amour qui nous unit à Dieu lui-même.
En effet, le « oui » mutuel que les époux prononcent le jour de leur mariage, ce « oui » par lequel ils consentent à s’unir l’un à l’autre pour toujours est élevé, purifié et transfiguré par la force du sacrement. Aussi, à chaque fois que deux époux renouvellent ce « oui » initial, ils grandissent en grâce, en sainteté, en union à Dieu.
En effet, depuis le péché originel, nous ne savons plus aimer en vérité. Tout amour risque d’être entaché d’égoïsme, de retour sur soi, de sensualité. Mais, si les époux s’ouvrent à la puissance transformante du sacrement de mariage, leur amour humain se trouvera guéri. L’Église a le secret d’un amour humain réussi, parce que la grâce restaure la nature humaine.
Mais elle va beaucoup plus loin. Par le sacrement de mariage, l’amour humain se voit élevé et transfiguré. Il devient un moyen d’aimer Dieu Lui-même. Cette vérité est tellement merveilleuse qu’elle devrait nous stupéfier. Prenons un exemple: chaque fois que deux époux renouvellent le « oui » de leur mariage, par un service rendu, un sourire mutuel, une écoute patiente et délicate de l’autre, ils grandissent en sainteté, en union à Dieu.
L’acte le plus banal de la vie conjugale devient, par la force du sacrement, un moyen d’aimer Dieu. Oui ! Dieu a voulu se servir de cette réalité qu’est l’amour humain pour conduire les hommes à Lui. Pour des époux, le premier moyen de grandir en sainteté, après l’amour de Dieu lui-même, est d’aimer son conjoint. La charité théologale prend appui sur la charité conjugale.
Allons plus loin encore. Chaque fois que, d’une manière juste et réglée, sous l’influence de la grâce du sacrement, deux époux se manifestent leur tendresse, par un geste amoureux ou par l’union des corps, non seulement ils se sanctifient, mais ils rendent gloire à Dieu.
Tous les actes du quotidien, toutes les délicatesses, les patiences qu’exige la charité conjugale, toutes ces attentions gratuites envers le conjoint, deviennent comme autant d’actes liturgiques qui rendent un culte à Dieu. Oui ! Écouter son épouse, supporter son époux, mettre le couvert, prendre le temps de se parler sont des moyens de rendre gloire à Dieu.
Par la force du sacrement, tous les actes concrets de l’amour humain deviennent comme les pierres d’une cathédrale qui fait monter ses flèches vers le Ciel. La famille, fondée sur le mariage, est comme une cathédrale, où les époux peuvent, selon les mots de Jean-Paul II, « proclamer leur action de grâce pour le don sublime qui leur a été accordé de pouvoir revivre, dans leur existence conjugale et familiale, l’amour même de Dieu pour les hommes, et du Seigneur Jésus pour l’Église. »

II. LA GRACE DU SACREMENT S’ETEND A TOUTE LA FAMILLE

Mais, cette grâce du sacrement s’étend à tous les membres de la famille. Les parents, en offrant à leurs enfants le don gratuit de la vie, collaborent à l’œuvre du Créateur. Ils offrent à Dieu des âmes qui pourront l’aimer et le louer. En leur offrant le service désintéressé de l’autorité, ils participent à la paternité de Dieu qui, tout en respectant la liberté de chacun, veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent au bonheur du Ciel.
Les enfants, de même, en respectant, honorant et aimant filialement leurs parents (et grands-parents) aiment ceux qui sont pour eux, malgré leurs défauts, leurs faiblesses, leurs péchés, comme un reflet lointain du Père éternel.
Ainsi, dans la joie ou la tristesse, dans les pleurs et les rires, les deuils et les fêtes, se tisse la charité familiale. Chaque jour, cette charité élève, pierre à pierre, la cathédrale familiale où Dieu sera chez Lui.

Chers pèlerins,
Mesurons-nous la grandeur de nos familles ? Mesurons-nous notre responsabilité quand nous y instaurons un climat de dureté, d’affrontement? En vérité nous risquons de profaner cette cathédrale familiale chaque fois que nous galvaudons les gestes de l’amour conjugal.
Et pourtant, quelle joie de vivre dans une famille chrétienne ! C’est une joie dont nul n’est exclu. Même si notre famille est blessée, même si notre famille est brisée, même si nous vivons un célibat subi ou choisi, nous pouvons nous nourrir de la grâce des familles que nous connaissons, que nous aidons et aimons. Dans la grande famille de l’Église, les familles ouvrent à tous une voie de sainteté.