BIENHEUREUX ÉPOUX BELTRAME-QUATTROCCHI

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« Seigneur Jésus-Christ, soumis à Marie et à Joseph, vous avez consacré la vie de famille par d’ineffables vertus ; faites qu’aidés de la Vierge et de son Saint époux, nous nous instruisions des exemples de votre sainte famille, et participions à son éternel bonheur, vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles, Amen »

Chers pèlerins,
Nous allons passer notre deuxième journée de pèlerinage sous le patronage des bienheureux époux Beltrame-Quattrocchi.
Dans l’évangile il est dit que : « Le Seigneur désigna soixante-douze disciples et les envoya deux par deux en avant de lui, dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. Et il leur disait : « La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson » ». Saint Luc 10, 1-2

Les époux Beltrame-Quattrocchi font un peu penser à ces binômes missionnaires, auxquels Notre Seigneur Jésus-Christ confia la
première mission d’évangélisation de la Palestine. Leur ardent amour mutuel, enraciné dans la charité du Christ, a porté des fruits exemplaires dans l’éducation de leurs enfants ; leur famille a rayonné autour d’elle son bonheur et sa foi, et a su se faire accueillante aux malheurs d’autrui ; enfin elle a porté la Croix qui l’a bonifiée jusqu’à l’héroïsme.

I. UN COUPLE QUI S’AIME.

Luigi Beltrame, dans son enfance, est confié par ses parents à son oncle et à sa tante, les Quattrocchi, un couple sans enfant. C’est par l’intermédiaire de cette famille d’adoption qu’il rencontrera Maria, sa future épouse, dont la famille est amie des Quattrocchi. Leur mariage, célébré le 25 novembre 1905 dans la basilique romaine de Sainte Marie Majeure, est précédé de huit mois de fiançailles. Un temps d’approfondissement de leur amour, dans la pureté et le respect de l’autre ; un temps de découverte mutuelle à travers l’échange de nombreuses lettres. Les termes employés par Luigi dans ces lignes témoignent de l’ardeur de son amour : il l’« adore comme une idole ».
Cependant, il faut voir dans ces expressions une exagération poétique, car leur union conjugale, loin d’être idolâtrique, s’appuie sur leur commun amour du Christ et de l’Église.

II. UNE FAMILLE QUI PRIE

Ensemble ils fondent une famille pleinement chrétienne. Une pièce de leur maison est aménagée en chapelle. Chaque soir ils s’y réunissent avec leurs quatre enfants pour célébrer une petite liturgie domestique où les Litanies de Notre-Dame tiennent la meilleure place. Tous assistent quotidiennement à la Sainte Messe. Ils confient volontiers à des prêtres la direction de leurs âmes.
Luigi et Maria, sans avoir rien forcé, verront éclore trois vocations parmi leurs quatre enfants : deux bénédictins et une bénédictine. Ils s’en réjouissent, même s’ils ressentent très vivement la douleur de l’inévitable séparation.
Maria est la première confidente des aspirations de ses enfants à la vie religieuse. Elle les accompagne comme elle peut, en les encourageant discrètement. Même après l’entrée au noviciat, à travers ses lettres, elle soutient leur courage et les aide, par ses conseils, à traverser les moments difficiles.

Luigi, de son côté, les met en garde contre la tentation facile d’embrasser l’état ecclésiastique pour « faire carrière » et non pour
répondre à un réel appel de Dieu.

III. UNE FAMILLE QUI RAYONNE ET ACCUEILLE.

L’action de Luigi et Maria ne se cantonne pas au cercle familial. Une famille heureuse attire toujours. La maison des Beltrame-Quattrocchi devient un lieu de refuge pour bien des misères. Pendant la guerre ils accueillent clandestinement des juifs et les aident à échapper à la déportation et à la mort. En temps de paix, un jeune médecin est tombé en dépression parce que ses parents n’acceptent pas la jeune fille qu’il veut épouser. Après avoir trouvé repos et réconfort auprès de Maria, il passera outre,
épousera celle qu’il aime et filera un parfait bonheur.

Maria met d’ailleurs à profit ses dons littéraires pour diffuser son expérience de mère et d’épouse à travers de nombreux livres où elle promeut la religion, la vie, la famille, l’amour de la patrie.

Luigi, quant à lui, corrige, avant impression, les erreurs d’étourderie qu’il décèle dans les écrits de son épouse. Il fonde un groupe de jeunes, qui se rattache rapidement au scoutisme naissant, où il assumera de hautes responsabilités.

Engagés l’un et l’autre dans l’Action Catholique, les deux époux participeront au mouvement de renaissance chrétienne après-guerre. C’est ce rayonnement de leur foyer, et la notoriété qu’il leur a valu, qui poussa Jean-Paul II à les béatifier, le 21 octobre 2001, faisant d’eux le premier couple béatifié, en tant que couple.

IV. UN AMOUR MARQUÉ DU SIGNE DE LA CROIX.

Les grâces s’achètent souvent au prix de la souffrance. On n’arrive à la sainteté que par la Croix. Celle-ci n’a pas été absente de la vie des Beltrame-Quattrocchi.
Lors de la quatrième grossesse de Maria une épreuve terrible les touche. Les médecins décèlent un problème de santé et le verdict tombe : il est impossible de sauver à la fois la mère et l’enfant. Luigi est au chevet de Maria, lorsque le médecin propose l’avortement. Les deux époux échangent un regard et ensemble répondent qu’ils refusent ce que défend l’Église. Le médecin insiste en faisant remarquer à Luigi qu’il va devoir élever seul ses quatre enfants. La réponse est toujours non. L’accouchement sera difficile, et laissera la mère dans un état critique. Mais elle survivra, ainsi que son enfant et ils passeront encore de longues années sur cette terre.
Bien des années après, Luigi est le premier à mourir. Après son premier infarctus, Maria vit dans l’angoisse perpétuelle de le retrouver un jour étendu sur le sol. Elle dissimule ses craintes afin de n’en pas faire porter le poids à Luigi. Et après le décès de son mari, elle ressent un vide immense, l’absence de celui à qui elle s’était donnée et avait tout donné. Elle portera cette plaie béante dans son cœur, jusqu’au jour où elle le rejoindra au Ciel des Bienheureux.


Chers pèlerins,
Sous le patronage des bienheureux époux Bertralme-Quattrocchi, qui nous sont donnés en exemple, méditons ces paroles de Benoît XVI : « L’alliance matrimoniale par laquelle l’homme et la femme constituent une association durant toute leur vie, ordonnée par son caractère naturel au bien des conjoints, à la procréation et l’éducation des enfants, est le fondement de la famille, patrimoine et bien commun de l’humanité. Ainsi, l’Église ne peut cesser d’annoncer, qu’en accord avec le plan de Dieu, le mariage et la famille sont irremplaçables et n’admettent aucune autre alternative ».

Et maintenant, récitons ensemble la prière de la collecte de la fête de la Sainte Famille :


« Seigneur Jésus-Christ, soumis à Marie et à Joseph, vous avez consacré la vie de famille par d’ineffables vertus ; faites qu’aidés de la Vierge et de son Saint époux, nous nous instruisions des exemples de votre sainte famille, et participions à son éternel bonheur, vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles, Amen »