Des préambules philosophiques à l’apologétique

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Des préambules philosophiques à l’apologétique : la vérité, la certitude, l’âme

Apologétique et raison

L’apologétique, discipline théologique visant à manifester la crédibilité de la vraie religion, est à la portée de tous, car elle n’implique pas la foi théologale, mais seulement la bonne volonté, c’est-à-dire l’honnêteté, le bon usage de l’intelligence et la reconnaissance de sa capacité à connaître la vérité avec certitude, y compris en matière religieuse.

Nous allons expliciter ce que nous entendons par là afin de répondre par avance à toute objection philosophique a priori, qu’elle soit idéaliste, empirique, matérialiste ou relativiste, rendant irrecevable tout discours apologétique. Ceci est d’autant plus nécessaire que beaucoup considèrent qu’il n’y a pas de vérité absolue atteignable en dehors de la science expérimentale.

La vérité existe

L’affirmation selon laquelle la vérité existe est évidente, car sa négation équivaudrait à se contredire : « aucune vérité n’existe, sauf… celle-ci ».

La vérité existe donc et se définit comme l’adéquation de l’intelligence à la réalité objective. Ainsi, le professeur de mathématiques notant un élève évalue sa copie au regard non de son opinion, mais de la réalité.

La vérité résulte donc d’un jugement de l’intelligence conforme à la réalité, affirmant ou niant d’un sujet son existence, par exemple « le cheval existe », ou telle ou telle de ses caractéristiques, par exemple « ce cheval est blanc ».

La vérité est connaissable avec certitude

Même si tout le réel n’est pas connaissable avec certitude, une partie de celui-ci l’est dès lors qu’il s’impose à l’intelligence, soit de manière immédiate, soit de manière médiate.

Ainsi, dire « j’existe » est une affirmation certaine qui relève de l’évidence immédiate, car cette réalité s’impose à moi et ne se démontre pas.

En revanche, dire « j’ai trente ans » est une affirmation tout aussi certaine, quand bien même je n’en ai pas l’évidence immédiate, mais seulement l’évidence médiate, venant de mes parents qui n’ont aucune raison de me tromper.

Notons que, contrairement à la probabilité, la certitude n’admet pas de degrés : elle est ou elle n’est pas. Car, pour peu qu’il y ait dans l’esprit une crainte d’erreur, la certitude s’évanouit et fait place à l’opinion ou au doute.

Cependant, il existe différents types de certitudes selon qu’elles concernent une affirmation relevant de l’évidence immédiate, de l’évidence médiate obtenue par voie de raisonnement ou par témoignage. Ainsi, on parlera de certitude métaphysique, fondée sur la relation nécessaire des termes du jugement, par exemple « le tout est plus grand que la partie », de certitude physique, fondée sur la constance des lois de l’univers, ou encore de certitude morale ou historique, fondée sur le témoignage des hommes lorsque celui-ci présente toutes les garanties de véracité. C’est de ce dernier type de certitude que relève la crédibilité de la vraie religion.

Le mot « évident » indique que la vérité apporte avec elle une clarté qui la fait briller et qui provoque la certitude ou la fermeté de l’adhésion de l’intelligence.

Notons enfin que l’on peut connaître avec certitude des réalités autres que matérielles, à moins de réduire le réel au matériel, ce qui impliquerait d’affirmer que toute réalité est matérielle. Or une telle affirmation est précisément contradictoire, car elle n’est pas d’ordre matériel.

La capacité humaine de connaissance du réel au-delà du sensible atteste de l’immortalité de l’âme

Ce qui distingue l’être humain de l’animal est avant tout sa capacité à connaître par des idées le réel au-delà des apparences, et à raisonner par enchaînement logique selon un mode inductif ou déductif.

Ces opérations de l’intelligence humaine manifestent son immatérialité. En effet, ses capacités d’abstraction, de jugement et de raisonnement impliquent qu’elle est une faculté non déterminée par la matière. Ceci est confirmé non seulement par le fait que l’intelligence est capable de connaître l’universel, mais aussi par sa capacité à se prendre elle-même pour objet de connaissance. Ainsi, je peux penser à moi en train de penser que je pense à moi.

Qui dit intelligence dit faculté immatérielle, dit principe de vie ou âme immatérielle et donc immortelle : autant de prérequis incontournables à toute apologétique. Il convenait donc d’en manifester la vérité avant de démontrer l’existence de Dieu, autre présupposé philosophique à l’apologétique.