DIEU, NOTRE PÈRE ET NOTRE ÉDUCATEUR

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« Celui-ci est mon Fils bien-aimé… écoutez-le »

Chers pèlerins,


S’il vous arrive de dire le Notre Père machinalement, écoutez ce témoignage d’une pauvre bergère de Savoie interrogée sur sa manière de prier : « Quand je suis dans mes montagnes à garder mes vaches, je commence à dire “Notre Père…”, mais en pensant que celui qui a créé ces montagnes est aussi mon Père, alors je me mets à pleurer et je ne peux aller plus loin. ». Et nous ! Savons-nous reconnaître que Dieu est notre Père ?


Notre Père et quel Père ! Car, comme l’a si bien dit Tertullien : « personne n’est plus Père que lui. »


Quel Père, en effet, que ce Dieu qui nous a créés !
Quel Père que ce Dieu qui a fait de nous ses enfants par le baptême !
Quel Père que ce Dieu qui se fait notre éducateur pour nous apprendre à marcher sur le chemin du ciel !


Au terme de la vie, puissions-nous aussi tomber dans ses bras paternels et miséricordieux en reconnaissant avec saint Augustin : « Vous nous avez faits pour vous, ô Dieu, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne se repose pas en vous ! »



I. DIEU EST NOTRE PERE, D’ABORD, PARCE QU’IL NOUS A CREES


Attention, cependant, à ne pas comprendre de travers le mot « créer ». Créer, c’est faire avec rien. Quand l’homme fabrique quelque chose, il le fait toujours à partir de ce que Dieu lui donne. Dieu seul est capable de faire avec rien, parce qu’il est seul tout-puissant.


Et c’est là que chacun doit faire une découverte et se dire à lui-même : « Dieu m’a créé par amour. Il m’a voulu, il m’a aimé. Je ne suis pas là par hasard, mais parce que Dieu a choisi de me faire exister. Car, si mes parents m’ont transmis la vie, ils ne m’ont pas pour autant créé ; ils n’ont fait que participer à ma création, voulue de Dieu. Dieu s’est servi d’eux pour me donner tel corps bien précis. Et lui seul a fait mon âme immortelle. Il l’a créée sans intermédiaire. Il est à l’origine de mon être. Lui seul ! ».


Notre relation la plus essentielle est donc celle-ci : « Moi et mon Créateur », comme la définissait le bienheureux cardinal Newman. Mais ce n’est pas tout… Voulu par Dieu, je ne suis pas n’importe quoi. Je ne suis ni une pierre, ni un brin d’herbe, ni un papillon. J’appartiens à l’espèce humaine. Je suis doté d’une nature humaine qui, forcément, a un « mode d’emploi ». Ce mode d’emploi s’appelle la loi naturelle. Il pourrait m’arriver d’imaginer qu’il est plus facile et plus agréable de ne pas respecter ce « mode d’emploi », et de vivre selon mes caprices, à l’inverse de ce qu’il exige. Ce serait un grand malheur pour mon entourage et pour moi ! Car la nature méconnue se venge, comme le rappelle le dicton fameux : « Dieu est toujours prêt à pardonner, les hommes parfois, la nature jamais ».


Oui, je dois m’en persuader, et l’expérience des milliards de personnes qui m’ont précédé(e) sur la planète me le démontre : c’est en cultivant le jardin de ma nature tel que Dieu l’a voulu que je trouverai le bonheur. Je n’en serai jamais assez convaincu : la loi immuable du bonheur est le Décalogue (les dix commandements). Inscrit dans ma nature, le Décalogue a aussi été révélé à Moïse par Dieu, pour que je le connaisse avec plus de certitude. Voilà pourquoi je dois l’apprendre par cœur et examiner souvent si je le mets en pratique. En me confessant souvent, par exemple.


II. DIEU EST NOTRE PERE, SURTOUT, PARCE QU’IL NOUS A ADOPTES PAR LE BAPTEME


Il ne m’appelle pas, en effet, à un bonheur purement humain, dans des horizons seulement terrestres. Il veut pour moi infiniment plus. Il veut me faire partager sa vie divine : il m’invite à devenir, en toute vérité, son enfant, en son Fils unique Jésus-Christ.


La vie de Dieu m’est donnée dans le Christ. Depuis le baptême, une Vie habite ma vie : la vie du Christ, âme de mon âme, vie de ma vie. « Je suis la vraie vigne, dit Jésus. Demeurez en moi et moi en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure uni à la vigne, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. » (Jean XV,4)


Tout le mystère chrétien est là : Jésus est venu, Il s’est fait homme. Pourquoi ? Pour que je sois fait Dieu, en participation ; pour que sa Vie passe en ma vie. Quand un collectionneur passionné trouve une pièce unique, il vend tout pour l’acheter. La pièce de collection que Jésus nous invite à acquérir, c’est la vie intérieure, celle dont parle saint Paul quand il écrit : « Vous avez une vie toute cachée en Dieu avec le Christ » (Col. 3, 3).


Cette vie cachée deviendra manifeste après la mort. Alors nous verrons Dieu, tel qu’il est, et nous serons semblables à lui. Nous participerons à son propre bonheur qui dépasse infiniment tout ce qu’on peut imaginer : « ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, tout ce que Dieu a préparé à ceux qui l’aiment. ».


Quel dommage d’y penser si rarement et de ne pas mieux nous y préparer.


À la fin du film célèbre sur saint Vincent de Paul, le saint va bientôt mourir et il a un grand sentiment de vide. Il avoue à la reine : « Madame, je n’ai rien fait… » La reine est très étonnée : « Que faut-il faire, alors, dans une vie ? » Et Monsieur Vincent de répliquer : « Davantage !… Nous sommes terriblement négligents. »


Méditant cette belle parole du saint, disons à Jésus : « Oui, Seigneur, je suis négligent, alors que vous désirez tant me conduire vers les merveilles du ciel que vous m’avez préparées. »


III. DIEU EST NOTRE PERE, ENFIN, PARCE QU’IL EST NOTRE EDUCATEUR
ET NOUS GUIDE, EN BON PASTEUR, SUR LE CHEMIN DU CIEL.


Éducateur vient du mot latin dux (celui qui conduit) ; or, Jésus est le Chemin. Éducateur vient aussi du mot latin educare (instruire, nourrir) ; or, Jésus est la Vérité qui instruit et la Vie qui nourrit ou réconforte. Il l’a dit : « Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie. ».

  1. Jésus est d’abord le Chemin.
    Nous étions tous comme des brebis égarées. Jésus nous a sauvés de la mort par sa mort sur la croix, nous a pris sur ses épaules comme la brebis perdue. Il nous a arrachés aux épines du péché et ramenés au bercail. Il est le Chemin, suivons-le !
  2. Si Jésus est le Chemin, il est aussi la Vérité. Par lui, Dieu nous a fait connaître la vérité qui délivre, nous apprenant ce qu’il faut faire pour trouver le bonheur et être sauvés. Lisons notre catéchisme. Mais Jésus n’a pas seulement enseigné, il a vécu. La vérité, il nous la fait aussi connaître par l’exemple de sa vie. Lisons l’Évangile. Jésus n’a pas seulement enseigné, il a inspiré des millions d’hommes et de femmes. La vie de ces imitateurs de Dieu que sont les saints a beaucoup de force pour
    nous transformer. Lisons la vie des saints. Soyons aussi des exemples les uns pour les autres. La morale s’apprend beaucoup plus par les yeux que par les oreilles. Sachons admirer ce que font nos frères dans la foi, nous en édifier.
  3. Si Jésus est le Chemin, si Jésus est la Vérité, il est aussi la Vie.
    Nous avons besoin de sa grâce. Et il la donne à qui la demande. Apprenons donc à frapper sans relâche à la porte de son Cœur pour obtenir la lumière, la vigueur (et le pardon quand nous sommes tombés). Apprenons aussi à puiser dans la communion le réconfort et la force.

Amis pèlerins,
Nous aurions aimé que Jésus, cet éducateur magnifique, soit resté avec nous visiblement. Mais ne regrettons rien ! S’il nous a quittés, au jour de l’Ascension, il nous a laissé son Esprit, l’Esprit Saint, l’Esprit qui sanctifie : Eau vive qui coule pour la vie éternelle. Et cette Eau Vive a soif que nous ayons soif d’elle.
Dieu nous a créés pour lui, et nous ne pourrons étancher la soif d’infini de notre cœur par rien d’autre que lui.
Supplions-le donc sans nous lasser : « Venez, Esprit Saint, venez …Venez, ô Père des pauvres, Venez éclairer nos cœurs. » (Séquence de la messe)

Amis pèlerins,
Nous aurions aimé que Jésus, cet éducateur magnifique, soit resté avec nous visiblement. Mais ne regrettons rien ! S’il nous a quittés, au jour de l’Ascension, il nous a laissé son Esprit, l’Esprit Saint, l’Esprit qui sanctifie : Eau vive qui coule pour la vie éternelle. Et cette Eau Vive a soif que nous ayons soif d’elle.
Dieu nous a créés pour lui, et nous ne pourrons étancher la soif d’infini de notre cœur par rien d’autre que lui.
Supplions-le donc sans nous lasser : « Venez, Esprit Saint, venez …Venez, ô Père des pauvres, Venez éclairer nos cœurs. » (Séquence de la messe)