Dieu ou l’absurde ?

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Démontrer l’existence de Dieu par la causalité…

L’existence de Dieu, démontrable par la seule raison, est un préalable nécessaire à toute apologétique.

Un des préalables à la défense rationnelle de la crédibilité de la vraie religion est l’existence de Dieu, qui n’est pas l’objet propre de la foi, mais l’un de ses préambules. Aussi, le premier concile du Vatican enseigne, à la suite de saint Paul aux Romains, que « la sainte Église notre Mère tient et enseigne que, par la lumière naturelle de la raison humaine, Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être connu avec certitude au moyen des êtres créés, car depuis la création du monde, ses invisibles perfections sont vues par l’intelligence des hommes au moyen des êtres qu’il a faits ».

Du principe de causalité à la démonstrabilité de l’existence de Dieu

Saint Thomas propose cinq manières de démontrer par la seule raison l’existence de Dieu, qui mettent en œuvre l’application d’un même principe évident, celui de causalité ou de raison suffisante : « Ce qui existe, existe soit par soi, soit par un autre ». Nous allons exposer deux de ces voies de manière démonstrative, si bien que celui qui nierait leur conclusion devrait rejeter ce principe et, pour ainsi dire, renier le principe de non-contradiction et sombrer dans l’absurde.

Dieu : l’être absolument nécessaire, cause de tous les existants

On observe l’existence d’êtres possibles qui auraient pu ne pas exister, dits contingents, et on constate que des réalités peuvent ne pas être ou ne pas exister. Cela est particulièrement manifeste pour nous lorsque nous sommes témoins de la naissance et de la mort d’êtres chers.

Or, l’existence d’un être non nécessaire requiert par nature l’existence du nécessaire. En effet, si tout était possible sans être nécessaire, c’est-à-dire contingent, rien n’existerait, car rien n’aurait sa raison d’être, le possible étant précisément celui qui, pour exister, a besoin d’un autre être, appelé par opposition être nécessaire.

De plus, il n’est pas possible de remonter à l’infini dans la série des êtres nécessaires relatifs, puisque d’une part ce n’est pas la multiplicité du nombre des êtres nécessaires relatifs qui cause ultimement la nécessité, et que d’autre part on ne constaterait pas l’existence d’êtres possibles si ceux-ci dépendaient d’une infinité d’êtres nécessaires relatifs.

Donc, il existe un premier être absolument nécessaire, qui a l’être par soi, et qui cause ultimement l’existence de tous les autres êtres ainsi que leur nécessité relative : c’est Dieu.

Dieu : la première intelligence, cause de l’ordre du monde

On observe que des êtres vivants dépourvus de raison et de connaissances, tels les animaux, au sein d’une même espèce, agissent invariablement ou le plus souvent de la même manière pour réaliser le meilleur se rapportant à leur fin, qui est la préservation de la vie et sa transmission. En effet, tous les êtres inintelligents ou n’usant pas de leur intelligence que nous observons agissent selon une finalité.

Or, si les actes d’un être sans raison ou n’usant pas d’elle ont une finalité, celle-ci vient nécessairement d’un autre être raisonnable. En effet, ce n’est pas par hasard, mais en vertu de tendances déterminées, que ces êtres agissent ainsi pour le meilleur. Ainsi, ce qui est privé de connaissance ne peut atteindre une fin déterminée sans être dirigé par un être connaissant et intelligent, de même qu’une flèche ne peut atteindre sa cible sans être dirigée par un archer.

Enfin, il n’est pas possible de remonter à l’infini dans la série des êtres intelligents, puisque d’une part ce n’est pas la multiplicité du nombre des êtres intelligents qui cause ultimement le rapport entre l’intelligence et son objet, l’être, et que d’autre part on ne constaterait pas l’existence d’êtres sans raison agissant en vue d’une fin si ceux-ci dépendaient d’une infinité d’êtres intelligents.

Donc, il existe un premier être intelligent transcendant, par lequel toutes les choses sont ordonnées à leur fin : c’est Dieu.

L’existence de l’espace-temps confirme l’existence de Dieu, transcendant et éternel

Nous observons que nous sommes dans un univers spatio-temporel.

Or, le temps n’existe que parce qu’il y a du changement, impliquant nécessairement une série causale ordonnée de mouvements. Or une série causale de termes ordonnés, c’est-à-dire de termes qui causent le pouvoir causal de l’autre, comme un wagon communiquant à l’autre son mouvement, ne peut être infinie ou sans commencement, car elle serait d’une part inopérante et d’autre part on n’en constaterait pas l’effet actuellement.

Donc, notre univers spatio-temporel a nécessairement commencé et nécessite une cause première nécessaire, extratemporelle ou éternelle, et extra-spatiale, donc immatérielle : c’est Dieu.