Dimanche 31 mai 2020

Les anges et les béatitudes - Homélie du dimanche de Pentecôte

 

Chers amis,

Notre pèlerinage est cette année consacré aux saints anges. En ce dimanche de la Pentecôte, nous allons méditer comment les saints anges nous disposent à recevoir docilement la motion du Saint-Esprit qui nous fait vivre les béatitudes.

Selon une très ancienne tradition, qui remonte à Denys l’Aréopagite, interprétant la liste des chœurs angéliques donnée par saint Paul, les bons anges, ces purs esprits crées par Dieu avant le monde corporel, se répartissent en neuf chœurs. Ces chœurs sont groupés, trois par trois, en trois hiérarchies. À chacune des hiérarchies est assignée une fonction spécifique dans le gouvernement du monde et des hommes. La première hiérarchie purifie les hommes, la seconde les illumine, et la troisième les unit à Dieu.

On peut mettre en relation chacune de ces trois hiérarchies avec chacun des trois groupes de béatitudes. Les anges purificateurs de la première hiérarchie nous aident à vivre les trois premières béatitudes, celles de la fuite du péché : bienheureux les pauvres, les doux et les affligés. Les anges illuminateurs de la seconde hiérarchie nous guident dans la mise en œuvre des béatitudes de l’action : bienheureux les affamés de justice et les miséricordieux. Les anges de l’union à Dieu de la troisième hiérarchie nous soutiennent dans la pratique de la contemplation : bienheureux les cœurs purs et les pacifiques.

Les anges nous purifient en nous annonçant la joie de l’espri

La première expérience de l’homme par rapport au bonheur, c’est qu’il le désire et qu’il n’y parvient pas. Son cœur n’est jamais rassasié par les biens de ce monde. Le monde est trop petit pour nourrir sa soif de béatitude. L’âme humaine est une flamme fragile, vacillant entre deux abîmes infinis : le mystère de Dieu et l’énigme de son propre esprit. Dieu, « Celui qui est » (Ex 3, 14), habite, au sommet de la sainte montagne, le Buisson ardent qui brûle sans se consumer. L’homme scrute l’abîme profond de son âme unie au monde corporel, son âme navrée de désirs infinis… et il n’en trouve jamais le fond 

Les anges nous manifestent l’existence du monde spirituel à l’état pur. Ils nous rappellent que nous sommes des esprits comme eux, mais des esprits incarnés, que le péché a blessés et que le démon jalouse. Les bons anges, eux, sont des miroirs sans tâche de la Joie de Dieu. Leur lumière vient faire sur nos ténèbres une percée… vers le haut ! Ils nous purifient en nous détachant du royaume illusoire de notre Moi insatiable, et en nous annonçant la joie fondamentale : le Sauveur veut inscrire nos noms dans les Cieux, il veut écrire notre Nom d’éternité (cf. Ap 2, 17) dans le Foyer incandescent de Dieu !

Oui, les anges nous purifient, en effaçant de notre front les stigmates des péchés capitaux, comme l’a vu Dante dans les Chants du Purgatoire. À chaque palier de la montée purificatrice, un ange efface l’un des sept « P » que le poète porte sur son front et qui traduit les souillures de son âme, tout en chantant la béatitude opposée au vice qui est purifié ! (1)

La lumière angélique est celle d’esprits finis, elle filtre dans notre âme blessée. Elle nous intrigue, nous apprivoise au bien, et nous attire vers la Joie infinie de la Lumière éternelle. « Réjouissez-vous, vous pouvez quitter la mortelle et ennuyeuse trilogie de l’argent, de la violence et du sexe. Réjouissez-vous, les pauvres, les doux, les affligés ! Sous la conduite du Christ, vraie Lumière qui vient en ce monde (cf. Jn 1, 9), vous sortez du Royaume des ombres, vous avez déjà en vous le Royaume invisible, plus réel encore que la matière ».

Attention ! Les anges sont nos amis, nos aides, nos « diacres » (2). Mais ils le sont pour nous mener au Christ qui est leur Roi et notre unique Sauveur. C’est toujours autour du mystère du Christ que volent les anges purificateurs : à l’Annonciation faite à Marie et à celle faite à saint Joseph, aux bergers près de la Crèche de Bethléem, à l’annonce salvatrice de la fuite en Egypte.

 

Les anges illuminent les pas de notre marche vers cette joie

Non contents de nous aider à vivre les béatitudes de la fuite du péché, en nous révélant la joie pour laquelle nous sommes faits comme eux, les anges nous accompagnent dans notre marche vers cette joie, en nous aidant à pratiquer les béatitudes de l’action. Bienheureux les affamés de justice, bienheureux les miséricordieux ! Que font les anges ? Dans la Première Alliance, Jacob a vu en songe une mystérieuse échelle : « Voici, une échelle était posée sur la terre et son sommet touchait au ciel. Et […] sur elle des anges de Dieu montaient et descendaient, et en haut se tenait Yahweh » (Gn 28, 12). Jésus nous a révélé qu’il était lui-même cette échelle qui conduit à la béatitude du ciel : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez désormais le ciel ouvert, et les anges de Dieu  montant et descendant sur le Fils de l’homme » (Jn 1, 51).

Où est-il pour nous, sur cette terre, ce Fils de l’Homme ? Jésus nous l’a enseigné : ce sont nos frères. « Tout ce que vous ferez à l’un de ces petits, c’est à moi que vous le ferez… » (Mt 25, 40. Quelle perspective prodigieuse : chaque fois que nous faisons à l’égard du prochain une œuvre bonne, spécialement par la justice et la miséricorde, c’est au Fils de l’homme notre Sauveur que nous la faisons ! Par le va et vient de la justice et de la miséricorde, nous sommes en pleine action surnaturelle dans la grâce, nous montons et descendons « sur le Fils de l’homme ».

Les anges illuminateurs de la deuxième hiérarchie nous font danser ce ballet de la vie chrétienne, à pas d’amour, avançant vers la Joie de Dieu, qui est appuyé au haut de l’échelle. Ils jettent sur notre prochain la lumière de la face du Christ, pour que nous le reconnaissions. Si nous « connaissons » les autres, si nous les voyons et si nous les servons comme des images du Christ, nous serons « connus » du Christ ! Pour nous aider à exercer la force de la justice, les anges nous servent comme ils ont servi Jésus après la tentation au désert. Pour nous aider à aller au bout de la miséricorde, ils nous consolent, comme ils ont consolé Jésus au jardin de l’agonie.

 

Les anges nous unissent à Dieu en nous faisant chanter cette joie.

Qu’est-ce que le Ciel ? C’est voir Dieu et être « un » avec lui dans le Christ qui a ouvert les portes de la louange. C’est être heureux que Dieu soit heureux et que nous nous tenions avec son Fils devant lui, chantant sa gloire et sa miséricorde. Dans l’adoration ici-bas, nous anticipons le Ciel. C’est en adorant que nous sommes au plus haut point, nous dit saint Thomas, à l’image lumineuse de Dieu (3).

Les anges de l’union à Dieu, ceux de la plus haute hiérarchie, nous le rappellent. Ils chantent pour nous les béatitudes de la contemplation : « Réjouissez-vous, les cœurs purs, et vous qui diffusez la paix… Non seulement vous verrez Dieu et vous serez appelés ses fils dans la gloire, mais déjà vous voyez Dieu et êtes vraiment ses fils dans la louange de la grâce ». Ce sont les anges qui nous invitent à chanter et nous répondons à leur invitation (cf. Ap 5, 11-13). « L’être de l’homme, transcendé par un ordre de nature plus élevé, celui des anges, ne s’éveille à sa propre louange qu’à travers la louange du monde des esprits ». (4)

Les anges nous associent au chant du Sanctus, ou Trisaghion : « Saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu Tout-Puissant, qui était, qui est et qui vient ! » (Ap 4, 8) et ils nous enseignent à chanter devant le trône de Dieu le Cantique nouveau (cf. Ap 14, 3). C’est spécialement dans la liturgie de la Messe que nous sommes portés par le chant des anges. « Nous qui mystiquement représentons les Chérubins et qui, en l’honneur de la vivifiante Trinité, chantons l’hymne trois fois sainte, déposons toute sollicitude de ce monde afin de recevoir dignement le Roi de l’univers qui vient invisiblement escorté des armées angéliques »(5)

Le rôle des anges est important dans la contemplation du mystère trinitaire, dans la prière qui nous unit au Christ par le mystère rédempteur, et aussi dans l’attente et l’espérance consolante des cieux nouveaux et de la terre nouvelle. Les anges étaient présents lors de la résurrection du Christ, ils l’entouraient lors de son Ascension, ils seront présents à la Parousie autour du Christ victorieux pour inaugurer le Royaume.

 

Conclusion

Dans un tableau fameux, Fra Angelico a représenté une gracieuse « ronde des élus ». Ce qui est frappant, c’est que les anges et les hommes y alternent fraternellement. La ronde se dirige vers une mystérieuse porte de lumière, qui symbolise le Paradis. Les esprits purs nous entraînent, nous les esprits unis au monde matériel. Certes, ils sont d’une nature supérieure à la nôtre, mais c’est dans notre nature que le Verbe s’est incarné.

Sous le regard de sa Mère, l’Immaculée, c’est pour lui que les anges nous purifient, c’est vers lui qu’ils nous guident, c’est à lui qu’ils nous unissent. Les Incorporels considèrent comme un honneur de nous servir comme les frères de leur Roi. Il y a de quoi être confondu de reconnaissance et d’amour pour ces êtres de lumière… et pour Dieu qui nous les a donnés comme ministres de notre salut.

 

Fr. Louis-Marie de Blignières

Prieur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier

 

(1) Cf. Dante Alighieri, La Divine Comédie, Le Purgatoire, chant 9, verset 112 ; chant 12, verset 121 ; chant 22, versets 1-3 ; chant 27, verset 8.

(2)  Dans l’art chrétien, on représente parfois les anges portant l’étole diaconale.

(3) Cf. Somme de théologie, I, q. 93, a. 8.

(4) Erik Peterson, Le livre des anges, Ad Solem, XXX.

(5) Procession des Offrandes de la Sainte et Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome.

Homilía del domingo de Pentecostés

Chemeré-le-Roi (grabado para la peregrinación virtual NDC)

Los ángeles y las Bienaventuranzas

    Queridos amigos,
    Nuestra peregrinación está este año dedicada a los Santos Ángeles. En este domingo de Pentecostés, meditaremos sobre cómo los santos ángeles nos disponen a recibir con docilidad el empuje del Espíritu Santo que nos hace vivir las bienaventuranzas.
Según una tradición muy antigua, que se remonta a Dionisio el Areopagita, interpretando la lista de coros angelicales dada por San Pablo, los ángeles buenos, esos espíritus puros creados por Dios antes del mundo corpóreo, se distribuyen en nueve coros. Estos coros se agrupan, de tres en tres, en tres jerarquías.  A cada una de las jerarquías se le asigna una función específica en el gobierno del mundo y de los hombres. La primera jerarquía purifica a los hombres, la segunda los ilumina y la tercera los une a Dios.
Cada una de estas tres jerarquías se puede vincular a cada uno de los tres grupos de bienaventuranzas. Los ángeles purificadores de la primera jerarquía nos ayudan a vivir las tres primeras bienaventuranzas, las de la huida del pecado: bienaventurados los pobres, los mansos y los afligidos. Los ángeles iluminadores de la segunda jerarquía nos guían en la puesta en práctica de las bienaventuranzas de acción: bienaventurados los hambrientos de justicia y los misericordiosos. Los ángeles de la unión con Dios de la tercera jerarquía nos sostienen en la práctica de la contemplación: bienaventurados los corazones puros y los pacíficos.

I.    Los ángeles nos purifican anunciándonos el gozo del espíritu
La primera experiencia del hombre con relación a la felicidad es que la desea, pero no la logra. Su corazón nunca está satisfecho con los bienes de este mundo. El mundo es demasiado pequeño para calmar su sed de bienaventuranza. El alma humana es una llama frágil, debatiéndose entre dos abismos infinitos: el misterio de Dios y el enigma de su propio espíritu. Dios, "El que es" (Ex 3,14), habita en la cima de la montaña santa, la Zarza que arde sin consumirse. El hombre escruta el profundo abismo de su alma unida al mundo corporal, su alma gimiente de deseos infinitos...… ¡y nunca encuentra el fondo!
Los ángeles nos manifiestan la existencia del mundo espiritual en su estado puro. Nos recuerdan que somos espíritus como ellos, pero espíritus encarnados, que el pecado ha herido y que el demonio envidia. Los ángeles buenos, por otro lado, son espejos sin mancha del Gozo de Dios. Su luz viene a perforar nuestra oscuridad… ¡hacia lo alto! Nos purifican y nos desapegan del reino ilusorio de nuestro Yo insaciable, y lo hacen anunciándonos el gozo fundamental: ¡El Salvador quiere inscribir nuestros nombres en el Cielo, quiere escribir nuestro Nombre de eternidad (cf. Ap. 2, 17) en el Hogar incandescente de Dios!
Sí, los ángeles nos purifican, borrando de nuestras frentes los estigmas de los pecados capitales, como Dante vio en los Cantos del Purgatorio. En cada grada del ascenso purificador, un ángel borra una de las siete "P" que el poeta lleva en su frente y que representan las manchas de su alma, ¡mientras canta la bienaventuranza opuesta al vicio purificado!  
La luz angelical es la de los espíritus finitos que se filtra en nuestra alma herida. Nos hace pensar, nos inclina al bien, y nos atrae al gozo infinito de la Luz eterna. "Regocijaos, podéis dejar la mortífera y fastidiosa trilogía de dinero, violencia y sexo. ¡Regocijaos, pobres, mansos y afligidos! Bajo la guía de Cristo, verdadera Luz que viene a este mundo (cf. Jn 1, 9) salís del Reino de las tinieblas, tenéis ya en vosotros el Reino Invisible, más real aún que la materia."  
¡Atención! Los ángeles son nuestros amigos, nuestros ayudantes, nuestros "diáconos" . Pero lo son para llevarnos a Cristo, que es su Rey y nuestro único Salvador. Los ángeles purificadores vuelan siempre en torno al misterio de Cristo: en la Anunciación hecha a María y en aquella que se hace a San José o a los pastores cerca del Pesebre de Belén y en el anuncio salvífico de la huida a Egipto.

II.    Los ángeles iluminan los pasos de nuestra marcha hacia este gozo
No contentos con ayudarnos a vivir las bienaventuranzas de la huida del pecado, al revelarnos el gozo por el que estamos hechos como ellos, los ángeles nos acompañan en nuestro camino hacia este gozo, ayudándonos a practicar las bienaventuranzas de acción. ¡Bienaventurados los hambrientos de justicia, bienaventurados los misericordiosos! ¿Qué hacen los ángeles?  En la Primera Alianza, Jacob vio en un sueño una misteriosa escalera: "he aquí una escalera que se
apoyaba en la tierra, y cuya cima tocaba en el cielo; los ángeles de
Dios subían y bajaban por ella. Y sobre ella estaba Yahvé" (Gn 28,12). Jesús nos reveló que era Él mismo la escalera que conduce a la dicha del cielo: "En
verdad, en verdad os digo: Veréis el cielo abierto y a los ángeles de
Dios que suben y descienden sobre el Hijo del hombre" (Jn 1, 51).
¿Dónde está este Hijo del Hombre para nosotros en esta tierra? Jesús nos lo ha enseñado: son nuestros hermanos. "en cuanto lo hicisteis a uno solo, el más pequeño de estos mis hermanos, a Mí lo hicisteis...…" (Mt 25, 40. ¡Qué perspectiva tan prodigiosa cada vez que hacemos una buena obra a nuestro prójimo, especialmente por justicia y misericordia, es al Hijo del Hombre, nuestro Salvador al que se lo hacemos!  Por el ir y venir de la justicia y la misericordia, estamos en medio de la acción sobrenatural de la gracia, subimos y bajamos "sobre el Hijo del hombre."

Los ángeles iluminadores de la segunda jerarquía nos hacen bailar este ballet de la vida cristiana, al paso del amor, avanzando hacia el Gozo de Dios, que se apoya en lo alto de la escalera. Arrojan sobre nuestro prójimo la luz del rostro de Cristo, para que le reconozcamos. Si "conocemos" a los otros, si les vemos y les servimos como imágenes de Cristo, ¡nosotros seremos "conocidos" por Cristo! Para ayudarnos a ejercer la fuerza de la justicia, los ángeles nos sirven como sirvieron a Jesús después de la tentación en el desierto. Para ayudarnos a llegar hasta el fin en la misericordia, nos consuelan, como consolaron a Jesús en el jardín de la agonía.

III.    Los ángeles nos unen con Dios haciéndonos cantar este gozo.
¿Qué es el Cielo? Es ver a Dios y ser "uno" con Él en Cristo que ha abierto las puertas de la alabanza. Es gozarse de que Dios sea feliz y de estar con Su Hijo delante de Él, cantando su gloria y misericordia. En la adoración aquí en la tierra, anticipamos el Cielo. Es al adorar cuando estamos en el punto más álgido, dice Santo Tomás, en la imagen luminosa de Dios  .
Los ángeles de la unión con Dios, los de la más alta jerarquía, nos lo recuerdan.  Cantan para nosotros la dicha de la contemplación: "Regocijaos, vosotros los corazones puros, y vosotros que extendéis la paz...… No sólo veréis a Dios y seréis llamados sus hijos en la gloria, sino que ya veis a Dios y sois verdaderamente sus hijos en la alabanza de la gracia." Son los ángeles los que nos invitan a cantar y respondemos a su invitación (cf. Ap 5, 11-13). "El ser del hombre, trascendido por un orden de naturaleza superior, el de los ángeles, despierta a su propia alabanza sólo a través de la alabanza del mundo de los espíritus."   .
Los ángeles se asocian con nosotros en el canto del Sanctus, o Trisagio: "Santo, santo, santo el Señor Dios, el Todopoderoso, el que era, y que es, y que viene " (Ap 4, 8) y nos enseñan a cantar ante el trono de Dios el Cántico Nuevo (cf. Ap 14, 3). Es especialmente en la liturgia de la Misa donde somos llevados por el canto de los ángeles. "Nosotros, que representamos místicamente a los querubínes y que, en honor a la Trinidad vivificante, cantamos el himno tres veces santo, dejamos toda solicitud de este mundo para recibir con dignidad al Rey del universo que viene invisiblemente escoltado por los ejércitos angélicos."   .
El papel de los ángeles es importante en la contemplación del misterio trinitario, en la oración que nos une a Cristo por el misterio redentor, y también en la espera y la esperanza consoladora de los cielos nuevos y la tierra nueva. Los ángeles estuvieron presentes en la resurrección de Cristo, lo rodearon durante su Ascensión, estarán presentes en la Parusía alrededor del Cristo victorioso para inaugurar el Reino.

Conclusión
En un famoso cuadro, Fra Angélico representó un elegante "corro de los elegidos". Lo que llama la atención es que los ángeles y los hombres alternen fraternamente. El corro se dirige hacia una misteriosa puerta de luz, que simboliza el Paraíso. Los espíritus puros nos guían, a nosotros los espíritus unidos al mundo material. Por supuesto, son de una naturaleza más alta que la nuestra, pero es en nuestra naturaleza en la que el Verbo se encarnó.
Bajo la mirada de su Madre, la Inmaculada, es para Él para quien los ángeles nos purifican, es a Él a quien nos guían, es a Él a quien nos unen. Los Incorpóreos consideran un honor servirnos como hermanos de su Rey. Es suficiente para llenarnos de gratitud y amor hacia estos seres de luz... y hacia Dios que nos los ha dado como ministros de nuestra salvación.

FRAY LOUIS-MARIE DE BLIGNIERES
PRIOR DE LA FRATERNIDAD DE SAN VICENTE FERRER

Pentecost Sunday homily

Angels and the Beatitudes 

Dear friends, 

Our pilgrimage is this year dedicated to the holy angels. On this Pentecost Sunday, we are going to meditate on how the holy angels prepare us to obediently receive the movement of the Holy Spirit who makes us live the beatitudes. According to a very ancient tradition, which goes back to Dionysius the Areopagite, interpreting the list of angelic choirs given by Saint Paul, the good angels, these pure spirits created by God before the corporeal world, are divided into nine choirs. These choirs are grouped, three by three, in three hierarchies. Each hierarchy is assigned a specific function in the government of the world and of men. 

The first hierarchy purifies men, the second enlightens them, and the third unites them to God. We can relate each of these three hierarchies to each of the three groups of beatitudes. The purifying angels of the first hierarchy help us to live the first three beatitudes, which concern the flight from sin: blessed are the poor, the meek and the afflicted. The illuminating angels of the second hierarchy guide us in the implementation of the beatitudes of action: blessed are those who are hungry for justice, and the merciful. The angels of union with God in the third hierarchy support us in the practice of contemplation: blessed are pure and peaceful hearts.

I. The angels purify us by announcing to us the joy of the spirit
Man’s first experience of happiness is that he wants it and he can’t achieve it. His heart is never satisfied with the goods of this world. The world is too small to feed its thirst for bliss. The human soul is a fragile flame, flickering between two infinite abysses: the mystery of God and the enigma of its own spirit. God, "He who is" (Ex 3:14), dwells, at the top of the holy mountain, the Burning Bush which burns without being consumed. Man scrutinizes the deep abyss of his soul united to the bodily world, his soul sorry for infinite desires ... and he never finds the bottom of it!

The angels show us the existence of the pure spiritual world. They remind us that we are spirits like them, but embodied spirits, whom sin has hurt ,and of whom the Devil is envious. The good angels, on the other hand, are spotless mirrors of the Joy of God. Their light comes to breakthrough our darkness… upwards! They purify us by detaching us from the illusory kingdom of our insatiable Self, and by announcing to us the fundamental joy: the Saviour wants to inscribe our names in Heaven, he wants to write our eternal name (cf. Rev 2:17) in the glowing hearth of God!

Yes, the angels purify us, by erasing from our forehead the stigma of deadly sins, as Dante saw in the Songs of Purgatory. At each step on the ladder of purification, an angel erases one of the seven "Ps" that the poet wears on his forehead and which signify the defilements of his soul, while singing the beatitude opposite to the vice which is purified!

The angelic light is that of finite spirits, it filters into our injured soul. It intrigues us, tames us to the good, and attracts us to the infinite Joy of eternal Light. "Rejoice, you can leave the deadly and boring trilogy of money, violence and sex. Rejoice, you poor, you meek, you who are afflicted! Under the guidance of Christ, the true Light who comes into this world (cf. Jn 1: 9), you come out of the Kingdom of shadows, you already have within you the invisible Kingdom, yet more real than matter ”.

But be careful! The angels are our friends, our helpers, our "deacons". But they are to lead us to Christ who is their King and our only Saviour. It is always around the mystery of Christ that the purifying angels fly: at the Annunciation made to Mary and that made to Saint Joseph, to the shepherds near the Nativity in Bethlehem, to the saving announcement of the flight to Egypt.

II. The angels light up the steps of our walk towards this joy
Not content with helping us to live the beatitudes of the flight from sin, by revealing to us the joy for which we are made like them, the angels accompany us in our walk towards this joy, by helping us to practice the beatitudes of action. Blessed are those who are hungry for justice, blessed are the merciful! What do angels do? In the Old Covenant, Jacob saw, in a dream, a mysterious ladder: "Behold, a ladder was placed on the earth and its top touched the sky. And […] upon it, angels of God went up and down, and above stood Yahweh ”(Gen 28:12). Jesus revealed to us that he himself is that ladder that leads to the bliss of heaven: "Truly, truly, I say to you, you will see the sky open, and the angels of God ascending and descending on the Son of man ”(Jn 1, 51).

Where is this Son of Man for us on this earth? Jesus taught us that He is in our brothers. "Whatever you do to one of these little ones, you will do it to me ..." (Mt 25, 40. What a wonderful perspective: each time we do a good work for someone else, especially a work of  justice or mercy, it is to the Son of man, our Saviour that we do it! In the comings and goings of justice and mercy, we are acting in grace, fully supernatural: we go up and descend "upon the Son of man".

The illuminating angels of the second hierarchy make us dance this ballet of Christian life, with steps of love, advancing towards the Joy of God, which is at the top of the ladder. They project the light of Christ's face on our neighbor, so that we may recognize him. If we "know" others, if we see them and if we serve them as images of Christ, we will be "known" to Christ! To help us to exercise the full strength of justice, the angels serve us as they served Jesus after the temptation in the desert. To help us to reach the end of mercy, they console us, as they comforted Jesus in the garden of agony.

III. Angels unite us to God by making us sing this joy.
What is Heaven? It is seeing God and being "one" with him in Christ who opened the doors of praise. It is to be happy that God is happy and that we stand with his Son before him, singing his glory and his mercy. In worship here, we anticipate Heaven. It is by worshiping that we are at the highest point, says Saint Thomas, in the bright image of God.

The angels of union with God, those of the highest hierarchy, remind us of this. They sing for us the beatitudes of contemplation: "Rejoice, pure hearts, and you who spread peace ... Not only will you see God and you will be called his sons in glory, but already you will see God and are truly his son in praise of grace.” It is the angels who invite us to sing and we respond to their invitation (cf. Rev 5: 11-13). "The being of man, transcended by a higher order of nature, that of the angels, awakens to his own praise only through the praise of the spirit world".

The angels associate us with the song of the Sanctus, or Trisagion: "Holy, holy, holy is the Lord, the Almighty God, who was, who is and who comes!" (Rev 4: 8) and they teach us to sing a New Song before the throne of God (cf. Rev 14: 3). It is especially in the liturgy of the Mass that we are carried by the song of the angels. "We who mystically represent the Cherubim and who, in honour of the invigorating Trinity, sing the three times holy hymn, deposit all the solicitude of this world in order to receive with dignity the King of the universe who comes invisibly escorted by the angelic armies."

The role of the angels is important in the contemplation of the Trinitarian mystery, in the prayer which unites us to Christ through the redemptive mystery, and also in the comforting hope and expectation of the new heaven and the new earth. The angels were present during the resurrection of Christ, they surrounded him during his Ascension, they will be present in the Parousia around the victorious Christ to inaugurate the Kingdom.

Conclusion
In a famous painting, Fra Angelico represented a graceful "round of the elect". What is striking is that the angels and the men alternate fraternally. The round goes towards a mysterious door of light, which symbolizes Paradise. Pure spirits lead us, we who are spirits united to the material world. Certainly, they are of a superior nature to ours, but it is in our nature that the Word was incarnated.

Under the gaze of his Mother, the Immaculate, it is for him that the angels purify us, it is to him that they guide us, it is to him that they unite us. These pure spirits consider it an honour to serve us as the brothers of their King. There is reason to be overcome with gratitude and love for these beings of light... and for God who gave them to us as ministers of our salvation.

FR. LOUIS-MARIE DE BLIGNIERES
PRIOR OF THE SAINT-VINCENT-FERRIER FRATERNITY

samedi 30 mai 2020

Revue de presse du 38e pèlerinage de Pentecôte:

Homélie de la Vigile de la Pentecôte par l'Abbé Fournier

Chers amis pèlerins de Chartres, chacun selon vos titres, rangs, grades et qualités.

C'est une chose étrange à vrai dire que l'homme !

Oui c'est vraiment une chose étrange que l'homme, et il suffit de se pencher un tant soit peu sur lui, abandonnant pour un temps l'abrutissement du quotidien pour s'en rendre compte. Plongeant tout curieux de ce que l'on pourrait découvrir dans le mystère de son coeur, c'est toujours, et ce malgré nos multiples investigations, le même constat que nous dressons. En chacun de nous, et ce, sans acception de race, de naissance, de religion ou de sexe, nous trouvons toujours une aspiration profonde au bonheur. Plus encore, un besoin impérieux d'échapper aux tracas, aux vicissitudes, aux accidents de la vie, pour jouir d'une paix véritable, condition de cette fruition inégalable des bienheureux.

Quel contraste une fois sorti de ce coeur avec l'homme réel, celui de tous les jours que nous rencontrons dans nos familles, au travail, dans notre société, membre de l'humanité à laquelle nous aussi nous appartenons. Car en effet, ce n'est plus le prospecteur de bonheur mais un lion redoutable sur lequel nous tombons. Le voilà devenu un loup pour les autres et pour lui-même, à ce point que les sans Dieu n'hésiterons pas à voir en lui l'enfer. Il n'est qu'à ouvrir un journal, ouvrir une fenêtre sur le monde et nous sommes plongés dans un océan de violence où une guerre chasse une pandémie et une catastrophe industrielle le scandale de la misère.

Paradoxe bien inquiétant qui se présente ainsi sans fard. Le même homme qui aspire au bonheur, agit dans son intérieur comme au dehors avec la plus extrême des véhémences. Tout est combat, tout devient combat et l'issue ne peut être que l'anéantissement.

Mais est-ce bien un paradoxe ou celui-ci n'est-il qu'apparent ?

 

Trois réalités vont nous permettre de rendre compte de cette constatation. La première, le péché originel ; la seconde, le mystère du salut et la troisième, la collaboration du pêcheur.

 

Tout d'abord le péché originel.

Devons-nous encore et toujours nous étonner de la triste situation dans laquelle se trouve l'humanité après sa révolte contre son créateur. Je vous renvoie au livre de la Genèse. L'humanité perd les quatre dons praeternaturels que le Bon Dieu lui avait donnée. Désormais la mort, l'âpreté de la lutte pour sa survie dans une nature hostile, l'irrésistibilité des passions sont le lot commun des enfants d'Adam et Eve. C'est l'assassinat d'Abel par son frère Caïn, c'est la conspiration des hommes avec la tour de Babel dont le mélange des langues ne trouvera son achèvement qu 'avec cette belle fête de la Pentecôte que nous nous apprêtons à célébrer, c'est aussi l'humanité noyée dans les flots du déluge. Inutile de continuer une liste à la Prévert, Histoire sainte et histoire profane fourmillent toutes deux de la réalité du mal.

Si nous pouvions fuir, peut-être le ferions-nous ? Mais nul n'échappe à sa condition d'homme et que nous soyons courageux ou pusillanime, le même combat nous attend.

Devons-nous nous en effrayer ? Nullement ! Nullement et ce pour trois raisons : tout d'abord dans le proto évangile de la Genèse, Dieu nous promet l'envoi d'un Sauveur qui viendra rétablir le désordre de la désobéissance et la descendance de la nouvelle Eve écrasera la tête du serpent maudit ; ensuite l'assurance donnée par Jésus dans St Matthieu que si ces choses sont difficiles sinon impossible à l'homme, tout est possible pour Dieu ; et enfin la promesse que si ne rougissons pas de Dieu, lui-même nous défendra devant les hommes. La réception du Paraclet nous permettant de ne pas nous inquiéter de ce que nous aurions à répondre. Si l'humanité a un temps œuvré contre Dieu, c'est la Trinité qui vient à son secours. N'avons-nous-pas coutume de dire que si le Père a créé, c'est le Fils qui sauve et le Saint Esprit qui sanctifie.

Ainsi donc voici notre deuxième réalité, le mystère du salut. Il s'agit ici du combat eschatologique de Jésus, celui de sa propre existence terrestre, vrai Dieu et vrai homme par son Incarnation, il a à mener tous les combats des hommes sans pour autant jamais être sous l'emprise du péché. Reportons nous à l'inauguration de sa vie publique et plus particulièrement au désert pour y être tenté par le démon après un jeûne de 40 jours. 3 tentations, 3 concupiscences établies par l'apôtre S.Jean : la concupiscence de la chair, la concupiscence de yeux et l'orgueil de la vie. 3 manières de mener le bon combat si cher à Saint Paul. C'est ensuite la lutte contre l'obscurantisme, dévoiler ce qui était voilé, tout comme la réalisation de ce qui n'était que figuré. Le combat contre le fanatisme et le fondamentalisme des sectes juives de son époque. Enfin, le combat ultime, l'hésitation bien humaine du jardin des Oliviers au cours de l'Agonie laisse la place à la mort librement acceptée sur la croix pour le rachat des péchés de l'humanité et sa résurrection des morts par laquelle les portes du ciel vont se rouvrir. Ne chantons-nous pas lors de la semaine sainte : « mort où est ta victoire, mort où est ton aiguillon ? » Le nouvel Adam, né de la nouvelle Eve a vaincu la mort par son obéissance. Et de nous dire pour nous encourager au combat qui maintenant se prolonge dans le temps de l'Église : « Je suis la voie, la vérité et la vie » .

Car arrive cette troisième vérité : la collaboration nécessaire du pêcheur. Avant de nous avancer plus avant dans ce chemin écartons vigoureusement et immédiatement toute tentation de pélagianisme ou semi-pélagianisme. Dieu nous sauve seul et de manière purement gratuite. Quand nous parlons de nécessité, ce n'est pas pour que se réalise le Salut universel mais bien dans son application à chacun d'entre nous. Nul ne sera sauvé contre sa volonté et jusqu'à la fin le Bon Dieu respectera notre choix libre de l'aimer ou de le rejeter. Songeons aux 10 lépreux de l'Évangile, 10 sont guéris mais un seul est sauvé ! Non, ici nous parlons de cette course que décrit l'apôtre des gentils, la couronne de gloire est déjà remportée, nous n'avons plus qu'à descendre dans l'arène et y participer. Que cela demande des efforts, n'en doutons pas. Le même Saint Paul ne nous invite-t-il pas à compléter en nous ce qu'il manque aux souffrances de Notre Seigneur Jésus Christ ?

Alors, avec les talents que nous avons reçus, ce sont notre intelligence et notre volonté qui sont appelées à collaborer pour que s'étende le royaume de Dieu. Une saine doctrine et un agir droit serons nos meilleurs alliés pour concourir au rétablissement de l'ordre que le péché ne cesse de troubler. Mais nous en avons d'autres des alliés dans cette lutte, ce sont les bons anges et tout particulièrement nos anges gardiens. Ces messagers du Tout-Puissant qui montent et descendent sans cesse sur l'échelle de Jacob sont là aujourd'hui encore pour nous soutenir dans le combat et jalonner le chemin de la Jérusalem céleste où se donnera en partage sans retenu le bonheur tant escompté.

Oui c'est une chose étrange que l'homme ! Que le combat soit momentanément gagné ou perdu, c'est très souvent auprès de sa maman qu'il vient trouver refuge. Combat perdu pour obtenir consolation et réconfort, combat gagné pour recevoir des encouragements bien mérités. C'est Marie, notre mère, Notre Dame de Chartres qui pour chacun de nous amis pèlerins tient grand ouvert son manteau et attend cette année encore nos âmes d'enfants de Dieu. Certes, les circonstances exceptionnelles que nous vivons obligent beaucoup d'entre vous à faire un pèlerinage numérique, numérique mais pas virtuel. Puisez largement dans le trésor que Jésus vous a acquis au prix de son propre sang et ne négligez pas de recevoir le sacrement de pénitence et celui de l'eucharistie dès que cela vous sera rendu possible.

En la centième année de sa canonisation je conclurai avec Sainte Jeanne d'Arc en vous invitant à toujours vous souvenir que si ce sont les hommes d'armes qui combattent, seul Dieu donne la victoire.

 

Enregistrement vidéo de l'homélie:

Envoi du 38e pèlerinage de Chartres par l'Abbé Garnier

Ami pèlerin,

Prendras-tu la route cette année? Quelle route? Et comment, avec qui?

Tu le sais, bien des contraintes empêchent notre départ d'ici et notre arrivée à la cathédrale de Chartres. Donc, pas de rassemblement nombreux et sonore, d'éclatante symphonie de foulées, de chants et de bannières.

Nous l'acceptons. Un acquiescement douloureux, certes. Purifiant et fécond, n'en doutons pas.

Mais faire un pèlerinage autrement, ce n'est pas ne rien faire.

Tu ne prendras donc pas la route d'ici à Chartres.

Mais une autre, peut-être, en petits groupes ou en individuel.

Et quoi qu'il en soit, tu es sur la route. Nous y sommes tous. Car tous nous sommes ici-bas des viatores, de passage, sortis de Dieu et faisant retour à Lui. Aussi nous serons joints et rassemblés dans la communion des saints, sur la Grand'Route qui part de Dieu et doit ramener à Dieu par Jésus et Marie.

Tu y rencontreras les saints anges. Ils sont tes compagnons non seulement de voyage, mais de lutte. Frères et gardiens, mais aussi alliés. Car la vie de l'homme sur terre est un combat (1).

Saint Michel te lancera sur le chemin de la création et de la conversion.

Saint Raphaël t'assistera pour le combat spirituel et l'adoration.

Saint Gabriel te conduira aux sentiers de vocation et de mission.

Saint Michel replacera devant toi le monde dans sa juste lumière, sa profonde verité. Toutes choses sont sorties de Dieu Créateur. Elles portent l'empreinte de sa beauté, de sa bonté. Du plus humble vestige jusqu'à l'image et ressemblance de Dieu, toute la terre est au Seigneur.

Le monde est créé, donc déconfiné – et ici ce n'est pas une volonté ou une ordonnance humaine. Cet univers n'est pas fermé sur lui-même, isolé, autosuffisant. Il n'est pas une absurde juxtaposition d'atomes et d'individus consommateurs, produits du hasard et de la nécessité, et conduits par manipulation ou séduction des idéologies de mensonge. L'existence de cet univers, ses perfections, son ordre d'ensemble confesse celui dont Il vient. Il y a un Dieu qui le dépasse, qui le maintient dans l'existence, qui tempère ses désordres, qui lui donne un sens et une finalité ultime.

Regardant l'invisible par l'oeil de la foi, tu connaitras les choses du ciel, les invisibles réalités créées. Voici les anges. Chacun de ces purs esprits accomplit totalement une parfaite pensée de Dieu. C'est un monde d'adoration et de service de Dieu, ayant pour devise; «Qui est comme Dieu? » et « Je servirai!» Gardien de la création visible, tu découvres donc, au-dessus et près de toi, cet univers meilleur et plus grand.

Avec l'Archange Raphaël, tu voyageras ici-bas entre 2 règnes, 2 cités antagonistes. En effet, une part de ces esprits s'est soustrait à la lumière de Dieu, fondant un royaume de ténèbres avec son prince homicide et menteur dès le commencement;

« Je monterai, j'élèverai mon trône, je serai l'égal du Très Haut (2)!

Je ne servirai pas... Et vous serez comme des dieux»

La création est le théâtre de ton voyage, mais aussi de ton combat.

La confrontation a commencé avec le péché de l'ange et de l'homme.

Elle se poursuivra de ce jour jusqu'à la fin de l'histoire.

Elle se déroule jusqu'au milieu de l'Eglise, de la société, de ton âme.

Ce combat spirituel a ses causes nombreuses de civilisation et d'évangélisation. Combat de tradition, de chrétienté et de mission!

Tout est à défendre, à restaurer, à reconquérir pied à pied dans une société liquide, un contexte de confusion et de crise dans l'Eglise. Défendre le mariage, la famille, la vie, en particulier celles de plus petits- le sacerdoce catholique, le respect et l'adoration dûs au Seigneur dans la Sainte Eucharistie, la Messe et les sacrements - transmettre la foi - restaurer et  maintenir la culture chrétienne, l'école et l'éducation chrétienne – défendre la dignité de la femme - la virilité et la paternité - l'identité de la civilisation occidentale, les racines chrétiennes de l'Europe, le génie des nations.

 

Ami pèlerin, ne lâche pas ces causes de ton temps, même sous de pieux prétextes! N'oublie pas que tu as été préparé, affermi pour cela. Tu as reçu les onctions du baptême, et de la confirmation, au cœur, aux épaules et au front, pour être lutteur de Dieu.

Avec Saint Gabriel, tu méditeras sur l'envoi en mission, et la place où Dieu t'appelle dans l'Eglise et la cité temporelle.

 Adveniat Regnum tuum! Que votre règne arrive !

St Gabriel et les anges gardiens oeuvrent à la première venue du Christ en humilité, par l'Incarnation.

Ils seront de la dernière venue du Christ en majesté, à la fin de temps.

Dans l'entre deux, ils sont tes alliés pour travailler à l'avènement du règne du Christ, dans l'Eglise et dans la cité.

Règne de verité éclairant les intelligences,

règne de droiture et de justice redressant les cœurs et les volontés.

 

Voici, dit le Seigneur ; j'envoie mon ange devant toi,

et il te gardera en chemin.

Sois vigilant car tu es en sa présence.

Ecoute sa voix, ne le déçois pas, ne l'irrite pas (3).

 

Pèlerin, n'enfouis pas ces talents reçus, entends ces appels.

Souviens-toi de Jehanne d'Arc, proclamée sainte il y a 100 ans, docile à son conseil, généreuse dans sa mission.

Elle est la sainte de la jeunesse la meilleure, celle du cœur et de la foi.

Au confinement de sa prison, plus dur que le nôtre, elle demeure fidèle.

Aux jours de grande pitié pour l'Eglise et la France, elle incarne l'invincible esperance:

 

Combattue, souvent – battue, parfois – abattue, jamais!

 

 


(1)   Job VII, 1.

(2)  Isaïe, XIV, 13-14.

(3)   Exode XXIII, 20.

 

 

vendredi 29 mai 2020

Chartres sonne, Chartres t'appelle !

Amis pèlerins, 

"La France est un maillage de chapelles, d'églises, d'oratoires, et de cathédrales. Si les sanctuaires vers lesquels nous marchons sont plus modestes, qu'importe, nous marchons toujours sous le regard du même Bon Dieu" rappelait l'Abbé Garnier, notre aumônier général, dans une interview du Boulevard Voltaire. 

A la veille de notre 38ième pèlerinage vers Chartres, nous vous rappelons toute l'importance de notre fidélité à cet engagement pour lequel, malgré des directives sanitaires en évolution constante, nous avons voulu maintenir la communion spirituelle de nos 17 000 pèlerins.

Ces dernières semaines ont été éprouvantes pour notre foi :  que notre pèlerinage soit doublement fervent ! Tous les moments forts (méditations, enseignements, messes, veillées) vous seront partagés sur notre site au fil de ces trois journées. A cela plus d'une centaine d'initiatives locales s'ajoutent pour couvrir notre pays de notre démarche de pénitence et de grâces. Nous vous rappelons, pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait, qu'il est important de s'inscrire sur notre sitewww.nd-chretiente.com) : votre inscription est gratuite cette année, pensez à y associer tous les membres de votre famille ! Si vous voulez, en souvenir, recevoir le livret et l'autocollant de cette année qui restera marquée dans l'histoire, nous vous les enverrons également par la suite dans la continuité de votre inscription, même tardive. 

Cette année, Aymeric Pourbaix, Rédacteur en Chef de France Catholique, consacre un dossier spécial sur le sens de la Messe et vous propose une offre découverte (en dernière page de l'extrait joint)  pour de cet hebdomadaire : un abonnement gracieux de 6 semaines au journal papier et 3 mois au journal numérique. Pour cela il vous suffit d’envoyer un mail à contact@france-catholique.fr

Le projet éditorial de France Catholique d’apporter une formation intellectuelle et spirituelle solide aux catholiques français, pour les aider à transmettre leur foi et à s’engager dans le monde pour y porter la semence de l’Évangile. Avec également, en direction des plus jeunes, un cahier enfants.

Chartres sonne, Chartres t'appelle : nous vous souhaitons un bon pèlerinage ! 

Pour découvrir le dossier et l'offre France Catholique, cliquez ici

 

33ème et dernier jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 octobre 1917 : Notre-Dame apparaît sous les traits de Notre-Dame du Mont Carmel.

Sœur Lucie au père Rafferty : « Notre-Dame tenait le scapulaire en ses mains, parce qu’elle veut que nous le portions. »Le port du scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel

À la fin de l’apparition du 13 octobre, pendant que la foule des témoins observait le miracle du soleil, les trois petits voyants de leur côté virent trois tableaux, comme Notre-Dame le leur avait annoncé lors des deux précédentes apparitions.

En effet, le 19 août, Notre-Dame leur avait dit : « Saint Joseph viendra avec l’Enfant Jésus, pour donner la paix au monde. Notre-Seigneur viendra bénir le peuple. Viendra aussi Notre-Dame du Rosaire et Notre-Dame des Douleurs. »

Et le 13 septembre, elle avait précisé : « En octobre, viendront aussi Notre-Seigneur, Notre-Dame des Douleurs, Notre-Dame du Carmel et saint Joseph avec l'Enfant Jésus pour bénir le monde. »

Voici comment sœur Lucie décrit la vision de ces trois tableaux dans son quatrième mémoire :

Notre-Dame ayant disparu dans l’immensité du firmament, nous avons vu à côté du soleil, saint Joseph avec l’Enfant Jésus et Notre-Dame, vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l’Enfant Jésus semblaient bénir le monde, avec des gestes qu’ils faisaient de la main, en forme de croix.

Peu après, cette apparition s’est évanouie, j’ai vu Notre-Seigneur et Notre-Dame qui me donnait l’impression d’être Notre-Dame des Douleurs. Notre-Seigneur semblait bénir le monde de la même manière que saint Joseph.

Cette apparition disparut et il me sembla voir encore Notre-Dame sous l’aspect de Notre-Dame du Carmel.

Ces trois tableaux sont une représentation des différents mystères du Rosaire : joyeux, douloureux et glorieux, illustrant ainsi ce que Notre-Dame avait révélé quelques instants avant : « Je suis Notre-Dame du Rosaire ». C’est donc en quelque sorte la dixième fois que Notre-Dame parle du Rosaire : six fois, elle aura demandé la récitation quotidienne du chapelet ; trois fois, elle aura parlé de Notre-Dame du Rosaire et enfin, elle aura présenté trois tableaux sur les mystères du Rosaire.

Et le dernier tableau, celui qui clôt les apparitions de Fatima nous montre Notre-Dame sous les traits de Notre-Dame du Mont Carmel.

Le port du scapulaire

Quand on lui demandait ce qui lui faisait penser qu’il s’agissait de Notre-Dame du Mont Carmel, Lucie répondait : « C’est que quelque chose pendait de sa main ». Plusieurs fois, elle insista sur l’importance du scapulaire, notamment le 15 octobre 1950 au père Rafferty :

— Notre-Dame, lui dit Lucie, tenait le scapulaire en ses mains parce qu’elle veut que nous le portions.

— Dans beaucoup de livres sur Fatima, fit remarquer le père Rafferty, les auteurs ne mentionnent pas le scapulaire lorsqu’ils présentent le message de Fatima.

— Ah ! Qu’ils ont tort, s’écria la voyante, le scapulaire est le signe de notre consécration au Cœur Immaculé de Marie.

Le père Rafferty voulant savoir si les dirigeants de l’Armée bleue avaient raison d’insister sur le port du scapulaire, sœur Lucie répondit :

— Oui, cette pratique est indispensable pour accomplir les requêtes de Notre-Dame de Fatima.

— Diriez-vous que le scapulaire est aussi indispensable que le rosaire ?

— Le scapulaire et le rosaire sont inséparables.

Lucie attachait donc une très grande importance au scapulaire. En toute rigueur, la demande de porter le scapulaire ne figure pas dans les demandes orales de Notre-Dame. Mais elle a bien été faite implicitement lors de la dernière apparition. Car, en se montrant ainsi sous les traits de Notre-Dame du Mont Carmel dans la dernière vision que les petits voyants garderont d’elle, la Sainte Vierge montre par là que c’est une des dévotions qui lui tient particulièrement à cœur.

En effet, l’habit marque l’appartenance de celui qui le porte à la personne ou l’organisme de qui il l’a reçu et, en retour, de la protection de cette personne. Ainsi, dans toute armée, l’engagement à servir entraîne le port d’un uniforme. De même, l’adhésion à certaines corporations conduit au port d’un habit particulier : avocats, académiciens, ... De la même façon, le scapulaire manifeste, de la part de celui qui le porte, l’appartenance à Marie et, de la part de Notre-Dame, l’engagement à le secourir en toute occasion, particulièrement à l’heure de la mort.

Le port du scapulaire est un acte très simple qui n’exige qu’un petit effort, celui de se le faire imposer par un prêtre, puis de le porter constamment sur soi. Malheureusement, cette pratique est souvent délaissée alors que l’effort qu’elle réclame est plus facile que la récitation quotidienne du chapelet, par exemple. C’est d’autant plus dommage qu’au port du scapulaire est attachée la grâce de la persévérance finale.

Brève histoire du scapulaire

Le mot "scapulaire" vient du latin "scapulae" qui signifie épaules. Le scapulaire est une longue bande d’étoffe couvrant les épaules, souvent munie d’un capuchon et descendant jusqu’aux pieds devant et derrière. La plupart des religieux le portent sur leur tunique. Le scapulaire du Mont-Carmel qui en est une réduction, est composé de deux morceaux de laine tissée brune, de forme rectangulaire ou carrée, reliés entre eux par deux fils de manière à pouvoir être portés, un morceau sur la poitrine et l'autre sur le dos. Une pieuse coutume, non impérative, y place en plus une image de la Sainte Vierge. Les privilèges attachés au scapulaire remontent à saint Simon Stock.

Né en Angleterre vers la fin du XIIe siècle, Simon Stock fut élu prieur général de l’ordre des Carmes vers le milieu du XIIIe siècle. Or à cette époque, un grand nombre de ses religieux passaient vers d’autres ordres mendiants, les Franciscains ou les Dominicains, au point de menacer l’existence même de l’ordre du Carmel. Devant ce danger, Simon Stock se tourna vers Marie en lui disant chaque jour dans ses prières, d’un cœur tout dévot : « Fleur du Carmel, Vigne fleurie, Splendeur du Ciel, Vierge féconde, Unique, Douce Mère, mais qui ne connut pas d’homme, aux Carmes accorde tes faveurs, Étoile de la mer ». La Mère de Dieu répondit à son attente en lui apparaissant, vraisemblablement le 16 juillet 1251. Voici ce que rapporte un document ancien :

Simon, homme de grande tempérance et de dévotion envers Marie, priait souvent avec humilité et instance la Vierge, glorieuse Mère de Dieu, patronne de l’ordre des Carmes, afin qu’elle accordât un privilège à cet ordre qui se distinguait par son nom. Or, un jour, Notre-Dame lui apparut entourée d’une multitude d’anges, tenant à la main un scapulaire. La Vierge dit à Simon : « Voici un signe pour toi et un privilège pour tous les Carmes : celui qui mourra revêtu de cet habit sera préservé des flammes éternelles ».

La vision fut bientôt reconnue par le pape Innocent IV, et la nouvelle du merveilleux présent fait par la Mère de Dieu à l’ordre du Carmel se répandit rapidement. De partout, on vit accourir des personnes de toutes conditions, avides de participer aux grandes faveurs promises. En effet, le don du scapulaire avait été fait à l’Église entière, car la Sainte Vierge avait dit : « Quiconque mourra avec le signe de l’ordre... ». En s’agrégeant à la confrérie du scapulaire, les laïcs aussi pouvaient bénéficier du message de salut donné aux Carmes, et, pour qu’ils puissent le porter discrètement, la taille du scapulaire fut réduite.

Cette promesse de salut a été reconnue depuis par l’Église et est en parfaite cohérence avec les paroles de Notre-Dame du 13 juin 1917 : « À qui embrassera cette dévotion [du Cœur Immaculé de Marie], je promets le salut ; ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par moi pour orner son trône ». Car le port du scapulaire fait justement partie des cinq pratiques de cette dévotion.

Une protection pour l’âme et pour le corps

L’histoire montre que de très nombreuses grâces de protection, autant pour l’âme que pour le corps, ont été obtenues par le scapulaire. Voici deux exemples.

Au début du siècle dernier, à Ashtabula (Ohio) aux États-Unis, un homme avait été écrasé par un train alors qu'il traversait imprudemment la voie. Littéralement coupé en deux, il aurait dû mourir sur le coup. Mais à l'étonnement général, il resta en vie et réclama les secours d'un prêtre. Celui-ci arriva et entendit la confession du blessé resté conscient pendant trois quarts d'heure. Après avoir reçu l'extrême-onction, ce pécheur réconcilié in extremis avec Dieu mourut en paix. On trouva sur sa poitrine un scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel. Notre-Dame avait tenu sa promesse.

Un prêtre français se rendait à l'église en vue de célébrer la sainte Messe, en un lieu de pèlerinage à la Sainte Vierge. En chemin, il s'aperçut qu'il a oublié de mettre son scapulaire. Bien que déjà assez loin de son domicile, il n’hésita pas à rebrousser chemin pour aller chercher 1'habit de Marie, sans lequel il ne voulait pas célébrer. Tandis qu’il offrait le Saint Sacrifice, un jeune homme s'avança vers l'autel, brandit un pistolet et tira à bout portant sur le prêtre. Celui-ci, à la stupéfaction générale, continua cependant à dire les prières de la messe comme si rien ne s’était passé. On pensa d'abord que la balle avait providentiellement manqué son but. Il n'en était rien : le prêtre la retrouva, adhérant et comme collée au scapulaire du Mont-Carmel, chétif morceau de tissu qui avait été la cuirasse du soldat de Jésus-Christ. Plusieurs soldats, à des époques diverses, bénéficièrent du même prodige : la balle ennemie qui devait les tuer s'écrasa sur leur scapulaire.

Le privilège sabbatin

Outre la préservation de l’enfer et une protection contre les dangers de l'âme et du corps, le scapulaire peut apporter une autre grâce : la libération de tout ou partie des peines du purgatoire. En effet, à ceux qui, au port du scapulaire, ajouteront la récitation quotidienne du petit office de la Sainte Vierge et la chasteté selon leur état, Notre-Dame promet de les conduire au Ciel le samedi suivant leur mort. D’où le nom de privilège sabbatin.

Il est possible de commuer la récitation du petit office par celle du chapelet. Ainsi, tout en répondant à une demande particulièrement chère à Notre-Dame, la récitation quotidienne du chapelet, nous pouvons nous protéger des peines du purgatoire.

Toutes ces grâces obtenues si facilement montrent la puissance du scapulaire et de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie pour nous aider à faire notre salut. Vraiment, le Ciel est désormais à bas prix pourrait-on dire, tant les moyens pour faire son salut sont à notre portée et ne demandent que des efforts limités. Alors ne négligeons pas ces moyens ; faisons confiance à Notre-Dame et suivons ce qu’elle recommande par amour pour elle. Lucie disait : « Le scapulaire est le signe de notre consécration au Cœur Immaculé de Marie ». Aussi convient-il de revêtir cet habit donné par Notre-Dame, car il est un signe visible de notre volonté de nous consacrer à elle et de tout faire par elle et pour elle.

Questions pratiques sur le port du scapulaire

Le scapulaire doit être porté de manière moralement continuelle, donc également pendant la nuit. On peut bien sûr l'enlever pour se laver, sans cesser de bénéficier de la promesse.

En raison de la rapide corruption de l'étoffe dans les pays chauds, le pape saint Pie X a concédé la faculté de remplacer le scapulaire de tissu par une médaille. Cette concession a depuis été étendue au monde entier. Cependant, l'Église préfère le scapulaire en étoffe, parce que celui-ci représente mieux le vêtement donné par Notre-Dame à saint Simon Stock. La concession de la médaille n'est qu'une dispense, et les papes saint Pie X et Benoît XV qui l'ont octroyée, ont ajouté qu'ils désiraient que les fidèles continuent à porter, si possible, le scapulaire en laine.

Tout prêtre peut désormais imposer le scapulaire ; il n'est plus nécessaire, comme par le passé, d'avoir une autorisation spéciale de l'ordre des Carmes déchaux. Il faut simplement utiliser la formule de bénédiction prévue par le Rituel romain, laquelle se trouve sur le site www.fatima100.fr

 

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Saints François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

 

 

 

 

 

jeudi 28 mai 2020

32ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 octobre 1917 : « N’offensez pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé. »

Le péché

Les toutes dernières paroles que Notre-Dame prononça à la Cova da Iria, furent pour nous donner une ultime recommandation : « N’offensez pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé ».

Cette phrase étant la toute dernière, elle a une place à part dans le message de Fatima. C’est la dernière volonté de Notre-Dame qui nous fait part d’une nécessité des plus urgentes.

Cette demande se singularise entre autres par le ton : mises à part ses toutes premières paroles « N’ayez pas peur », mais qui sont plus un encouragement qu’un reproche, c’est la seule fois où Notre-Dame emploie une forme négative : « N’offensez-pas davantage Dieu, Notre-Seigneur ».

Une fois, lors de la première apparition, elle fit une demande sous la forme interrogative : « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ? »

Sinon, toutes les autres demandes furent faites sous une forme affirmative : récitez votre chapelet tous les jours, offrez des sacrifices pour la conversion des pécheurs, priez beaucoup, etc.

Cette injonction négative marque donc une volonté expresse de la Sainte Vierge. Sa transgression entraînera des conséquences graves. Notre-Dame en avait donné une le 13 juillet : « Si on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI commencera une autre guerre plus grande ». D’ailleurs, sœur Lucie précise dans son quatrième mémoire que Notre-Dame prononça ces paroles « en prenant un air plus triste », tout comme lorsque, lors de l’apparition du 19 août, elle leur dit : « Beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles ». C’est pourquoi, les petits voyants furent très marqués par ces paroles. Lucie rapporte dans son deuxième mémoire :

Les paroles de cette apparition qui se gravèrent le plus dans mon cœur, furent la demande de notre Très Sainte Mère du Ciel : « N’offensez pas davantage Dieu Notre-Seigneur, qui est déjà trop offensé. »

Quelle plainte d’amour et quelle tendre supplication ! Qui me donnera de la faire résonner dans le monde entier pour que tous les enfants de la Mère du Ciel entendent le son de cette voix !

Consoler Notre-Seigneur

François avait été plus particulièrement marqué. Voici un épisode rapporté par Lucie dans son quatrième mémoire qui montre combien il avait pris en compte cette parole de Notre-Dame :

Un jour, je lui demandai :

  • François, qu’est-ce que tu aimes le mieux : consoler Notre-Seigneur ou convertir les pécheurs afin qu’il n’y ait plus d’âmes à aller en enfer ?
  • J’aime mieux consoler Notre-Seigneur. Tu n’as pas remarqué combien Notre-Dame, le mois dernier, est devenue triste lorsqu’Elle nous a dit qu’il ne fallait plus offenser Dieu, Notre-Seigneur, car il est déjà trop offensé ? Je voudrais consoler Notre-Seigneur et, ensuite, convertir les pécheurs afin qu’ils ne l’offensent plus.

Il avait aussi parfaitement compris ce que l’Ange leur avait dit lors de sa troisième apparition. Comme pour Notre-Dame, ses toutes dernières paroles sont pour demander de consoler Dieu :

Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu.

Mais qu’est-ce qui offense tant Dieu ? L’Ange, à l’été 1916, avait commencé à donner la réponse : « De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. » expression reprise intégralement le 13 mai de l’année suivante par Notre-Dame. Remarquons bien l’ordre des demandes : réparer d’abord les péchés qui offensent Notre-Seigneur, puis supplier pour la conversion des pécheurs. François avait bien retenu ce point !

Dans la prière que l’Ange enseigne au cours de sa troisième apparition, il est plus précis : il parle de « réparer les outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Jésus est offensé ».

Le péché

Ce qui offense Dieu, ce sont donc nos péchés. Mais qu'est-ce que le péché ? C’est une désobéissance aux volontés de Dieu pour obéir aux désirs de la chair, du démon, du monde.

Le péché nous fait mépriser les commandements de Dieu et nous soumettre à nos instincts et nos passions. Le péché apporte le désordre, le déséquilibre, la ruine de l'homme et des choses, même si le pécheur s'illusionne en croyant trouver quelque bonté dans son action.

Il suffit de penser au premier péché, celui d'Adam et d'Ève. Après la séduction de pouvoir « devenir comme Dieu » (Gn 3), le péché entraîna la ruine de l'humanité et toute la création (Gn 3).

Pourquoi le déluge ? À cause du péché (Gén. 6 et 7). Pourquoi les villes de Sodome et de Gomorrhe (Gén. 19) furent-elles réduites en cendres ? À cause du péché. Pourquoi Tyr, Sidon, Corazine, Capharnaüm et Jérusalem furent-elles détruites ? À cause du péché. Pourquoi les guerres et les dévastations entre les peuples ? Pourquoi tant de familles divisées ? Pourquoi des hommes vont-ils en enfer ? À cause du péché, toujours à cause de lui.

Des saints prenaient peur rien qu'à entendre le mot péché. Ils avaient bien raison.

Le péché mortel

    Le péché est mortel si l'offense faite à Dieu est grave : il est véniel, si l'offense est légère.

La plus grande catastrophe qui puisse arriver à l'homme est de commettre un péché mortel. Saint Padre Pio qualifiait de « Malheureux ! » celui qui s'accusait d'une faute mortelle.

Aucun malheur n'est comparable au péché mortel. Bien plus, tout autre malheur lui serait préférable. Saint Cyprien écrivait :

Observe les dommages qu'occasionnent la grêle aux moissons, le tourbillon de vent aux arbres, la peste aux troupeaux et aux hommes, le vent et la tempête aux navires... Tout cela n'est qu'une pâle représentation des dommages que le péché porte à notre âme : il détruit tous les fruits des bonnes œuvres, corrompt nos facultés et guide l'homme vers une mort certaine.

Saint Dominique Savio disait : « La mort, mais pas le péché ». La mort en effet n'est qu'un phénomène physique qui transforme le corps en cadavre. Le péché, lui, est une réalité spirituelle qui fait de l'âme un cadavre, tant que la grâce n'aura pas été retrouvée par le sacrement de pénitence. Un chrétien dont l'âme est morte, voilà la monstruosité du péché mortel.

Pour mieux comprendre cette monstruosité, il faut regarder le calvaire. Le péché a fait de Jésus « l'homme des douleurs » (Is 53, 3) ; il a coûté le précieux sang de Jésus (1 P 1, 19 ; Ap 5, 9) ; il « a transpercé l'âme » de Marie (Lc 2, 35). Quiconque commet un péché mortel « crucifie le Fils de Dieu dans son propre cœur » (He. 6, 6). C'est pour cela que le péché mortel fait perdre à l'âme la vie surnaturelle, ou grâce divine. Il fait perdre les mérites et les vertus infuses ne laissant que la Foi et l'Espérance. Enfin, il lui enlève sa ressemblance avec le Christ et il lui imprime l’image du démon. C’est épouvantable ! Sainte Thérèse d'Avila disait que la vision d'une âme en état de péché mortel l'effrayait tellement qu'elle suppliait Dieu de la lui épargner.

Mais combien y-a-t-il de chrétiens en état de péché mortel qui se rendent compte que leur âme est un cadavre et qu'ils ressemblent au démon ? Et comment peuvent-ils croire qu'ils aiment Dieu et la Sainte Vierge, si par le péché ils prouvent qu’ils sont plutôt des « ennemis de Dieu » (Rom. 1, 30), et qu’ils « transpercent » l'âme de Marie (Lc 2, 35) ?

Le péché véniel

    Bien que ses effets ne soient pas aussi désastreux que ceux du péché mortel, le péché véniel offense aussi Dieu et cause des dommages à l'homme.

Saint Thomas d'Aquin nous avertit : « Plutôt mourir que de commettre un seul péché véniel » ; et sainte Gemma Galgani s'écriait : « Mille fois la mort plutôt que de commettre un seul péché véniel ».

Les saints nous affirment l'horreur du péché véniel, car eux-mêmes sont animés d'un amour ardent envers Dieu. Saint Jean Chrysostome disait qu'il craignait plus de faire une légère offense à Dieu que l'enfer lui-même.

Sainte Catherine de Sienne disait : « Je préfère aller en enfer sans péché plutôt que de me trouver au Ciel, marquée par le plus léger déplaisir fait à Dieu ».

Que dirions-nous, nous autres qui, avec tant de légèreté, nous "salissons" peut-être chaque jour de fautes vénielles ? Nous veillons à éviter tout inconvénient physique (même un rhume), et par ailleurs nous ne nous préoccupons pas des malaises spirituels (impatiences, mensonges, négligences) qui offensent Dieu et salissent l'âme.

Sainte Françoise de Chantal voulut un jour mettre de ses propres mains le cadavre d'un lépreux dans un cercueil. Quelqu'un essaya de l'en empêcher, par crainte de la contagion. Mais la sainte dit avec décision : « Je ne crains d'autre lèpre que le péché ». Accueillons la leçon.

Jacinthe fut une ardente victime pour les pécheurs. Sauver les pécheurs de l'enfer en offrant toutes sortes de sacrifices fut pour elle une préoccupation constante. Avec ingéniosité, elle cherchait les sacrifices qu'elle pouvait offrir. Si elle rencontrait des pauvres dans la rue, elle leur donnait son casse-croûte et restait ainsi à jeun jusqu'au soir. Durant le mois d'août, elle avait parfois très soif, mais elle renonçait à boire. Son frère François cueillait les glands les plus sucrés et elle lui demandait les plus amers, par renoncement. Un jour, elle eut un fort mal de tête et le coassement des grenouilles la gênait beaucoup, mais elle empêcha son frère de chasser les grenouilles, afin de faire un sacrifice supplémentaire.

Imitons Jacinthe et suivons les demandes de la Sainte Vierge sur la nécessité de sauver les pécheurs de l'enfer, en collaborant à leur conversion par la prière et la pénitence.

N’oublions pas non plus que le péché qui conduit le plus d’âme en enfer est le péché de la chair. C’est donc un de ceux qui doivent faire souffrir plus particulièrement Notre-Seigneur puisqu’il pousse tant d’âmes en enfer. Rappelons-nous ce qui a déjà été dit dans une précédente méditation (la 15e) :

Jacinthe confia un jour à sa mère : « Maman, (…) Notre-Dame a dit que le péché de la chair est celui qui conduit le plus d’âmes en enfer ».

Rappelons-nous aussi les termes de la lettre de sœur Lucie à l’évêque de Gurza :

Notre-Dame n’a pas parlé d’une espèce particulière de péché. Mais comment douter que le péché d’impureté ne soit l’un des principaux qui amena Notre-Dame à s’adresser à nous avec une telle amertume, lors de sa dernière apparition ?

Aussi, la première des choses à faire pour consoler Notre-Seigneur et ne plus L’offenser, c’est de respecter la loi morale qu’Il nous a donnée pour notre bien. Cette loi est précise et ne souffre pas d’exception. De nos jours certains clercs voudraient nous faire croire que des pratiques unanimement condamnées depuis toujours par l’Église seraient maintenant acceptables suite à un approfondissement de ce qu’est la miséricorde divine. Ainsi, ce que la doctrine interdirait en théorie serait en pratique acceptable dans différentes situations, l’Amour divin surpassant ces interdictions. N’en croyons rien et souvenons-nous des toutes dernières paroles de Notre-Dame : « N’offensez pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé ».  N’oublions pas non plus ce qu’elle disait le 13 juillet 1917 : « Si l’on continue à offenser Dieu », nous serons punis par la guerre.

Alors n’offensons plus Notre-Seigneur. Pour cela, ayons nous-même une conduite pure et chaste et offrons des sacrifices pour tous ceux qui ne respectent pas la loi morale établie par Dieu.

 

 

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.

 

  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.

 

  1. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  1. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  2. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  3.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  4. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Saints François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mercredi 27 mai 2020

31ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

19 août 1917 : « Je veux que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours. »

13 septembre 1917 : « Continuez à réciter le chapelet pour obtenirla fin de la guerre. »

13 octobre 1917 : « Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l’on continue toujours à dire le chapelet tous les jours. »

Lettre de sœur Lucie au père Pasquale sur le chapelet
(26 novembre 1970)

Lors des trois dernières apparitions, Notre-Dame continua à demander la récitation quotidienne du chapelet. Ainsi, elle l’aura fait à chaque apparition de 1917. De plus, à la dernière, elle donna son nom : Notre-Dame du Rosaire.

Pourtant certains n’hésitent pas à critiquer la prière du rosaire, la trouvant répétitive, ennuyeuse, vieillotte, … Nous n’allons pas répondre à ces reproches, car nombreux sont ceux qui y ont déjà répondu avec talent. Surtout, de tels reproches devraient être adressés directement à Notre-Dame elle-même. Car pourquoi a-t-elle toujours tant insisté sur la récitation du chapelet, comme par exemple à la rue du Bac, à La Salette ou à Fatima ? Pourquoi est-elle apparue si souvent avec un chapelet dans les mains comme par exemple à Lourdes, à Beauraing ou à Banneux ? Admettre les critiques de ceux qui dénigrent le chapelet, serait implicitement reconnaître que la Sainte Vierge s’est trompée, et avec elle de très nombreuses autorités dans l’Église ! C’est tout de même un peu difficile à croire. Léon XIII fit plus de dix encycliques sur le rosaire. Saint Pie X, dans son testament, n’hésita pas à écrire :

Si vous voulez que la paix règne dans vos familles et dans votre patrie, récitez tous les jours le chapelet avec les vôtres : le Rosaire est le parfait résumé de l’Évangile et il donne la paix à tous ceux qui le récitent… Aimez le Rosaire, récitez-le tous les jours.

Une telle affirmation dans un texte aussi important qu’un testament, et qui plus est le testament d’un pape canonisé, marque une importance exceptionnelle. Il est d’ailleurs extraordinaire de voir la ressemblance entre ces propos de saint Pie X et ceux de Notre-Dame à Fatima, comme si la Sainte Vierge avait voulu confirmer les propos du saint pape.

Plus près de nous, le père Gabriele Amorth (1925 – 2016), exorciste du diocèse de Rome, dans l’introduction de son dernier livre Il mio rosario, écrit : « Je pense que le Rosaire est la prière la plus puissante ». Il révèle que la source de sa force intérieure, il la trouva dans la récitation quotidienne du chapelet, prière qui l’a soutenu dans son combat quotidien contre les manifestations du démon auxquelles il fut confronté durant de longues années. Et le père Amorth souligne le rôle du Cœur Immaculé de Marie pour convertir le monde : « Ce livre est dédié au Cœur Immaculé de Marie duquel dépend l’avenir de notre monde»

Voici également ce que dit saint Louis-Marie Grignion de Montfort, dans Le secret admirable du très saint Rosaire (25e rose) :

Conservez la pratique du saint Rosaire, car jamais une âme qui dit son Rosaire tous les jours ne sera formellement hérétique ni trompée par le démon ; c’est une proposition que je signerais de mon sang.

Au Portugal, des théologiens ayant mené une campagne contre le chapelet, sœur Lucie écrivit plusieurs lettres pour défendre le chapelet contre ces injustes attaques. Voici une lettre qu’elle écrivit à l’un de ses directeurs spirituels, le père Pasquale :

Très Révérend Père,

J’ai été très contente d’apprendre quel était votre nouvel apostolat. Je crois que c’est là le fruit d’une grande inspiration qui vient à la rencontre, me semble-t-il, de ce dont notre époque a le plus grand besoin. La décadence du monde est sans nul doute l’effet du manque d’esprit de prière. Ce fut en prévision de cette désorientation que la Vierge a recommandé avec tant d’insistance la récitation du chapelet. C’est parce que la prière du Rosaire est, après la sainte Messe, la plus apte à conserver et à augmenter la foi dans les âmes, que le démon a déchaîné contre lui la guerre que l’on sait. Et nous voyons, hélas ! les ruines lamentables qu’il a provoquées.

Aussi devons-nous travailler sans relâche pour établir et augmenter l’esprit de prière puisque c’est l’oraison qui nous rapproche de Dieu. C’est dans cette rencontre que Dieu accorde ses grâces, qu’il nous donne lumière et force pour vaincre les tentations et les difficultés et que se résolvent bien des problèmes dont nous ne trouvions pas la solution.

Comme, hélas ! rares sont les personnes qui assistent chaque jour à la Messe et se nourrissent du Pain eucharistique, la prière du Rosaire devient indispensable pour les âmes. Car, si elles ne récitent pas le chapelet, quelle prière feront-elles ? Et, sans la prière, qui se sauvera ?

Mais même pour ceux qui vont à la Messe chaque jour, la récitation quotidienne du chapelet est une nécessité pour conserver la Foi, l’Espérance et la Charité. Le chapelet est le fondement de la sainte Liturgie parce qu’il rappelle aux âmes les principaux mystères de notre Rédemption.

Le Rosaire nous met d’abord en contact avec la très Sainte Trinité. En effet, nous le commençons en disant : « Seigneur, venez à mon secours ! Hâtez-vous de me secourir ! Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. » Ensuite, nous récitons le Gloria après chaque dizaine d’Ave pour louer la très Sainte Trinité. N’est-ce pas le Père qui inspira cette louange aux Anges qu’Il envoya chanter près de son Fils à peine né et fait homme ? Je crois que c’est la raison pour laquelle nous pouvons appeler le Rosaire une prière trinitaire plus qu’une prière mariale. Après le Gloria, nous récitons le Pater, prière qui s’adresse au Père et qui nous a été enseignée par Jésus : elle n’est qu’une louange et une supplication adressée à Dieu. Et Jésus-Christ ne nous a pas dit qu’avec le temps elle vieillirait et qu’il faudrait en trouver une autre. Il a dit : « Vous prierez ainsi : "Notre Père qui êtes aux Cieux." » (Mt 6, 9-13)

L’Ave Maria aussi est une prière adressée à Dieu, et on y trouve la première révélation du mystère de la Sainte Trinité, faite par Lui aux hommes.

L’Ange envoyé par le Seigneur pour annoncer à Marie l’Incarnation du Verbe, la salue avec des paroles dictées par le Père : « Je vous salue, Marie, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. » C’est-à-dire : « Vous êtes le Temple où Dieu réside. » Et l’Ange ajouta : « L’Esprit-Saint descendra sur vous et la Puissance du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’Être Saint qui naîtra de vous sera appelé Fils de Dieu. » (Lc 1, 28-35).

Nous avons ici le premier temple vivant où réside la Sainte Trinité, et la première révélation de ce mystère aux hommes : le Père la couvre de son ombre ; le Saint-Esprit descend sur Elle ; et le Fils de Dieu s’y fait homme. De la sorte, Marie fut le premier tabernacle vivant où le Père enferma son Fils, le Verbe fait chair ; son Cœur Immaculé fut le premier ostensoir pour l’accueillir ; dans son Cœur Immaculé et dans ses veines a circulé le premier sang du Dieu fait homme ; le sein et les bras de cette Vierge furent le premier autel sur lequel Dieu présenta son Fils à nos adorations : c’est là que les anges, les pasteurs et les mages l’adorèrent.

Si nous voyons dans l’Ave Maria toute la beauté de sa véritable signification, il sera pour nous vraiment plus qu’une simple prière mariale, une oraison trinitaire et eucharistique. Je ne sais si l’on peut trouver des prières plus sublimes, plus appropriées et plus agréables à Dieu, à réciter devant le Saint-Sacrement.

Mais voyons le reste de cette prière. Le texte sacré nous dit : « Élisabeth, remplie du Saint-Esprit et élevant la voix, s’exclama : “Vous êtes bénie entre les femmes et le fruit de votre sein est béni.” » (Lc 1,41-42) C’est donc le Saint-Esprit qui nous dicta ces paroles par la bouche d’Élisabeth. Cette salutation elle-même est une louange à l’adresse de Dieu : « Vous êtes bénie entre les femmes parce que le Fruit de votre sein est béni. » Même la supplication que la Sainte Église y a ajoutée, sûrement mue par le Saint-Esprit, s’adresse à Dieu : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. »

Tout est dirigé vers Dieu, grâce à l’union de Marie avec Dieu : « Parce que vous êtes la Mère de Dieu, Temple vivant de Dieu, Tabernacle vivant du Verbe fait chair, priez pour nous pauvres pécheurs. »

Nos frères protestants s’arrêtent aux mots de saint Paul disant : « Il y a un seul Médiateur auprès du Père. » Ils ne tiennent pas compte du fait que ce même Apôtre reconnaît qu’il est utile de prier les uns pour les autres. Et Marie, qui est la Mère de Dieu, ne pourrait pas prier pour nous ?

Nous devons défendre les âmes contre les erreurs qui les égareraient hors du bon chemin. Moi, je ne peux rien faire d’autre que vous aider de mes pauvres et humbles prières et sacrifices. Mais vous, Père Umberto, vous avez devant vous un champ beaucoup plus étendu pour développer votre apostolat. Et nous ne devons pas nous reposer ni laisser, comme dit Notre-Seigneur, les fils des ténèbres être plus habiles que les fils de la lumière.

Ici, au Portugal, des jeunes se sont mis à organiser une campagne de prière avec le Rosaire, pour rétablir la pratique de cette dévotion dans les âmes et dans les familles, en groupes ou individuellement, parmi les diverses populations.

À cette fin, ils recrutent le plus grand nombre de familles possible qui s’engagent à réciter le Rosaire tous les jours. Parfois, comme le dimanche et les jours de fêtes, ils forment des groupes et s’en vont sur les routes, disant le chapelet à haute voix et chantant des cantiques, jusqu’à l’église ou la chapelle choisie pour terminer leur prière. S’ils ont un prêtre, ils terminent par la bénédiction du Saint-Sacrement ou la sainte Messe ; sinon, par la visite au Saint-Sacrement. S’il n’y a pas le Saint-Sacrement, ils concluent par une louange à la Sainte Vierge.

Ces jeunes ont trouvé les gens pleins d’enthousiasme. Je crois que, présentement, c’est le meilleur apostolat pour conserver et augmenter la foi.

En Argentine, s’est fondé récemment un institut séculier, l’association Notre-Dame de Fatima, dont le but est cet apostolat. On se rassemble sur les places et on récite le Rosaire avec le peuple ; de grandes foules, dit-on. On va aussi le réciter dans les hôpitaux, dans les prisons. On raconte que tous prient avec une ferveur incroyable. Les évêques en sont si contents, que le Saint-Siège a permis aux fondatrices de venir m’en parler.

Je vous dis ces choses pour que vous voyiez les fruits que peut produire le Rosaire. Je crois qu’avec les moyens que Dieu vous a mis entre les mains vous pouvez en faire autant et même plus. Le Rosaire est l’arme la plus puissante pour nous défendre sur le champ de bataille.

Je prie pour vous, pour que le Seigneur vous donne encore assez de vie, assez de force et de courage pour mener à terme et avec succès cet apostolat.

Toujours reconnaissante et en union de prières.

Sœur Lucie, i. c. d.

 P. S. : Ce que je vous ai raconté vise aussi à conserver la foi du peuple de Dieu en la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie. C’est pour cela que l’on conclut la récitation du Rosaire dans une église par la bénédiction du Saint-Sacrement, par la Messe, ou simplement, faute de prêtre, par une visite au Saint-Sacrement.

N’oublions pas que cette lettre a été écrite par quelqu’un qui a vu la Sainte Vierge et lui a parlé. Alors, oublions toutes les critiques injustifiées à l’encontre du chapelet et répondons à la demande si insistante de Notre-Dame en le récitant tous les jours.

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Saints François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mardi 26 mai 2020

30ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

19 août 1917 : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs. Car beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui se sacrifie et priepour elles. »

Les sacrifices pour la conversion des pécheurs

Dans l’apparition du 19 août, Notre-Dame, pour la troisième fois, parla de l’enfer : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs. Car beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. »

 

Dans l’apparition précédente, elle en avait déjà parlé deux fois :

  • une première fois, juste après la vision de l’enfer : « Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. »
  • une deuxième dans la prière qu’elle enseigna après la révélation du secret : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous. Préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin. »

Dans la précédente méditation, nous avons vu combien ces propos avaient impressionné Jacinthe. Mais Lucie aussi fut très marquée par ces paroles. Et au cours de sa vie, elle revint de nombreuses fois sur cette question. Par exemple, voici ce qu’elle répondit, le 7 février 1954, au père Lombardi qui la questionnait ainsi :

— Croyez-vous vraiment que beaucoup vont en enfer ? Personnellement, j’espère que Dieu sauvera la plus grande partie de l’humanité. J’ai même écrit un livre auquel j’ai donné pour titre : Le salut de ceux qui n’ont pas la foi.

— Mon Père, nombreux sont ceux qui se damnent.

— Il est certain que le monde est une sentine de vices et de péchés. Mais il y a toujours un espoir de salut.

— Non, mon Père, beaucoup, beaucoup se perdront.

Et pourquoi « beaucoup se perdront » ? La Sainte Vierge en donna une raison le 19 août 1917 : « Beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. » Lucie rapporte que Notre-Dame prononça ces paroles « en prenant un air encore plus triste ».

Rappelons aussi une précision donnée plus tard par sœur Lucie à Monseigneur de Gurza dans une lettre où elle lui commentait cette phrase : « Ces âmes qui se perdent éternellement sont, sans doute, pour la majeure partie, les victimes de cette lèpre vénéneuse [le péché d’impureté] qui infecte actuellement une grande partie de l’humanité. N’est-il pas vrai aussi que, déjà dans l’Ancien Testament, ce fut ce péché qui provoqua plusieurs fois le châtiment du Seigneur ? » (voir 15e méditation)

Le salut éternel de beaucoup d’âmes dépendrait donc de nos prières et de nos sacrifices ? Affirmation surprenante ! C’est si stupéfiant que certains théologiens ont tenté d’atténuer la portée de cette parole de Notre-Dame. Pourtant elle est parfaitement conforme à l’enseignement de l’Église. Voici ce qu’écrit Pie XII dans Mystici corporis (29 juin 1943) : « Il y a un mystère redoutable que nous ne méditerons jamais assez : le salut de beaucoup dépend des prières et des pénitences volontaires des membres du Corps du Christ. »

Si cette phrase de Notre-Dame est trop dure pour certains, n’oublions pas que la réciproque est tout aussi vraie : beaucoup d’âmes seront sauvées parce que beaucoup auront prié et se seront sacrifiés pour elles.

C’est le sens de la phrase de l’Ange : « Priez. Priez beaucoup ! (…) Offrez à Dieu un sacrifice en acte (…) de supplication pour la conversion des pécheurs ».

C’est aussi le sens de la phrase de Notre-Dame le 13 juillet. « Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront ». Et Notre-Seigneur disait à sainte Marguerite-Marie : « Une âme juste peut obtenir le pardon pour mille criminels. » Si nous prions, en particulier le chapelet, et si nous offrons des sacrifices, nous sauverons de nombreux pécheurs.

Les sacrifices demandés par le Ciel

Mais quels sacrifices devons-nous faire ? Dans une lettre du 28 février 1943 à Monseigneur Feirrera, sœur Lucie donna une précision très importante sur les sacrifices souhaités par le Ciel et que l’Ange avait déjà en partie communiquée lors de l’apparition du l’été 1916. Sœur Lucie confirme la distinction qu’il convient de faire entre sacrifice et pénitence :

Le Bon Dieu va se laisser apaiser, mais Il se plaint amèrement et douloureusement du nombre très limité d’âmes en état de grâce, disposées à se renoncer selon ce que l’observance de sa loi exige d’elles. Voici la pénitence que le bon Dieu demande aujourd’hui : c’est le sacrifice que chacun doit s’imposer à soi-même pour mener une vie de justice dans l’observance de sa loi. Et Il désire que l’on fasse connaître clairement cette voie aux âmes, car beaucoup donnent au mot "pénitence" le sens de grandes austérités, et comme elles ne se sentent ni force ni générosité pour cela, elles se découragent et se laissent aller à une vie de tiédeur et de péché.

Du jeudi au vendredi, me trouvant dans la chapelle avec la permission de mes supérieures, à minuit, Notre-Seigneur me dit : « Le sacrifice qu’exige de chacun l’accomplissement de son propre devoir et l’observance de ma loi, voilà la pénitence que je demande et que j’exige maintenant ».

Deux mois plus tard, dans une lettre du 4 mai 1943, elle confia au père Gonçalvès qui avait été envoyé au Mozambique deux ans plus tôt :

Il désire que l’on fasse comprendre aux âmes que la véritable pénitence qu’Il veut et exige maintenant consiste avant tout dans le sacrifice que chacun doit s’imposer pour accomplir ses propres devoirs religieux et matériels.

C’est ce qu’enseignent toute la Tradition et l’exemple des saints. Sainte Marguerite-Marie, à qui une âme du purgatoire avait demandé de souffrir pour elle pendant trois mois afin d’obtenir le soulagement de ses peines, rapporta la demande à sa supérieure et en obtint la réponse suivante : « Ma supérieure, touchée de compassion, m’ordonna de bonnes pénitences, surtout des disciplines… » De la sorte, ces pénitences n’étaient pas le fruit de sa volonté, mais faites en obéissance à un ordre de sa supérieure.

Car la véritable pénitence est l’annihilation de notre propre volonté. Saint François de Sales enseignait :

Peu importe au démon que vous déchiriez votre corps pourvu que vous fassiez votre propre volonté. Il ne craint pas l’austérité, il craint uniquement le sacrifice de votre volonté. (…) Le misérable pharisien jeûnait deux fois la semaine et périt. Le publicain n’avait point jeûné et fut justifié.

Notre-Seigneur lui-même enseigna à sainte Marguerite-Marie :

Tu te trompes, ma fille, en pensant Me plaire par des mortifications où ta propre volonté fait plier celle des supérieurs… Je rejette tout cela comme des fruits corrompus par la volonté propre, laquelle M’est en horreur. J’agréerais davantage que tu prennes tes commodités par obéissance, que de t’accabler d’austérités par ta propre volonté.

Et à sainte Catherine de Sienne, Il enseigna :

Je m’attache peu à celui qui veut mortifier son corps par la pénitence, sans vaincre et tuer sa propre volonté. Ce que Je préfère, ce sont les actes d’une courageuse patience et les vertus intérieures. Je veux que les œuvres de pénitence et les autres pratiques soient le moyen et non pas le but de l’âme.

Dans Fatima apostolat mondial, John Haffert rapporte :

À maintes reprises, la voyante insista sur l’accomplissement du devoir quotidien, selon notre condition de vie, et sur la sanctification de cet effort en réparation de nos péchés et pour la conversion des pécheurs.

Voici aussi ce que sœur Lucie écrivit à Monseigneur Palha :

La pénitence du devoir d’état accompli parfaitement, voilà ce que Notre-Dame réclame. Il y a des âmes qui pensent à de grandes mortifications extraordinaires, à des macérations, dont elles ne se sentent pas capables, si bien qu’elles perdent courage. Lorsque Notre-Dame exige la pénitence, Elle parle de l’exact accomplissement du devoir d’état : c’est cela la sainteté.

Les sacrifices de la vie quotidienne

C’est donc on ne peut plus clair : ce que demande le Ciel, c’est d’accepter tout ce qui nous arrive comme voulu par Dieu et l’offrir avec joie pour la conversion des pécheurs. Saint François de Sales disait : « On ne vous demande pas de sacrifier votre vie, mais conservez la patience dans un petit contretemps ». Conserver la patience dans les contretemps ! Que d’occasions nous avons à offrir dans une seule journée ! Et que de fois malheureusement nous ne le faisons pas !

Voici quelques conseils concrets tirés de l’Imitation de Jésus-Christ (livre I, chap. XVI) :

1. Ce que l'homme ne peut corriger en soi ou dans les autres, il doit le supporter avec patience, jusqu'à ce que Dieu en ordonne autrement. Songez qu'il est peut-être mieux qu'il en soit ainsi, pour vous éprouver dans la patience, sans laquelle nos mérites sont peu de chose. Vous devez cependant prier Dieu de vous aider à vaincre ces obstacles, ou à les supporter avec douceur.

2. Si quelqu'un, averti une ou deux fois, ne se rend point, ne contestez point avec lui ; mais confiez tout à Dieu, qui sait tirer le bien du mal, afin que sa volonté s'accomplisse et qu'il soit glorifié dans tous ses serviteurs. Appliquez-vous à supporter patiemment les défauts et les infirmités des autres, quels qu'ils soient, parce qu'il y a aussi bien des choses en vous que les autres ont à supporter. Si vous ne pouvez vous rendre tel que vous voudriez, comment pourrez-vous faire que les autres soient selon votre gré ? Nous aimons que les autres soient exempts de défauts, et nous ne corrigeons point les nôtres.

Que de conseils utiles !

S’il y a eu quelques négligences de notre part, offrons-les aussi. En effet, voici l’émouvant dialogue qu’eut un jour saint Jérôme avec Notre-Seigneur :

– Jérôme, donne-Moi quelque chose.

 – Mais, Seigneur, je vous ai tout donné : ma vie, mes biens, mes forces, mon bonheur, mes livres ; tout est à Vous.

– Tu ne me donnes pas ce que Je veux.

 – Que voulez-vous donc, Seigneur ?

 – Je veux tes péchés ! Donne-les moi pour que Je te les pardonne.

Admirable dialogue ! Mais qu’il est difficile de s’accepter tels que nous sommes et d’offrir nos infirmités et nos propres fautes à Notre-Seigneur.

Une autre façon d’offrir des sacrifices est de pardonner à ceux qui nous ont causé un préjudice qu’ils ne peuvent pas réparer. Voici par exemple comment réagit un jour le père de Lucie qui avait tenté, sans succès, de chasser des personnes qui saccageaient le champ qu’il avait à la Cova da Iria. Des amis lui conseillèrent de porter plainte, l’assurant qu’il aurait gain de cause. Il leur répondit : « Non, je ne ferai pas cela. Je préfère leur pardonner pour que Dieu me pardonne aussi mes péchés. » Profonde sagesse ! Si nous-mêmes, devant une pareille contrariété, nous offrons le sacrifice que cela représente pour la conversion des pécheurs, nous aurons double gain : Dieu nous pardonnera et sauvera un pécheur.

Alors, n’attendons plus : offrons tous les sacrifices de notre vie quotidienne et récitons notre chapelet tous les jours pour la conversion des pécheurs. De la sorte, non seulement nous assurerons notre salut, mais des pécheurs se sauveront. Notre-Dame l’a affirmé plusieurs fois à Fatima !

 

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Saints François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

29ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

 

13 juillet 1917 : « Quand vous réciterez le chapelet, dites après chaque mystère : "Ô mon Jésus, pardonnez-nous. Préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin". Je veux que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours. »

 

Préservez-nous du feu de l’enfer

Après avoir confié le secret aux petits voyants et leur avoir recommandé de n’en rien dire à personne, Notre-Dame leur apprit une deuxième prière à réciter après chaque mystère du chapelet : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous. Préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin ».

Cette prière présente des différences selon les documents auxquels on se réfère. La version que nous donnons est celle figurant dans le quatrième mémoire de sœur Lucie, dans sa traduction la plus littérale. La formule habituellement utilisée est légèrement différente, mais parfaitement conforme au sens de la formule littérale. L’ajout de « nos péchés » après le « pardonnez-nous » ne change strictement rien au sens de la prière. Il en va exactement de même concernant l’ajout de l’expression « de votre miséricorde » à la fin de la prière.

La vision de l’enfer

En enseignant cette prière, Notre-Dame parle pour la deuxième fois de l’enfer. Et elle nous demande de prier pour que nous en soyons préservés. Le saint Curé d’Ars craignait pour son salut. Et nous ? Aussi, devons-nous prier beaucoup Notre-Dame de nous guider pour éviter l’enfer.

 « Préservez-nous », ou plus exactement « délivrez-nous du feu de l’enfer » ! L’expression employée est forte. Si Notre-Dame utilise une telle expression, c’est que l’enfer n’est pas un danger imaginaire et lointain auquel nous pourrions échapper sans effort. Nous devons donc y réfléchir sérieusement, et au moins à chaque dizaine de chapelet que nous récitons puisque Notre-Dame nous invite à demander après chaque Gloria « préservez-nous du feu de l’enfer ».

Les petits voyants, eux, ne cessaient de méditer sur l’enfer, tout particulièrement Jacinthe dont la grande sensibilité lui valut d’avoir une perception plus profonde du message de Fatima. Dans le troisième mémoire, sœur Lucie explique toute l’importance que Jacinthe attachait à la vision de l’enfer. Dans son troisième mémoire, elle écrit. Nous le citerons longuement pour bien comprendre la pensée de Jacinthe qui a été canonisée le 13 mai 2017 :

La vision de l’enfer l’avait horrifiée à tel point que toutes les pénitences et les mortifications lui paraissaient peu de chose, pour arriver à préserver quelques âmes de l’enfer.

Eh bien, je vais maintenant répondre à une autre question qui m'a été adressée de plusieurs côtés : comment se fait-il que Jacinthe, encore si petite, ait pu être possédée d’un tel esprit de mortification et de pénitence ?

Il me semble que ce fut, d’abord, par une grâce spéciale que Dieu a voulu lui accorder, par l’intermédiaire du Cœur Immaculé de Marie ; mais aussi, parce qu’elle a vu l’enfer et le malheur des âmes qui y tombent.

Certaines personnes, même pieuses, ne veulent pas parler aux enfants de l’enfer, pour ne pas les effrayer. Mais Dieu n’a pas hésité à montrer l’enfer à trois enfants, dont la plus jeune avait seulement six ans, et il savait bien qu’elle en serait horrifiée, au point de se consumer de frayeur, je peux presque le dire.

Souvent, elle s’asseyait par terre ou sur quelque pierre et, toute pensive, elle se mettait à dire :

  • Oh, l’enfer ! Oh, l’enfer ! Que j’ai pitié des âmes qui vont en enfer ! Et les gens qui sont là, vivants, à brûler comme du bois dans le feu !

Et, toute tremblante, elle s’agenouillait, les mains jointes, pour réciter la prière que Notre-Dame nous avait enseignée :

  • Ô mon Jésus ! Pardonnez-nous, préservez-nous du feu de l’enfer et attirez toutes les âmes au Ciel, principalement celles qui en ont le plus besoin. (…)

Elle demeurait ainsi de longs moments à genoux, répétant la même prière. De temps en temps, elle m’appelait ou appelait son frère, comme s’éveillant d’un songe :

  •  François ! Priez-vous avec moi ? Il faut prier beaucoup pour faire échapper les âmes à l’enfer ! Il y en a tant qui y vont ! Il y en a tant !

D’autres fois, elle demandait :

  • Pourquoi est-ce que Notre-Dame ne montre pas l’enfer aux pécheurs ? S’ils le voyaient, ils ne pécheraient plus, pour ne pas y aller. Tu dois dire à Notre-Dame qu’elle montre l’enfer à tous ces gens. Tu verras comme ils se convertiront !

Quelquefois, elle me demandait aussi :

  • Quels sont les péchés que font ces gens pour aller en enfer ?
  • Je ne sais pas ! Peut-être le péché de ne pas aller à la messe le dimanche, de voler, de dire de vilaines choses, de maudire, de jurer.
  • Et ainsi, pour une seule parole, on va en enfer ?
  • Bien sûr ! C’est un péché.
  • Est-ce que cela leur coûterait beaucoup de se taire ou d’aller à la messe ? Que j’ai pitié des pécheurs ! Ah, si je pouvais leur montrer l’enfer ! »

Quelquefois, elle me prenait la main, et me disait :

  • Je vais aller au Ciel. Mais toi qui vas rester ici, si Notre-Dame le veut, dis à tout le monde comment est l’enfer, pour qu’ils ne fassent plus de péchés et qu’ils n’y aillent pas !

D’autres fois, après avoir réfléchi un moment, elle disait :

  • Tant de monde qui tombe en enfer ! Tant de monde en enfer !

 Pour la tranquilliser, je lui disais :

  • N’aie pas peur. Tu iras au Ciel !
  • Oui, j’irai au Ciel, disait-elle paisiblement, mais je voudrais que tout le monde y aille aussi ! (…)

S’il lui arrivait d’entendre certaines paroles que plusieurs affectent de prononcer, elle cachait son visage dans ses mains et disait :

  • Ô mon Dieu ! Ces gens ne savent pas que, pour avoir dit ces choses-là, on peut aller en enfer. Pardonnez-leur, mon Jésus, et convertissez-les ! Certainement ils ne savent pas qu’ils offensent Dieu avec cela. Quelle pitié ! Mon Jésus ! Je vais prier pour eux.

Et elle répétait alors la prière enseignée par Notre-Dame : « Ô mon Jésus ! Pardonnez-nous, etc. » 

Les précisions de Lucie

Par la suite, dans sa correspondance, sœur Lucie revint souvent sur le sujet. Ainsi, elle confia au père Pasquale :

Ce qui m’est resté le plus gravé dans l’esprit et dans le cœur, ce fut la tristesse de cette Dame lorsqu’elle nous montra l’enfer ! Si la vision de l’enfer avait duré un instant de plus, nous serions morts de peur et d’épouvante. Cependant, une chose m’a encore plus impressionnée, ce fut l’expression douloureuse du regard de Notre-Dame ! Si je vivais mille ans, je la conserverais toujours gravée dans mon cœur.

Voici également ce qu’elle écrivit un jour à un séminariste :

Ne soyez pas surpris si je vous parle tant de l’enfer. C’est une vérité qu’il est nécessaire de rappeler beaucoup dans les temps présents, parce qu’on l’oublie : c’est en tourbillon que les âmes tombent en enfer. Eh ! quoi ? Vous ne trouvez pas bien employés tous les sacrifices qu’il faut faire pour ne pas y aller et empêcher que beaucoup d’autres y tombent ?

« C’est en tourbillon que les âmes tombent en enfer. » ! Qui, de nos jours, rappelle cet enseignement que Lucie apprit de la Sainte Vierge elle-même ? Pourtant, tous ces enseignements sur l’enfer sont parfaitement conformes à l’enseignement constant de l’Église depuis toujours. Notre-Seigneur, dans son immense bonté, parla plusieurs fois de « géhenne », de « feu éternel », de « fournaise ardente », de « feu qui ne s’éteint pas ».

Alors, comme les petits bergers de Fatima, réfléchissons à l’enfer qui nous attend si nous ne suivons pas la loi divine et prions Dieu de nous donner les grâces nécessaires pour l’éviter.

Les âmes des pécheurs

Dans la deuxième partie de la prière, la Sainte Vierge continue en demandant, une fois de plus !, de prier pour les pécheurs : « Conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin ». Il s’agit bien de prier pour les âmes des pécheurs et non pour les âmes du purgatoire comme certains ont voulu le faire croire. Voici le dialogue qu'eut le chanoine Barthas avec sœur Lucie à ce sujet :

Je me permis de demander à sœur Lucie de préciser le sens du mot "alminhas" (âmes) :

— Dans ces âmes qui ont besoin du secours divin, lui dis-je, faut-il voir les âmes du purgatoire ou bien celles des pécheurs ?

— Dos peccadores, répondit-elle sans hésiter.

— Pourquoi le pensez-vous ?

— Parce que la Sainte Vierge nous a toujours parlé des âmes des pécheurs. Elle ne nous a jamais parlé des âmes du purgatoire.

— Pour quelle raison, à votre avis, Notre-Dame vous a-t-elle particulièrement intéressés aux âmes des pécheurs plutôt qu'à celles du purgatoire ?

— Sans doute parce que les âmes du purgatoire sont déjà sauvées, se trouvant comme dans le vestibule du Ciel, tandis que les âmes des pécheurs sont sur les pentes qui conduisent à la damnation.

Le 18 mai 1941, sœur Lucie écrivit au père Gonçalvès : « Je crois que Notre-Dame voulait parler des âmes qui se trouvent en plus grand péril de damnation ». Ceci est parfaitement logique, car à Fatima, Notre-Dame est venue essentiellement pour nous rappeler l’urgente nécessité de prier pour le salut des pécheurs.

Il est donc clair que nous devons prier surtout pour les âmes en danger de se perdre définitivement, autrement dit de se damner. C’est le sens de la fin de la phrase : « surtout celles qui en ont le plus besoin ». Ces mots en ont surpris plus d’un. Ils peuvent surprendre en effet. Comment vouloir le salut de toutes les âmes sans exception tout en ajoutant une formule restrictive ? C’est la logique de l’amour. L’âme suppliante voudrait obtenir de la miséricorde divine le salut de toutes les âmes. Mais elle sait que ses propres mérites sont très insuffisants pour obtenir cette grâce. Alors, elle demande d’appliquer les quelques mérites qu’elle a à ceux qui en ont le plus besoin. Admirable logique des saints ! C’est l’exemple de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui, en priant de toute son âme pour Pranzini, auteur de trois horribles meurtres, obtint sa conversion quelques instants avant son exécution.

On comprend dès lors le souci de Notre-Dame de nous expliquer dans le détail l’urgente nécessité de prier pour les pécheurs, pour qu’ils se convertissent et ainsi évitent l’enfer, et d’offrir les quelques mérites que nous pouvons gagner pour les âmes qui sont en plus grand danger de se damner, afin qu’au dernier moment, comme pour le bon Larron ou pour Pranzini, la grâce les frappe et permette que leur dernière pensée avant de quitter ce monde soit pour implorer la miséricorde divine.

Aussi, demandons à Notre-Dame de nous accorder les lumières nécessaires pour bien comprendre ce qu’est l’enfer. Et récitons notre chapelet tous les jours pour demander pardon, pour nous-même d’abord, pour les pécheurs ensuite, afin qu’eux comme nous, nous suivions docilement les demandes de Notre-Dame et ainsi évitions l’enfer.

 

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Saints François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 24 mai 2020

28ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 juillet 1917 : « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix. »

Le vicaire du Christ

Après avoir annoncé ce qui arriverait si nous ne suivions pas ses demandes, Notre-Dame continue en disant : « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix ».

Observons l’ordonnance des enseignements de Notre-Dame depuis le début de cette apparition du 13 juillet. Elle commence par donner un moyen pour avoir la paix dans le monde : la récitation quotidienne du chapelet. Puis elle apprend aux petits voyants une courte prière à réciter lorsqu’ils offrent des sacrifices pour la conversion des pécheurs. Les conséquences heureuses de ces deux moyens très simples sont réellement incroyables en regard de l’effort demandé.

Ayant donné deux moyens pour redresser la triste situation du monde, Notre-Dame révèle alors le secret dans lequel elle annonce trois châtiments.

Le premier est une réalité : l’enfer. Les deux autres ne sont que conditionnels, car avant de les annoncer, elle donne les conditions pour les éviter : « Si l’on fait ce que je vais vous dire », puis « Si l’on écoute mes demandes ».

La structure du secret est donc la suivante :

  • un châtiment : beaucoup d’âmes vont en enfer,
  • un remède : la dévotion au Cœur Immaculé,
  • un deuxième châtiment si nous persistons à offenser Dieu : la deuxième guerre mondiale,
  • un deuxième remède : la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie et l’approbation de la communion réparatrice des premiers samedis du mois par le Saint-Père,
  • un troisième châtiment : les erreurs de la Russie répandues dans le monde,
  • l’annonce, malgré tout, du triomphe du Cœur Immaculé de Marie et d’un certain temps de paix pour le monde.

Notre-Dame a donc pris soin de nous prévenir des châtiments qui risquaient d’arriver et de la conduite à tenir pour les éviter. Quelle responsabilité pour ceux qui n’ont pas exécuté ses demandes ! C’est-à-dire, en premier lieu ceux qui n’ont pas voulu œuvrer pour répandre la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, ensuite les papes qui, en tardant à obéir à Notre-Dame, ont fait que la Russie a répandu ses erreurs dans le monde. Il faut donc beaucoup prier pour eux, et notamment pour le Saint-Père.

Prier pour le Saint-Père

Cette nécessité de prier pour le Saint-Père est un point qui a fortement marqué Jacinthe. Pour cela, elle n’a pas hésité à modifier la première prière enseignée par la Sainte Vierge le 13 juillet, en y ajoutant à la fin : « Et pour le Saint-Père ! ». De par sa grande sensibilité, Jacinthe fut sûrement celle des trois petits voyants qui eut la perception la plus profonde du message de Notre-Dame. C’est pourquoi elle eut des révélations particulières sur le Saint-Père. En particulier, elle eut au moins deux visions que Lucie décrit dans son troisième mémoire.

Jacinthe m’appela :

  • N’as-tu pas vu le Saint-Père ? Non ? Je ne sais pas comment cela s’est fait, mais j’ai vu le Saint-Père dans une très grande maison, à genoux devant une table, la tête dans les mains et pleurant. Au-dehors, il y avait beaucoup de gens et les uns lui lançaient des pierres, d’autres le maudissaient et lui disaient beaucoup de vilaines paroles. Pauvre Saint-Père. Il nous faut beaucoup prier pour lui ! (…)

Jacinthe me demanda ensuite :

  • C’est lui que j’ai vu pleurer et dont Notre-Dame nous a parlé dans le secret ?
  • C’est lui, répondis-je.
  • Certainement, reprit-elle, Notre-Dame l’a montré à ces prêtres. Vois, je ne me suis pas trompée. Il faut prier beaucoup pour lui. (…)

Dans une autre occasion, nous nous rendîmes à la "Lapa" du Cabeço. Arrivés là, nous nous sommes prosternés à terre pour réciter les prières de l’Ange. Au bout d’un certain temps, Jacinthe se releva et m’appela :

  • Ne vois-tu pas tant de routes, tant de chemins et de champs pleins de gens qui pleurent de faim et n’ont rien à manger ? Et le Saint-Père dans une église, devant le Cœur Immaculé de Marie, en prière ? Et tant de monde qui prie avec lui ?

Quelques jours après, elle me demanda :

  • Est-ce que je peux dire que j’ai vu le Saint-Père et tous ces gens ?
  • Non ! Tu ne vois pas que cela fait partie du secret ? Et qu’ainsi bientôt tout se découvrirait ?
  • C’est bien. Alors je ne dirai rien.

Voilà pourquoi Jacinthe n’hésita pas à compléter la première prière que Notre-Dame leur avait apprise, comme si Notre-Dame pouvait leur avoir appris une prière incomplète ! Mais il a plu à Notre-Dame de la faire compléter par une petite fille de 7 ans, dont le visage fut illuminé par la lumière qui émanait d’elle. Cette lumière eut d’ailleurs un effet physique réel, car lorsque, en 1935, soit 15 ans après sa mort, on ouvrit le cercueil de Jacinthe, lors du transfert du cimetière de Villa Nova de Ourem à celui de Fatima, le visage de la petite voyante fut trouvé intact. Ce signe marque combien la lumière émanant de Notre-Dame l’avait pénétrée jusqu’à donner une marque d’immortalité à son visage, lumière qui ne manqua sûrement pas d’aller jusqu’au fond de son cœur. C’est pourquoi elle recommandait de toutes ses forces, au nom de la Sainte Vierge, de prier pour le pape, de souffrir pour lui et avec lui.

La primauté pontificale

Aussi devons-nous, nous aussi, beaucoup prier pour le Saint-Père. En effet, après Jésus, le pape est le premier fils de Marie. Personne ne peut retirer au vicaire du Christ cette première place dans le cœur de la Sainte Vierge Marie. Si nous voulons aimer le pape nous devons demander cette grâce à la Sainte Vierge, car qui peut aimer le pape comme elle l'aime ?

Le pape est notre rocher, un rocher évangélique, un rocher divin, parce que créé par la parole du Christ, Verbe incarné : « Tu es Pierre (Rocher) et sur cette pierre j'édifierai mon Église » (Mt 16, 18). Saint François de Sales disait avec raison : « Jésus-Christ, l'Église et le pape ne font qu'un ». On ne peut les séparer. Ils sont la « pierre angulaire » (Lc 20, 17) de l'humanité, du monde, de l'univers à sauver. C'est pour cela que celui qui dit accepter Jésus-Christ et l'Église, mais pas le pape, montre une légèreté impardonnable.

Quand Napoléon retint prisonnier le pape Pie VII, il réunit à Paris de nombreux évêques de France et d'Italie afin de décider quelques affaires concernant l'Église et il voulut qu'ils en discutent. Mais les évêques restèrent muets. Napoléon insista et exerça de fortes pressions. Aucun résultat. Finalement il s'impatienta et proféra des menaces. Alors le plus âgé des évêques se leva et déclara très calmement : « Sire, nous attendons le pape. L'Église sans le pape n'est pas l'Église ! ».

L’indispensable fonction papale

L’Église sans le pape n’est plus l’Église. Dans sa lettre à Timothée, saint Paul enseigne une vérité importante : quand on ne supporte plus la saine doctrine, on se cherche une quantité de maîtres qui détournent les oreilles de la vérité vers des fables. Or, nous y sommes ! Il suffit de lire les livres de certains théologiens présentés comme "grands et célèbres", pour comprendre combien saint Paul avait raison. Ces théologiens sont malheureusement nombreux à avoir diffusé beaucoup de livres et de revues qui sont à peu près tous semblables à de la nourriture gâtée ou suspecte. Malheureux les imprudents qui les achètent !

Ces théologiens sont « les faux maîtres » dont parlent saint Pierre et saint Paul avec des paroles terribles (2P 2, 2-11 : 1Tm 1, 3-7 : 6, 3-5 : 2Tm 3, 1-7 : 4, 1-5). Ces « faux maîtres » qu’ils soient appelés philosophes, réformistes, modernistes, … ont aussi été condamnés par les papes, notamment par saint Pie X par son encyclique Pacendi Dominici Gregis. C’est pour cela que nous avons besoin du pape. Nous ne devons pas séparer l’Église et le pape.

Un célèbre songe de don Bosco montre le pape sur un vaisseau (l’Église) en pleine tempête et attaqué de toute part par des ennemis en grand nombre. Alors émergent de la mer deux colonnes. Sur la première, se trouve une grande hostie, l’Eucharistie, et sur la seconde, un peu plus petite, une statue de la Vierge Immaculée avec une inscription : Auxilium christianorum. Le vaisseau du pape réussit à atteindre les deux colonnes et s’y accrocha solidement avec deux chaînes, ce qui mit en fuite tous les bateaux ennemis. Ce songe, dit des trois blancheurs, nous montre que le salut nous vient du pape, de l’Eucharistie et de la Sainte Vierge.

L’infaillibilité pontificale

Car quand il parle de foi et de morale, le pape est l'unique personne sur la terre qui puisse nous enseigner sûrement la vérité (sous réserve de réunir les quatre conditions exigées par l’infaillibilité).

« La foi romaine est inaccessible à l'erreur » disait saint Jérôme. C'est pourquoi saint Cyprien pouvait affirmer : « L'Église de Rome est la racine et la mère de toutes les Églises ». Seul celui qui est uni au pape est certain d'être dans la vérité infaillible de ce qui doit être cru et doit être fait pour obtenir le salut. Jésus Lui-même voulut l'infaillibilité de saint Pierre : « J'ai prié pour que ta foi ne défaille pas » (Lc 22, 32). Et Il voulut qu’il soit notre guide infaillible : « Toi, confirme tes frères » (Lc 22, 32).

Pour cette raison le pape est l'unique maître universel et infaillible. Bien plus ! Il est le seul qui puisse confirmer la foi des chrétiens, les protégeant infailliblement de toute erreur doctrinale et morale. En ce sens, sur la terre, le pape, tout pape est le meilleur théologien, le meilleur bibliste, le meilleur moraliste. Seule, sa parole de maître universel est une parole divinement garantie par le Christ qui est « la Voie, la vérité et la Vie » (Jean 14, 6). Saint Thomas d'Aquin, qui fut appelé un "grand maître", était prêt à renoncer à n'importe quelle pensée des grands docteurs si elle n'était pas conforme à celle du pape.

« Les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle » a dit Notre-Seigneur (Mt 16, 18). Aussi, tous les hommes qui voudraient combattre contre la papauté échoueront, y compris l'enfer. Non seulement les ennemis n'auront pas le dessus, mais ils se détruiront sur cette « pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs, pierre d’angle, pierre d'achoppement, un roc qui fait tomber. Ils s'y heurtent, parce qu'ils refusent de croire à la Parole ». (1 P. 2,7-8).

Contre cette pierre se heurta Luther qui, comme un forcené, injuriait et maudissait le pape : « Pape, je serai ta mort. Oui, moi, pape Luther I, par ordre de Notre Seigneur Jésus-Christ et du Père Très Haut, je t'envoie en enfer ». Pauvre et malheureux Luther !

Le terrible Napoléon se déchaîna aussi contre le pape. Celui-ci, désarmé, lui dit : « Le Dieu d'autrefois vit encore. Il a toujours écrasé les persécuteurs de l'Église »... Plus tard, sur sa petite île de Sainte Hélène, Napoléon se rappela ces paroles et dit à un ami :

Ah ! Pourquoi ne puis-je crier d'ici à ceux qui ont quelque puissance sur la terre : « Respectez le représentant de Jésus Christ ! Ne touchez pas au Pape. Autrement vous serez anéanti par la main vengeresse de Dieu. Protégez plutôt la chaire de Pierre ! ».

Nous devons donc beaucoup prier pour le pape, pour qu’il ne défaille jamais. Heureusement, il y a toujours eu des personnes généreuses qui ont offert et immolé leur vie pour lui. Saint Vincent Strambi, par exemple, confesseur de Léon XII, s'offrit comme victime pour que le pape vive plus longtemps. C'est ce qui arriva : le pape vécut cinq autres années alors que saint Vincent mourut cinq jours après avoir offert sa vie.

Aussi comme la petite Jacinthe, prions beaucoup pour le pape. Comme elle, offrons les sacrifices de notre vie quotidienne, pour que le Saint-Esprit l’éclaire et qu’il ait toujours les grâces nécessaires pour bien gouverner l’Église.

 

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

Saints François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

samedi 23 mai 2020

27ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 juillet 1917 : « Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. »

 

L'obéissance

Après avoir montré l’enfer et expliqué comment l’éviter, Notre-Dame donna un avertissement : « Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix. (…). Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI en commencera une autre pire. » (Voir méditation précédente).

Juste après, Notre-Dame donna un deuxième avertissement : « Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. »

Ces deux avertissements doivent nous conduire à une réflexion sérieuse sur ce que nous devons faire. Notre-Dame est la bonté même ; c’est la meilleure de toutes les mères. Malgré cela, ou plutôt à cause de cela, elle ne peut pas faire autrement qu’avertir ses enfants des dangers qu’ils courent, aussi dure que soit cette vérité. Car la loi divine est la même pour tous. Ce n’est pas Dieu qui nous condamne, mais Il respecte notre liberté. C’est le mystère de la liberté humaine. Si nous nous écartons de Lui et des préceptes que, dans son immense sagesse, Il a posés, n’est-il pas juste que nous en subissions les conséquences ? Voilà, ce que Notre-Dame est venue nous rappeler. Et comme elle est bonne et qu’elle sait que nous avons la tête dure, elle répète deux fois son avertissement : si nous suivons ce qu’elle demande, nous aurons la paix et beaucoup d’âmes seront sauvées ; sinon, nous aurons la guerre et des persécutions de tous ordres. Tel est l’ordre voulu par Dieu.

Il est donc de notre intérêt d’obéir à ce que dit la Sainte Vierge, et même d’obéir tout court.

Qu’est-ce que l’obéissance ?

L'âme de l'obéissance, c'est la foi surnaturelle. Saint Maximilien Kolbe disait que « l'obéissance est un mystère de foi ». L'obéissance est la vertu qui nous pousse à soumettre notre volonté à celle de Dieu et à celle de ceux qui représentent Dieu. Aussi, seul, celui qui voit dans le supérieur le représentant de Dieu sait obéir et sait qu'il est en accord avec la volonté de Dieu, même quand cela lui coûte, car la vertu d'obéissance s'exerce dans le sacrifice. Jésus lui-même, dit l'apôtre, « apprit, de ce qu'il souffrit, l'obéissance ». (He 5, 8).

Combien de fois il faut obéir en silence dans les choses pénibles. Durant la Passion, Jésus, au lieu de se défendre ou de se faire défendre : « se taisait » (Mat. 26, 63).

À qui obéir ?

L'obéissance est d'abord due à Dieu, notre Père et créateur. « À Yahvé, la terre et sa plénitude, le monde et tout son peuplement » (Ps 23, 1). Nous sommes ses créatures et ses fils, nous lui devons l'obéissance des êtres créés et des fils. « Toutes les créatures vous servent » (Ps. 119 : 91).

L'obéissance au Christ est liée à la rédemption, car Il nous a rachetés par son sang. Pour cette raison, nous lui appartenons et nous devons obéir à sa divine volonté : « Vous ne vous appartenez pas. Vous avez été bel et bien rachetés » (1Co 6, 20).

L'obéissance aux supérieurs est liée au fait qu'ils sont les représentants de Dieu. Nous savons bien que Dieu ne nous gouverne pas directement, mais par ses envoyés, ses représentants, qu'il fait participer de son autorité. « Il n'y a pas d'autorité qui ne vienne de Dieu » (Rom. 13, 2). Une désobéissance aux supérieurs est donc une désobéissance à Dieu : « Celui qui résiste à l'autorité se rebelle contre l'ordre établi par Dieu. Et les rebelles se feront eux-mêmes condamner ». (Rm. 13, 2).

Saint Thomas enseigne que : « Le vouloir d’un inférieur doit se régler sur le vouloir du supérieur, le vouloir du soldat sur celui de son chef. » (Somme théologique, I q. 63, a. 1)

La plus grande des vertus

Saint Thomas dit aussi que l’obéissance est la première des vertus morales :

Par elle-même, l'obéissance est la plus louable des vertus : pour Dieu elle méprise la volonté propre, alors que, par les autres vertus morales, on méprise certains autres biens en vue de Dieu. C'est pourquoi saint Grégoire écrit : « Il est juste de préférer l'obéissance aux sacrifices, parce que ceux-ci immolent une chair étrangère, tandis que l'obéissance immole notre propre volonté ». (Somme théologique, IIa-IIae, q.104, a. 4)

Et surtout, la vertu d’obéissance est une de celles qui plait le plus à Dieu. Sainte Catherine de Sienne dans son Dialogue nous en rapporte un très bel exemple :

On lit dans la vie des Pères, un bel exemple de cette obéissance inspirée par l'amour. Un solitaire ayant reçu un ordre de son supérieur au moment où il avait commencé d'écrire un O, - une bien petite chose pourtant ! – il ne prit pas le temps de le finir ; sans le moindre retard, il alla où l'appelait l'obéissance. Pour lui témoigner par un signe extérieur, combien cette promptitude m'était agréable, ma clémence acheva en or la lettre commencée.

Cette gracieuse vertu me plaît tant, que, pour aucune autre je n'ai accompli tant de miracles, ni donné tant de signes et de témoignages de la satisfaction qu'elle me cause.

Pour cela, l’obéissance fait des miracles. Inversement, la désobéissance les empêche.

Quand saint Joseph Cottolengo sut qu'il y avait de nombreuses sœurs malades et qu'on ne savait pas comment faire pour assurer le service de la Petite Maison, il donna l'ordre aux sœurs de se lever et d'accomplir le service. Les sœurs se levèrent et se trouvèrent toutes guéries. Une seule ne voulut pas se lever. Non seulement elle ne fut pas guérie, mais plus tard elle quitta l'Institut.

L’exemple de la Sainte Vierge

La Sainte Vierge nous a donné un exemple unique d’obéissance. Les premières pages de l'Évangile de saint Luc s'ouvrent sur son "fiat" à l’annonce de l'Ange Gabriel (Lc 1, 36). Elle obéit humblement à l'envoyé de Dieu, en acceptant des réalités humainement incompréhensibles : la conception virginale du Verbe Fils de Dieu et la maternité divine, ainsi que des réalités douloureuses, jusqu'à la plus terrible tragédie pour une mère : offrir son fils à la mort ! La Sainte Vierge obéit aussi à l'ordre d'Auguste pour le recensement (Lc 2, 1-5), à la loi de la présentation et de la purification (Lc 2, 21-24), à l’ordre de l’Ange de fuir en Égypte (Mt 2, 13-15), à l’ordre de revenir à Nazareth (Mt 2, 21-24). Nous la retrouvons enfin au Calvaire y accomplissant son "fiat" dans l'angoisse la plus tragique (Jn 19, 25). Au calvaire, son obéissance fut « le glaive qui lui transperça l'âme » (Lc 2, 35).

Obéir à la volonté de Dieu, sans réserve : « Je fais toujours ce qui Lui plaît » (Jn 8, 29), voilà l'attitude du véritable obéissant. Et l'obéissance douloureuse doit être aimée autant que l'obéissance joyeuse, même si la nature réagit ! « Que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne » (Lc 22, 42).

Comment obéir ?

La meilleure façon de pratiquer l’obéissance est d’obéir en tout à nos supérieurs légitimes. Il est clair que les supérieurs ne doivent exercer l'autorité qu'en tant que délégués de Dieu et donc ils ne doivent jamais commander ce qui est contraire à la loi de Dieu. Ils ne peuvent être les ambassadeurs de Dieu s'ils commandent le péché ou s'ils ne l'empêchent pas (mentir, voler, avorter...). Dans ce cas ce sont des délégués de Satan : on ne peut et on ne doit pas leur obéir.

Par contre, dans toutes les autres situations, il faut obéir, même si l'obéissance nous pèse ou nous heurte, même si celui qui commande est odieux et partial. « Vous, les domestiques soyez soumis à vos maîtres... non seulement aux bons et aux bienveillants, mais aussi aux difficiles » (1P 2, 18).

Quand saint François d'Assise et sainte Thérèse d'Avila recevaient des communications au cours de leurs extases, ils étaient prêts à y renoncer si le supérieur en décidait autrement, parce que, dans la parole du supérieur l'intention de Dieu n'est pas douteuse, tandis que dans une vision ou une communication, il y a toujours une marge d'incertitude.

Dans la vie de Sainte Gertrude, on lit que, pendant un certain temps, elle eut une supérieure à l'humeur plutôt difficile. La sainte pria le Seigneur qu'elle soit remplacée par une autre plus équilibrée. Mais Jésus lui répondit : « Non, parce que ses défauts l'obligent à s'humilier chaque jour en ma présence. Par ailleurs, ton obéissance n'a jamais été aussi surnaturelle que pendant cette période ».

Sainte Marguerite-Marie éprouva une difficulté semblable. À propos de la dévotion au Sacré-Cœur, ses supérieurs ne voulaient pas qu’elle en parle. S’en étant plainte un jour à Notre-Seigneur, elle reçut de Lui la réponse suivante :

Je suis content que tu préfères la volonté de tes supérieures à la mienne, lorsqu’elles te défendront de faire ce que je t’aurai ordonné. Laisse-les faire tout ce qu’elles voudront de toi, je saurai bien trouver le moyen de faire réussir mes desseins, même par des moyens qui y semblent opposés et contraires.

« Je suis content que tu préfères la volonté de tes supérieurs à la mienne » ! On voit combien Dieu apprécie l’obéissance aux supérieurs légitimes !

Obéissance héroïque

Dominique Savio, garçon actif et bon élève, fut accusé injustement auprès du maître pour une vilaine espièglerie. Surpris, le maître fut contraint de le réprimander sévèrement. Dominique se tut. Quand le maître connut la vérité, il appela Dominique et lui demanda pourquoi il n'avait rien dit. « Pour deux raisons - dit-il - parce que si j'avais dit qui était le vrai coupable, il aurait été renvoyé de l'école, car ce n'était pas la première fois qu'il était pris en défaut, tandis que moi c'était la première fois. De plus, je me suis tu parce Jésus aussi, accusé devant le sanhédrin, se taisait ».

Saint Gérard Majella, calomnié d'une manière infâme, fut sévèrement puni par saint Alphonse. On lui interdit la sainte communion, on le changea de lieu et il fut traité comme un pécheur. Il se tut et obéit. Quand on découvrit la vérité, saint Alphonse put dire que ce douloureux épisode suffisait à lui seul à garantir la sainteté extraordinaire de saint Gérard. L'obéissance a crucifié Jésus : « Obéissant jusqu'à la mort » (Phil 2, 8) Jésus se taisait et priait. L'obéissance a crucifié les saints qui, eux-aussi, se taisaient et priaient.

Quand saint Joseph Calasanzio fut calomnié et persécuté par ses propres disciples, quand, vieux et malade, il fut emprisonné et traduit devant le tribunal, et quand, au seuil de la mort, il fut expulsé de la congrégation et dut assister à la dévastation de la congrégation, par ordre du Vicaire même du Christ, il accepta cet enchaînement de tourments en murmurant : « Que main-tenant et toujours soit bénie la très sainte volonté de Dieu ! ».

Quand saint Alphonse de Liguori, octogénaire, fut calomnié par un de ses fils et fut expulsé de la congrégation par le pape lui-même, lui, le grand, le passionné, l'ardent défenseur du pape, surmonta ce déchirement mortel en s'écriant, face contre terre, au pied de l'autel : « Le pape a raison, le pape a raison »... !

Certes, l'obéissance crucifie, … comme elle crucifia Jésus ! Mais le saint est celui qui se laisse crucifier. Nous, au contraire, que d'expédients, de compromis, d'échappatoires nous essayons de trouver pour éviter le poids et les ennuis que nous cause l'obéissance. Mais si nous agissons ainsi, il est impossible d'aimer, parce que, dit Jésus : « Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements » (Jn 14, 15). Nous devons donc observer ses commandements, même s'ils nous coûtent.

Alors, obéissons à Dieu en observant sa loi. Obéissons aussi aux demandes de Notre-Dame, ce d’autant plus que ce qu’elle demande n’exige pas de grands efforts : qui ne peut trouver une quinzaine de minutes dans la journée pour réciter un chapelet ? Est-il difficile d’offrir pour la conversion des pécheurs des contrariétés que, de toutes les façons, nous ne pouvons pas éviter ? De plus, les demandes de Notre-Dame ont des fruits extraordinaires : le salut pour les pécheurs et la paix dans le monde. Aussi, empressons-nous de répondre aux demandes de notre Mère du Ciel.

 

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Saints François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

 

 

 

 

 

 

 

 

vendredi 22 mai 2020

Appel de Chartres n°239 par Charles de Meyer

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Chers amis pèlerins,

Alors que, au cœur des troubles liés à l’épidémie de Covid-19, vous envisagez certainement les différentes possibilités de participer au pèlerinage  vers Chartres (virtuellement ou localement), SOS chrétiens d’Orient a plaisir à vous saluer, à vous rappeler l’admiration que toute notre association porte pour votre foi et combien elle est heureuse de participer chaque année, avec la chapitre Saints-Benham-et-Sarah, à la cohorte en marche vers Notre-Dame de Chartres.

Nous espérons que les mesures de confinement seront adoucies au Proche-Orient, afin que nos volontaires s’élancent aussi nombreux que possible, en communion avec les pèlerins, vers des sanctuaires locaux ou des lieux saints, en Syrie, en Irak, au Liban, en Egypte et peut être ailleurs encore… Cette simultanéité constitue l’incarnation du pari initial de notre association : puiser dans l’héritage catholique et la vie spirituelle contemporaine de notre pays pour soutenir notre investissement auprès de nos frères aînés dans la foi, les chrétiens d’Orient.

Le ressourcement spirituel annuel du pèlerinage de chrétienté caracole en tête des points communs qui unissent nombre de nos volontaires. Elevés dans la foi catholique, instruits de leur mission d’engagement dans la Cité, ils ont souvent participé à la marche avec leur famille, leurs amis, leurs troupes.

Nous sommes ainsi parmi les plus grands redevables de l’obstination des organisateurs et de la confiance des parents, embarquant leur barda, rompant le confort quotidien pour transmettre les trésors du cheminement à leurs enfants. Mieux encore, nous avons la joie de retrouver la Fraternité Saint-Vincent Ferrier sur la route, communauté qui assure notre conseil spirituel tout au long de l’année. De nombreux prêtres d’autres communautés partis en mission avec nos volontaires sont également au rendez-vous. Cette année encore, malgré les circonstances, nous serons tous unis en prière, au même moment, à défaut d’être physiquement ensemble.

De notre côté, nous espérons et prions pour que les volontaires agnostiques ou athées qui intègrent notre mission apprennent à connaitre ce moment de vie chrétienne et y posent les premiers jalons de leur conversion. Parole de président, nous comptons déjà quelques exemples édifiants !

Car ces trois jours de marche sont toujours l’occasion de retrouvailles, spirituelles et humaines. Ces trois jours de marche sont aussi un temps de pénitence, pour interroger nos renoncements, nos mollesses. Même à distance, sur vos chemins locaux ou dans vos prières, nous espérons que vous ménagerez pour nos volontaires, pour leurs familles, une intention qui les renforcera.

Plus encore, nous vous demandons d’aviver l’espérance de ceux que nous aidons en les unissant à votre prière. Eux aussi, souffrent dans leurs tribulations. Eux aussi, sont confrontés aux discriminations et au mépris. Eux aussi, souffrent parfois d’ombres dans leur foi. Mais eux risquent la mort, l’exil, la disparition, quand nous ployons si souvent devant des périls mondains ou anodins.

Nous sollicitons aussi votre cœur pour qu’il s’emplisse de la joie qui nous étreint depuis le retour de nos quatre collaborateurs, portés disparus en Irak durant deux mois ! Qu’une partie du pèlerinage célèbre leur retour sains et saufs, mais qu’il prie aussi pour tous ceux qui, dans le monde, n’ont pas eu cette chance ou qui attendent encore une hypothétique libération. Nous sommes certains que le Seigneur, en ses voies, saura leur faire sentir ce renfort d’espérance dont ils ont certainement tant besoin. Que l’Esprit consolateur de la Pentecôte et les Anges assistent et fortifient tous ceux qui font ainsi, généreusement et sans arrière-pensée, don de leur personne pour aider leur prochain et témoigner de leur foi en Jésus-Christ.

Notre expérience auprès des communautés chrétiennes orientales est une formidable expérience d’humilité. Notre mission est pleine des défis de la Pentecôte : la myriade des langues et le babil de l’anglais international, les barrières culturelles et sociales, les blessures de la désunion ecclésiale forment autant de défis pour nos équipes.  Instruments de la charité de dizaine de milliers de familles françaises, qu’ils puissent partager les grâces de la Pentecôte et s’en servir comme inspiration de leur mission. L’hymne du dimanche de Pentecôte prie d’ailleurs l’Esprit Saint de « repousser l’ennemi et de donner la paix sans retard ».

C’est notre ferme engagement de militants des chrétiens d’Orient que de continuer à partager ce témoignage des souffrances de ces Eglises en but à l’islamisme, aux errements des institutions internationales et au vieil amour des hommes pour la guerre. Nous attendons avec vous la joie de la Pentecôte et nous languissons de brandir la bannière de notre chapitre pour retrouver, de quelque manière que ce soit, l’énergie et le secours du pèlerinage de chrétienté.

Charles de Meyer,

Président de SOS Chrétiens d’Orient

26ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 juillet 1917 : « Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix. (…) Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI en commencera une autre pire. (…) Pour l’empêcher, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix. »

 

Les demandes de Notre-Dame à Fatima

Après avoir montré l’enfer aux petits voyants et surtout leur avoir dit comment l’éviter, Notre-Dame continua : « Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix. »

La Sainte Vierge annonce ainsi qu’elle va donner d’autres moyens pour sauver les pécheurs. La conversion des pécheurs est vraiment une préoccupation constante dans ses paroles. En mai et en juin, elle en avait déjà parlé. C’est donc la troisième fois qu’elle en parle. Et surtout, elle nous dit que ce salut est en quelque sorte de notre responsabilité, car beaucoup d’âmes seront sauvées si nous faisons ce qu’elle va demander.

De plus, les nouveaux moyens qu’elle va indiquer auront un autre fruit : ils apporteront la paix. Pour la deuxième fois ce jour-là, Notre-Dame affirme que si nous faisons ce qu’elle demande, le monde trouvera la paix ! En effet, au début de l’apparition, elle avait dit : « Je veux que (…) vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’Elle seule peut les obtenir. »

Ce lien entre la paix et la conversion des pécheurs est parfaitement logique, car moins il y aura de pécheurs, plus les raisons des guerres et des désordres disparaîtront. En effet, la guerre est une conséquence de nos péchés. Si donc nous ne péchons plus, les guerres disparaîtront et le monde sera en paix. D’ailleurs, Notre-Dame dit bien, si nous faisons ce qu’elle va nous dire, nous aurons la paix. Par contre, si nous ne le faisons pas, « si l’on ne cesse d’offenser Dieu » une guerre pire commencera. Et c’est hélas ce qui se produisit. Les guerres sont donc les conséquences de nos offenses envers Dieu. Voilà un enseignement rappelé par Notre-Dame qu’il convient de ne pas oublier.

Si nous voulons vraiment retrouver la paix, il convient donc de s’assurer que les demandes de Notre-Dame ont bien été satisfaites. Or que demanda Notre-Dame ? Deux choses :

  • la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé,
  • la communion réparatrice des premiers samedis du mois.

Remarquons qu’elle parle au futur : « je viendrai demander ». Elle annonce donc qu’elle reviendra. C’est en quelque sorte une prophétie ; elle se réalisera une dizaine d’années plus tard, en 1925 et 1929.

Remarquons aussi qu’elle ne précise pas de nombre particulier pour les premiers samedis. Ce dont elle parle ici, ce sont des premiers samedis du mois en général.

Mais sont-ce les seules demandes que Notre-Dame fit à Fatima ?

Les termes employés dans la première phrase (« Si l’on fait ce que je vais vous dire ») indiquent des demandes faites après, à savoir : « Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. » Par contre, l’expression de la deuxième phrase (« Si l’on écoute mes demandes ») peut indiquer toute demande faite antérieurement. Or, juste avant de parler de la consécration de la Russie et des premiers samedis du mois, Notre-Dame a fait deux autres demandes :

  • « Je veux (…) que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire pour obtenir la paix du monde »
  • « Sacrifiez-vous pour les pécheurs et dites souvent, spécialement chaque fois que vous ferez un sacrifice : "Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie" ».

Concernant la récitation du chapelet pour avoir la paix, Notre-Dame l’avait déjà exprimée lors des précédentes apparitions. Et l’Ange de la Paix avait également demandé de prier et d’offrir des sacrifices en précisant : « De cette manière, vous attirerez la paix sur votre pays. » (Apparition de l’été 1916).

Concernant les sacrifices pour la conversion des pécheurs, cette demande a également été exprimée plusieurs fois avant le 13 juillet. Comme Notre-Dame la renouvèlera le 19 août 1917, on ne peut que l’inclure dans le « Si l’on fait ce que je vais vous dire ».

Pour accorder la paix au monde, Notre-Dame a donc exprimé quatre demandes :

  • Deux ont été faites avant la révélation du secret : la récitation quotidienne du chapelet et les sacrifices pour la conversion des pécheurs.
  • Deux autres ont été révélées dans le secret : la consécration de la Russie et la communion réparatrice, mais ne s’appliqueront que dans le futur.

À ces quatre demandes, il convient d’en ajouter une cinquième qui a une importance particulière, car elle est constituée des toutes dernières paroles prononcées par Notre-Dame à Fatima, le 13 octobre : « N’offensez pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé. »

Il est bien de prier pour la conversion des pécheurs, mais nous sommes nous-même pécheurs, et nous devons aussi nous convertir. Cette demande est donc tout à fait complémentaire de nos sacrifices pour la conversion des pécheurs. En conséquence, si la conversion des pécheurs est une condition pour avoir la paix, notre propre conversion l’est également. Cette demande elle aussi, même si elle n’a pas été faite le 13 juillet, ne peut qu’être incluse dans le « Si l’on écoute mes demandes ».

Ainsi, pour nous accorder la paix, Notre-Dame a fait cinq demandes. Deux ont été exprimées au futur (« Je viendrai demander ») mais ont été formellement demandées depuis, l’une le 10 décembre 1925 à Pontevedra, l’autre le 13 juin 1929 à Tuy ; les trois autres ont été exprimées au présent. Si nous voulons vraiment la paix, il convient donc de nous assurer que ces différentes demandes ont bien été satisfaites et, si ce n’est pas tout à fait le cas, de voir comment les réaliser au plus vite.

En bonne logique, celles exprimées au présent sont prioritaires sur celles exprimées au futur. Or ces trois demandes exprimées au présent ne dépendent que de nous : réciter notre chapelet tous les jours, offrir les sacrifices de notre vie quotidienne pour la conversion des pécheurs et observer la loi divine pour ne plus offenser Notre-Seigneur. Si nous voulons la paix, nous devons donc sans tarder les satisfaire. Il ne tient qu’à nous de le faire ! Personne ne pourra le faire à notre place.

De plus, nous devons non seulement les mettre en pratique, mais aussi inciter notre prochain à faire de même, en particulier en faisant connaître à nos proches le message de Fatima. Mesurons-nous bien que, de notre assiduité à suivre ces demandes de Notre-Dame, dépend la paix pour le monde ? C’est ce qu’affirmait sœur Lucie au père Aparicio dans une lettre que nous avons déjà citée plusieurs fois : « De la pratique de cette dévotion [la dévotion au Cœur Immaculé de Marie], unie à la consécration au Cœur Immaculé de Marie, dépendent pour le monde la paix ou la guerre. »

De plus, par deux fois, Notre-Dame nous supplie d’écouter ses demandes. Juste après la vision de l’enfer, elle dit : « Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix. » Puis après avoir dit comment éviter une deuxième guerre, elle dit : « Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix» Cette répétition avait certainement pour but de faire en sorte que ces paroles se gravent plus sûrement dans la mémoire des petits voyants. Mais elle marque aussi l’importance de cet enseignement de Notre Dame : pour avoir la paix, elle nous supplie de faire ce qu’elle demande. C’est d’ailleurs en substance ce qu’elle avait dit au début de l’apparition en disant que seule, elle pouvait accorder la paix.

Le message de Notre-Dame est donc clair : si nous voulons la paix, nous devons commencer par satisfaire les demandes qu’elle a exprimées à Fatima, et en premier lieu, les trois qui nous concernent directement à savoir : réciter son chapelet tous les jours, offrir des sacrifices pour la conversion des pécheurs et observer la loi divine.

Alors, pour que de nombreux pécheurs se convertissent et que le monde soit en paix, écoutons les demandes de Notre-Dame à Fatima et mettons-les en pratique, en particulier celles qui ne dépendent que de nous, à savoir :

  1. la récitation quotidienne du chapelet,
  2. l’offrande des sacrifices de la vie quotidienne pour la conversion des pécheurs
  3. et la communion réparatrice des premiers samedis du mois.

Ajoutons :

  1. d’une part notre consécration au Cœur Immaculé de Marie qui doit précéder la consécration de la Russie, disait le père Alonso,
  2. d’autre part le port du scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel, signe de notre consécration au Cœur Immaculé de Marie selon les propres paroles de sœur Lucie.

C’est pourquoi ces cinq pratiques vous sont proposées au cours de cette préparation.

NOTA BENE : en vue de la consécration (ou de son renouvellement) au Cœur Immaculé de Marie qui se fera dans 9 jours, au soir du dimanche 31 mai devant le Très Saint Sacrement (si nous le pouvons), il est proposé aux pèlerins qui font la présente préparation d’écrire à la main le texte de « l’acte de consécration au Cœur Immaculé de Marie » afin de s’en pénétrer davantage.

 

ACTE DE CONSÉCRATION AU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE

 

« Sainte Vierge Marie, ô toute immaculée !

Vous êtes la Mère de Dieu Jésus-Christ Notre Seigneur, et la Mère de l’Église, dont nous sommes les membres. C’est pourquoi Vous êtes aussi ma Mère et ma Reine. 

C’est à ce titre que moi, N… (écrire son nom), je m’adresse à Vous au milieu des combats que je livre pour Vous, afin de me confier à Vous pour le triomphe et l’avènement de Règne de votre Fils et Seigneur.

Me souvenant des paroles que Vous avez dites à Lourdes : « Je suis l’Immaculée Conception », et plus encore de la grande promesse que Vous avez faite à Fatima : « Mais à la fin mon Cœur Immaculé triomphera »,

Me souvenant surtout de votre part dans l’œuvre de l’Incarnation et de la Rédemption, qui fonde ces paroles, car c’est en Vous que le Verbe s’est incarné et ce n’est qu’en Vous associant à son Sacrifice qu’Il a voulu me racheter du péché, Vous en ayant rachetée Vous-même en Vous préservant de toutes ses traces,

Et sachant que je glorifie Dieu et que j’accomplis Sa Volonté en me tournant ainsi vers Vous, je Vous en supplie ô Mère et Reine de mon cœur, de ma vie et de mes travaux, regardez-moi, votre enfant qui suis aussi votre serviteur. Prenez-moi en pitié, moi qui ne veux au fond de moi-même que travailler à l’instauration dans nos cités du Règne de votre Fils, selon la prière que Lui-même nous a enseignée : « Que votre Règne arrive sur la terre comme au ciel ».

Sachant que la toute-puissance du Christ repose entre vos mains et que tout l’amour de son Cœur passe par le Vôtre pour se donner à nous, c’est à Vous que je m’adresse et, sûr(e) d’être accueilli(e) par Vous, ô Mère, je me consacre à Vous, à votre Cœur Immaculé.

Par cet acte, je me livre à Vous, Vous priant de me considérer comme Vous appartenant entièrement et sans retour. C’est donc à Vous qu’il appartient de me défendre, de me protéger, de me purifier et de me conduire à la victoire en me faisant remplir dans l’Eglise et dans le monde la mission que Dieu, dans Sa providence, m’a confiée.

A Vous, par conséquent, sera aussi la gloire de ce triomphe, c’est-à-dire du service que j’aurai accompli. Par là se réalisera le dessein de Dieu : le Règne du Christ par le Règne de Marie, puisqu’en réalité c’est un seul et même Règne, où tout nous est donné par le Christ, y compris Marie, et où tout nous est donné par Marie, et d’abord le Christ.

Que, donc, je vous appartienne pour mieux appartenir à mon Seigneur, et que je comprenne toujours mieux que le Règne du Cœur du Christ ne peut être instauré que par le Règne de votre propre Cœur.

C’est pourquoi, ô notre Mère et notre Reine, en scellant avec Vous l’alliance de cette consécration, je m’engage à Vous prier et à Vous faire prier toujours davantage, spécialement par le chapelet quotidien, et d’abord à travailler à Vous connaître et à vous faire connaître davantage, selon mes propres possibilités. Mais dès maintenant, je m’engage à mieux vivre, avec Vous, en Vous, par Vous et pour Vous, ma vie chrétienne et mon travail pour l’avènement de votre Règne, par lequel et dans lequel s’instaurera celui de votre Fils, Notre Seigneur.

Et que par là j’apporte ma contribution, telle que Dieu me la demande, à la paix dans le monde et au salut des hommes, à la gloire de vos deux Cœurs unis et de la Sainte Trinité, dès maintenant et pour l’éternité.

Ainsi-soit-il ».

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

Saints François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

jeudi 21 mai 2020

25ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 juillet 1917 : « Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. »

L'enfer

Après avoir appris aux trois petits voyants une prière pour offrir des sacrifices, Notre-Dame ouvrit les mains et leur montra l’enfer.

Notre-Dame poursuit ainsi leur instruction sur les fins dernières. Lors de la première apparition, elle avait confirmé l’existence du Ciel et du purgatoire. Dans cette troisième apparition, elle leur montre l’enfer.

La vision de l’enfer

De nos jours, l’enfer est un sujet peu évoqué, voire occulté. Certains clercs vont même jusqu’à nier son existence ou déclarer que, s’il existe, il est vide. Pourtant, si on veut présenter honnêtement et complètement le message de Fatima, il est impossible de le passer sous silence. Car la Sainte Vierge n’en aurait pas parlé aux petits bergers si c’était un sujet sans importance. Il est également difficile d’imaginer que Notre-Dame se soit trompée en leur montrant l’enfer.

Voici la description qu’en fit sœur Lucie dans ses troisième et quatrième mémoires.

En disant ces dernières paroles, elle ouvrit de nouveau les mains, comme les deux mois précédents. Le rayon parut pénétrer la terre et nous vîmes comme un océan de feu. Plongés dans ce feu, les démons et les âmes, comme s'ils étaient des braises, transparentes et noires ou bronzées, ayant forme humaine qui flottaient dans l’incendie, soulevées par les flammes qui sortaient d’elles-mêmes en même temps que des nuages de fumée, tombant de tous côtés, semblables à la retombée des étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur. (Ce doit être en regardant cette vision que j’ai dû pousser ce "Aie !" que l’on dit avoir entendu de moi). Les démons se distinguaient par des formes horribles et répugnantes d’animaux effrayants et inconnus, mais transparentes comme des charbons noirs embrasés.

Nous devons donc croire à l’existence de l’enfer et nous devons craindre d’y aller. Quand on demandait à saint Jérôme pourquoi il s'était retiré dans une grotte de Bethléem pour y vivre en ermite pénitent, il répondait : « Je me suis condamné à cette prison parce que je crains l'enfer ». Un grand homme de doctrine et de sainteté comme saint Jérôme craignait l'enfer. Et nous qui n'avons ni beaucoup de doctrine ni de sainteté, nous n’aurions pas à nous préoccuper de l'enfer ! Nous sommes bien inconscients !

Saint Paul, ravi jusqu'au septième ciel et riche de mérites, craignait de se damner (1 Cor 9, 27). Nous autres, au contraire, avec une légèreté qui fait peur, nous croyons éviter l'enfer sans mérites ni crainte. Bien plus, nous en arrivons à recommander de ne jamais parler de l'enfer parce que cela "impressionne", oubliant même que Jésus dans son Évangile n'a pas parlé de l'enfer seulement quelques fois, mais dix-huit fois ! Comme à l'habitude, lâches que nous sommes, nous n'aimons que les discours gais et doucereux, pour une vie chrétienne facile, nourrie de vains "hosanna" et "alléluia".

L’Église au contraire a toujours affirmé l’existence de l’enfer et son éternité. Voici par exemple la définition du catéchisme de saint Pie X (3e partie, n° 46) :

L’enfer est un lieu de tourments auquel sont condamnés tous ceux qui par leurs crimes se sont révoltés contre l’ordre de la Providence ou de la prédestination et ont été fixés dans ces crimes de façon à ne s’en convertir jamais. (…) Les peines et les tourments qu’ils méritent en raison de leurs crimes dureront toujours et ne finiront jamais. (…). Ces peines sont de deux sortes, à savoir : la peine du dam et la peine du sens. (…) Le feu doit s’entendre au sens d’un feu matériel ; car il désigne proprement la peine du sens.

Le concile Vatican II lui-même a rappelé l’existence d’un feu éternel dans Lumen gentium n°48 :

Il faut veiller constamment pour que nous méritions d’entrer avec Lui aux noces et d’être comptés au nombre des bénis, et non pas de recevoir l’ordre, comme des serviteurs mauvais et paresseux, d’aller dans le feu éternel, dans les ténèbres extérieures où « il y aura des pleurs et des grincements de dents ».

De son côté, le Compendium du Catéchisme de l’Église Catholique (n° 208) affirme qu’à sa mort, chacun reçoit une rétribution immédiate qui « consiste dans l’accession à la béatitude du ciel, aussitôt ou après une purification proportionnée, ou au contraire à la condamnation éternelle de l’enfer ».

« Loin de moi, maudits ! »

Donc l’enfer existe. C'est la terrible condamnation de ceux qui meurent en état de péché mortel. « Ils iront au châtiment éternel ». (Mt 25, 46)

Mais ne vont en enfer que ceux qui veulent y aller. Dieu nous a créés tous pour le paradis et il nous donne les moyens d'y parvenir. Toutefois, il nous laisse libres d'accepter ou non. Donc, celui qui refuse sait qu'il perdra le paradis au profit de l'enfer. Il le veut ainsi, librement. On ne peut pas reprocher à Dieu de ne pas respecter la liberté de l'homme !

Mais quelle folie de renoncer à Dieu, de perdre le paradis, pour se précipiter dans les horreurs de la demeure des démons ! La vision béatifique de Dieu, l'union à Jésus et à la Sainte Vierge, la compagnie des Anges et des Saints, … la perte de tous ces biens infinis constitue la peine du damné, la peine la plus horrible que l'on puisse imaginer. De plus, s'il est vrai qu'avec le péché mortel on crucifie de nouveau Jésus dans notre cœur (He 6, 6), de quel châtiment « ne sera pas digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu » (He 10, 20) ?

 « … au feu éternel »

En enfer il y a aussi la peine du sens ou « feu éternel » (Mt 18, 7) qui mettra les damnés « en proie à des tourments » (Lc 16, 23). Les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel vont immédiatement aux enfers où ils subissent le « feu éternel ».

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais qui ne peuvent tuer l'âme. Craignez plutôt Celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne. » (Mt 10, 28). Si tous pensaient sérieusement à ces paroles de Jésus, qui donc se damnerait ?

La géhenne est l'image la plus expressive que Jésus a utilisée pour représenter l'enfer. La Géhenne est un val profond sur l'un des côtés de Jérusalem. On y jetait toutes les ordures de la Cité et on les y brûlait. L'enfer est donc en quelque sorte la "décharge" du ciel et de la terre : là se retrouvent tous les anges rebelles et tous les hommes, pervers et corrompus, morts en état de péché mortel. Tous brûleront d'un « feu qui ne s'éteint pas » (Mc 9, 44), rejetés par Dieu pour l'éternité. Aussi est-ce vraiment une « chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant ». (He 10, 31)

Mais ne dira-t-on pas qu'il y a disproportion entre la peine éternelle et les fautes de l'homme ? Non, parce que « de même que la récompense correspond au mérite - écrit saint Thomas - de même la peine correspond à la faute ». Aux actions bonnes correspond le paradis. Aux actions mauvaises (péchés mortels) correspond l'enfer.

Le riche qui durant sa vie n'a pensé qu'aux « somptueux banquets » et le pauvre Lazare qui, au contraire a supporté sa misère, laissant même les chiens lui « lécher les plaies », nous font très bien comprendre ce qui attend les hommes mauvais et les hommes bons (Lc 16, 19-31).

Aussi réfléchissons sérieusement sur ce que nous rappelle La Sainte Vierge. Attachons-nous solidement à son Cœur Immaculé, et tenons bien enraciné en nous l'engagement de vivre toujours dans la grâce de Dieu, prêts à tout souffrir plutôt que de commettre un seul péché mortel.

Pour les sauver

L’enfer est donc une vérité de foi et l’on ne peut pas se dire catholique si on croit qu’il n’existe pas ou qu’il est vide. L’une des raisons de la venue de la Sainte Vierge à Fatima est précisément de rappeler son existence à une période où on a trop tendance à l’oublier. La Sainte Vierge aurait-elle pris le soin de montrer l’enfer à trois jeunes enfants et de signifier l’importance de son message par un miracle extraordinaire pour que quelques années plus tard, on juge cette notion surannée ? Fatima nous rappelle une vérité de Foi : l’enfer existe et ceux qui y tombent sont ceux qui offensent Notre-Seigneur.

Cette vérité est peut-être dure à accepter dans notre monde peu habitué à ce qu’on lui parle des fins dernières en général et de l’enfer en particulier. Pourtant, il suffit parfois d’un regard ou d’une parole vers Jésus ou Marie pour être sauvé, quelles que soient les fautes commises. De nombreuses fois, Jésus remit leurs péchés à ceux qui venaient Lui demander sa miséricorde. Mais, à chaque fois, ils leur recommandaient de ne plus pécher. « Va et ne pèche plus ! » dit-Il à la femme adultère.

Le bon larron fut même sauvé au tout dernier moment, malgré ses crimes, simplement pour avoir dit : « Seigneur, souvenez-vous de moi quand vous reviendrez dans l’éclat de votre gloire ». Et Jésus lui répondit : « En vérité, je te le dis : aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis ». La Miséricorde de Dieu est donc immense : il ne tient qu’à nous de l’accepter ou de la refuser.

Et dans son immense bonté, Dieu nous offre un autre moyen d’éviter l’enfer : la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Ce moyen n’est pas nouveau. Déjà, saint Jean Chrysostome disait : « La miséricorde immense de Marie sauve un grand nombre de malheureux qui, selon les lois de la divine justice devraient être damnés ».

Saint Clément Hoffbauer, apôtre de Vienne, rendit un jour visite à un moribond incroyant et fut accueilli par des insultes. « Va-t-en au diable, Frère !... Pourquoi tu ne t'en vas pas ? - Parce que je veux voir comment meurt un damné ! » répondit le saint. Ces paroles frappèrent le moribond et le rendirent muet d'étonnement. Pendant ce temps-là, saint Clément invoqua la Sainte Vierge avec ardeur. Peu après, on entendit le moribond sangloter. Puis il dit : « Père, pardonnez-moi. Approchez-vous ». Il se confessa en pleurant et mourut en invoquant Marie, Refuge des pécheurs.

Notre-Dame est donc très puissante pour nous éviter l’enfer. C’est ce qu’elle est venue nous rappeler à Fatima. De plus, admirons comme elle le fit avec beaucoup de délicatesse et de pédagogie. Avant de parler de l’enfer aux petits voyants, elle commença par leur apprendre une prière pour sauver les pécheurs. Puis juste après la vision de l’enfer, elle leur révéla un autre moyen pour les sauver : la dévotion à son Cœur Immaculé. De cette façon, la vision n’est pas désespérante et ces deux moyens pour sauver les pécheurs permettront aux trois petits enfants de supporter la dure réalité de l’enfer.

Enfin, le moyen qu’elle indiqua pour éviter l’enfer, la dévotion à son Cœur Immaculé, n’est pas un moyen difficile. Aussi peut-on donc dire qu’il est facile d’éviter l'enfer à condition de la pratiquer.

Alors, ayons confiance en la Très Sainte Vierge et tournons-nous vers elle, car elle est le « Refuge des pécheurs ». Invoquons-la souvent afin qu’elle nous vienne en aide tous les jours de notre vie pour nous guider et ainsi nous éviter l’enfer.

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

Saint François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

 

mercredi 20 mai 2020

24ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 juin 1917: « Jésus veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. À qui embrassera cette dévotion, je promets le salut. Ces âmes seront chéries de Dieu comme des fleurs placées par Moi pour orner son trône. »

 

Une promesse de salut

Le 13 juin 1917, après avoir appris à Lucie qu’elle resterait plus longtemps sur la terre, Notre-Dame poursuivit en disant : « Jésus veut se servir de toi pour me faire connaître et aimer. »

Notre-Dame confiait ainsi une mission à Lucie. Mais, à travers elle, Notre-Dame s’adresse aussi à nous. Comme Lucie, nous devons : « faire connaître et aimer la Sainte Vierge ».

Puis Notre-Dame ajouta : « Il (Jésus) veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. À qui embrassera cette dévotion, je promets le salut. Ces âmes seront chéries de Dieu comme des fleurs placées par Moi pour orner son trône. »

Ces différentes phrases constituent ce que l’on a coutume d’appeler le "petit secret". Il faudrait les savoir par cœur et les méditer souvent, tellement elles sont importantes et riches de signification.

Jésus veut !

« Les jugements de Dieu sont insondables et ses voies impénétrables » dit saint Paul dans son Épître aux Romains. Toutefois, les voies divines ne sont pas toujours inconnaissables. Car Dieu se plaît, de temps à autre, à nous faire connaître sa volonté. Certes, de telles occasions sont rares, mais elles existent. Au XIVe siècle, Il s’adressa par exemple à sainte Catherine de Sienne qui transcrivit ce qu’elle apprit dans ses Dialogues. Au XVIIe siècle, à Paray-le-Monial, Notre-Seigneur demanda à sainte Marguerite-Marie de répandre la dévotion au Sacré-Cœur.

Fatima fait partie de ces rares occasions où Dieu nous fait part d’une de ses volontés, avec cette fois une particularité notable : il y a un parallèle étonnant entre les apparitions de Paray-le-Monial et celles de Fatima. Dans les deux cas, il est demandé l’établissement de la dévotion à un Cœur : le Sacré-Cœur de Jésus et le Cœur Immaculé de Marie. À chaque fois, le salut nous est promis si nous embrassons les dévotions proposées (la pratique des neuf premiers vendredis du mois et des cinq premiers samedis du mois). Et, à chaque fois, il a été demandé la consécration à ces Cœurs (la consécration de la France au Sacré-Cœur et la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie).

Une volonté authentifiée par un miracle extraordinaire

Lorsqu’il Lui arrive de le faire, Dieu se manifeste généralement de façon discrète, comme à sainte Catherine de Sienne ou sainte Marguerite-Marie. Tel ne fut pas le cas à Fatima : les signes qui accompagnèrent les apparitions furent extraordinaires, que ce soit les phénomènes naturels ou le nombre de prophéties ou encore le miracle du soleil. Aucune apparition, même celles de Lourdes ou de Guadalupe, n’a été authentifiée d’une manière aussi spectaculaire, ni n'a bénéficié d’autant de témoins extérieurs. C'est un fait sans précédent dans l'histoire des apparitions.

À lui seul, le miracle de la danse du soleil, lors de l'apparition du 13 octobre 1917, place les apparitions de Fatima devant toutes les autres et en fait les plus extraordinaires de l’histoire. Car avant Fatima, on ne recense que trois phénomènes naturels de cette ampleur : le déluge, l'arrêt du soleil pendant la bataille de Josué contre les Amorrhéens à Gabaon (Josué 10, 12-13) et les ténèbres du Vendredi Saint apparues au moment de la crucifixion.

Le miracle de Fatima eut une ampleur moindre que celui du Vendredi Saint, mais peut-être aurait-il été aussi important si les petits voyants n’avaient pas été mis en prison à Villa Nova de Ourem, car Notre-Dame leur dit le 19 août 1917 : « Si l’on ne vous avait pas emmenés à la ville, le miracle aurait été plus connu. ». Quoi qu’il en soit, jamais depuis le Vendredi Saint, il n’y eut de miracle cosmique aussi extraordinaire. L’abbé Caillon, dans son petit opuscule La consécration de la Russie aux très saints Cœurs de Jésus et Marie le qualifie de « fait unique dans l’ère chrétienne depuis la Résurrection du Christ ».

Depuis, un autre miracle cosmique eut lieu dans la nuit de 25 au 26 janvier 1938 où le ciel s’embrasa au-dessus de tous les pays qui allaient entrer en guerre, miracle qui est de plus la réalisation d’une prophétie puisqu’il avait été annoncé le 13 juillet 1917.

Tous ces signes marquent donc non seulement l'origine divine du message de Fatima, mais aussi son importance, sans égal dans toute l'histoire des apparitions célestes, qu'elles soient de Notre-Seigneur, de la Très Sainte Vierge ou des saints. Car si Dieu a pris soin d’authentifier le message de Fatima d’une façon aussi extraordinaire, ce n’est sûrement pour rappeler des choses banales. Le miracle de la danse du soleil est « aux événements et au message de Fatima ce que le miracle de la Résurrection est à l’Évangile », selon l’excellente expression du frère Michel de la Sainte Trinité.

La dévotion au Cœur Immaculé de Marie

Or quel est en substance le fond de ce message si important ? Dieu veut que la dévotion au Cœur Immaculé de Marie se répande dans le monde entier. Il ne nous appartient pas de connaître les motifs qui Le conduisirent à exprimer ses demandes à telle époque plutôt qu’à telle autre. Nous savons simplement qu’Il voulut le développement de la dévotion au Sacré-Cœur à partir du XVIIe siècle et celui de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie à partir du XXe siècle. Telles sont ses volontés.

La similitude entre les demandes faites à Paray-le-Monial et à Fatima ne doit pas nous étonner. En voici une raison exposée par le pape Pie XII dans son message du 8 décembre 1942 :

Les fidèles doivent veiller à associer étroitement le culte du Sacré-Cœur et le culte envers le Cœur Immaculé de Marie, car notre salut vient de l'amour et des souffrances de Jésus-Christ indissolublement unis à l'amour et aux souffrances de sa Mère. C'est pourquoi il convient que le peuple chrétien rende aussi au Cœur très aimant de sa céleste Mère, de semblables hommages de piété, d'amour, de gratitude et de réparation. Aux âmes de péché, à celles qui souffrent de leurs fautes, à celles qui veulent expier les péchés des autres, la dévotion du Cœur de leur Mère paraît être un havre à la fois d'idéal et de pardon.

Et pour quelle raison Dieu veut-Il l’établissement dans le monde de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie ? Pour que, par elle, nous obtenions la conversion des pécheurs. Celle-ci a été la préoccupation permanente de l’Ange et de Notre-Dame : tous deux ont demandé avec insistance de prier et de faire des sacrifices pour l’obtenir. Déjà avant Fatima, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus nous avait montré la nécessité de prier pour les pécheurs lorsqu’elle pria pour Pranzini, un condamné à mort, qui ainsi eut la grâce de se convertir quelques minutes avant son exécution. Cette histoire nous prouve que, par nos prières, nous pouvons obtenir la conversion des pécheurs. Et la toute dernière phrase du code de droit canon de 1983 (canon n° 1752) rappelle opportunément l’importance que l’Église y attache : « (...) le salut des âmes doit toujours être dans l’Église la loi suprême»

Une promesse de salut

Et Dieu tient tellement à cette dévotion qu’Il y attache une grâce extraordinaire : notre salut éternel ! Comprenons-nous bien la grâce que nous obtiendrons si nous pratiquons cette dévotion ? Notre-Dame elle-même nous promet le salut si nous la pratiquons. Mesurons-nous le trésor que représente une telle promesse ? Et il ne s’agit pas d’une erreur de traduction, car dans une lettre écrite le 17 décembre 1927, adressée à son confesseur, le père Aparicio, et où sœur Lucie révèle pour la première fois les paroles de Notre-Dame du 13 juin 1917, l’expression portugaise employée est : « prometo a salvação » (« je promets le salut »). 

Dans cette même lettre, Lucie raconte ensuite l’apparition de Notre-Dame à Pontevedra le 10 décembre 1925, au cours de laquelle la Sainte Vierge demanda la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Après avoir indiqué en quoi elle consistait, Notre-Dame ajouta : à tous ceux qui la pratiqueront cinq mois de suite, « je promets de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme ».

Ce point est le tout premier point du secret que sœur Lucie révéla. Ce n’est que deux ans plus tard qu’elle révélera la demande de consécration de la Russie. Et il faudra attendre encore une douzaine d’années avant qu’elle dévoile la plus grande partie du secret du 13 juillet 1917.

Cet ordre est important à connaître, car il indique la priorité des demandes transmises par Notre-Dame. La première, et donc la plus importante, concerne la dévotion au Cœur Immaculé, en particulier la communion réparatrice des premiers samedis du mois, comme moyen de se sauver et d’obtenir la conversion des pécheurs. C’est donc cette demande que nous devons satisfaire en priorité. Combien recevrions-nous de grâces en méditant régulièrement ces paroles de notre mère du Ciel ! Quel trésor inestimable que cette dévotion au Cœur Immaculé de Marie par laquelle Notre-Dame elle-même nous promet le salut !

Une place de choix au Ciel

Mais là ne s’arrête pas les grâces accordées à cette dévotion. Non seulement sa révélation a été authentifiée de façon extraordinaire, non seulement elle nous promet le salut, mais en plus les âmes qui embrasseront cette dévotion seront « chéries de Dieu » ! Et pour illustrer cette affection particulière de Dieu, Notre-Dame ajoute : « comme des fleurs placées par Moi pour orner son trône ».  Ces âmes seront donc dignes d’orner le trône divin ! Quelle grâce extraordinaire ! Et quelle joie pour elles de pouvoir ainsi contenter Dieu ! Jamais auparavant le Ciel n’a accordé autant de grâces pour une dévotion particulière.

Et en quoi consiste cette dévotion ? En trois choses essentiellement :

  • Offrir tous les sacrifices de la vie quotidienne pour obtenir la conversion des pécheurs, en récitant si possible la première prière que Notre-Dame enseigna le 13 juillet 1917 : « Ô mon Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs et en réparation des outrages commis envers le Cœur Immaculé de Marie ».
  • Réciter tous les jours notre chapelet en ajoutant après chaque dizaine la deuxième prière enseignée le 13 juillet : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous, préservez-nous du feu de l’enfer. Conduisez au Ciel toutes les âmes, spécialement celles qui en ont le plus besoin»
  • Faire une communion réparatrice le premier samedi du mois.

Alors empressons-nous de bien connaître cette dévotion si chère au cœur de Dieu. Pratiquons-la avec ferveur, par amour pour Notre-Dame et Notre-Seigneur. Et faisons-la connaître autour de nous pour répondre à la volonté divine qui veut qu’elle soit répandue dans le monde entier.

À ce propos, n’oublions pas le prochain premier samedi du mois. Faisons notre communion réparatrice par amour pour les pécheurs, pour obtenir leur conversion comme sainte Thérèse obtint la conversion de Pranzini.

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

Bienheureux François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

mardi 19 mai 2020

23ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 juillet 1917 : « Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et dites souvent, spécialement chaque fois que vous ferez un sacrifice : "Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie" ».

 

La réparation des outrages envers la Sainte Vierge

Le 13 juillet, après avoir rappelé différentes choses aux petits voyants, Notre-Dame leur dit : « Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et dites souvent, spécialement chaque fois que vous ferez un sacrifice : "Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie" ».

Notre-Dame reprend ainsi une demande déjà exprimée l’année précédente par l’Ange qui avait expliqué comment faire des sacrifices. Elle confirme la nécessité de se sacrifier pour les pécheurs et apprend pour cela une prière aux petits voyants. Et dans cette prière, elle révèle un point très important : elle précise l’esprit dans lequel offrir ces sacrifices.

Il faut en premier lieu, les faire par amour pour Jésus. Dieu est offensé par nos péchés. Pour cela nous devons compenser nos manques d’amour par des sacrifices offerts par amour. François l’avait parfaitement compris et n’avait qu’un désir : « consoler Notre-Seigneur ».

Ensuite, il faut offrir des sacrifices pour la conversion des pécheurs, but essentiel des apparitions de Fatima.

Enfin, la Sainte Vierge ajoute une nouvelle intention : les péchés commis contre son Cœur Immaculé. Car comme Jésus, elle est offensée par les péchés des hommes.

Et notons bien l’ordre des différentes intentions : en premier Notre-Seigneur, ce qui est normal puisqu’Il est le créateur et l’auteur de toute chose ; ensuite la conversion des pécheurs, car il y a urgence ; enfin, les outrages envers le Cœur Immaculé de Marie. Quel merveilleux équilibre dans cet ordre !

Très vite, Jacinthe eut l’audace d’y ajouter une quatrième intention : le Saint-Père. Voici deux épisodes rapportés par Lucie dans son premier mémoire.

Deux prêtres vinrent nous interroger et nous recommandèrent de prier pour le Saint-Père. Jacinthe demanda qui était le Saint-Père. Ces bons prêtres nous expliquèrent qui il était, et combien il avait besoin de prières. Jacinthe ressentit tant d’amour envers le Saint-Père que, chaque fois qu’elle offrait ses sacrifices à Jésus, elle ajoutait : « – Et pour le Saint-Père. »

(…) Quelque temps après, alors que nous étions en prison, ce qui coûtait le plus à Jacinthe, c’était l’abandon de ses parents. Elle disait, les larmes aux yeux : « – Ni tes parents, ni les miens ne sont venus nous voir. Ils ne se soucient plus de nous ! » « – Ne pleure pas, lui disait François. Nous offrons cela à Jésus pour les pécheurs. »

Et levant les yeux et les mains au ciel, il fit cette offrande : « – Ô mon Jésus, c’est pour votre amour et pour la conversion des pécheurs. » Jacinthe ajouta : « C’est aussi pour le Saint-Père, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie. »

L’esprit de sacrifice

Pour bien comprendre la demande de Notre-Dame, il n’est sans doute pas inutile de rappeler la différence entre sacrifice et pénitence.

La pénitence, au sens de l’Évangile et de la théologie, est un acte de justice par lequel le pécheur se rappelant avec douleur et confusion qu’il a offensé Dieu, s’efforce de réparer cet outrage et de reconquérir la grâce divine. « Si vous ne faites pas pénitence, disait Notre-Seigneur, vous périrez tous ». La pénitence est donc un effort ou une privation que l’on s’impose pour réparer nos fautes personnelles ou gagner une grâce pour soi-même. Le pénitent est celui qui rachète ses fautes. À l’issue de la confession, le prêtre nous donne une pénitence qui aura la vertu de racheter une partie de la peine restant à purger après l’absolution.

Le sacrifice, quant à lui, est de l’ordre de la charité. Il est fait pour son prochain. Il est donc plus désintéressé, plus empreint d’amour. On peut se l’imposer, mais il est aussi très fréquent qu’il ne soit que l’acceptation avec joie d’un devoir pénible. Saint Louis de Gonzague disait : « Les mortifications qui viennent des saisons, de la température sont d’autant plus méritoires, acceptées courageusement, qu’elles sont moins de notre choix ». Ainsi, Notre-Seigneur n’est pas mort sur la croix par pénitence : c’est un sacrifice demandé par son Père et pleinement accepté pour la réparation de nos péchés.

Certes, il ne faut pas marquer outre mesure la différence entre les deux, car dans le langage courant, il est assez fréquent d’utiliser l’un pour l’autre. Mais, il est nécessaire d’en souligner la différence afin de bien comprendre la demande de Notre-Dame. En demandant des sacrifices, elle veut que nous nous préoccupions davantage du salut de notre prochain. Certes, il ne faut pas oublier le nôtre. C’est probablement pour cela que Lucie répondit un jour au chanoine Formigâo que Notre-Dame voulait que le peuple fasse pénitence. Car notre conversion personnelle demande que nous fassions pénitence en expiation pour nos péchés. Mais, beaucoup malheureusement ne se préoccupent pas de leur salut et risquent d’aller en enfer. Pour éviter cela, il est nécessaire que d’autres prient pour eux et fassent des sacrifices pour leur conversion. Voilà l’essence du message de Fatima.

L’esprit de réparation

Ensuite, Notre-Dame a ajouté une intention : réparer les péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie. C’est la première fois que le Ciel indique cette nécessité. Notre-Dame la confirmera quelques instants après, en disant : « Je viendrai demander (…) la communion réparatrice des premiers samedis du mois ». La communion du premier samedi du mois doit effectivement être faite dans l’esprit de réparer les péchés commis envers au Cœur Immaculé de Marie.

Sur ce point particulier, certains ont émis des réserves. Selon eux, l’esprit devant animer la dévotion envers la Sainte Vierge serait non pas un esprit de réparation, mais plutôt une attitude de confiance dans l'amour du cœur de notre Mère du Ciel et surtout de celui de son divin fils. Pour d’autres, la réparation impliquerait un effort pour réparer nos fautes ou celles des autres et sous-tendrait une idée de justice alors que les relations avec Notre-Dame devraient au contraire être pleines d’un esprit d’amour et de miséricorde.

Ces remarques ne sont pas fausses en soi. Car, effectivement, la confiance en l’amour de Notre-Dame et l’immense Miséricorde de Notre-Seigneur doivent être aussi à la source de nos prières. Cependant, dans la prière enseignée le 13 juillet 1917, Notre-Dame dit bien : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie. » Certes, notre amour pour Notre-Seigneur et Notre-Dame doit être premier et inspirer toutes nos dévotions. Toutefois, il n’est pas possible d’écarter l’esprit de réparation de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.

De plus, le terme "réparation" a été employé aussi bien par l'Ange que par Notre-Dame. À l’été 1916, l’Ange demanda : « De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. »

Dans la prière qu’il enseigna aux petits bergers au cours de l’apparition de l’automne 1916, il est demandé : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. »

De son côté, le 13 mai 1917, Notre-Dame leur avait déjà demandé : « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ? » Notons que Notre-Dame utilisa exactement la même expression que l’Ange l’année précédente : offrir des sacrifices « en acte de réparation pour les péchés par lesquels Jésus est offensé ». Par contre le 13 juillet, elle demanda des sacrifices « pour la conversion des pécheurs et en réparation des péchés commis contre son Cœur Immaculé ».

Par la suite, l’Enfant-Jésus et Notre-Dame parleront surtout de la réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie. Le 10 décembre 1925, à Pontevedra, l’Enfant-Jésus dit à sœur Lucie : « Aie compassion du Cœur de ta Très Sainte Mère, entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment, sans qu’il y ait personne pour faire un acte de réparation afin de les en retirer. »

Puis la Sainte Vierge lui dit : « Vois, ma fille, mon Cœur entouré d’épines que les hommes ingrats m’enfoncent à chaque instant, par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui, pendant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la sainte Communion, réciteront un chapelet et me tiendront compagnie pendant quinze minutes, en méditant sur les quinze mystères du Rosaire en esprit de réparation, je promets de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme ».

Peu après, le 15 février 1926, l'Enfant-Jésus lui dit à nouveau : « Les âmes qui font les cinq premiers samedis avec ferveur et dans le but de faire réparation au Cœur de ta Mère du Ciel me plaisent davantage que celles qui en font quinze, tièdes et indifférents. » Puis concernant la confession : « Que, dans cette confession antérieure, elles aient l’intention de faire ainsi réparation au Sacré Cœur de Marie. »

Enfin, le 13 juin 1929, Notre-Dame reviendra sur le sujet : « Elles sont tellement nombreuses les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie. »

Et il n’y a pas qu’à Fatima que cet esprit de réparation sera demandé par le Ciel. En effet, à la même époque, à Poitiers, Notre-Seigneur donnait un enseignement analogue à sœur Josepha Ménendez. Voici par exemple ce qu’Il lui dit le 25 février 1922 : « Les pécheurs excitent la Colère divine. Mais les âmes qui M’aiment, s’immolent et se consument comme victimes de réparation, attirent la Miséricorde de Dieu, et voilà ce qui sauve le monde. » (Tiré de Un appel à l’amour).

Il est donc clair que Notre-Seigneur et Notre-Dame nous demandent de réparer pour les péchés commis envers les Cœurs de Jésus et Marie. Et, nous dit Notre-Seigneur, si nous faisons ces actes de réparation, « nous sauverons le monde » !

Cet esprit de réparation n'est d’ailleurs nullement incompatible avec un échange d'amour, bien au contraire. Essayons de l’illustrer par un exemple. Imaginons qu’une personne que nous aimons beaucoup ait perdu une chose à laquelle elle tenait particulièrement. Pour la consoler, nous allons l’entourer de toute notre affection. Mais ne sera-t-elle pas encore plus touchée si, en plus, nous lui offrons quelque chose pour remplacer, au moins partiellement, ce qu’elle a perdu ? Certes, la compensation ne sera probablement pas totale, mais, en plus de limiter la perte subie, elle aura le mérite de marquer notre affection par un acte concret. Ainsi, la réparation n’est pas seulement un acte de justice qui répare un préjudice : elle est aussi un moyen de prouver de façon concrète l’amour que nous portons aux personnes dans l’affliction. Pourquoi n'en serait-il pas de même avec Notre-Dame ?

Alors, quand nous offrons un des sacrifices de notre vie quotidienne, pensons à l’offrir non seulement par amour pour Jésus et pour la conversion des pécheurs, mais aussi pour réparer les offenses faites envers le Cœur Immaculé de Marie « entouré d’épines que les hommes ingrats enfoncent à chaque instant, par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes ».

 

 

 

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Saints François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

 

Lundi 18 mai 2020

22ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte-Vierge

13 juillet 1917 : « Je veux (…) que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’Elle seule peut les obtenir. »

La récitation quotidienne du chapelet

Le 13 juillet 1917, Notre-Dame répéta pour la troisième fois qu’il fallait réciter le chapelet tous les jours. Et elle le redira encore lors des trois apparitions suivantes. Ainsi, à chacune des six apparitions de 1917, Notre-Dame demanda (on pourrait presque dire réclama) la récitation quotidienne du chapelet.

  • 13 mai 1917 : « Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre ».
  • 13 juin 1917 : « Je veux (…) que vous disiez le chapelet tous les jours ».
  • 13 juillet 1917 : « Je veux (…) que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre ».
  • 19 août 1917 : « Je veux (…) que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours ».
  • 13 septembre 1917 : « Continuez à réciter le chapelet pour obtenir la fin de la guerre ».
  • 13 octobre 1917 : « Que l’on continue toujours à dire le chapelet tous les jours ».

Cette demande est la seule à avoir été faite systématiquement à chaque apparition : elle est donc particulièrement importante, car cette insistance n’est sûrement pas fortuite. En outre, à partir de la troisième apparition, la Sainte Vierge parla à chaque fois de Notre-Dame du Rosaire :

  • 13 juillet 1917 : « Je veux (…) que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire ».
  • 19 août 1917 : « Notre-Seigneur viendra bénir le peuple. Viendra aussi Notre-Dame du Rosaire et Notre-Dame des Douleurs. (…) L’argent des brancards sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire ».
  • 13 septembre 1917 : « Avec la moitié de l’argent reçu jusqu'à ce jour, que l’on fasse les brancards de procession et qu’on les porte à la fête de Notre-Dame du Rosaire ».
  • 13 octobre 1917 : « Je suis Notre-Dame du Rosaire ».

Enfin les trois tableaux que la Sainte Vierge montra aux petits voyants pendant la danse du soleil lors de la dernière apparition, illustrent les trois séries des mystères du rosaire : la Sainte Famille pour les mystères joyeux, Notre-Dame des douleurs pour les mystères douloureux et Notre-Dame du Rosaire sous les traits de Notre-Dame du Mont Carmel pour les mystères glorieux.

Fatima est donc la consécration d’une part du chapelet quotidien comme prière privilégiée par le Ciel, après le saint Sacrifice de la Messe, d’autre part de Notre-Dame du Rosaire comme nom particulier de la Sainte Vierge. Voilà pourquoi toute sa vie, sœur Lucie ne cessa d’insister sur l’importance de la récitation quotidienne du chapelet. Voici par exemple la lettre qu’elle écrivit le 16 septembre 1970 à une de ses amies, Mère Maria José Martins. Il faut la lire intégralement, car toutes les réflexions de sœur Lucie méritent d’être méditées. N’oublions pas qu’elle vit la Sainte Vierge de nombreuses fois : nulle autre qu’elle n’est donc plus autorisée pour nous parler du chapelet.

Chère Mère Martins,

Quant à ce que vous me dites au sujet de la récitation du chapelet, c’est une grande peine ! Parce que la prière du Rosaire ou chapelet est, après la sacrée liturgie de l’Eucharistie, celle qui nous unit le plus à Dieu par la richesse des prières qui la composent, toutes venant du Ciel, dictées par le Père, le Fils et l’Esprit-Saint.

Le Gloria que nous récitons à tous les mystères fut dicté par le Père aux Anges lorsqu’Il les envoya chanter auprès de son Verbe qui venait de naître, et c’est une hymne à la Sainte Trinité.

Le Notre Père nous fut dicté par le Fils et c’est une prière dirigée vers le Père.

L’Ave Maria tout entier est imprégné de sens trinitaire et eucharistique : les premières paroles furent dictées par le Père à l’Ange lorsqu’il l’envoya annoncer le mystère de l’Incarnation du Verbe : « Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. » Vous êtes pleine de grâce parce que, en vous, réside la fontaine de cette même grâce. C’est par votre union à la Très Sainte Trinité que vous êtes pleine de grâce.

Mue par l’Esprit-Saint, sainte Élisabeth a dit : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus le fruit de vos entrailles est béni. » Si vous êtes bénie, c’est parce que Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

Mue par l’Esprit-Saint, l’Église aussi a ajouté : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort ». Cela est aussi une prière dirigée à Dieu par Marie. Parce que vous êtes Mère de Dieu, priez pour nous. C’est une prière trinitaire, oui, parce que Marie fut le premier temple vivant de la Très Sainte Trinité : « L’Esprit-Saint descendra sur vous. Le Père vous couvrira de Son ombre. Et le Fils qui naîtra de vous sera appelé le Fils du Très-Haut. »

Marie est le premier tabernacle vivant où le Père a enfermé son Verbe. Son Cœur Immaculé est la première custode qui l`a gardé, son sein et ses bras furent le premier autel et le trône sur lequel le Fils de Dieu fait homme a été adoré. C’est là que les anges, les bergers et les mages l’ont adoré. Marie est le premier prêtre qui prit en ses mains pures et immaculées le Fils de Dieu, le conduisit au temple pour l’offrir au Père comme victime pour le salut du monde.

Ainsi la prière du chapelet est, après la sacrée liturgie de l’Eucharistie, celle qui nous introduit le mieux dans le mystère intime de la Très Sainte Trinité et de l’Eucharistie, et celle qui nous met le mieux dans l’esprit les mystères de Foi, d’Espérance et de Charité. Elle est le pain spirituel des âmes. Celui qui ne prie pas dépérit et meurt. C’est dans la prière que nous rencontrons Dieu et c’est dans cette rencontre qu’il nous communique la Foi, l’Espérance et la Charité, vertus sans lesquelles nous ne nous sauverons pas.

Le chapelet est la prière des pauvres et des riches, des savants et des ignorants : retirer cette dévotion aux âmes, c’est leur retirer le pain spirituel de chaque jour. C’est elle qui maintient la petite flamme de la foi qui n’est pas encore tout à fait éteinte dans beaucoup de consciences. Même pour ces âmes qui le récitent sans méditer, le simple fait de prendre leur chapelet pour prier, c’est déjà se souvenir de Dieu, du surnaturel. Le simple rappel des mystères, à chaque dizaine, est plus qu’un rayon de lumière pour soutenir dans les âmes la mèche qui fume encore.

C’est pour cela que le démon lui a tant fait la guerre ! Et le pire c’est qu’il a réussi à abuser et à tromper des âmes ayant une lourde responsabilité par le poste qu’elles occupent !... Ce sont des aveugles guidant d’autres aveugles !... Ils veulent s’appuyer sur le concile, et ne voient pas que le Concile Sacré a ordonné que soient conservées toutes les pratiques, qui, au long des années, ont été pratiquées en l’honneur de la Vierge Immaculée, Mère de Dieu, et que la prière du Saint Rosaire ou du chapelet en est une des principales, laquelle en face de l’ordre donné par le Concile Sacré et par le Pontife Suprême, nous sommes obligés, c’est-à-dire nous devons le conserver.

J’ai une grande espérance que n’est pas loin le jour où la prière du Saint Rosaire et du chapelet sera déclarée prière liturgique ; oui, parce qu’elle fait tout entière partie de la sacrée liturgie eucharistique. Prions, travaillons, sacrifions-nous, et ayons confiance : « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ! »

Sœur Lucie, i. c. d.

Par cette lettre, il est possible de mesurer toute l’importance que sœur Lucie attachait au chapelet, importance qu’elle tenait de Notre-Dame elle-même. Il faut vraiment méditer cette lettre pour bien comprendre que le chapelet est une prière non seulement voulue par Notre-Dame, mais également universelle, en ce sens qu’elle est à la fois à la portée de tous et pleine de tout l’Évangile.

Outre son insistance sur la récitation quotidienne du chapelet, il y a un autre point important que révéla Notre-Dame lors de sa troisième apparition : elle donna le but de cette récitation : « pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’Elle [Notre-Dame du Rosaire] seule peut les obtenir. »

Déjà le 13 mai elle avait demandé la récitation du chapelet : « pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre ». (Voir méditation du 17e jour) Ici, non seulement elle donne le même but : la fin de la guerre et la paix dans le monde, mais elle ajoute : « car seule Elle peut les obtenir ». Notre-Dame affirme donc qu’elle est la seule à pouvoir nous obtenir la paix ! Ceci est en parfaite conformité avec l’enseignement de l’Église (voir les précédentes méditations) : Dieu veut que tous les mérites acquis par son Fils passent par Notre-Dame. Aussi la grâce de la paix, comme toutes les autres grâces, doit-elle être demandée à Notre-Dame. Et Notre-Dame ne donne qu’un moyen pour la lui demander : la récitation du rosaire.

Jacinthe avait parfaitement compris ce point et son importance. Voici pourquoi elle confia à sa cousine peu avant de mourir :

Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie, que c’est à elle qu’il faut les demander, que le Cœur de Jésus veut qu’on vénère avec lui le Cœur Immaculé de Marie, que l’on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie, car c’est à elle que Dieu l’a confiée.

Cette puissance de Notre-Dame est également un enseignement de l’histoire. Le rosaire a obtenu plusieurs victoires comme il a déjà été dit dans une précédente méditation. Voici un exemple.

Au début du règne de Louis XIII, le protestantisme menaçait la France. Car après les guerres de religion et l’Édit de Nantes, la puissance protestante était devenue un État dans l'État. Le roi chercha à réduire La Rochelle soutenue par l'Angleterre. Sur sa demande, le rosaire fut récité devant toute la cour par le couvent des dominicains du faubourg Saint Honoré. Puis le roi demanda aux dominicains d'instruire l'armée. 15 000 chapelets furent distribués aux soldats. Et tous les soirs, les protestants pouvaient voir les troupes chanter Ave et cantiques à la lueur des torches, portant une statue de Notre-Dame tout autour de la ville, laquelle tomba le 1er novembre 1628. En remerciement, Louis XIII fit construire l'église de Notre Dame des Victoires à Paris et consacra le royaume de France à Notre Dame le 10 février 1638.

Ces victoires ont toutes en commun d’avoir redressé des situations humainement désespérées, Elles sont toutes inexplicables tant le déséquilibre des forces en présence était grand. À la bataille de Muret (12 septembre 1213) par exemple, la première en date, car ayant eu lieu très peu de temps après la révélation du Rosaire par Notre-Dame à saint Dominique, les 800 chevaliers français appelés par le pape Innocent III et menés par Simon de Montfort eurent à affronter une armée de 34 000 hommes : des cathares renforcés par des espagnols conduits par Pierre II d'Aragon. Pendant toute la bataille, saint Dominique fit prier le rosaire dans l'église de Muret. La victoire fut fulgurante : 8 tués côté français et 10 000 côté espagnol et cathare, dont Pierre II. Elle permit le retour de la paix.

(Pour plus de précisions sur ces batailles gagnées, vous pouvez lire l’article Les victoires temporelles du rosaire sur le site de Cap Fatima).

Ces quelques exemples montrent la puissance de Notre-Dame. Et non seulement le Rosaire est un moyen puissant, mais c’est aussi le seul, car Notre-Dame a bien dit qu’elle seule pouvait nous obtenir la paix. C’est un point qui semble bien oublié aujourd’hui : si nous voulons redresser le cours des choses et mettre fin à la décadence actuelle dans notre pays ou dans le monde, il faut certes continuer à agir sur le terrain avec calme et détermination, comme cela est fait en de nombreux endroits. Mais, il est urgent d’y associer la récitation du rosaire. Sans cela, toutes nos actions seront vouées à l’échec.

Alors, un peu plus de cent ans après les apparitions, réfléchissons bien à cette phrase de Notre-Dame : « Je veux (…) que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’Elle seule peut les obtenir ». Et promettons à Notre Mère du Ciel de lui obéir et de réciter notre chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour notre pays et pour le monde entier.

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Saints François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 17 mai 2020

21ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 juin 1917 : « Ne te décourage pas. Je ne t’abandonnerai jamais. Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’ à Dieu ».

Le Cœur Immaculé de Marie, chemin pour aller au Ciel

Après avoir appris que ses deux petits cousins, François et Jacinthe, iraient bientôt au Ciel et qu’elle, elle resterait seule sur la terre, la pauvre Lucie eut un moment d’inquiétude bien compréhensible, et demanda : « Je vais rester ici toute seule ? ». La Sainte Vierge, ne voulant pas lui cacher le courage qu’il lui faudra pour affronter cette solitude, lui répondit : « Ne te décourage pas. Je ne t’abandonnerai jamais. Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. »

La Sainte Vierge est notre Mère. À travers saint Jean, au pied de la croix, le Christ a fait de sa Mère notre Mère. Aussi sommes-nous tous devenus ses enfants. C’est ce que rappelle Notre-Dame à Lucie : je suis ta Mère, donc « je ne t’abandonnerai jamais. » Car une vraie mère n’abandonne jamais son enfant.

Ensuite, pour la troisième fois, la Sainte Vierge donna un moyen pour aller au Ciel : se réfugier dans son Cœur Immaculé. En effet, concernant François, elle avait dit, lors de la première apparition : il ira au Ciel, « mais il devra dire beaucoup de chapelets. » Puis concernant la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, elle avait dit : « à qui embrassera cette dévotion, je promets le salut. » Et juste après, elle confie à Lucie : « mon Cœur Immaculé sera (…) le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. »

C’est pourquoi la Sainte Vierge doit avoir une place de choix dans notre cœur. Car elle nous a promis le salut si nous l’aimons et ne nous abandonnera pas si nous nous réfugions dans son Cœur Immaculé, quelles que soient les difficultés que nous rencontrerons.

Cet amour privilégié de la mère est inscrit dans le cœur même de l’homme, comme en témoigne l’histoire suivante. Une maman enseignait à son enfant comment faire le signe de la croix. Elle prit la petite main et la guida vers le front : « Au nom du Père... et du Fils... et du Saint Esprit ». Mais l'enfant restait pensif. « Allons, répète avec moi : Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit... » Alors, l'enfant l'interrompit : « Et la maman, où est-elle ? ».

Émouvante intuition de l'enfant ! La présence de notre Mère du Ciel n'est pas du tout secondaire pour la vie chrétienne ; la dévotion à la Sainte Vierge n'est absolument pas un ornement superflu dont on pourrait spirituellement se passer sans aucun dommage.

Au contraire, « Jésus s'obscurcit quand Marie est dans l'ombre », écrivit le père Faber. Sans la dévotion à la Sainte Vierge, l'amour envers Jésus diminue. Ainsi, saint Alphonse de Liguori voulait la présence de la Sainte Vierge auprès de lui dans tout ce qu'il faisait. Quand il prêchait, il voulait que l'image de Marie soit toujours fixée sur la chaire. Un jour, dans un pays, il ne trouva pas l'image de Marie. Il dit alors à ceux qui étaient les plus proches de lui : « Ce soir, la prédication n'aura pas de grands effets parce que la Sainte Vierge n'est pas là ! »

La médiatrice de toutes grâces

Mais il y a plus. Depuis toujours, l'Église enseigne que la dévotion à la Sainte Vierge est moralement nécessaire au chrétien pour qu'il ait part au salut. « La piété de l'Église envers la Vierge Marie est un élément intrinsèque du culte chrétien » enseigne Paul VI dans Marialis Cultus (n° 56).

Car la médiation de la Sainte Vierge est un enseignement constant de l’Église. Saint Bernard disait déjà : « Telle est la volonté de Dieu qui a voulu que nous ayons tout par Marie : si donc nous avons quelque espérance, quelque grâce, quelque don salutaire, sachons que cela découle de ses mains ». (De Aqueductu, n° 6)

Plus près de nous, saint Bernardin de Sienne n’hésitait pas à dire : « Tous les dons, les vertus et les grâces de l’Esprit-Saint sont distribués par les mains de Marie à qui elle veut, quand elle veut, comme elle veut et autant qu’elle veut ». (Sermo in Nativ. B. V., art 1, cap 3)

Dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, saint Louis-Marie Grignion de Montfort, va jusqu’à dire, au n° 25 :

Dieu le Saint-Esprit a communiqué à Marie, sa fidèle Épouse, ses dons ineffables, et il l’a choisie pour la dispensatrice de tout ce qu’il possède : en sorte qu’elle distribue à qui elle veut, autant qu’elle veut, comme elle veut et quand elle veut, tous ses dons et ses grâces, et il ne se donne aucun don céleste aux hommes qu’il ne passe par ses mains virginales.

Et au n° 140, il est encore plus précis :

Le Père n’a donné et ne donne son Fils que par elle, ne se fait des enfants que par elle, et ne communique ses grâces que par elle ; Dieu le Fils n’a été formé pour tout le monde en général que par elle, n’est formé tous les jours et engendré que par elle dans l’union au Saint-Esprit, et ne communique ses mérites que par elle ; le Saint-Esprit n’a formé Jésus-Christ que par elle, ne forme les membres de son Corps mystique que par elle, et ne dispense ses dons et faveurs que par elle.

Cet enseignement fut confirmé par au moins deux papes. Dans l’encyclique Octobri Mense du 22 septembre 1891, Léon XIII déclare :

Il est permis d’affirmer que rien, d’après la volonté de Dieu, ne nous est donné sans passer par Marie, de telle sorte que, comme personne ne peut s’approcher du Père tout-puissant sinon par son Fils, ainsi personne, pour ainsi dire, ne peut s’approcher du Christ que par sa mère.

Et quelques années plus tard, dans l’encyclique Ad Diem Illum Laetissimum du 2 février 1904, saint Pie X confirma l’enseignement de Léon XIII :

Par la communion des douleurs et de volonté entre le Christ et Marie, cette dernière a mérité de devenir la dispensatrice de tous les bienfaits que Jésus nous a acquis par son sang.

En disant « Mon Cœur Immaculé sera le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu », Notre-Dame a donc confirmé ce qu’enseignait la Tradition. Et quatre ans après les apparitions, en 1921, bien avant que Lucie ait commencé à parler du secret, le pape Benoît XV le confirma une nouvelle fois en instituant une fête de Marie Médiatrice de toutes grâces le 31 mai (fête transférée depuis au 31 août).

C’est pourquoi Pie XI, dans la conclusion de l’encyclique Miserentissimus, put écrire :

(…) par sa mystérieuse union avec le Christ et par une grâce particulière reçue de Lui, [la Vierge Marie] fut aussi réparatrice et est pieusement appelée de ce nom. (…) [le Christ], seul Médiateur entre Dieu et les hommes, a voulu cependant s’associer sa Mère comme avocate des pécheurs et comme dispensatrice et médiatrice de ses grâces.

De son côté, Pie XII choisit de faire lire le passage suivant à l’épître de la messe pour la fête du Cœur Immaculé de Marie qu’il instaura en 1944 :

Je suis la mère du bel amour, de la crainte de Dieu, de la connaissance et de la sainte espérance. En moi est toute grâce de doctrine et de vérité ; en moi est tout espoir de vie et de force. (Ecclésiastique, XXIV, 17).

Aussi, nous ne pouvons pas douter que le Cœur Immaculé soit un chemin sûr pour aller à Dieu.

Elle nous unit à Jésus

Et non seulement Marie est un chemin sûr pour aller à Dieu, mais elle nous unit à son Fils ; elle nous rend semblable à Lui. Si Dieu nous a « prédestinés à devenir semblables à son Fils » (Rom. 8, 29), la sainte Vierge, dit encore saint Louis de Montfort, a été la "matrice" qui a formé Jésus et qui continue à former Jésus en tous ceux qui se confient à elle.

Sculpter une statue exige un long travail : se servir d'un moule, au contraire, est beaucoup plus simple. Ainsi, les dévots de la Sainte Vierge peuvent devenir « semblables à Jésus » de la manière « la plus rapide, la plus facile, la plus agréable », disait saint Maximilien Kolbe.

Combien est déplacée la mesquine préoccupation de celui qui regarde la dévotion à Marie avec un certain soupçon parce qu'il craint que l'on puisse exagérer et compromettre la plénitude de la vie chrétienne et de la plus haute sanctification. C'est justement le contraire ! L'Église l'enseigne très clairement. Car « l'unicité de la médiation du Christ (1 Tim 2 : 5) n'exclut pas d'autres médiations, dépendantes et subordonnées, mais les fonde et les appelle » explique le père Joseph de Sainte Marie.

Saint Pie X, dans une encyclique mariale, tenant compte de ce que disaient les Pères et les saints, écrit : « Personne au monde, autant que Marie, n'a connu à fond Jésus : personne n'est meilleur maître et meilleur guide pour faire connaître le Christ... En conséquence, personne n'est plus efficace que la Sainte Vierge pour unir les hommes à Jésus ».

Le Pape Paul VI de son côté affirme que non seulement Marie favorise, mais elle a mission d'unir à Jésus pour « reproduire dans les fils, les traits spirituels du Fils premier né » (Marialis cultus, 57).

Donc, quel trésor qu'une ardente dévotion envers la Sainte Vierge !

Elle nous conduit en Paradis

Un jour saint Gabriel de l'Addolorata dit à son père spirituel : « Père, je suis certain d'aller au Paradis ». « Et comment fais-tu pour le savoir ? » lui demanda le Père. « Parce que j'y suis déjà. J'aime la Sainte Vierge, donc je suis déjà en paradis ! ».

C'est exactement ainsi. L'amour envers la Sainte Vierge est un signe de prédestination, une garantie pour le ciel. C'est aussi un enseignement constant de l'Église. Il suffit de rappeler ici la pensée de quelques grands docteurs de l'Église.

Saint Augustin dit que tous les prédestinés sont déjà dans le sein de la Vierge : c'est pourquoi l'amour envers Marie est un signe précieux de salut. Saint Bonaventure enseigne que « quiconque est marqué par la dévotion à Marie sera inscrit dans le livre de vie ».

Saint Alphonse de Liguori affirme que « celui qui aime Marie peut être aussi certain d'aller en paradis que s'il s'y trouvait déjà ». Saint Léonard de Port Maurice va jusqu'à dire que « celui qui n'a pas de dévotion envers Marie ne peut être sauvé ».

Et il n'a pas tort. Saint Bonaventure en donne la raison : « De même que c'est par Marie que Dieu est descendu jusqu'à nous, ainsi il est nécessaire que ce soit par elle que nous montions jusqu'à Dieu » et « personne ne peut entrer au paradis si ce n'est en passant par Marie qui en est la porte ».

Quant à saint Charles Borromée, il faisait mettre l'image de Marie sur la porte des églises, car il voulait précisément faire comprendre aux chrétiens qu'on ne peut entrer dans le Temple du paradis sans passer par Marie « Porte du Ciel ».

En conclusion, aimons beaucoup la Sainte Vierge ; cultivons et partageons avec nos proches cet amour avec grand soin. Si nous n'avons pas cette dévotion envers Marie, demandons-la de toutes nos forces pour qu'elle soit le don et la faveur principale de cette consécration à son Cœur Immaculé.

Bien plus, il faut veiller à favoriser vraiment la dévotion mariale. Car si c'est un signe de prédestination, la dévotion à la Sainte Vierge doit avoir une place de choix dans notre cœur comme « le trésor caché dans un champ » dont parle Jésus dans l'Évangile (Mt 13, 44).

Rappelons cette splendide expression de saint Jean Damascène : « Dieu fait la grâce de la dévotion à Marie à ceux qu'il veut sauver ». Que cette "grâce" occupe tout notre cœur. C'est une grâce qui vaut le Paradis ! Saint Padre Pio disait que la dévotion envers la Sainte Vierge « vaut plus que la théologie et la philosophie ». De son côté, saint Maximilien disait que l'amour envers la Sainte Vierge fait « vivre et mourir heureux ».

C’est tout cela que Notre-Dame a voulu dire à Fatima en révélant à Lucie : « Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. » Alors, comme Lucie, réfugions-nous dans le Cœur de la Sainte Vierge et suivons docilement le chemin qu’il nous indique, car c’est le chemin le plus sûr pour aller à Dieu.

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Saints François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

samedi 16 mai 2020

20ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 mai 1917 : « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ? »

Les souffrances de la vie quotidienne

Après avoir rappelé aux trois petits bergers l’existence du Ciel et du purgatoire (14ème et 15ème jours de la préparation), la Sainte Vierge leur demanda : « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ? » C’est la seule fois où Notre-Dame s’exprime sous forme de question. L’Ange avait toujours utilisé un ton impératif dans ses instructions. Ici, Notre-Dame demandait le consentement des petits voyants. Lucie n’hésita pas et répondit pour eux trois : « Oui, nous le voulons ». La Sainte Vierge leur indiqua alors les conséquences de ce choix : « Vous aurez alors beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort. »

C’est ainsi que par Notre-Dame révéla le premier élément concernant la dévotion à son Cœur Immaculé, à savoir les prières et les sacrifices pour la conversion des pécheurs.

Une confirmation des enseignements de l’Ange

La Sainte Vierge confirmait en quelque sorte les enseignements que, par trois fois, l’Ange avait donnés aux trois petits bergers l’année précédente.

Et effet, la prière apprise par l’Ange, lors de sa première apparition, se termine par : « Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, qui ne Vous aiment pas. »

Au cours de sa deuxième apparition, il leur demanda : « Offrez constamment au Très-Haut des prières et des sacrifices. (…) De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. (…) Surtout, acceptez et supportez, avec soumission, les souffrances que le Seigneur vous enverra. »

Enfin, lors de sa troisième apparition, il leur apprit une deuxième prière se concluant de la façon suivante : « Par les mérites infinis de son très Saint Cœur [de Jésus] et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs. »

Ainsi, à chacune des quatre premières apparitions de Fatima de 1916 et 1917, l’Ange ou Notre-Dame demandèrent aux trois petits voyants de prier ou de faire des sacrifices pour la conversion des pécheurs. Notons aussi que la Sainte Vierge employa exactement la même expression que l’Ange pour définir le but de ces sacrifices : « en acte de réparation pour les péchés par lesquels Dieu est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. »

Une préoccupation permanente

De plus, non seulement Notre-Dame répéta clairement, au cours de sa première apparition, ce que l’Ange avait dit l’année précédente, mais, elle revint plusieurs fois sur le sujet dans les apparitions suivantes.

Le 13 juillet, Notre-Dame, rappela aux petits voyants la nécessité de faire des sacrifices, puis leur apprit une prière pour obtenir la conversion des pécheurs : « Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et dites souvent, spécialement chaque fois que vous ferez un sacrifice : "Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie" ». Puis, après leur avoir confié le secret, elle leur apprit une deuxième prière pour obtenir le salut des pécheurs : « Quand vous réciterez le chapelet, dites après chaque mystère : "Ô mon Jésus, pardonnez-nous. Préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin" ».

Enfin, le 19 août, Notre-Dame leur fit cette recommandation : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs. Car beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. »

Dans ses deux dernières apparitions, Notre-Dame ne revint pas sur le sujet. Elle n’en aura donc parlé que dans trois de ses apparitions. Malgré tout, sur les neuf apparitions de 1916 et 1917, le sujet fut abordé six fois et figure dans chacune des quatre prières enseignées. On le voit : c’est vraiment une préoccupation permanente des deux envoyés du Ciel. On comprend dès lors que Lucie ait pu dire au père Mc Glynn : « La conversion des pécheurs, et le retour des âmes à Dieu. Cette idée a été répétée dans toutes les apparitions ; c’est pourquoi je considère que c’est l’essentiel du message ». (Voir 7e méditation)

Les sacrifices demandés

La Sainte Vierge et l’Ange ne se sont pas contentés de demander des sacrifices ; ils ont aussi donné quelques précisions sur les sacrifices à faire.

L’Ange définit les sacrifices (2e apparition) comme « tout ce que l’on peut offrir » ou encore « les souffrances que le Seigneur nous envoie. » Si la première expression peut inclure des sacrifices que l’on s’impose, la deuxième expression par contre signifie clairement que les sacrifices demandés sont ceux que nous ne choisissons pas. Ce sont donc toutes les souffrances physiques dont nous sommes affectés et toutes les contrariétés ou souffrances morales que nous rencontrons.

Notre-Dame les définit de la même façon : « toutes les souffrances que Dieu voudra vous envoyer ». Encore une fois, elle confirme donc ce qu’a dit l’Ange l’année précédente.

Ainsi, les sacrifices demandés ne sont pas des pénitences que nous nous imposerions, mais l’acceptation des croix que nous rencontrons sur notre chemin.

Les précisions de Notre-Seigneur

Plus tard, Notre-Seigneur précisa Lui-même les sacrifices qu’Il désirait. Dans une lettre du 28 février 1943, sœur Lucie confia à Monseigneur Feirrera qui fut un de ses conseillers spirituels :

Voici la pénitence que le Bon Dieu demande aujourd’hui : c’est le sacrifice que chacun doit s’imposer à soi-même pour mener une vie de justice dans l’observance de sa loi. Et Il désire que l’on fasse connaître clairement cette voie aux âmes, car beaucoup donnent au mot "pénitence" le sens de grandes austérités, et comme elles ne se sentent ni force ni générosité pour cela, elles se découragent et se laissent aller à une vie de tiédeur et de péché.

Du jeudi au vendredi, me trouvant dans la chapelle avec la permission de mes supérieures, à minuit, Notre-Seigneur me dit : « Le sacrifice qu’exige de chacun l’accomplissement de son propre devoir et l’observance de ma loi, voilà la pénitence que je demande et que j’exige maintenant ».

Deux mois plus tard, dans une lettre du 4 mai 1943, elle confia au père Gonçalvès, un autre de ses directeurs spirituels qui avait été envoyé au Mozambique deux ans plus tôt :

Il désire que l’on fasse comprendre aux âmes que la véritable pénitence qu’Il veut et exige maintenant consiste avant tout dans le sacrifice que chacun doit s’imposer pour accomplir ses propres devoirs religieux et matériels.

Les sacrifices demandés sont donc les efforts que nous devons faire pour :

  • observer la loi de Dieu, notamment la loi morale,
  • respecter les exigences de sa justice,
  • accomplir son devoir d’état quotidien.

Il n’y a donc aucune pénitence que nous nous imposerions délibérément.

Et sœur Lucie le confirmera de nombreuses fois, notamment à John Haffert, le fondateur de l’Armée bleue : « Par sacrifice, Notre-Dame a dit qu’elle entendait l’accomplissement loyal du devoir d’état quotidien de chacun. (…) Nous devons prier afin d’obtenir les forces pour être capables d’accomplir notre devoir quotidien. »

Voici également ce qu’elle écrivit à Monseigneur Palha :

La pénitence du devoir d’état accompli parfaitement, voilà ce que Notre-Dame réclame. Il y a des âmes qui pensent à de grandes mortifications extraordinaires, à des macérations, dont elles ne se sentent pas capables, si bien qu’elles perdent courage. Lorsque Notre-Dame exige la pénitence, Elle parle de l’exact accomplissement du devoir d’état : c’est cela la sainteté.

Cela ne signifie nullement qu’il ne faut pas, de temps en temps, s’imposer des pénitences. Les petits voyants ne manquaient aucune occasion de faire des sacrifices. Voici ce que rapporte Lucie dans son premier mémoire :

Jacinthe prit tellement à cœur les sacrifices pour la conversion des pécheurs qu’elle ne laissait passer aucune occasion. Il y avait quelques enfants, fils de deux familles de Moita, qui passaient de porte en porte à mendier. Nous les rencontrâmes un jour alors que nous allions avec notre troupeau. En les voyant, Jacinthe nous dit : « Donnons notre goûter à ces pauvres enfants pour la conversion des pécheurs ! » Elle courut le leur porter.

Lucie rapporte de nombreux épisodes analogues dans ses mémoires. Mais ces sacrifices volontaires, s’ils ont bien sûr une grande valeur pour obtenir la conversion des pécheurs, ce ne sont pas ceux qui sont demandés par Dieu. Et c’est bien comme cela que les petits voyants l’ont compris. Voici comment ils réagirent après la deuxième apparition de l’Ange : « Dès ce moment, nous avons commencé à offrir au Seigneur tout ce qui nous mortifiait, mais sans chercher à nous imposer des pénitences particulières. »

Cette pratique est donc simple et accessible à tout le monde. Il ne s’agit pas de s’imposer des mortifications ou de réciter de nombreuses prières. Non ! Ce que le Ciel nous demande, c’est d’accomplir honnêtement notre devoir d’état, de respecter la loi divine, d’accepter avec humilité tous les efforts que cela demande et d’offrir ces efforts pour obtenir la conversion des pécheurs et pour réparer les outrages commis envers les cœurs de Jésus et de Marie. Pour cela, nul n’est besoin d’une compétence particulière ou d’une volonté surhumaine, même si cela demande une volonté solide.

Une dévotion parfaitement évangélique

Cette pratique d’offrir des sacrifices pour obtenir le salut des pécheurs est parfaitement conforme à l’esprit de l’Évangile. Car Dieu s’est incarné pour sauver les pécheurs et le Christ a souffert pour sauver les pécheurs. Le message de Notre-Dame n’est donc qu’un rappel de l’enseignement de l’Église depuis toujours.

Il n’y a d’ailleurs pas qu’à Fatima que le Ciel rappela cet enseignement. À peu près à la même époque, le 23 mars 1921, à Poitiers, Notre-Seigneur confia à sœur Josefa Ménendez :

Écoute, Josefa. Il y a des âmes chrétiennes et même pieuses qu’une attache suffit parfois à ralentir dans le chemin de la perfection. Mais l’offrande qu’une autre Me fait de ses actions, unies à mes Mérites infinis, leur obtient de sortir de cet état et de reprendre leur course en avant.

Beaucoup d’autres aussi vivent dans l’indifférence et même le péché. Aidées de la même manière, elles retrouvent la grâce et se sauveront un jour.

D’autres encore, et bien nombreuses, sont obstinées dans le mal et aveuglées par l’erreur. Elles se damneraient, si les supplications d’une âme fidèle n’obtenaient que la grâce touche enfin leur cœur. (Tiré de Un appel à l’amour)

Alors, comprenons bien le sens des efforts que nous demande le Ciel. Et chaque fois que nous sommes devant une souffrance de la vie quotidienne, offrons-la pour la conversion des pécheurs si possible en récitant la première prière enseignée par Notre-Dame. Et si nous ne pensons pas à la dire sur le moment disons-la au moment de notre prière du soir pour offrir toutes les souffrances de la journée à cette intention.

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Saints François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

vendredi 15 mai 2020

Nous devons affirmer notre foi, au risque d’être incompris

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De Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance catholique:

Ainsi donc, pour la première fois depuis la Terreur et la Révolution française les catholiques de France, en cette année 2020, auront été privés de la participation à la messe à l’occasion de trois fêtes majeures de l’année liturgique : Pâques (le 12 avril) qui célèbre la Résurrection du Christ, l’Ascension (le 21 mai) qui commémore son Ascension dans le ciel et la Pentecôte (le 31 mai( qui fête la descente du Saint-Esprit sur les apôtres réunis dans le cénacle. Le calendrier républicain, lui-même, marquait l’importance de ces fêtes par le fait qu’à chacune d’entre elles correspondait un jour férié.

Des demandes non entendues

Rien n’y aura fait. Ni la déclaration des évêques de France, déférente et mesurée, demandant le rétablissement de la liberté de culte, le 17 mai. Ni l’appel, tout aussi déférent et « citoyen », de 132 prêtres souhaitant la reprise d’une vie ecclésiale normale à partir du 11 mai. Ni les différentes vidéos de jeunes catholiques réclamant au Président de la République : « Rendez-nous la messe ». Avant que la décision ne soit prise Mgr Aupetit, archevêque de Paris, avait prévenu, après l’intrusion de policiers armés dans l’église Saint-André de l’Europe, qu’il convenait « d’arrêter ce cirque. Sinon on va prendre la parole et aboyer très fort ». Expression sans doute malheureuse quand on se remémore le dicton : « Le chien aboie. La caravane passe ». Nullement impressionné, Edouard Philippe a donc annoncé, en une phrase lapidaire et en cela méprisante, le 28 avril que, si le 11 mai les commerces et les musées réouvriraient, les lieux de culte ne seraient disponibles pour des cérémonies qu’à partir du 2 juin. Seule la liturgie démocratique conserve droit de cité avec les séances de l’Assemblée nationale. Les messes, les baptêmes et les mariages sont donc interdits en public. Notons que s’il est toujours possible de célébrer un baptême en présence d’une faible assistance, la célébration des mariages catholiques devient juridiquement impossible. En effet, la loi prévoit que le mariage civil doit précéder le mariage religieux. Or les mairies ont interdiction de célébrer des mariages civils hormis urgence. Donc aucun prêtre ne peut, aujourd’hui, célébrer légalement un mariage. Qu’en pensent les zélateurs ecclésiastiques de la « laïcité apaisée » ? Le fait est là : ce sont les autorités civiles qui décident, aujourd’hui, en France, du droit de l’Eglise à célébrer des mariages. Clémenceau doit sourire dans sa tombe : « Rendez à César ce qui est à César et…tout est à César ».

Les raisons d’une décision

Mgr Rougé, évêque de Nanterre et membre du conseil permanent de la Conférence des Evêques de France, dénonce dans les mesures annoncées une « brutalité incompréhensible » et une attitude « pas respectueuse ». Il donne à cela trois raisons :  un souci sanitaire exacerbé, un tropisme anticlérical et une incompréhension des besoins spirituels d’une partie de la population. Tout cela est très vrai mais demande, semble-t-il, à être complété. Les évêques de France, stupéfaits et meurtris, découvrent qu’ils ne pèsent plus grand chose dans le débat politique. Ils ne représentent plus que les catholiques pratiquants soit, au mieux, 5% de la population et sont considérés à l’aune de ce poids, modeste. Le catholicisme a disparu de l’espace social. Les catholiques non pratiquants qui avaient été catéchisés, ne pratiquaient plus mais connaissaient les rudiments de la foi catholique se sont évaporés. Leurs enfants sont agnostiques et ignorent tout des bases du catéchisme. A leurs yeux, les rassemblements  communautaires, c’est-à-dire la messe selon la nouvelle théologie en cours, peuvent parfaitement attendre. Le 16 février 1903, Dom Chautard, abbé de Sept-Fons, avait défendu devant Clémenceau la vie monastique rappelant : « L’eucharistie est le dogme central de notre religion ; elle doit avoir des moines voués à l’adoration (…) Le Christ est vivant ; il est présent dans l’eucharistie. Il est pain de vie. A ce roi divin, présent parmi nous, ne faut-il pas une cour pour l’adorer ? » Clémenceau fut ému et accepta que Dom Chautard témoigne devant la commission chargée d’accorder, ou non, l’autorisation d’exister aux communautés religieuses. Qui aujourd’hui tient un discours analogue, au risque d’être incompris ? Depuis deux générations le catholicisme d’habitude ou de tradition familiale a été bien malmené. Il fallait des laïcs « engagés ». Les laïcs du bout du banc sont partis et l’Eglise s’est réduite à une minorité, certes pratiquante, mais numériquement inconsistante. Le catholicisme sociologique, qui par son poids démographique, assurait, d’une certaine manière, la protection de l’Eglise confrontée à une laïcité de combat, n’existe quasiment plus.

Face à cet effondrement se dresse un Islam, en forte croissance numérique, et à l’identité affirmée. En principe, en France, toutes les religions sont sur un pied d’égalité. Est-ce vraiment le cas ? En ce début de ramadan, de divers côtés, fuitent des consignes officielles sur la nécessité « d’agir avec discernement » vis-à-vis des populations musulmanes. En l’espace de quinze jours deux églises parisiennes ont été investies par des policiers armés. Imagine-t-on la même scène dans une mosquée ? Personne n’aurait osé prendre une telle décision. Il n’est pas incongru de penser que la prolongation de la suspension du culte ne vise pas tant les catholiques que les musulmans qui viennent d’entamer le mois du ramadan. Le ministère de l’Intérieur est parfaitement conscient que la sociologie et l’état d’esprit des catholiques en font une population qui se soumettrait, sans grandes difficultés, aux contraintes sanitaires en cas de réouverture des églises. Il n’en est pas de même pour les populations musulmanes assistant à la prière du vendredi dans les mosquées. Chacun concevra qu’ouvrir les églises mais pas les mosquées est devenu politiquement et médiatiquement impossible. Les évêques de France ont tout fait pour aboutir à ce résultat, acceptant d’être une religion parmi d’autres, dans leurs communiqués avec le grand rabbin, le président du CFCM, le Grand Orient, contre le Front national, le racisme, le contrôle de l’immigration, pour être Charlie, etc. Mgr Aupetit évoquant l’entrée de policiers français armés dans l’église Saint-André de l’Europe a évoqué les heures sombres de l’Occupation. Sans doute eût-il été plus juste, historiquement, de faire référence aux expulsions de religieux et aux Inventaires de la période 1880-1905…

Du panache !

L’Eglise, depuis le concile Vatican II, a souhaité être réduite au droit commun. Plus de privilèges ! L’Eglise libre dans l’Etat libre ! Nous vivons les ultimes conséquences de cet aggiornamento. Les évêques de France apparaissent fort mécontents et annoncent des actions.  Des réflexions sont en cours… On aimerait un peu de panache. Une déclaration du style : Pourquoi nous ne partirons pas ! du père Doncoeur en 1924 ? Un renvoi à la présidence de la République de leur Légion d’honneur par les évêques titulaires de cette décoration ? La sonnerie du glas, chaque jour, dans toutes les églises de France, à une heure donnée ? Etc. Et puis, il faudra rebâtir et, sans doute, renouer avec l’esprit des pratiques et des méthodes qui avaient permis à notre pays de devenir la « fille aînée de l’Eglise ».

19ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 Juin 1917 : « Jacinthe et François, je les emmènerai bientôt. Mais toi, tu resteras ici pendant un certain temps ».

La mort

Après leur avoir appris qu’ils iraient au Ciel, Notre-Dame annonce aux petits voyants que François et Jacinthe mourraient bientôt et que Lucie resterait sur la terre « un certain temps ». En effet, Jacinthe et François mourront deux ans plus tard, respectivement à l’âge de 9 et 10 ans. Quant à Lucie, elle mourra 87 ans plus tard, à l’âge de 97 ans. Cette annonce prophétique de la longueur de la vie des petits voyants est une marque de l’authenticité des apparitions de Fatima. Et la disparité de traitement entre les voyants nous incite à réfléchir nous-même à notre propre mort.

Quand ? Comment ? Où ?

Nous ne connaissons pas l’heure de notre mort. Certains d’entre nous mourront très jeunes, comme Jacinthe et François. D’autres resteront plus longtemps sur la terre, comme Lucie. Et nous n’avons aucun moyen de prévoir quand nous mourrons. Tout au plus, si nous sommes atteints d’une maladie grave avec un pronostic fatal ou si nous sommes très âgés, pouvons-nous augurer une fin proche, mais sans plus. Autrement, nous ne connaissons pas le moment fixé par Dieu pour passer de ce monde dans l’autre. Pourtant, c’est le moment le plus important de notre vie, car la mort est la porte de la vie éternelle. C'est par elle qu'on entre dans l'au-delà.

Car la mort est un passage obligé. « Mourir est le destin de l'homme » (He 9, 27), un destin qui porte la marque du péché originel : « La mort est le salaire du péché ». (1 Co 15, 21). Pour cette raison il est terrible de mourir. La mort nous démontre cruellement la vérité de la parole de Dieu : « Souviens-toi, homme, que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière ». (Gén. 3, 19)

La mort est l'évènement le plus certain, mais nous ignorons quand, comment et où elle se produira. On peut mourir dans le sein maternel ou à cent ans : on peut mourir dans son lit ou en pleine rue. Le soir nous ne sommes pas certains de revoir le soleil : ni le matin, nous ne sommes certains d'arriver jusqu'au soir. Nous ne sommes certains que d'une seule chose : « Nous ne savons ni le jour ni l'heure » (Mt 25, 13) : la mort « viendra comme un voleur » (1 Th 5, 2), ou en cachette ou par surprise.

C'est pourquoi Jésus nous avertit énergiquement : « Soyez prêts ! Parce qu'à l'heure où vous n’y penserez pas le Fils de l'homme viendra » (Lc 12,40).

Quelle stupidité, donc, de ne pas vouloir penser à la mort, parce que, dit-on, cela assombrit la vie ! Et nous n'imaginons pas qu'ainsi nous ressemblons aux autruches qui mettent leur tête dans le sable pour ne pas voir le danger qui les menace.

Pourtant, en raison de la rédemption opérée par Jésus, la mort en état de grâce nous garantit la vie éternelle. Pour les saints, la mort est le début de la vie en Dieu. Saint Paul semble crier de joie quand il écrit : « Pour moi la mort est un gain ». (Phil. 1, 21). Saint Thomas More, condamné à mort par les hérétiques, voulut revêtir son habit le plus beau et le plus précieux pour le jour de son supplice. Saint Charles Borromée fit peindre un tableau sur la mort. Il représentait la mort sereine d'un homme : près de celui-ci il y avait un très bel ange qui, une clé d'or à la main, s'apprêtait à lui ouvrir la porte du Paradis. « J’entre dans la vie » disait sainte Thérèse. Quelle grâce de mourir comme un saint ! « Précieuse aux yeux de Dieu est la mort de ses saints » (Ps. 115, 15)

Que ce soit une tragédie de faire une mauvaise mort, nous ne le comprendrons que dans l'éternité. Le démon sait parfaitement combien il est salutaire de penser à la mort. Pour cette raison il nous la fait considérer comme de mauvaise augure, en nous gardant distraits et occupés seulement aux vices et aux péchés.

Un jour, une femme se présenta au Pape Pie XI et lui demanda un souvenir personnel. Le Pape se trouvait dans la rue. Il observa cette femme vêtue d'une manière mondaine. Il se pencha vers le sol, recueillit un peu de poussière et lui fit une petite croix sur le front en disant : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ». Il ne pouvait pas lui donner un souvenir plus personnel !

Être toujours prêt.

Nous sommes capables de remplir nos journées de travaux, de divertissements, de politique, de sport, de télévision, d’internet ... Nous vivons étourdis et enchaînés par les tensions vers le gain, le plaisir, le succès. Et nous ne nous préoccupons absolument pas que nous sommes en train d'aller « là où tout le monde va » (Jn 23, 14) vers l'éternité. Les réalités de la vie, les affaires, la santé du corps, les choses matérielles nous rendent esclaves, nous mettent dans une léthargie spirituelle qui peut être fatale. Jésus nous a recommandé souvent dans l'Évangile de faire en sorte que nous soyons spirituellement éveillés et actifs en vue du Royaume des Cieux : « Bienheureux ces serviteurs que le Maître trouvera éveillés à son arrivée ! » (Lc 12, 37).

Être "éveillé", être "prêt", cela signifie surtout vivre toujours dans la grâce de Dieu, en évitant le péché mortel ou en demandant immédiatement pardon et en se confessant au plus vite si on a eu le malheur de tomber. Saint Jean Bosco demandait à ses jeunes gens de venir le réveiller même en pleine nuit pour se confesser tout de suite quand ils succombaient au péché mortel.

Ce devrait être la première et totale préoccupation de tout chrétien : à n'importe quel moment, la mort arrive avec sa « faux » inexorable (Ap 14, 14) ; elle doit me trouver dans la grâce de Dieu.

La grâce de Dieu est comme l'huile de la lampe dans la parabole évangélique des dix jeunes filles. Les cinq vierges prévoyantes, qui avaient de l'huile dans leurs lampes, entrèrent dans la salle de noce avec l'Époux ; les cinq vierges insensées, au contraire, furent exclues des noces parce que leurs lampes étaient sans huile. « Je ne vous connais pas », telles furent les paroles terribles que le Seigneur leur adressa. (Mt 25,1-13). Pensons au contraire à la mort de saint Benoît. Quand il sentit venir le moment du passage à l'autre vie, le saint patriarche voulut se tenir debout, soutenu par deux moines, les bras levés, comme quelqu'un « qui va à la rencontre de l'Époux » (Mt 25, 6).

« Maintenant et à l'heure de notre mort »

Pour avoir une bonne mort, nous devons en demander la grâce à la Sainte Vierge. Cette grâce est tellement importante que l'Église nous la fait demander dans chaque "Je vous salue Marie" : « Priez pour nous, maintenant et à l'heure de la mort ». Bienheureuse mort, celle de ceux qui ont aimé Marie, qui ont invoqué Marie !

Sainte Marie Madeleine Sophie Barat disait que « la mort d'un vrai dévot de Marie est le bond d'un enfant dans les bras de sa Mère ». Et saint Bonaventure a écrit que « mourir en invoquant pieusement Marie, c'est le signe du salut ».

    Quand saint Dominique Savio apparut à saint Jean Bosco quelques jours après sa mort, celui-ci lui demanda :

  • Dis-moi, Dominique : qu’est-ce qui t'a le plus consolé au moment de ta mort ?
  • Don Bosco, devinez vous-même !
  • Peut-être le souvenir d'une pureté conservée ?
  • Non.
  • Peut-être le souvenir des pénitences que tu as faites ?
  • Même pas cela.
  • Alors ce sera la conscience d'être pur de tout péché ?
  • Cela m'a rendu heureux, mais ce qui m'a le plus consolé au moment de ma mort, ce fut de penser que j'avais aimé la Sainte Vierge ! … Dites-le à vos jeunes gens et recommandez-leur avec insistance d'aimer la Sainte Vierge.

À l’exemple de saint Dominique Savio, Lucie et Jacinthe n’ont pas eu peur de la mort. Voici les dernières paroles que Jacinthe échangea avec son frère peu avant sa mort et que Lucie a rapportées dans son premier mémoire :

Lorsqu’arriva le moment du départ de son grand frère pour le Ciel, elle lui fit ses recommandations :

– Salue en mon nom Notre Seigneur et Notre Dame et dis-leur que je souffrirai tout ce qu’Ils voudront pour la conversion des pécheurs et la réparation au Cœur Immaculé de Marie.

Jacinthe avait complètement accepté sa mort. Le 21 janvier 1920, elle dut quitter seule Aljustrel pour aller à l’hôpital Doña Stéphanie, à Lisbonne, où elle mourut un mois plus tard, le 20 février. Quelques jours avant de partir à l’hôpital, Jacinthe confia à sa cousine ses dernières pensées qui montrent l’état d’esprit dans lequel elle se préparait à la mort :

Il ne me reste plus beaucoup de temps pour aller au Ciel. Toi, tu resteras ici afin de dire que Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Le moment venu de le dire, ne te cache pas. Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie, que c’est à elle qu’il faut les demander, que le Cœur de Jésus veut qu’on vénère avec lui le Cœur Immaculé de Marie, que l’on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie, car c’est à elle que Dieu l’a confiée.

(…)

Arriva le jour où elle dut partir pour Lisbonne. Son départ fendait le cœur. Elle demeura longtemps les bras autour de mon cou et elle me disait en pleurant :

– Jamais plus nous ne nous reverrons ! Prie pour moi jusqu’à ce que j’aille au ciel. De là, je prierai beaucoup pour toi. Ne révèle jamais le secret à qui que ce soit, même si l’on te tue. Aime beaucoup Jésus et le Cœur Immaculé de Marie, et fais beaucoup de sacrifices pour les pécheurs.

De Lisbonne, elle me fit dire que Notre Dame était déjà venue la voir et qu’Elle lui avait dit l’heure et le jour de sa mort, et elle me recommanda d’être très bonne.

Ces brefs dialogues montrent que ni Jacinthe, ni François, pourtant si jeunes, ne craignaient la mort. D’où tenaient-ils la force d’affronter ainsi la mort ? De leur amour de Notre-Dame et de tout ce qu’ils firent pour Elle et pour la conversion des pécheurs.

Alors, demandons à Jacinthe et François de nous donner la force qu’ils avaient en face de la mort et surtout demandons à Notre-Dame de nous assister à l’heure de notre mort pour que nous mourrions comme les saints nous en ont montré l’exemple. « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. »

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Bienheureux François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 juin 1917 : « S’il se convertit, il guérira durant l’année. »

La puissance de la dévotion à la Sainte Vierge

Après que la Sainte Vierge lui eut rappelé la nécessité de réciter le chapelet tous les jours, Lucie lui demanda la guérison d’un malade. Notre-Dame lui répondit : « S’il se convertit, il guérira durant l’année ».

Cette réponse de Notre-Dame est parfaitement dans l’esprit de l’Évangile. Car ce n’est souvent qu’après la conversion du cœur que Jésus guérit les corps. Il suffit parfois d’un simple acte de foi, comme dans l’exemple de l’aveugle de Jéricho qui cria : « Fils de David, aie pitié de moi ». Jésus lui répondit : « Va, ta foi t’a sauvé » et lui rendit la vue. Autre exemple : la guérison de la femme atteinte d’un flux de sang. Une fois que la femme eut touché son manteau, Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie. » L’Évangile est rempli d’exemples similaires.

Mais, dans les exemples cités, les malades s’adressaient à Jésus Lui-même. Est-il possible que des demandes analogues adressées au Cœur Immaculé de Marie puissent obtenir les mêmes grâces ?

Tout d’abord, rappelons-nous que c’est une constante dans la Bible que l’action demandée aux hommes avant un miracle est toujours une action simple et à leur portée, mais qui, en elle-même, n’est pas susceptible de résoudre le problème auquel on se trouve confronté. Voici un exemple tiré de l’Ancien Testament (2R, 5, 1-14) :

Naaman, chef de l'armée du roi de Syrie, ... était lépreux. (...) Naaman vint avec ses chevaux et son char, et il s'arrêta à la porte de la maison d'Élisée. Élisée lui envoya un messager pour lui dire : « Va, et lave-toi sept fois dans le Jourdain ; ta chair te reviendra, et tu seras pur. » Naaman fut irrité, et il s'en alla, en disant : « Voici que je me disais : Il sortira vers moi, il se présentera lui-même, il invoquera le nom de Yahweh, son Dieu, il agitera sa main sur la plaie et délivrera le lépreux. Les fleuves de Damas, l'Abana et Pharphar, ne valent-ils pas mieux que toutes les eaux d'Israël ? Ne pourrais-je pas m'y laver et devenir pur ? » Et se tournant, il s'en allait en colère. Ses serviteurs s'approchèrent pour lui parler, et ils dirent : « Mon père, si le prophète t'avait demandé quelque chose de difficile, ne l'aurais-tu pas fait ? Combien plus dois-tu lui obéir, quand il t'a dit : Lave-toi, et tu seras pur ? » Il descendit et se plongea sept fois dans le Jourdain, selon la parole de l'homme de Dieu ; et sa chair redevint comme la chair d'un petit enfant, et il fut purifié.

L’histoire de Naaman nous montre que, pour nous attribuer des grâces immenses, le Ciel nous demande généralement d’accomplir des actes d’une simplicité déconcertante. Quoi de plus simple en effet que de se baigner dans un fleuve en regard de la guérison d’une maladie à l’époque considérée à bon droit comme incurable ? Or notre pays, ne peut-il pas être considéré aujourd’hui comme ayant contracté une véritable lèpre ? Et pour nous, quoi de plus simple que de réciter un chapelet ou d’offrir les souffrances de la vie quotidienne pour la conversion des pécheurs ? Ce qui est difficile, comme nous le montre la guérison de Naaman, ce n'est pas tant de réciter notre chapelet, mais de croire qu'il peut être efficace ; c’est de le réciter avec une profonde humilité, conscient que ce que nous pourrons faire sera toujours insuffisant pour redresser la situation et en demandant à Dieu de faire le reste.

Le Nouveau Testament donne de nombreux autres exemples. Un des plus saisissants est celui des noces de Cana. Ce premier miracle de Jésus montre parfaitement qu’avant le miracle proprement dit, il nous faut accomplir divers actes. Le premier de ces actes est une demande. « Ils n’ont plus de vin ». Le second est un acte de foi : « Faites tout ce qu’Il vous dira ». Nous avons là un acte de foi d’une perfection sublime. Car Jésus venait de dire à sa mère : « Femme, qu’y a-t-il entre vous et moi ? Mon heure n’est pas encore venue ». Mais Marie a la Foi. De plus, elle connaît comme personne d’autre son Jésus. Aussi, n’hésite-t-elle pas à dire aux serviteurs : « Faites tout ce qu’Il vous dira ». Le troisième acte est une action concrète en apparence peu utile pour l’objectif recherché. Jésus demande : « Remplissez d’eau ces jarres ». Les serviteurs ont dû se demander ce qui se passait dans la tête de celui qui leur donnait cet ordre. Car à quoi peut servir de remplir d’eau des jarres quand on cherche du vin ? Mais ils obéirent humblement et Jésus fit un miracle alors même que son heure n’était pas encore venue !

Et la plupart des miracles de Notre-Seigneur se sont déroulés selon un schéma analogue, notamment la résurrection de Lazare.

Ainsi, avant que Dieu nous accorde une grâce ou intervienne pour nous secourir, nous avons trois choses à faire : demander cette grâce, affirmer notre foi en la puissance divine et accomplir l’action demandée par le Ciel quand bien même elle semblerait sans rapport avec l’objectif recherché. C’est ce que la devise des bénédictins résume parfaitement en unissant sous un même terme la demande et l’acte de Foi : Ora et labora.

Si nous voulons que notre pays guérisse des nombreux maux dont il est atteint, nous devons donc prier et agir : la prière seule ne suffit pas. Nous devons agir au niveau temporel, même si ce que nous pouvons faire semble n’avoir aucune chance de suffire. Dieu agit avec des riens, mais pas avec rien ! Il veut que nous fassions un minimum. À Cana, Jésus aurait fort bien pu directement remplir de vin les jarres sans demander à les remplir d’eau au préalable. Le miracle ne Lui aurait pas coûté davantage. De même, Il aurait pu ressusciter Lazare même si la pierre était restée devant l’ouverture du tombeau. Il s’est bien ressuscité Lui-même alors que personne n’avait roulé la pierre de son tombeau auparavant. Mais ces demandes préalables ont pour but de nous permettre de montrer concrètement notre foi. Si nous voulons que Dieu intervienne et nous accorde les grâces dont nous avons besoin, il nous faut agir sur les deux plans : spirituel et temporel.

Or, en général, il n’est guère besoin de nous solliciter pour agir dans le domaine temporel : nous faisons souvent tout ce que nous pouvons. Par contre, nous négligeons trop souvent le domaine spirituel qui pourtant devrait passer en premier. C’est ce qu’est venue rappeler Notre-Dame lorsqu’elle a répondu à Lucie : « S’il se convertit, il guérira dans l’année ».

Alors ayons foi en la puissance de Notre-Dame. Demandons-lui de nous convertir et de nous guérir de toutes nos infirmités.

Cette puissance du recours à la Sainte Vierge a été remarquablement montrée par saint Alphonse de Liguori dans son livre Les gloires de Marie. Voici par exemple une histoire parmi les nombreuses qu’il rapporte montrant cette puissance.

Un homme marié vivait dans le désordre. Son épouse, femme vertueuse, ne pouvant le persuader de renoncer au péché, le pria de vouloir au moins, dans cet état misérable, pratiquer quelque dévotion envers la Mère de Dieu, ne fût-ce que de la saluer en récitant un Ave Maria toutes les fois qu'il passerait devant une de ses images. Il consentit à observer cette pratique.

Une nuit que ce malheureux était sorti dans le dessein de se livrer au péché, il aperçut de loin une lumière, s'approcha et vit que c'était une lampe qui brûlait devant une statue de Marie tenant entre ses bras Jésus enfant. Il récite l'Ave Maria selon sa coutume ; mais ensuite, quel objet s'offre à ses regards ! Le divin Enfant lui apparaît tout couvert de plaies fraîchement ouvertes et d'où le sang tombe à grosses gouttes.

Épouvanté et en même temps attendri, considérant que c'était lui qui, par ses péchés, avait ainsi déchiré les membres de son Rédempteur, il se mit à pleurer ; mais il remarqua que Jésus lui tournait le dos. Alors, tout pénétré de confusion, il eut recours à la sainte Vierge, et lui parla ainsi : « Mère de miséricorde, votre Fils me repousse ; je ne puis trouver d'avocate plus bienveillante ni plus puissante que vous, qui êtes sa Mère ; ô ma Reine, assistez-moi, priez-le pour moi. » La Mère du Sauver lui répondit par sa statue : « Vous autres, pécheurs, vous m'appelez Mère de miséricorde, mais, en même temps, vous ne cessez de faire de moi une mère de misère, en renouvelant continuellement la passion de mon Fils et mes propres douleurs ».

Néanmoins, comme Marie ne sait jamais renvoyer sans consolation celui qui se jette à ses pieds, elle se tourna vers son divin Fils et le pria de pardonner à ce malheureux. Jésus continuait de montrer de la répugnance à accorder ce pardon ; mais la sainte Vierge, déposa son cher Enfant dans la niche, se prosterna devant lui, en disant : « Mon Fils, je ne me relève pas, je reste ici à vos pieds, si vous ne pardonnez à ce pécheur. − Ma Mère, dit alors Jésus, je ne vous puis rien refuser : vous voulez qu'il lui soit pardonné ; pour l'amour de vous, je lui pardonne, faites-le venir baiser mes plaies ». Le pécheur s'approcha tout en larmes ; et, à mesure qu'il baisait les plaies du saint Enfant, elles guérissaient aussitôt. Enfin, Jésus l'embrassa en signe de réconciliation. Dès ce moment, cet homme changea de conduite, mena une vie édifiante, et donna des marques d'une ardente dévotion à la bienheureuse Vierge, qui lui avait obtenu une faveur si grande.

Quelle puissance peut avoir la récitation habituelle d’un simple Ave Maria !

Mais, existe-t-il une prière plus propre à susciter une intervention divine ? Eh bien, oui ! À Fatima, Notre-Dame a révélé : « Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie ». La dévotion au Cœur Immaculé de Marie est donc une dévotion expressément voulue par Dieu pour notre époque. En conséquence, c’est, après la sainte messe, la dévotion la plus propre à émouvoir son Cœur et à Le décider à agir.

Combien de pécheurs nous arriverions à convertir si nous priions pour eux comme nous l’apprirent l’Ange et Notre-Dame ! Voilà pourquoi nous devons avoir à cœur de faire nôtre la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.

À cette dévotion sont attachées tant de grâces, en particulier :

  • la paix pour le monde et la fin des guerres ainsi que la satisfaction de tous nos besoins temporels ou spirituels par la récitation quotidienne du chapelet,
  • la conversion des pécheurs par l’offrande des sacrifices que nous demande l’accomplissement de notre devoir d’état dans le respect de la loi divine.

Alors chaque jour récitons notre chapelet et offrons tous les sacrifices qu’exige notre devoir d’état pour la conversion des pécheurs, et remercions Notre-Dame de nous avoir rappelé la puissance de son intercession.

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Bienheureux François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

 

 

 

 

 

 

 

 

mercredi 13 mai 2020

Appel de Chartres n°238 par Bernard Antony

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Chers pèlerins de Notre-Dame de Chrétienté de l’an 2020

Avant de devenir, par-delà les peuples et les époques, une réalité historique de civilisation diversement façonnée selon les différentes circonstances d’accueil de la foi catholique et les vicissitudes de l’histoire, la Chrétienté a toujours été le produit d’un souffle de foi incessant et donc aussi d’espérance et de charité, toujours recommencé.

Avant même les grands pèlerinages des peuples d’Europe vers la Terre Sainte ou Saint-Jacques de Compostelle, le pèlerinage que vous allez effectuer de Notre-Dame de Paris vers Notre-Dame de Chartres, au cœur même de notre patrie, a constitué depuis des siècles un acte de ferveur personnelle ou collective.

Pour la deuxième année dans l’histoire de notre pèlerinage, il ne sera pas commencé sous les voûtes de Notre-Dame de Paris, notre cathédrale nationale si tragiquement blessée à l’image de notre France si défigurée.

Vous n’en aurez que plus d’ardeur, plus de ferveur, à accomplir, trois jours durant, cette marche de prières, même spirituellement en ces temps de confinement mais non sans joie pour tous au fond des cœurs.

Vous inscrirez vos pas dans ceux de Charlemagne qui l’effectua vers le sanctuaire antérieur à celui d’aujourd’hui, et puis vers notre cathédrale dans ceux du roi Saint-Louis qui, de Nogent le Roi s’y rendit pieds nus pour offrir avec sa mère Blanche de Castille les magnifiques vitraux de la rose nord du transept.

Vous les inscrirez dans ceux de bien de princes et de rois mais aussi des plus humbles gens de toutes conditions ; dans les pas encore de notre immense poète national Charles Péguy, et encore dans ceux d’Henri et André Charlier ; et selon l’appel magnifique, en 1986, de Dom Gérard.

Vous y implorerez Notre-Dame pour le pardon des péchés personnels mais aussi de ceux de tout un peuple par trop déconstruit dans l’acceptation des lois iniques de la nouvelle barbarie, tragiquement oublieux des promesses de son baptême, comme le lui rappela le pape saint Jean-Paul II, si attaché au salut spirituel et politique de nos patries d’Europe.

Vous le savez, de nouvelles incertitudes et angoisses ont surgi sur l’avenir humain de notre Église catholique ébranlée par le retour de vieilles remises en cause.

Accomplir le pèlerinage de Chartres, ce n’est pas faire le choix d’une préférence pour le passé, c’est faire celui d’un présent et d’un avenir à la lumière de l’éternité du Christ.

C’est celui de la radicalité de l’amour évangélique en réponse à toutes les radicalisations de la haine.

Aussi est-ce le chemin du plus absolu des anticonformismes que vous avez choisi face aux dérisions de toutes les vieillesses idéologiques.

Que votre route vers Chartres, par tous temps, soit belle et lumineuse de prière, en vous et autour de vous, dans la piété filiale pour les pères fondateurs de notre France et de notre Chrétienté à rebâtir sans cesse dans l’éternelle jeunesse de ses recommencements.  

Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous

Bernard Antony

Président de Chrétienté-Solidarité

17ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 mai 1917 : « Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre. »

13 juin 1917 : « Je veux (…) que vous disiez le chapelet tous les jours.

Le chapelet quotidien

Le 13 mai 1917, à la fin du bref dialogue avec Lucie, juste avant de remonter au Ciel, la Sainte Vierge termina en disant : « Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre. »

Ainsi, dès sa première apparition, après avoir parlé des sacrifices pour la conversion des pécheurs, la Sainte Vierge révéla un deuxième point de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie : la récitation quotidienne du chapelet.

Et, lors de l’apparition suivante, Lucie lui ayant demandé : « Que veut de moi Votre Grâce ? », Notre-Dame répondit : « Je veux que vous veniez ici le 13 du mois prochain, que vous disiez le chapelet tous les jours, … »

Déjà à Lourdes, la Sainte Vierge avait spécialement recommandé la récitation du chapelet. Notre Dame égrenait un splendide chapelet tandis que sainte Bernadette récitait les Je vous salue Marie.

Puis, à Fatima, Notre-Dame recommanda la récitation du chapelet à chaque apparition, et à la dernière, elle se présenta comme étant « Notre Dame du Rosaire ».

Cette insistance de Notre-Dame sur la récitation du chapelet montre la grande importance qu’il convient de lui apporter et la place que nous devons lui réserver dans nos prières.

Une prière qui gagne des batailles

De plus, la première fois où elle demanda la récitation quotidienne du chapelet, Notre-Dame ajouta un point important : elle en donna un des fruits : « la paix pour le monde et la fin de la guerre ».

C’est un point qui semble un peu oublié aujourd’hui : la paix ne reviendra dans le monde qui si nous récitons notre chapelet tous les jours ! La paix non pas seulement en France (ou dans notre pays), mais dans le monde ! Loin de nous l’idée que le rosaire seul suffirait pour l’obtenir. Outre nos prières, Dieu nous demande aussi d’agir concrètement, même si parfois, à vue humaine, nos modestes actions peuvent sembler avoir peu de chances d’aboutir. Mais, à ces actions bien concrètes, Dieu nous demande d’associer la prière. Ora et labora ! Sans cela, toutes nos entreprises pour rétablir la paix seront vaines. Car l’adversaire est infiniment plus fort que nous et, sans l’aide du Ciel, il est illusoire d’espérer le vaincre. « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » a dit Notre Seigneur, parole que l’on peut très bien transformer ainsi : « Sans le rosaire, vous ne pouvez rien faire ».

L’histoire du peuple hébreu nous donne un exemple saisissant de cette nécessité d’unir la prière à l’action :

Les Amalécites survinrent et combattirent contre Israël à Rephidim. Moïse dit alors à Josué : « Choisis-toi des hommes et demain, sors combattre Amaleq ; moi, je me tiendrai au sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main ». Josué fit ce que lui avait dit Moïse ; il sortit pour combattre Amaleq et Moïse, Aaron et Hur montèrent au sommet de la colline. Lorsque Moïse tenait ses mains levées, Israël l'emportait, et quand il les laissait retomber, Amaleq l'emportait. Comme les mains de Moïse s'alourdissaient, ils prirent une pierre et la mirent sous lui. Il s'assit dessus tandis qu'Aaron et Hur lui soutenaient les mains, l'un d'un côté, l'autre de l'autre. Ainsi ses mains restèrent-elles fermes jusqu'au coucher du soleil. Et Josué défit Amaleq et son peuple au fil de l'épée. (Exode XVII, 8-13)

La signification de cet épisode est claire : lorsque la prière est délaissée, les batailles sont perdues. Dès que la prière reprend, les batailles sont gagnées. Seules, ni la prière de Moïse, ni l’ardeur des guerriers n’auraient pu obtenir la victoire : les guerriers devaient se battre pendant que Moïse levait les bras pour implorer le secours du ciel. Il en est de même pour nous. Certains doivent se battre sur le terrain, d’autres prier. Si se battre est l’apanage d’un petit nombre, la prière doit être la préoccupation de tous, y compris, lorsqu’ils le peuvent, de ceux qui sont amenés à se battre.

Il est donc indispensable d’associer la prière à l’action, mais pas n’importe quelle prière ! Pour obtenir ce que nous désirons, ne convient-il pas de réciter prioritairement les prières réclamées par Dieu Lui-même ? Or, à Fatima, par l’intermédiaire de sa Sainte Mère, Dieu a demandé la récitation quotidienne du chapelet. Notre-Dame n’a pas dit : « Priez pour obtenir la paix », elle a dit : « Récitez le chapelet tous les jours (Recem o terço todos os dias) pour obtenir la paix » ! Ainsi, si nous récitons notre chapelet tous les jours, la paix reviendra ; si nous ne le faisons pas, la paix s’éloignera.

Cette demande de réciter le rosaire tous les jours est si importante qu’elle a été répétée à chacune des cinq apparitions suivantes, insistance qui n’est sûrement pas fortuite. Donc, plus que jamais, la prière à faire monter vers le Ciel pour le rétablissement de la paix dans le monde est le chapelet quotidien.

Et l’histoire a de nombreuses fois démontré la véracité de cette affirmation : plusieurs batailles furent gagnées grâce aux rosaires récités avant ou pendant les combats. Citons par exemple les batailles de Muret, de Lépante, de La Rochelle, de Peterwardein, etc. Ces victoires sont bien connues, mais il n’est pas inutile de nous les remettre en mémoire pour nous motiver dans la récitation quotidienne du chapelet pour obtenir la paix dans le monde. En particulier, au milieu du XXe siècle, deux victoires ont été obtenues sans l’emploi des armes : en Autriche en 1955 et au Brésil en 1964. (Pour plus de précisions sur toutes ces batailles, vous pouvez lire l’article Les victoires temporelles du rosaire sur le site de Cap Fatima).

Ce qu’il y a de plus extraordinaire dans toutes ces victoires, c’est qu’elles furent complètes alors que la situation était humainement désespérée tant le déséquilibre des forces était grand. De plus, malgré ce déséquilibre, il n’y eut que très peu de pertes du côté des catholiques.

Une prière qui sauve les âmes

    Mais le rosaire ne fait pas que gagner des batailles. Il permet surtout de sauver des pécheurs. Le chapelet purifie les âmes de leurs fautes et les parfume par la grâce. Saint Maximilien Kolbe écrivait dans son agenda : « Autant de chapelets, autant d'âmes sauvées ». Y pensons-nous ? Tous, nous pourrions sauver des âmes en récitant des chapelets. Quelle charité d’une valeur inestimable ce serait !

Saint Joseph Cafasso, passant de grand matin dans les rues de Turin, rencontra une pauvre vieille, toute courbée, qui égrenait son chapelet en marchant. « Que faites-vous donc si tôt, brave femme ? » lui demanda-t-il. « Oh ! ! Père, je nettoie les rues ! ». « Vous nettoyez les rues ? ... Que voulez-vous dire ? ». « Voyez-vous, cette nuit ce fut le carnaval et les gens ont fait tant de péchés... Je passe, maintenant, en récitant des "Je vous salue Marie" afin qu'ils parfument les endroits empestés par le péché »...

De nombreux saints ont démontré l'efficacité du chapelet pour obtenir toutes sortes de grâces. Le chapelet fait du bien à tous, aux pécheurs, aux bons, aux saints. Combien de saints ont été de véritables "apôtres du chapelet" ? Saint Dominique, saint Louis-Marie Grignion de Montfort, le saint Curé d'Ars, saint Pierre Canisius, saint Charles Borromée, saint Camille de Lellis, saint Jean Bosco, etc.

Un fils spirituel de saint Padre Pio lui demandait un jour quelle prière il fallait préférer pour toute la vie. Padre Pio répondit : « Le chapelet ».

Toute la prière, toute la science et tout l'amour de sainte Bernadette consistaient dans le chapelet. Sa sœur Toinette disait : « Bernadette ne fait que prier : elle ne sait rien faire d'autre que de faire glisser les grains du chapelet... »

Une prière universelle

Une autre qualité inappréciable du chapelet est son universalité. Malgré sa simplicité, le chapelet est une prière évangélique, une prière christologique, une prière contemplative, en compagnie de Notre Dame (Marialis cultus, 44-47). Louanges et demandes remplissent les Je vous salue Marie, stimulant l'esprit à méditer le mystère proposé. Que cela se passe près d'un autel ou sur la route, ce n'est pas un obstacle pour le chapelet. Quand l'esprit se recueille en se tournant vers Marie, peu importe que l'on soit dans une église ou dans un train, marchant sur la route, volant dans les airs… ou confiné chez soi.

Cette facilité que le chapelet offre à celui qui veut le réciter augmente notre responsabilité : est-il vraiment impossible de trouver chaque jour un quart d'heure pour offrir un chapelet à Notre Dame ? Car nous pouvons le dire dans n'importe quel endroit, à n'importe quelle heure, avec n'importe qui, sans livre et sans cérémonie, à haute voix ou en murmurant, dans les transports ou les salles d’attente, etc.

Pensons aux chapelets récités dans les hôpitaux par saint Camille, sainte Bertille Boscardin, dans les rues de Rome par saint Vincent Pallotti, dans les trains et sur les navires par sainte Françoise Cabrini, dans le désert du Sahara par le frère Charles de Foucauld, dans les palais royaux par la vénérable Marie Christine de Savoie, dans les camps de concentration et dans les camps de la mort par saint Maximilien Kolbe, et dans les familles par la Bienheureuse Anna Maria Taigi, par les parents de la petite Thérèse, par la maman de sainte Maria Goretti, ... Ne perdons pas le temps en choses vaines et nocives alors que nous avons un trésor à valoriser comme le chapelet ! Récitons-le et promettons à Notre Dame : « Chaque jour, je dirai un chapelet en votre honneur ! »

Un remède universel

Outre que c’est une très belle prière, le rosaire est aussi un moyen particulièrement efficace pour résoudre les problèmes que nous rencontrons, quels qu’ils soient. À Fatima, Notre-Dame a parlé du salut des pécheurs, de la ruine des âmes en enfer, des guerres, des persécutions contre le Saint-Père, etc. Et à chaque fois, elle a indiqué et a même recommandé le chapelet comme étant une prière qui apporte le salut. Sœur Lucie confiait au père Fuentès le 26 décembre 1957 :

La Sainte Vierge a donné une efficacité nouvelle à la récitation du rosaire. Il n’y aucun problème, si difficile soit-il, temporel ou surtout spirituel, se référant à la vie personnelle de chacun d’entre nous, de nos familles, des familles du monde ou des communautés religieuses, ou bien de la vie des peuples et des nations, il n’y aucun problème, dis-je, si difficile soit-il, que nous ne puissions résoudre par la prière du saint rosaire.

Alors, récitons notre chapelet tous les jours, comme Notre-Dame l’a demandé le 13 mai 1917. Ainsi, non seulement nous nous sanctifierons, mais nous obtiendrons la paix pour le monde. Et œuvrons aussi pour que, partout dans le monde, se mettent en place des initiatives pour réciter le chapelet, en famille, en paroisse, en public, etc., pour demander au Ciel de nous accorder la paix.

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Bienheureux François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

 

 

 

 

 

 

mardi 12 mai 2020

16ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 juillet 1917 : « Je viendrai demander la communion réparatrice des premiers samedis du mois. »

La communion réparatricedes premiers samedis du mois

Samedi 6 juin prochain sera un premier samedi du mois. Il convient de ne pas manquer de faire une communion réparatrice ce jour-là, car elle fait partie des cinq pratiques de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie que Dieu veut voir s’établir dans le monde.

Les demandes de Notre-Dame

C’est au cours de l’apparition du 13 juillet 1917 que Notre-Dame parla pour la première fois des premiers samedis du mois en révélant aux petits voyants : « Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. »

Notons que la Sainte Vierge parle des premiers samedis du mois de façon générale, sans en préciser le nombre. Ce n’est que le 10 décembre 1925 à Pontevedra qu’elle le fera. Voici les paroles de Notre-Dame que sœur Lucie entendit ce jour-là (tirées d’une lettre à son confesseur, le père Aparicio) : 

Vois, ma fille, mon Cœur entouré des épines que les hommes m’enfoncent à chaque instant, par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui,

- pendant cinq mois, le premier samedi,

- se confesseront,

- recevront la sainte Communion,

- réciteront un chapelet

- et me tiendront compagnie pendant quinze minutes, en méditant sur les quinze mystères du Rosaire

- en esprit de réparation,

je promets de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme.

Les assouplissements de l’Enfant-Jésus

Deux mois plus tard, le 15 février 1926, l’Enfant Jésus apparut à sœur Lucie et assouplit les conditions posées par Notre-Dame. Voici un extrait du dialogue qui s’établit entre eux (tiré d’une lettre à Mgr Pereira Lopès, un de ces anciens confesseurs) :

— Mon confesseur disait dans sa lettre que cette dévotion ne faisait pas défaut dans le monde, parce qu’il y avait déjà beaucoup d’âmes qui Vous recevaient chaque premier samedi, en l’honneur de Notre-Dame et des quinze mystères du Rosaire.

— C’est vrai ma fille, que beaucoup d’âmes commencent, mais peu vont jusqu’au bout et celles qui persévèrent, le font pour recevoir les grâces qui y sont promises. Les âmes qui font les cinq premiers samedis avec ferveur et dans le but de faire réparation au Cœur de ta Mère du Ciel me plaisent davantage que celles qui en font quinze, tièdes et indifférents.

— Mon Jésus ! Bien des âmes ont de la difficulté à se confesser le samedi. Si vous permettiez que la confession dans les huit jours soit valide ?

— Oui. Elle peut être faite même au-delà, pourvu que les âmes soient en état de grâce le premier samedi lorsqu’elles me recevront, et que, dans cette confession antérieure, elles aient l’intention de faire ainsi réparation au Sacré-Cœur de Marie.

— Mon Jésus ! Et celles qui oublieront de formuler cette intention ?

— Elles pourront la formuler à la confession suivante, profitant de la première occasion qu’elles auront pour se confesser.

Les précisions de Notre-Seigneur

Quatre ans plus tard, le père Gonçalvès, qui avait remplacé le père Aparicio comme confesseur, demanda à sœur Lucie de répondre par écrit à cinq questions sur la dévotion des premiers samedis du mois. Voici ses réponses (extrait de la lettre envoyée au père Gonzalès) :

1. Quand ? Le 10 décembre 1925.

Comment ? Par une apparition de Notre-Seigneur et de la Très Sainte Vierge qui me montra son Cœur Immaculé entouré d’épines et demandant réparation.

Où ? À Pontevedra (Passage Isabelle II). La première apparition (eut lieu) dans ma chambre, la seconde près du portail du jardin où je travaillais.

2. Les conditions requises ?

Durant cinq mois, le premier samedi, recevoir la Sainte Communion, dire le chapelet, tenir compagnie quinze minutes à Notre-Dame en méditant les mystères du Rosaire, et se confesser avec la même intention. La confession peut se faire un autre jour, pourvu qu’on soit en état de grâce en recevant la Sainte Communion.

3. Avantages ou promesses.

« Aux âmes qui chercheront à me faire réparation de cette manière (dit Notre-Dame), je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires au salut ».

4. Pourquoi cinq samedis et non neuf, ou sept en l’honneur des douleurs de Notre-Dame ?

Me trouvant dans la chapelle avec Notre-Seigneur une partie de la nuit du 29 au 30 de ce mois de mai 1930, et parlant à Notre-Seigneur des questions quatre et cinq, je me sentis soudain possédée plus intimement par la divine présence et, si je ne me trompe, voici ce qui m’a été révélé :

« Ma fille, le motif en est simple. Il y a cinq espèces d’offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Immaculé de Marie :

  • les blasphèmes contre l’Immaculée Conception,
  • les blasphèmes contre sa virginité,
  • les blasphèmes contre sa maternité divine, en refusant en même temps de la reconnaître comme Mère des hommes,
  • les blasphèmes de ceux qui cherchent publiquement à mettre dans le cœur des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine à l’égard de cette Mère Immaculée,
  • les offenses de ceux qui l’outragent directement dans ses saintes images.

Voilà, ma fille, le motif pour lequel le Cœur Immaculé de Marie m’a inspiré de demander cette petite réparation, et, en considération de celle-ci, d’émouvoir ma miséricorde pour pardonner aux âmes qui ont eu le malheur de l’offenser. Quant à toi, cherche sans cesse, par tes prières et tes sacrifices, à émouvoir ma miséricorde à l’égard de ces pauvres âmes ».

5. Ceux qui ne pourront accomplir les conditions le samedi, ne peuvent-ils y satisfaire le dimanche ?

« La pratique de cette dévotion sera également acceptée le dimanche qui suit le premier samedi, quand mes prêtres, pour de justes motifs, le permettront aux âmes ».

L’esprit de la dévotion

Pour bien comprendre le but des premiers samedis du mois, il est important de noter les points suivants.

Dans la réponse à la quatrième question, Notre-Seigneur dit à sœur Lucie que c’est Lui qui demande cette dévotion : « le Cœur Immaculé de Marie M’a inspiré de demander cette petite réparation et, en considération de celle-ci, d’émouvoir Ma miséricorde ».

Si la possibilité de choisir un autre jour que le premier samedi pour la confession est laissé au libre arbitre de chacun, la possibilité de communier le lendemain ne peut être accordée que par un prêtre. Toutefois, il est clair que ce ne sont que des exceptions : la règle générale fixée par le Ciel est de se confesser et de communier le samedi. Pour pouvoir le faire un autre jour, il faut un empêchement réel.

Le point le plus important, celui duquel cette dévotion tire toute son efficacité, c’est la volonté de réparer les outrages subis par Notre-Dame de la part des pécheurs. C’est l’un des points essentiels du message de Fatima : réparer les offenses commises envers les saints cœurs de Jésus et Marie. En octobre 1928, dans une lettre adressée à son évêque, Mgr da Silva, sœur Lucie écrivit :

Le bon Dieu, dans son infinie miséricorde, se plaint de ne pouvoir supporter plus longtemps les offenses qui se commettent contre l’Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge. Il dit qu’à cause de ce péché, un grand nombre d’âmes tombent en enfer, et il promet de les sauver, dans la mesure où l’on pratiquera la dévotion suivante [les premiers samedis du mois], avec l’intention de faire réparation au Cœur Immaculé de notre très Sainte Mère.

Sœur Lucie confia également au père Aparicio (lettre du 19 mars 1939) :

De la pratique de cette dévotion, unie à la consécration au Cœur Immaculé de Marie, dépendent pour le monde la paix ou la guerre. C’est pourquoi j’ai tant désiré sa propagation ; et puis, surtout parce que telle est la volonté de notre bon Dieu et de notre si chère Mère du Ciel.

Plus tard, sœur Lucie indiqua qu’il fallait pratiquer cette dévotion chaque premier samedi du mois, car à chaque fois, nous pouvions obtenir la conversion d’un plus grand nombre de pécheurs :

Voici ma façon de faire les méditations sur les mystères du rosaire, les premiers samedis. Premier mystère : l’annonciation de l’ange Gabriel à Notre-Dame. (…) [Ici, sœur Lucie donne sa méthode pour méditer sur un mystère.]

Le deuxième mois, je fais la méditation du deuxième mystère joyeux. Le troisième, du troisième et ainsi de suite, en suivant la même méthode pour méditer. Quand j’ai fini ces cinq premiers samedis, j’en recommence cinq autres et je médite les mystères douloureux, ensuite les glorieux et, quand je les ai terminés, je recommence les joyeux.

Cette précision de sœur Lucie indique bien qu’il faut accomplir cette dévotion chaque premier samedi du mois et non pas uniquement cinq fois, car cette pratique est avant tout pour sauver des âmes. C’est d’ailleurs le sens de la première demande de Notre-Dame le 13 juillet 1917 : « Je viendrai demander (…) la communion réparatrice des premiers samedis du mois ».

La pratique de cinq premiers samedis successifs accorde une grâce supplémentaire, celle de l’assistance de Notre-Dame au moment de notre mort. Mais il ne faut pas confondre la pratique générale et la grâce supplémentaire accordée à ceux qui la font cinq premiers samedis de suite. Cette grâce si extraordinaire est avant tout la marque que le Ciel attache une très grande importance à cette dévotion.

Alors, samedi 6 juin prochain, et si possible chaque premier samedi, communions en esprit de réparation sans omettre les demandes complémentaires : la confession, la méditation de 15 minutes sur les mystères du rosaire et la récitation du chapelet, le tout en esprit de réparation.

 

 

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.

 

  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.

 

  1. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  1. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  2. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  3.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  4. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Bienheureux François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

 

Lundi 11 mai 2020

15ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 mai 1917 : « Amélia est au purgatoire jusqu’à la fin du monde. »

La pureté

La précédente méditation nous a fait réfléchir sur le purgatoire. La Sainte Vierge affirma qu’Amélia y serait jusqu’à la fin du monde. Mais sait-on pour quelle raison ? Le père Martins dos Reis fit une enquête discrète sur cette jeune fille d’environ vingt ans, morte peu avant les apparitions. Il découvrit que la pauvre Amélia était morte dans des circonstances comportant « un irrémédiable déshonneur en matière de chasteté ». Notre-Dame a permis que nous connaissions ce fait pour notre instruction. Car dans les paroles qu’elle prononça à Fatima, il n’est pas directement question de la chasteté. Cependant, par la suite Notre-Dame donna quelques précisions aux petits voyants.

Les précisions de Notre-Dame

Un soir, à Aljustrel, Jacinthe confia à sa mère : « Maman, (…) Notre-Dame a dit que le péché de la chair est celui qui conduit le plus d’âmes en enfer ». Dans le troisième mémoire, sœur Lucie confirme cette confidence de Jacinthe :

Quelquefois, on m’a demandé si Notre-Dame, à l’une des apparitions, nous avait fait savoir quelle sorte de péchés offensait Dieu davantage. À ce qu’on dit, Jacinthe, à Lisbonne, aurait nommé le péché de la chair. Comme c’était l’une des questions qu’elle me posait aussi parfois, elle a dû, sans doute, la soumettre à Notre-Dame, à Lisbonne, et c’est alors que Notre-Dame le lui aurait fait savoir.

Jacinthe disait cela peu avant sa mort en 1921. Que dirait-elle aujourd’hui ? Qui rappelle de nos jours que le péché qui conduit le plus d’âmes en enfer est le péché de la chair ?

Sœur Lucie écrivit un jour à l’évêque de Gurza :

Comme vous le savez, à la Cova da Iria, Notre-Dame s’est plainte des nombreux péchés par lesquels Dieu est très offensé, et plus d’une fois Elle a demandé prière et pénitence en réparation. Elle a réclamé qu’on fasse pénitence et Elle a annoncé plusieurs châtiments qui viendront si les hommes ne changent pas de vie. Toutefois, Elle n’a pas parlé d’une espèce particulière de péché. Mais comment douter que le péché d’impureté ne soit l’un des principaux qui amena Notre-Dame à s’adresser à nous avec une telle amertume, lors de sa dernière apparition ? Et aussi cette autre demande : « Priez, Priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie pour elles ».

Ces âmes qui se perdent éternellement sont, sans doute, pour la majeure partie, les victimes de cette lèpre vénéneuse qui infecte actuellement une grande partie de l’humanité. N’est-il pas vrai aussi que, déjà dans l’Ancien Testament, ce fut ce péché qui provoqua plusieurs fois le châtiment du Seigneur ?

À notre époque où ce péché est si répandu, ces affirmations seront peut-être jugées bien dures. Pourtant, c’est bien ce qu’a dit la Sainte Vierge aux petits voyants. Et ce serait une folle présomption de notre part de contester un jugement de Dieu.

Un enseignement traditionnel

C’est de plus un enseignement parfaitement traditionnel. Sur les dix commandements que contient le décalogue, deux concernent l'impureté : le sixième « Tu ne commettras pas d’adultère » et le neuvième « Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain ».

De son côté, saint Paul est catégorique : « Quant à la fornication, à l'impureté sous toutes ses formes, ou encore à la cupidité, que leurs noms ne soient même pas prononcés parmi vous : c'est ce qui sied à des saints. De même pour les grossièretés, les inepties, les facéties : tout cela ne convient guère… » (Ep 5, 3-4).

Car Dieu a ce péché en horreur. Dans l’une de ses extases, Notre-Seigneur révéla à sainte Catherine de Sienne :

Si grande est la misère de ces pécheurs, que non seulement Moi, qui suis la pureté même, je ne les puis souffrir, mais que les démons eux-mêmes dont ils se sont faits les amis et les serviteurs, ne peuvent voir commettre tant d’obscénités. Aucun péché n’est plus abominable que celui-là et n’éteint davantage la lumière de l’intelligence. Les philosophes eux-mêmes, - non par la lumière de la grâce qu’ils n’avaient pas, mais par celle que la nature leur donnait, - ont connu que ce péché dégradant obscurcissait l’intelligence ; aussi gardaient-ils la chasteté et la continence pour mieux étudier.

Malheureusement, de nos jours, malgré ces enseignements parfaitement clairs, l'humanité, et même les chrétiens, ne font que glisser de plus en plus vers des mœurs dégradantes et finissent par perdre la foi. Car disait saint Ambroise : « Le luxurieux abandonne le chemin de la foi ».

La vertu de Notre-Dame

Aussi, faut-il demander à Notre-Dame qui est la pureté même, de nous faire comprendre l’horreur de ce péché.

La pureté est la vertu la plus éclatante de Marie. La splendeur de sa virginité toujours intacte fait d'elle la créature la plus radieuse que l'on puisse imaginer, la Vierge la plus céleste, un « reflet de la lumière éternelle » (Sg 7, 26).

Le dogme de la virginité perpétuelle de Marie, celui de la conception virginale de Jésus, œuvre du Saint-Esprit, et celui de sa maternité virginale, ces trois vérités revêtent l'Immaculée d'une splendeur virginale « que les cieux ne peuvent contenir » (1 R 8, 27). Et tout au long des siècles, dans l'Église, de nombreuses vierges se sont inspirées de la Sainte Vierge pour commencer déjà sur cette terre à ne vivre que pour Jésus, pour « suivre l'Agneau » (Ap 14, 4) dans le temps et l'éternité.

S'il y a eu et s'il y a encore des fous qui veulent jeter l’ombre de leur misère sur une vérité de foi aussi éblouissante que la virginité perpétuelle de Marie, outre saint Jérôme qui mit en déroute les hérétiques Elvidius et Jovinien, et saint Ambroise qui écrivit des pages sublimes sur la virginité, toute l'Église au cours de son histoire millénaire a célébré et a glorifié en Marie la toute Vierge, la toujours Vierge de corps et d'âme, la Vierge sainte consacrée divinement par la présence du Verbe de Dieu qui s'est incarné en elle, se revêtant de la même virginité que celle de sa mère.

Malheureusement, si nous regardons l'humanité, la vision de la virginité de la Sainte Vierge s'évanouit de la manière la plus brutale. Impureté, luxure, sensualité, adultère, pornographie, homosexualité, obscénité, spectacles indécents, relations pré-matrimoniales, contraception, divorce, avortement... C'est le spectacle répugnant que l'humanité offre aujourd’hui aux yeux de tous. Quel océan de boue sur cette pauvre terre ! Peut-on continuer ainsi sans provoquer « la colère de Dieu » ? (Ep 5, 6). On comprend pourquoi La Sainte Vierge révéla à la petite Jacinthe qui ne comprenait pas le sens des mots qu'elle utilisait : « Le péché de la chair est celui qui conduit le plus d’âmes en enfer ».

Qui pourrait contredire cette affirmation s'il observe le spectacle honteux que le monde offre chaque jour ? Certes, le péché d'impureté n'est ni le pire ni le plus grave ; mais il est le plus fréquent et le plus répugnant.

Quels remèdes ?

Quelle est le remède contre cette véritable lèpre qu’est l’impureté ? La prière, le recours fréquent aux sacrements et la fuite des occasions mauvaises. Tout péché d'impureté : actes, désirs, regards, pensées, mauvaises lectures, ... est un péché grave. Il faut donc se défendre, de toutes ses forces, jusqu’à la violence si nécessaire, parce que « le désir de la chair, c'est la mort, tandis que le désir de l'esprit, c'est la vie et la paix puisque le désir de la chair est ennemi de Dieu... » (Rm 8, 6-7).

Saint Benoît et saint François se jetèrent dans les épines pour éteindre « la concupiscence qui attire et leurre » (Jc 1, 14). Saint Thomas utilisa un tison ardent pour chasser une grave tentation. Sainte Maria Goretti se laissa frapper de quatorze coups de couteaux pour sauve-garder sa virginité.

Pour éviter les occasions les plus habituelles de pécher, il faut mortifier :

  • ses regards, et pour cela éviter le cinéma, la télévision, les mauvaises lectures et internet,
  • sa langue, et pour cela éviter les obscénités, les conversations déshonorantes,
  • l'ouïe, et pour cela ne pas écouter des chansons ou des plaisanteries vulgaires.

Il faut aussi se méfier de la vanité et s'opposer de toutes ses forces aux modes indécentes.

Car « la vie de l'homme sur la terre est une bataille » (Job 7, 1). Il est nécessaire d'être continuellement vigilant, avec l'aide de Dieu (prière et sacrements) pour ne pas se laisser « dominer par la concupiscence » (1 Tes. 4, 5). C'est humiliant, mais telle est notre condition, car la chair et l’esprit sont toujours en lutte serrée entre eux : « J'aperçois une autre loi dans mes membres qui lutte contre la loi de ma raison et m'enchaîne à la loi du péché qui est dans mes membres » (Rom. 7, 23).

Saint Dominique Savio détruisit les mauvais illustrés que lui avaient donnés ses camarades. Saint Louis de Gonzague reprit en public quelqu'un qui parlait grossièrement, alors que par ailleurs il s'imposait de terribles pénitences. Saint Alphonse de Liguori enlevait ses lunettes quand son père l'emmenait au théâtre. Voilà des exemples qui devraient nous stimuler à utiliser tous les moyens de sauvegarder la pureté de notre cœur et de nos sens.

La chasteté conjugale

Mais les problèmes moraux les plus sérieux sont ceux qui concernent les époux. La chasteté conjugale est un devoir de tous les époux chrétiens et c'est un devoir fécond en grâces et en bénédictions. Malheureusement, les assauts du démon sont nombreux : contraception, onanisme, divorces et avortements font des hécatombes parmi les époux chrétiens, sans parler des relations pré-matrimoniales, qui ne sont que la profanation des corps et des âmes des fiancés, malheureux esclaves de la sexualité.

On veut deux enfants et c'est tout. Puis c'est la pilule ou les autres moyens pour éviter de nouvelles grossesses. Et ainsi on profane, parfois pendant des années, les relations matrimoniales qui devraient au contraire symboliser l'union du Christ et de l'Église (Ep 5, 25).

La pilule contraceptive est venue de l'enfer, disait saint Padre Pio, et celle qui l'utilise commet un péché mortel. « Est intrinsèquement mauvaise toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation » affirme le Catéchisme de l’Église Catholique. Saint Padre Pio disait encore : « Pour chaque mariage, le nombre des enfants est fixé par Dieu », non par le caprice des conjoints ; et aussi : « Celui qui est sur le chemin du divorce est sur le chemin de l'enfer ». Quant au crime de l'avortement, voici le jugement du Catéchisme de l’Église Catholique : « L'avortement direct, c'est-à-dire voulu comme une fin ou comme un moyen est gravement contraire à la loi morale » et « Qui procure un avortement... encourt l'excommunication ».

Ouvrons bien les yeux ! Profaner le sacrement du mariage entraîne châtiments et malédictions sur les familles. Rappelons-nous « qu'on ne se moque pas de Dieu » (Gal 6, 7). Nous devons donc tout faire pour avoir une conduite parfaitement pure et chaste afin de ne jamais offenser Notre-Seigneur par ce péché d’impureté qui le blesse tant. Alors, pour avoir la force d’éviter ce si ignoble péché et tous les autres, utilisons le moyen donné par Notre-Dame elle-même et que Jacinthe, peu avant de mourir, résuma si merveilleusement à sa cousine :

Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie ; que c’est à Elle qu’il faut les demander ; que le Cœur de Jésus veut qu’on vénère avec lui le Cœur Immaculé de Marie.

 

 

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.

 

  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.

 

  1. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  1. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  2. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  3.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  4. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Bienheureux François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

Dimanche 10 mai 2020

Les instituts traditionnels intentent un recours en référé-liberté auprès du Conseil d’État

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La Fraternité Saint-Pierre, l’Institut du Bon Pasteur, l’Institut du Christ-Roi-Souverain-Prêtre et la Fraternité Saint-Vincent Ferrier déposeront un recours auprès du Conseil d’Etat suite à la publication du décret de déconfinement.

 

Avec le soutien de :

  • Dom Louis-Marie, Père Abbé du monastère Sainte-Madeleine du Barroux
  • Père Marc, Prieur du monastère Sainte-Marie de La Garde
  • Jean de Tauriers, Président de l’association Notre-Dame de Chrétienté
  • Jean-Pierre Maugendre, Président de l’association Renaissance Catholique
  • Guillaume Jourdain de Thieulloy, Directeur de publication du Salon Beige
  • Philippe Maxence, Rédacteur en chef de L’Homme Nouveau

14ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 mai 1947 : « Amélia est au purgatoire jusqu’à la fin du monde ».

Le purgatoire

Après avoir promis aux trois petits voyants qu’ils iraient au Ciel et leur avoir appris que leur ami Maria das Neves y était, sur une nouvelle question de Lucie qui demandait : « Et Amélia ? », Notre-Dame répondit : « Elle est au purgatoire jusqu’à la fin du monde ».

Cette réponse si attristante de la Sainte Vierge au sujet d’Amélia a fait couler beaucoup d’encre. Cette phrase a souvent été omise ou remplacée par des circonlocutions vagues. Pourtant, elle est parfaitement authentique et figure bien dans les fac-similés des mémoires de sœur Lucie. Il est vrai que dans un premier temps, par égard pour la famille d’Amélia, Lucie dit seulement : « Elle est au purgatoire ». Mais le temps ayant passé elle n’hésita à rapporter complètement les paroles de Notre-Dame dans ses mémoires. Et elle en confirma l’exactitude au père Jongen en 1946.

C’est une parole dure à entendre, mais elle est on ne peut plus claire. Et il n’y a aucune raison d’en édulcorer la signification. Le sens littéral de « jusqu’à la fin du monde » est le seul possible.

Toutefois, malgré sa dureté, cette parole est également consolante, car elle signifie que Amélia est réellement sauvée et entrera un jour au paradis.

L’enseignement de l’Église

Mais qu’est-ce que le Purgatoire ? Le 17e concile œcuménique de Florence (1439-1445) en donne la définition suivante :

Si ceux qui se repentent véritablement meurent dans l'amour de Dieu avant d'avoir par des fruits dignes de leur repentir réparé leurs fautes, commises par action ou par omission, leurs âmes sont purifiées après leur mort par des peines purgatoires.

Le 19e concile œcuménique de Trente (1545-1563) confirma l’enseignement du concile de Florence en condamnant la proposition suivante :

Si quelqu'un dit que, après avoir reçu la grâce de la justification, tout pécheur pénitent voit sa faute remise et sa condamnation à la peine éternelle annulée, en sorte que ne reste aucune condamnation à une peine temporelle à expier, ou dans ce monde ou dans le monde à venir au purgatoire, avant que ne puisse s'ouvrir l'entrée au royaume des cieux, qu'il soit anathème.

Le Catéchisme de l’Église Catholique, aux n° 1030 et 1031, a repris intégralement cette définition :

Ceux qui meurent dans la grâce et l'amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu'assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d'obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel.

L'Église appelle purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés.

L’existence du purgatoire est donc un enseignement constant de l’Église. Tous ceux qui meurent dans l'amitié avec Dieu, mais sans être complètement purs et dignes du Paradis, connaissent cet état de douloureuse purification pour le temps nécessaire à ce but.

Une vérité divine

Dans ses premières pages, la Sainte Écriture nous parle de la coutume des Hébreux de prier pour les morts. Cela signifie donc qu'il existe un état des âmes défuntes qui n'est ni l'enfer, ni le paradis. Car les damnés et les bienheureux n'ont pas besoin de nos prières.

Plus expressément encore, la Bible nous parle des sacrifices pour les défunts, sacrifices qui étaient célébrés dans le Temple. À la mort d'Aaron, on offrit des sacrifices pendant trente jours (Dt 34, 8 ; Nb 20, 30). Et Judas Maccabée, après les batailles, recueillait de l'argent qu'il envoyait à Jérusalem pour offrir des sacrifices en faveur des soldats tombés au cours de la guerre, car disait-il : « C'est une chose sainte et salutaire de prier pour les défunts afin qu'ils soient purifiés de leurs péchés » (2M 12, 45), phrase lue à la messe des morts (dans le rit extraordinaire). De même, le prophète Malachie nous parle du Seigneur qui purifie avec le feu les âmes des fils de Lévi.

Dans le Nouveau Testament, Jésus fait plus d'une fois allusion au purgatoire. La plus claire référence est celle sur la nécessité de régler nos comptes avec notre ennemi, avant de tomber entre les mains du juge qui nous jettera en prison et ne nous laissera sortir qu'après paiement de toute la dette « jusqu'au dernier centime ». (Mt 5, 25-26). Cette "prison", c'est clair, ne peut être l'enfer dont on ne sort jamais, mais le purgatoire, comme l'ont compris les Pères de l'Église.

Suivant très exactement l'enseignement de Jésus, saint Paul dit que celui qui fait des œuvres imparfaites se sauvera, mais en passant « par le feu » (1 Co 3, 15).

Et après saint Paul, nombreux sont les pères et les docteurs de l'Église à avoir enseigné la même chose, en particulier saint Augustin, saint Jean Chrysostome, saint Éphrem, saint Cyprien, saint Thomas d'Aquin, etc.

C’est pourquoi le magistère de l'Église nous présente la vérité du purgatoire comme étant un dogme de foi, c’est-à-dire qu’on ne peut pas se dire catholique si on ne croit pas à l’existence du purgatoire. Ainsi, le concile de Trente « prescrit aux évêques de tout faire pour que la saine doctrine du purgatoire, transmise par les saints Pères et les saints conciles, soit l'objet de la foi des fidèles, que ceux-ci la gardent, et qu'elle soit enseignée et proclamée en tous lieux. »

Une souffrance terrible

Au purgatoire nous sommes, plus ou moins, purifiés selon le mérite de chacun. Il nous est difficile d'imaginer la réalité de cette souffrance, tant elle est terrible. Saint Thomas d'Aquin dit : « La plus petite peine du purgatoire surpasse la plus grande peine que nous puissions connaître sur la terre » et encore : « Le même feu tourmentera les damnés en enfer et les justes au purgatoire ».

Car l'offense faite à Dieu est une chose très grave et grande est la réparation qu'exige sa justice. Pour cette raison, les saints veillaient à expier sur la terre le plus petit manquement, y compris les « paroles oiseuses » (Mt 12,36). Sainte Monique disait à ceux qui l'entouraient au moment de sa mort : « Priez pour moi ! Ne prenez pas soin de mon corps, mais seulement de mon âme ».

Pas des larmes, mais des prières

Les défunts n'ont pas besoin de nos larmes, mais de nos prières. Encore moins ont-ils besoin de couronnes de fleurs ou de cortèges pour leur enterrement. Quelle tristesse de voir parfois, chez certains chrétiens, combien ils dépensent sans compter pour les cérémonies des funérailles et ne se préoccupent même pas de faire célébrer une seule messe ! Pourtant, le concile de Florence dit :

Pour qu'ils soient relevés des peines de cette sorte [les peines du purgatoire], leur sont utiles les suffrages des fidèles vivants, c'est-à-dire : offrandes de messes, prières et aumônes et autres œuvres de piété qui sont accomplies d'ordinaire par les fidèles pour d'autres fidèles, selon les prescriptions de l'Église.

Le concile de Trente a également confirmé cet enseignement : « Les âmes retenues au purgatoire sont aidées par les suffrages des fidèles, et surtout par le sacrifice de l'autel si agréable à Dieu. »

Si nous pouvions voir les souffrances des âmes du purgatoire, comme nous veillerions à les soulager en faisant célébrer la sainte messe, en communiant, en récitant le chapelet, en faisant pénitence !

Une nuit, saint Nicolas de Tolentino vit l'âme d'un confrère défunt, frère Pélegrin d'Osimo, qui le priait de faire aussitôt célébrer une messe pour lui et pour les âmes du purgatoire. Le saint lui répondit qu'il ne le pouvait pas, car il devait attendre son tour pour célébrer. Alors le défunt conduisit saint Nicolas au purgatoire. À la vue des peines terribles que souffraient ces âmes, saint Nicolas s'effraya, alla aussitôt chez le père supérieur et le pria de l’autoriser à célébrer la messe pour le frère Pélegrin et pour les âmes du purgatoire. Ayant obtenu la permission, la célébration des messes fut le recours le plus puissant et le plus salutaire pour ces âmes souffrantes.

Un jour un religieux demanda à saint Padre Pio d'avoir, au cours de sa messe, un petit souvenir pour l'âme de son père. Et le Padre Pio célébra la messe pour l'âme du père de ce religieux. Aussitôt après la messe, saint Padre Pio appela le frère et lui dit : « Ce matin, ton père est entré au paradis ». Le frère en fut heureux mais aussi stupéfait, et ne put s'empêcher de s'exclamer : « Mais, Père Pio, mon père est mort il y a trente ans. ». Saint Padre Pio répondit gravement : « Eh bien, mon fils, devant Dieu tout se paye ! ».

On comprend dès lors toute l’importance de faire dire des messes pour les défunts, même pour ceux qui paraissent avoir eu une vie exemplaire. Car « l'Eucharistie remet l'homme en communion avec Dieu en le réconciliant avec Lui par le sang répandu pour la multitude en rémission des péchés ». (Mt 26, 28)

La Sainte Vierge nous libère du purgatoire

Saint Bernardin a appelé la Sainte Vierge la « plénipotentiaire » du purgatoire, parce qu'elle a obtenu de son Fils les grâces et le pouvoir de libérer du purgatoire toutes les âmes qu'elle veut, car Notre-Dame a été « associée plus intimement que tout autre au mystère de la souffrance rédemptrice ». Alors, aimer la Sainte Vierge et recourir à Elle pour obtenir le soulagement et la libération des âmes du purgatoire doit nous tenir à cœur si nous voulons offrir des prières et des intercessions efficaces. La sainte Vierge elle-même révéla au bienheureux Alain : « Je suis la Mère des âmes du purgatoire, et par mes prières les peines de ceux qui m'aiment sont allégées ».

Dans ce domaine, le chapelet est tout particulièrement efficace. Saint Alphonse de Liguori nous dit : « Si nous voulons aider les âmes du purgatoire, récitons le chapelet à leurs intentions. Cela leur sera d'un grand soulagement ». La récitation du chapelet est donc un véritable acte de charité envers les âmes du purgatoire.

Alors, n’omettons jamais de penser à eux en récitant notre chapelet quotidien, en demandant à notre Mère du Ciel d’intercéder pour qu'elles puissent le plus vite possible passer de cet état de peine à celui de la béatitude éternelle.

 

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :