ÉDUCATION, CHEMIN DE LIBERTÉ

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« La vérité vous rendra libres »

Méditation 9

Chers Pèlerins,
Dès l’énoncé du thème de cette méditation, « l’éducation, chemin de liberté », la liberté nous est présentée comme un bien à acquérir. Et en effet, nous espérons bien, au terme de cette vie, parvenir à la glorieuse liberté des enfants de Dieu (Rom. 8, 21).

I. LA LIBERTE DE LA CREATURE EST DE DIRE OUI AU PLAN DE DIEU,
SON CREATEUR

Mais en quoi consiste la liberté de la créature humaine ? Être créature signifie avoir reçu, de Dieu, le don de l’existence. Être créature c’est donc dépendre de Dieu, au plus intime de soi-même. La liberté de la créature ne consiste donc pas à s’affranchir de Dieu-Père, mais, au contraire, comme le rappelle le Bienheureux Jean-Paul II « à dire « oui » au plan de Dieu pour notre vie ».


C’est justement le rôle de l’éducation que de conduire l’enfant au plein accomplissement du vouloir de Dieu sur lui. C’est donc à l’éducation qu’il revient d’éclairer et de fortifier le libre-arbitre pour qu’il puisse choisir selon la vérité et le bien, et s’affranchir de la formidable pression qu’exerce le matérialisme ambiant et notre propre égoïsme. C’est encore à l’éducation qu’il appartient de former la conscience et le caractère des enfants, en leur offrant la discipline bénie d’une vie chrétienne, qui leur permettra d’acquérir force de volonté et vertu, sans lesquelles ils ne pourront résister aux suggestions du monde et à leur propre goût pour la nouveauté, et ainsi sauver leur liberté.

II. IL FAUT TRAVERSER DES ETAPES, QUI NE VONT PAS SANS CRISES

La stratégie éducative fera bien de s’inspirer de la pédagogie de Don Bosco dont la grande figure a illuminé notre première journée de pèlerinage. Saint Jean Bosco fut un grand éducateur. Il désirait élever les enfants dans un climat de confiance et de joie, éclairer leur intelligence à la lumière de la raison et de la foi et offrir à leur vertu le secours de la religion.

  1. Passage de la petite enfance à l’âge de raison
    On pourrait placer l’enfance sous le signe de la foi et de l’obéissance. Les enfants, et le tout-petit d’abord, font spontanément confiance à leurs parents. Cette disposition de foi s’accomplit dans l’obéissance. L’éducation incitera donc l’enfant à poursuivre le bien et à éviter le mal. Elle ouvrira son cœur au sens des autres et à la joie de donner. Elle luttera fermement contre toutes les formes d’égoïsme. Ainsi l’enfant qui, à cause du péché originel est porté naturellement à l’égoïsme et aux caprices apprendra à dominer ses désirs, à résister à ses envies et à pratiquer le sacrifice.
    Pour lui se sera le chemin de la liberté.
    En cet apprentissage difficile, il est de la plus haute importance que les parents ne cèdent jamais aux caprices de leurs enfants, et ce, dès le berceau !
    Prenons un exemple cité par Lisbeth Burger : dans la famille Hermann, le boucher-charcutier, est né un premier enfant. « Dès le premier instant, il fut le tyran de la maison ». Un ami conseille aux parents aveuglés « Éduquez le gaillard raisonnablement, car il apporte déjà des instincts difficiles.
    Habituez-le à l’obéissance, à la maîtrise de lui-même, à bien faire… En cédant à tous ses caprices, vous l’élevez pour le bagne
    ». Rien à faire, les parents rient des colères de leur enfant et trouvent que le garnement a bien du caractère ! Hélas, l’adolescent, devenu méchant, cupide et sournois, s’empara de la caisse du magasin et, plus tard, frappa traîtreusement son père d’un coup de hache.

    L’obéissance, qui dégage le cœur de l’égoïsme en foulant aux pieds envies et caprices, est donc bien pour l’enfant un chemin de lumière et de liberté.
  2. Passage de l’enfance à l’adolescence
    Pour l’adolescent, selon un chartreux, ce chemin semble être celui de l’espérance et de la virginité. « Les années de l’adolescence sont marquées par de profonds changements, biologiques, intellectuels et émotionnels… c’est surtout un temps de recherche de sa propre identité ».
    Temps d’attente, de préparation, de formation de la personnalité, alors que fleurit un puissant courant de vie.
    Pour le Père Thomas-Philippe, dans son ouvrage sur l’adolescence, la tentation pourrait être d’accaparer ce courant de vie et de s’installer dans une « fausse indépendance : l’indépendance par la violence et par la force ». L’élan de vie et de générosité serait alors détourné de sa fin et mènerait à des dépendances graves.
    C’est l’espérance qui canalisera les énergies neuves qui se font jour et les orientera vers Dieu et vers le prochain, au-dessus et au-delà de soi-même.
    Et puis, à l’heure où le corps se transforme, le chemin de lumière et de liberté sera celui de la chasteté. La sexualité humaine, si noble et si fragile, n’est source de liberté et de bonheur, qui si elle se soumet généreusement à la loi divine. Dans l’attente d’une paternité et maternité responsable, l’adolescent gardera la virginité. Ce pourra être une lutte héroïque, mais cette épreuve est nécessaire pour confirmer l’espérance.
    En toute tentation d’ailleurs, la grâce de Dieu ne fait pas défaut. « Aucune tentation ne vous est survenue qui passe la mesure, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter ». (1 Cor. 10, 13).
    Espérance et virginité, telles sont les voies de la liberté pour l’adolescent. C’est « le plus bel honneur qu’on puisse faire à la jeunesse, que de lui dire qu’elle est vouée à la pureté et à la grandeur » (Père Thomas Philippe)
  3. Passage à l’âge adulte
    Pour le jeune adulte, le chemin de la liberté est celui de l’engagement : être « avec les autres », être « pour les autres », entrer résolument dans la logique du don de soi. On pourrait donc placer cet âge sous le signe de la charité et de la fidélité. C’est le temps de participer à la vie sociale, d’exercer une profession, de s’engager définitivement dans les lois du mariage ou de la vie consacrée. La tentation alors pourrait être le repli sur soi ou la crainte de s’engager. Une telle crainte est signe d’immaturité : « c’est une fausse conception de la liberté que de ne jamais vouloir s’engager » ni « prendre de décision ».
    Pour Jean-Paul II, une telle peur de s’engager définitivement « peut être imputée, en termes généraux, à cette culture au souffle court, propres aux pays riches… L’éloignement d’une conception religieuse de l’existence… enlève à l’homme… l’appui de la foi et de l’espérance qui, seules, donnent la possibilité et l’attrait d’un projet définitif ». Le monde moderne manque d’âme. C’est à la jeunesse d’apporter à un monde rétréci ce supplément d’âme qui le vivifiera. Le moyen en est de s’engager définitivement, car c’est ainsi que l’homme se donne totalement et parvient à la pleine liberté. Nous expérimentons assez combien nous sommes versatiles et inconstants. En nous engageant définitivement, nous prenons le moyen le plus radical de fixer notre volonté dans le bien. Cet engagement, néanmoins, ne sera réel que s’il se renouvelle chaque jour, dans une fidélité attentive au dessein de Dieu.

Chers pèlerins,
L’éducation, qui mène l’enfant à l’âge adulte en passant par l’adolescence est une éducation à l’amour vrai. Selon les âges, l’amour se révèle comme lumière, comme vie ou comme feu. Selon les âges, la vraie liberté se réalise dans l’obéissance, la virginité et l’engagement fidèle, base de la révélation de la future vocation.
Mais c’est toujours l’amour qui mène le cœur humain, l’amour de Dieu qui, à travers l’éducation, conduit l’homme à la pleine liberté. Bienheureux celui qui accueille les exigences d’une sainte discipline, en vue de la glorieuse liberté des enfants de Dieu !