2019 

Homélie Chartres 2019 – Mgr Léonard

« Dans le monde vous aurez à souffrir et à faire des choix exigeants mais confiance, nous dit Jésus, moi j’ai vaincu le monde ».

Nous connaissons tous, mes frères et mes sœurs, les multinationales qui font du commerce à travers le monde entier. Eh bien, ceci est un scoopla plus belle multinationale du monde,… c’est l’Eglise Catholique répandue parmi toutes les nations ! Et nous la devons à l’Esprit Saint et à saint Pierre, dans la lecture des Actes des apôtres d’aujourd’hui.

Il est allé chez Corneille, un païen, un militaire romain avec tout son entourage, il est entré dans sa maison, – ce qui était interdit pour un Juif, – et voilà qu’à la demande de Corneille, il l’évangélise, il lui parle de Jésus, vrai Dieu, vrai homme, crucifié et ressuscité ! Et à peine a-t-il terminé son sermon, que l’Esprit Saint tombe sur Corneille et tous ses familiers… et Pierre se trouve devant un problème : ils ont déjà reçu le sacrement de la confirmation, comment pourrait-on leur refuser l’eau du baptême? Et il va baptiser ces païens… après un catéchuménat extrêmement court !

C’est grâce à l’Esprit Saint et grâce à Pierre et puis après à Paul, que l’Eglise est devenue une véritable multinationale, non plus liée à un seul peuple, mais la multinationale de la Foi, de l’Espérance et de la Charité à travers le monde ! Et c’est ce qui nous a permis à nous ici Gaulois, Celtes, Aduatiques, Nerviens, Éburons et autres peuplades de l’époque, d’entrer finalement dans l’Église Catholique.

Et cette Église Catholique, nous osons dire dans le Credo qu’elle est une, sainte, catholique et apostolique. J’entends parfois des gens, par les temps qui courent, après la révélation de tant scandales qui nous ont fait du mal, qui se demandent «Est-ce qu’on peut encore dire que l’Eglise est une,… SAINTE, … catholique et apostolique ? » Eh bien oui. Elle est sainte, bien qu’elle soit composée de pécheurs, la preuve, c’est que nous sommes là. Elle est composée de pécheurs.

Mais elle est sainte, …

parce que le Saint de Dieu, Jésus, est sa Tête,

parce que l’Esprit Saint est son Âme,

parce que la très Sainte Vierge Marie est son Cœur,

parce que, pour la guider sur le chemin de l’histoire, elle est soutenue par la sainte Tradition qui vient des apôtres, et illuminée par les Saintes Écritures,

et parce qu’au cœur de la vie de l’Église il y a ce que nous vivons maintenant, il y a le Très Saint Sacrement de l’Eucharistie!

Et par surcroît, à travers les siècles, l’Église, à partir des pécheurs qui la composent, est capable de produire des saints et des saintes… Et nous allons tous devoir le devenir, tôt ou tard.

Pour remplir sa mission, l’Église dispose comme source d’espérance et comme source de paix de ce que nous avons entendu dans l’Évangile.

Ce sont les deux versets les plus précieux de tout le Nouveau Testament : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné Son Fils, son unique, pour que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais au contraire ait la vie éternelle ! Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui ». C’est une pure merveille.

Saint Paul l’a résumé dans sa seconde lettre aux Corinthiens au chapitre 5, au verset 21, quand il dit: « Celui qui n’avait pas connu le péché, le Saint de Dieu, – c’est ainsi que les démons s’adressaient à Jésus : « nous savons qui tu es Jésus de Nazareth, tu es le Saint de Dieu » – eh bien, dit Paul, celui qui était sans péché, le Saint de Dieu, Dieu l’a pour nous identifié au péché, il l’a mis au rang des pécheurs, pour que nous, pécheurs, nous ayons part à la sainteté de Dieu ».

Si nous réalisons cela, pourquoi Jésus est descendu si bas dans un abîme de solitude, de déréliction, d’effroi, d’angoisse, se sentant abandonné par ses disciples et même apparemment abandonné par son Père jusqu’à crier « Mon Dieu mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné? » …, s’Il est descendu si bas, c’est pour rejoindre tout homme, toute femme aussi profonde que puisse être sa déchéance.

Eh bien celui qui croit en cela, qui met sa foi en Jésus, descendu au fond de l’abîme, est habité par une espérance inépuisable et il reçoit le don de la paix, mais à quel prix, payé par celui qui nous a sauvés !

Le soir de Pâques, dans l’Évangile de Jean, Jésus s’adresse par deux fois aux disciples en leur disant : « la paix soit avec vous » et il leur montre les plaies de ses mains et la plaie de son côté, le prix qu’Il a payé pour, remontant de l’abîme, nous faire le don de la paix . C’était le thème de votre pèlerinage, être missionnaire de la paix.

Mais cela comporte un prix et un prix auquel il nous faut réfléchir, car il est dit dans l’Évangile de Jean, à la suite des versets que je viens de citer, il est dit: « les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière » et nous devons, nous, choisir la lumière et nous conformer à la volonté de Dieu, agir suivant la volonté du Seigneur sur nous, et cela va nous imposer un dur combat.

Jésus est venu nous donner la paix et il le dit explicitement le soir de la dernière Cène:

« je vous laisse la paix,

je vous donne ma paix,

je ne la donne pas comme le monde la donne ».

Pourtant, dans les Évangiles synoptiques, Matthieu, Marc, Luc, on entend cette parole un peu surprenante:

« Pensez-vous, dit Jésus, que je suis venu apporter la paix ?

Non, mais plutôt la division et le combat ».

Donc, mes frères et mes sœurs, missionnaires de l’espérance et missionnaires de la paix, il y aura un combat à mener, de toute manière.

Nous vivons actuellement une grande confusion en Europe sur le plan politique ; il y aura là des combats à mener. Il y a aussi beaucoup de confusion actuellement dans l’Église catholique parce que, sur des points importants qui touchent l’indissolubilité du mariage, le rapport de l’alliance conjugale avec l’alliance du sacrement de l’eucharistie, sur la question des pratiques homosexuelles, sur la question du célibat des prêtres dans l’Église latine, et sur tant d’autres sujets, il y a une grande confusion… Et ça va dans tous les sens ! Nous devons être reconnaissants lorsque, sur certains de ces points, notre pape actuel, le pape François, parle de manière claire. Et nous pouvons aussi continuer à nous inspirer de l’enseignement très clair et aussi très miséricordieux que nous a donné Benoît XVI, le pape émérite, que nous a donné saint Jean-Paul II. Oui, nous allons devoir mener des combats avec fermeté, avec bienveillance, avec écoute, avec miséricorde, mais il y aura de rudes combats à mener. Jésus nous en a prévenus: « dans le monde vous aurez à souffrir mais confiance! Moi j’ai vaincu le monde. »

Je termine par un dernier petit mot. J’ai été très impressionné par les familles qui sont ici rassemblées, avec des gens qui ont déjà leur état de vie :  ils sont mariés ou bien ils sont célibataires par choix, ou bien ils sont célibataires en raison des circonstances de la vie, il y a des ministres ordonnés, il y a des personnes consacrées. Mais il y a ici aussi plein de jeunesse.

Alors, mes chers jeunes ici présents, fréquenter Jésus de très près, c’est source de paix, mais ce peut être aussi très dérangeant, très bousculant !

Jésus va demander à une majorité d’entre vous de fonder un jour un foyer solide c’est-à-dire un homme et une femme et le Seigneur au milieu, un « beau ménage à trois » ! Un homme, une femme et le Seigneur qui est l’unité profonde d’un couple.

Il va demander à certains de vivre positivement un célibat forcé qu’on n’a pas choisi, parce qu’on n’a jamais trouvé une âme sœur dans la vie, il va demander à ces personnes de vivre leur célibat dans la vérité.

Mais il va certainement vouloir trouver parmi vous des filles qui jugent que «c’est Jésus le plus beau», et qui, « pour ses beaux yeux », vont embrasser une forme ou l’autre de vie consacrée. Soyez sur vos gardes, mais soyez surtout accueillantes, mesdemoiselles !

Et parmi les jeunes garçons, il va vouloir en trouver certains qui accepteront de devenir prêtres pour le service de l’Église, dans tous les diocèses de France et d’Europe, en commençant quand même par le diocèse de Chartres ! Mais on a partout besoin de jeunes qui sont tellement passionnés par Jésus qu’ils décident de lui consacrer toute leur vie à lui ainsi qu’au peuple qu’Il aime.

N’ayez pas peur : « dans le monde vous aurez à souffrir et à faire des choix exigeants mais confiance, nous dit Jésus, moi j’ai vaincu le monde ».

Amen, Alléluia !