INSISTE A TEMPS ET A CONTRETEMPS

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« Le salut des âmes, qui, pour l’Eglise, vaut plus que tout autre chose, exige comme condition essentielle l’annonce et la défense de la vérité de Foi. », nous rappelle Mgr Tarcisio Bertone en annexe à la déclaration « Dominus Jésus ». L’un des maux les plus graves dont souffre aujourd’hui le catholicisme, particulièrement en France, c’est que les catholiques ne sont plus assez fiers de leur Foi. N’est-ce pas avec notre complicité que l’on assiste à une banalisation, voire à une « normalisation » de tous les péchés capitaux ?

Pourquoi serions-nous complices de cette « culture de mort », de cette conspiration contre la vie quand St Paul, aux Ephésiens, nous demande de nous conduire en « enfant de lumière » ? Car « elle est diabolique, l’œuvre de Satan, qui fut homicide dès le commencement » (Jn – 8,24). « Résistons-lui donc, fermes dans la Foi ».

La tentation de l’autodestruction faute d’espérance, la mentalité hédoniste, détournant la sexualité de sa finalité, le déclin de la famille fondée sur le mariage et, par là, le tarissement de la fécondité, l’égoïsme, l’utilitarisme, le déracinement conduisant à la chosification de la personne, caractérisent la perte du sens de la vie. Autant de manifestations d’un esprit de révolte destructeur alors que l’œuvre du Créateur, c’est la vie et l’ordre naturel qui la protège et la rend possible. Cette logique ne se partage pas, on l’accepte tout entière. L’Eglise a d’ailleurs pleinement conscience qu’il est urgent de réserver à la culture une attention toute particulière… la rupture entre Evangile et culture est sans doute le drame de notre époque.

L’ordre naturel dont la pratique requiert les vertus cardinales, est exprimé par les dix commandements de Dieu, éclairés par les béatitudes. Même faible et souffrante, la vie humaine est toujours un don magnifique de Dieu. Elle est toujours un bien parce qu’elle est une manifestation de Dieu.

« Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime et je Vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, n’adorent pas, n’espèrent pas et ne Vous aiment pas. »

Prions. Agissons, mais prions d’abord. Car même l’apostolat actif ne vaut qu’autant qu’il est guidé et fécondé par la vie intérieure de prière et de contemplation. Et donc, commençons par ne pas laisser mourir en nous la grâce par le péché.

Luttons confiants dans le Seigneur. « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » Rm 8,31). Luttons donc contre nous-mêmes et contre « le monde », c’est- à-dire : la mode, le respect humain, la peur d’être marginalisés, moqués de ne pas être « comme les autres », contre tout obstacle nous paralysant et nous empêchant de vivre selon notre Foi. C’est clair : si nous sommes tièdes, le Seigneur nous vomira. N’oublions pas que c’est le même mot, en grec qui signifie « témoin » et « martyr ». Demandons à Notre Seigneur sainteté, Foi, courage, ténacité ; c’est du Ciel que vient la force.

Lisons l’Ecriture Sainte. Quand nous lisons, c’est Dieu qui nous parle. Puis, tâchons de transmettre la Foi.

Aimons beaucoup la Liturgie. La Liturgie ? C’est la Foi qui se tourne en prière, en adoration et qui utilise toutes les ressources de l’art, du symbolisme, de la beauté, pour dire à Dieu son amour et Lui rendre le culte qui lui est dû. C’est d’ailleurs pourquoi la Liturgie ne doit pas admettre d’éléments qui ne soient pas en pleine conformité avec la règle de Foi. Altérer la liturgie par laquelle l’Eglise en même temps qu’elle honore Dieu professe sa Foi et la transmet à ses fils, c’est toucher au dépôt sacré de la Foi.

Recourons aux sacrements avec un amour toujours plus grand. Les sacrements produisent en nous la grâce. Il faut les recevoir et s’en rendre digne (Eucharistie, Mariage). En effet, la grâce passe ordinairement par des moyens sensibles, depuis la frange du manteau de Notre Seigneur, l’ombre de saint Pierre, les mouchoirs de saint Paul…(Mt 9,20 ; Ac 5,15 ; 19,12).

Enfin, rendons vivante et efficace la communion des saints.

Soyons forts et fidèles car « Dieu qui nous a créés sans nous, ne nous sauvera pas sans nous » dit saint Augustin.

Certes, notre tâche est immense. Mais, encore une fois, nous ne sommes pas seuls. En effet, par notre baptême, nous sommes devenus membres du Corps mystique de Notre Seigneur Jésus Christ. Un corps rend visible l’esprit qui l’anime. De même que l’homme est vivifié par l’âme, l’Eglise l’est par l’Esprit de Dieu. « Malgré les divisions entre chrétiens, l’Eglise du Christ continue d’exister en plénitude dans la seule Eglise catholique », lit-on dans la récente déclaration « Dominus Jésus », sous la plume du Cardinal Ratzinger.

Cependant, Jésus a institué l’Eglise comme la gardienne et la maîtresse de la parole révélée. Sur ce précieux dépôt, l’Eglise doit veiller avec un soin jaloux. Le salut des âmes dépend de son zèle à protéger et propager la Vérité révélée. A tout époque, l’Eglise doit pouvoir répondre à la quête des hommes avides des paroles du Salut, aussi bien qu’à ceux qui trouvent la vérité objective pesante parce qu’elle s’impose et ne peut s’accommoder d’à peu près. A cause de cela, l’Eglise doit, et nous avec Elle, selon les mots de saint Paul, prêcher la parole, insister à temps et à contretemps, reprendre supplier, menacer, en toute patience et toujours en instruisant, surtout aux temps où les hommes ne supportent plus la saine doctrine (cf. 2Tim4, 2-3).

Pour terminer, on peut reprendre ce mot du Padre Pio :

« Priez pour les personnes perfides comme pour les ferventes, priez pour le Saint Père, pour toutes les nécessités spirituelles et temporelles de l’Eglise ; car c’est elle notre Mère ».

Padre Pio