La consécration et la servitude filiale à Marie (1)

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La consécration mariale n’est donc qu’une consécration d’étape : tout en étant faite à la Vierge, c’est en définitive Dieu, le Christ, qu’elle vise

La consécration mariale est un acte ; il faut la distinguer de l’état de consécration : ce dernier s’établit jour après Jour par une vie de consacré. De même, s’offrir à Marie en servitude est un acte initial, destiné à créer l’état de servitude: celle-ci se manifeste dans une vie de service permanent à l’égard de Marie.

a) NOTION DE LA CONSECRATION EN GENERAL

Consacrer une personne ou une chose, c’est, comme l’étymologie l’indique, l’ayant préalablement mise à part, hors de l’ordre commun, l’ayant séparée — aspect négatif —, la rendre sacrée — aspect positif —, en l’affectant sans restriction au service de Dieu, en la Lui vouant totalement.

Pour quels motifs ? C’est, d’abord, pour réaliser l’appartenance foncière, exclusive, de cette personne ou de cette chose à Dieu, et en assurer ainsi le rendement optimum, selon qu’il convient à son état de créature, propriété de Dieu. C’est ensuite — au moins relativement aux personnes, et dans notre christianisme inspiré par l’amour et imprégné d’amour —, pour marquer, de façon signalée, l’amour que l’on porte à Dieu et au Verbe fait chair : Ils nous ont assez donné pour que nous Leur donnions.

Il pourrait sembler plus ou moins absurde, à un esprit envisageant les hommes et les choses en soi, de parler d’une telle mise au service de Dieu. Tout n’est-il pas à Lui, créateur et conservateur universel ? Tout, par le fait, ne Lui est-il pas consacré ?

Sans aucun doute. Les créatures inanimées, pourtant, dans leur généralité, ne sont pas au service direct de Dieu : Lui-même les a mises, en grand nombre, au service de l’homme. Aussi celui-ci a-t-il jugé bon d’en réserver quelques-unes spécialement, et uniquement, à la glorification du Créateur ; il les a alors distinguées, « consacrées » : ainsi, dans le catholicisme, calices, autels, églises, etc.

Quant à l’homme, s’il ne peut non plus échapper théoriquement à la possession de Dieu, il reste cependant libre. Il a, de ce fait, la possibilité de donner ou de refuser à son Créateur» volontairement, ce qu’il est, ce qu’il a, ce qu’il fait. Aussi, pour lui, se consacrer, c’est par un acte explicite, spontané, personnel, reconnaître le domaine de Dieu sur lui et sur ses biens.

Mais là-même on peut distinguer. Il est, pour des chrétiens, des consécrations générales : sans créer d’obligations nouvelles, elles sont seulement l’acceptation réfléchie et heureuse de notre état de créature et de notre état de baptisé, l’attachement voulu à Dieu et à Notre Seigneur selon les grandes lignes des commandements telle est, aux Communions» solennelles et surtout dans la Nuit pascale, la Rénovation des Promesses baptismales. Au-dessus, pour qui est avide de plus de perfection, de plus de gloire de Dieu en soi et par soi, se placent les consécrations spécialisées : celles-ci fouillent plus profondément la structure de l’être, l’orientent vers une vie intérieure plus élevée et nettement déterminée, l’établissent ainsi dans une sorte d’état nouveau ; ainsi, le religieux, connaissant les trois défaillances possibles de son avidité de posséder, de jouir selon la chair, de secouer orgueilleusement tout ordre divin, consacre à Dieu, par trois vœux, sa pauvreté, sa chasteté, son obéissance, pour réaliser plus parfaitement le service de Dieu ; ainsi encore, l’âme du sous-diacre se lie au Christ exclusivement, et pour toujours.

On voit de suite le sérieux de ces derniers dons, et les obligations qu’ils comportent pour être vécus généreusement.

On voit aussi qu’il n’est, en ce domaine, de consécration « spécialisée », engageant l’individu comme tel, que la consécration strictement personnelle. La consécration collective, comme la consécration d’une famille, d’un groupement, d’un diocèse, d’une nation, au Sacré-Cœur par exemple, faite par le représentant responsable du groupe, revêt sans nul doute un caractère très particulier de donation ; elle comporte aussi une valeur, qui est irremplaçable, d’hommage d’ensemble. Mais, si chaque individu y participe plus ou moins passivement, si surtout la consécration est faite sous l’aspect précisément social, au nom même des absents ou des membres à venir, elle n’engage que d’une certaine manière les membres de la collectivité considérés chacun isolément.

On voit également qu’il n’est de vraie consécration que la consécration pesée, délibérée, faite par quelqu’un qui est capable d’un acte grave : aussi la consécration d’enfants, même doués de raison, n’a-t-elle de valeur que dans la mesure de leur maturité d’esprit et de volonté.

b) NOTION DE LA CONSECRATION A MARIE

Nous ne parlons plus ici d’une consécration générale, plaçant en gros une âme sous le patronage de Marie : une allocution, une formule, quelques bons sentiments, le tout promptement oublié peut-être, n’engagent guère la vie profonde. Nous parlons de la consécration stricte à Marie, du genre de celles que nous venons d’appeler « spécialisées », qui valorisent une vie par les exigences de perfection continue qu’elles contiennent.

Ainsi envisagée, la consécration à Marie est le choix ferme d’une vie où Marie — après Dieu, bien entendu — aura la première place2. Le don sans réserve de tout soi- même à la Vierge commence cette vie. Le don effectif, sans cesse renouvelé, la réalise3. Marie est alors regardée comme Souveraine et Dame, « Notre Dame » : avec tout ce que cet ancien mot de chevalerie requiert, pour tous les jours, d’union de cœur, de pensée fervente, de recours fréquent, de dévouement constant et ardent.

C’est en cette notion de « don total » à la Vierge que se rencontrent, comme dans un carrefour, d’autres notions : pour différents que soient les termes qui les portent, une âme commune les meut. L’âme « consacrée » à Marie, en effet, ne peut être qu’une âme « servante », « esclave » : consécration mariale, servitude mariale, esclavage mariai, sont pratiquement expressions synonymes. Mais aussi, « dévotion » mariale. Celle-ci, selon le sens originel, est une donation absolue et sans retour : c’est la condition pour qu’elle soit « vraie ».

Les âmes contemporaines, cependant, butent contre ces derniers vocables de « servitude » et d’ « esclavage »4.

Saint Thomas5 serait d’accord avec elles s’il s’agissait d’esclavage, au sens païen, à l’égard d’un homme. Mais il s’agit ici, en pleine langue chrétienne, d’une soumission à la plus extraordinaire Créature que Dieu ait faite, à la Reine dont Il a voulu la puissance sur les âmes6 mêmes à Celle dont on peut dire, comme de Lui-même, que, qui La sert, règne.

Aussi bien, sur un plan plus général, saint Paul ne constatait-il pas avec joie que les chrétiens de Rome étaient « devenus les esclaves » de Dieu7 ? La Vierge de l’Annonciation ne se déclarait-Elle pas « la δούλη, l’esclave, du Seigneur » ?8 Jésus Lui-même n’a-t-il pas « pris, s’anéantissant, la condition d’esclave ? » 9 — Et pour revenir à notre sujet particulier, tout Dieu qu’il était n’a-t-il pas choisi de vivre en dépendance de Marie ? Il a fait dépendre son incarnation du fiat de la Vierge. Neuf mois, Il n’a vraiment vécu que grâce à Marie. Plus tard, pour sa naissance, pendant sa petite enfance puis son adolescence, Il persévéra dans cette soumission10. Comme il ne fit rien pour rien, Il donnait ainsi, à qui veut bien l’entendre, une extraordinaire leçon11.

On sait que Montfort a choisi le mystère de l’Incarnation comme le mystère propre12 de « la parfaite dévotion » qu’il préconise. Il lui a inspiré ces accents : « Dieu est descendu dans le sein, virginal [de Marie] pour y prendre ses complaisances. Dieu fait homme a trouvé sa liberté à se voir emprisonné dans son sein ; il a glorifié son indépendance et sa majesté à dépendre de cette aimable vierge. O admirable et incompréhensible dépendance d’un Dieu ! Oh ! Qu’on glorifie hautement Dieu quand on se soumet, pour lui plaire, à Marie, à l’exemple e Jésus-Christ, notre unique modèle ! »13 . Aussi est-il bien d’honorer et d’imiter « la dépendance ineffable que Dieu le Fils a voulu avoir de Marie, laquelle dépendance parait particulièrement dans ce mystère où Jésus-Christ est captif et esclave dans le sein de la divine Marie, et où il dépend d’elle pour toutes choses »14. — Cette dépendance s’étant manifestée en bien d’autres mystères, comment un « chrétien », pour être « du Christ », ne dépendrait-il pas aussi de Marie ?

Seulement, il faut entendre la leçon telle que «Jésus la donna. Lui qui se met ainsi volontairement dans la dépendance de Marie, est son Fils. Sa dépendance est donc une dépendance d’amour ; plus précisément : une dépendance filiale. Le chrétien, imitateur du Christ, doit donc se mettre à l’égard de Marie dans une dépendance de même qualité ; et donc dans une dépendance, elle aussi, essentiellement filiale. Il a raison d’être l’esclave et le serviteur de sa Reine et Dame Souveraine ; il doit faire plus : être l’esclave et serviteur de sa merveilleuse Mère. — Ainsi donc, d’une part, servitude et esclavage volontaires, c’est- à-dire donation, « vraie » dévotion ; d’autre part, servitude et esclavage filiale. Décidément, cela devient possible : parce que c’est grand et beau — et bon.

c) LEGITIMITE DE LA CONSECRATION A MARIE

Dans ce service filial, cependant, Marie n’est pas le but ; moyen seulement : de se donner plus pleinement à Dieu ; mais moyen incomparable : Elle est, en effet, selon la grâce, Mère véritable de tout homme, c’est-à-dire Mère au sens premier, et puis Educatrice, et puis Modèle très aimant et aimé : Elle est aussi Médiatrice universelle, étroitement liée au Médiateur unique, et ainsi voie normale directe d’accès au Fils, et par le Fils au Père. La consécration mariale n’est donc qu’une consécration d’étape : tout en étant faite à la Vierge, c’est en définitive Dieu, le Christ, qu’elle vise.

Lorsqu’on lit, en effet, les textes de ceux qui ont écrit sur la consécration comme sur la servitude ou l’esclavage marial, leur caractère « divin » et « chrétien » saute aux yeux.

Ainsi, saint Ildefonse de Tolède († 867) : « O Jésus, c’est pour que vous connaissiez que Je suis votre serviteur que je désire l’être de votre Mère. Qu’Elle soit ma Souveraine pour qu’ainsi je sache que je Vous ai plu… Servir la « Servante », c’est servir le Seigneur. Tout ce qui est concédé à la Mère, retourne à l’honneur du Fils ; les hommages de soumission rendus à la Reine tournent à l’honneur du Roi »15.

Ainsi, plus tard, sainte Marguerite-Marie († 1690). Quand elle était encore très jeune, la Vierge, dit-elle, « me gouvernait comme lui étant dédiée, me reprenant de mes fautes, et m’enseignant à faire la volonté de mon Dieu ». Vers vingt ans : « (Je) me mis pour être toujours son esclave, lui demandant de ne pas me refuser cette qualité ». Or, dans une prière à Marie, qu’elle composa pour elle et ses novices, elle s’exprime ainsi : « O glorieuse Vierge, à laquelle nous sommes toutes dévouées et consacrées, faisant gloire de vous appartenir en qualité de filles, de servantes et d’esclaves pour le temps et l’éternité, [nous renouvelons] les vœux de notre fidélité et servitude envers vous, pour vous prier qu’en qualité de chose vôtre, vous nous offriez, dédiez, consacriez et immoliez au sacré Cœur de l’adorable Jésus »16 .

Ainsi, Boudon († 1702) : « Dieu seul est le fondement de l’Esclavage de la Sainte Vierge, qui n’est appuyé que sur le pouvoir qu’il lui a donné… Si l’on est fidèle à ne faire rien pour soi, à n’avoir Tien à soi, à n’être plus à soi, mais tout à n otre glorieuse Dame, c’est être dans le comble de la perfection, puisqu’être tout à Notre Dame, c’est être tout à Dieu, car on ne va à elle que pour aller à Dieu, on ne passe en ses mains que pour demeurer en celles de Dieu, on ne l’aime que pour l’amour de Dieu, on ne cherche sa gloire que pour l’amour de Dieu seul »17 .

Ainsi Montfort : « Remarquez, s’il vous plaît, que je dis ordinairement : l’esclave de JESUS en Marie, l’esclavage de JESUS en Marie ». Et ayant insisté sur sa préférence il en développe les raisons.18

C’est dire, avec clarté, sa légitimité.

d) LES PRINCIPALES FORMULES DE CONSECRATION

La formule est inutile, la consécration étant affaire du cœur et non des lèvres seules. Cependant, pour préciser les sentiments, et comme pour prendre date, elle va de soi.

Déjà saint Jean Damascène († 749), prêchant pour la Dormition de Marie, disait (PC 96/720 C) : « Nous aussi, en ce jour, nous venons à vous, ô Souveraine ; oui, Souveraine ; je le redis encore, Souveraine. Esprit, souffle, corps, nous nous consacrons tout entiers à vous ; par nos chants, nos hymnes et nos cantiques spirituels, nous voulons autant que nous le pouvons vous honorer ».

Trois textes modernes, entre autres, sont bien connus : celui « de saint Jean Berchmans » († 1621), celui « de saint François de Sales » († 1622) et celui de saint Louis Grignion de Montfort († 1716), Nous les donnons tous les trois, les deux premiers très courts, le troisième notablement plus long, résumé de la doctrine mariale du saint. Ils sont tous chaleureux et profonds. Sera-t-il permis pourtant de souhaiter qu’une formule peut-être plus actuelle, plus aimante encore, sorte du cœur d’un nouveau saint pour les générations de plus en plus mariales qui se lèvent ?19

Formule dite de saint Jean Berchmans.

Sainte Marie Mère de Dieu et toujours Vierge, moi, N…, je vous choisis aujourd’hui pour ma Souveraine, ma Patronne et mon Avocate. Je prends l’engagement et la ferme résolution de ne jamais vous abandonner, de ne jamais rien dire ni rien faire contre vous et de ne jamais souffrir que, par ceux qui dépendent de moi, il soit jamais rien fait contre votre honneur.
Recevez-moi donc, je vous en conjure, pour votre perpétuel serviteur ; assistez-moi dans toutes mes actions, et ne m’abandonnez pas à l’heure de ma mort. Ainsi soit-il.

Formule dite de saint François de Sales.

Très Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, moi, N…, quoique très indigne de vous servir, confiant néanmoins en votre grande bonté et pressé du désir de vous appartenir, Je vous choisis aujourd’hui, en présence de mon Ange Gardien et de toute la cour céleste, pour ma Souveraine, mon Avocate et ma Mère; je prends la ferme résolution de vous être dorénavant à tout jamais dévoué et de faire tout ce qui dépendra de moi pour que tous vous servent avec fidélité.
Je vous en supplie donc et vous en conjure, ô ma bonne Mère, au nom du sang de Jésus-Christ répandu pour moi, recevez-moi au nombre de vos protégés et pour votre perpétuel serviteur.
Assistez-moi en toutes mes actions et obtenez-moi la grâce de régler si bien mes paroles, mes actions et mes pensées que jamais je n’offense vos regards et ceux de votre Divin Fils. Souvenez-vous de moi et ne m’abandonnez pas à l’heure de ma mort. Ainsi soit-il.

Formule du Bienheureux Grignion de Montfort20.

O Sagesse éternelle et incarnée, ô très aimable et adorable Jésus, vrai Dieu et vrai homme, Fils Unique du Père Eternel, et de Marie, toujours Vierge !
Je vous adore profondément dans le sein et les splendeurs de votre Père, pendant l’éternité, et dans le sein virginal de Marie, voire très digne Mère, dans le temps de votre incarnation.
Je vous rends grâces de ce que vous vous êtes anéanti vous-même, en prenant la forme d’un esclave, pour me tirer du cruel esclavage du démon. Je vous loue et glorifie de ce que vous avez bien voulu vous soumettre à Marie votre Sainte Mère, en toutes choses, afin de me rendre par Elle, votre fidèle esclave.
Mais hélas ! Ingrat et infidèle que Je suis, je ne vous ai pas gardé les vœux et les promesses que je vous ai si solennellement faits dans mon baptême : je n’ai point rempli mes obligations ; je ne mérite pas d’être appelé votre enfant ni votre esclave ; et, comme il n’y a rien en moi qui ne mérite vos rebuts et votre colère, je n’ose plus par moi-même approcher de votre sainte et auguste Majesté.
C’est pourquoi j’ai recours à l’intercession et à la miséricorde de votre très sainte Mère, que vous m’avez donnée pour Médiatrice auprès de vous, et c’est par son moyen que j’espère obtenir de vous la contrition et le pardon de mes péchés, l’acquisition et la conservation de la Sagesse.
Je vous salue donc, ô Marie Immaculée, tabernacle vivant de la divinité, où la Sagesse éternelle cachée veut être adorée des anges et des hommes.
Je vous salue, ô Reine du Ciel et de la terre, A l’empire de qui tout est soumis, tout ce qui est au-dessous de Dieu.
Je vous salue, ô Refuge assuré des pécheurs, dont la miséricorde n’a manqué à personne.
Exaucez les désirs que j’ai de la divine Sagesse, et recevez pour cela les vœux et les offres que ma bassesse vous présente :
Moi N…, pécheur infidèle, Je renouvelle et ratifie aujourd’hui entre vos mains les vœux de mon baptême :
Je renonce pour jamais à Satan, à ses pompes et à ses œuvres, et je me donne tout entier à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, pour porter ma croix à sa suite tous tes jours de ma vie, et afin que je lui sois plus fidèle que je n’ai été jusqu’ici.
Je vous choisis aujourd’hui, on présence de toute la cour céleste, pour ma Mère et Maîtresse. Je vous livre et consacre, en qualité d’esclave, mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, vous laissant un entier et plein droit, de disposer de moi et de tout ce qui m’appartient, sans exception, selon votre bon plaisir, à la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et dans l’éternité.
Recevez, ô Vierge bénigne, celle petite offrande de mon esclavage, en l’honneur et union de la soumission que la Sagesse éternelle a bien voulu avoir de votre maternité : en hommage de la puissance que vous avez tous deux sur ce petit vermisseau et ce misérable pécheur ; en action de grâces [des privilèges] dont la Sainte Trinité vous a favorisée.
Je proteste que je veux désormais, comme votre véritable esclave, chercher votre honneur et vous obéir en toutes choses.
O Mère admirable ! Présentez-moi à votre cher Fils, en qualité d’esclave éternel, afin que, m’ayant racheté par vous, il me reçoive par vous.
O Mère de miséricorde ! Faites-moi la grâce d’obtenir la vraie Sagesse de Dieu et de me mettre, pour cela, au nombre de ceux que vous aimez, que vous enseignez, que vous conduisez, que vous nourrissez et protégez comme vos enfants et vos esclaves.
O Vierge Fidèle ! Rendez-moi en toutes choses un si par- fait disciple, imitateur et esclave de la Sagesse incarnée, Jésus-Christ votre Fils, que j’arrive par votre intercession, à votre exemple, à la plénitude de son Age sur la terre, et de sa gloire dans les deux. Ainsi soit-il.

Nous avons souligné dans ce dernier texte les mots qui le caractérisent. C’est bien, d’abord, le mot « esclave »21 : toutefois, l’esclavage tel que l’entend Montfort est, répétons-le, un esclavage d’amour, qui n’est pas différent de l’état de « perpétuel serviteur » dont parlent les deux autres consécrations. De plus, le saint pousse la donation de soi jusqu’à l’abandon de tous les mérites passés, présents et futurs entre les mains de Marie : ainsi « l’esclave de Marie » donne, si nous osons dire, à la française : sans rien attendre en retour22.

Sans avoir à donner un prix d’excellence à l’une quelconque de ces formules, nous observons seulement que, chez l’auteur de la dernière, la consécration est à la base d’une véritable « spiritualité », qu’il a exposée dans des opuscules de grande valeur. Bénéficiant de ces directives exceptionnelles, ses disciples ont, sur ces assises solides, multiplié les brochures, créé des revues, fondé des associations, le tout bien centré sur la doctrine de leur Bienheureux Père. Indéniablement ce sont des spécialistes de la dévotion mariale à base de consécration23. Mais, en ces derniers temps, leurs émules ont également admirablement travaillé, pour le plus grand bien des âmes et dans un commun amour de Marie.

e) OBLIGATIONS DE L’AME CONSACREE A MARIE

Ayant choisi Marie pour Reine de sa vie, ne s’appartenant plus, appartenant à Notre Dame dans son corps et dans son âme, dans ses pensées, ses affections, ses actes, toute sa vie, s’étant engagée, sur son honneur chrétien, à La servir comme son serviteur et son fils,
1° l’âme consacrée ne doit plus, tout d’abord, se compromettre avec d’autres royautés (orgueil, impureté, etc.). Donnée à Marie, elle ne peut vraiment pas Lui présenter des péchés graves ou les lâchetés du péché véniel délibéré : c’est pour elle question d’honneur, et question d’amour. Elle rejette tout ce qui déplaît à Marie.
2° Ne faisant rien, ainsi, qui contriste la Vierge, l’âme consacrée fait tout ce qui Lui plaît : elle s’efforce de vivre en état d’offrande perpétuelle à sa Reine et Mère; elle ne se contente pas, en effet, de Lui bâtir dans un coin d’elle- même une chapelle, elle veut être elle-même tout entière un sanctuaire mariai. Et elle se dévoue, entièrement à sa gloire.
a) Elle L’honore donc par des pratiques mariales, témoignages des lèvres et du cœur, que suggèrent l’exemple d’autrui ou les inspirations de la grâce.
b) Si tout dévot de la Vierge désire L’imiter, à plus forte raison l’âme qui Lui est pleinement consacrée. Reproduire les vertus de sa Mère, c’est La glorifier.
c) En tous domaines, parce qu’elle appartient à Marie, l’âme consacrée est apôtre24. En dehors de son apostolat par la souffrance et par la prière durant sa vie terrestre, sa Mère ne lui a-t-Elle pas donné l’exemple de son apostolat d’action : à Aïn-Karem, patrie de Jean-Baptiste, à Bethléem, à Cana, au Cénacle ; et sa fonction du ciel n’est-elle pas, depuis son Assomption et pour l’éternité, une fonction apostolique : l’enfantement des âmes, de toutes les âmes, à la vie surnaturelle, leur croissance et leur pleine maturité de grâce T Comment être son enfant, vraiment Lui plaire, sans prendre à cœur, activement, joyeusement, ce qui est sa passion même, sans L’assister dans sa maternité d’âme ? « Comme les ainés de la famille sont heureux d’aider leur mère dans l’éducation des plus petits », l’âme consacrée aide Marie. — Cette Mère, de plus, est la nouvelle Eve et l’Immaculée, placée ainsi par Dieu, auprès du Christ, à la tête de ceux qui luttent contre Satan ; aspirant, de ce fait, à de vastes conquêtes, Elle a besoin d’apôtres éprouvés, sur lesquels Elle puisse compter. L’âme consacrée à la Vierge se doit donc d être, avec allégresse et entrain, une âme militante, à la disposition de Marie pour le règne du Christ.

Ce sont là de graves obligations, qu’il arrive à des âmes consacrées à Marie de négliger, parce qu’elles les ont oubliées. Aussi importe-t-il extrêmement de les garder devant la mémoire de son propre cœur. Comment ?

De même que, dans les congrégations religieuses, la sagesse des constitutions impose le renouvellement des vœux, et que la piété de chacun en augmente volontiers le rythme, l’âme consacrée, elle aussi, renouvelle sa consécration à Marie souvent, et de toute son âme, par des formules brèves ou plus complètes : par exemple, au réveil ou à la prière du matin ou à l’action de grâces. — Pour vivre l’état de consécration, il FAUT en renouveler l’acte.

f) LE MODELE DE L’AME CONSACREE A MARIE

Ne cherchons pas parmi les saints, fût-ce les plus dévots à la Vierge. L’âme mariale par excellence ce fut l’âme de Jésus : du Verbe qui La créa et L’orna incomparablement ; de Jésus avant même sa naissance ; du petit Jésus de Bethléem et de l’Egypte ; de Jésus enfant, adolescent, jeune homme, homme, à Nazareth ; de Jésus à Cana, et au Calvaire. Et l’âme mariale par excellence c’est toujours, au ciel, où Il Lui a donné les triomphes de l’Assomption et du Couronnement, l’âme de Jésus, aimant en Marie une Mère, sa Mère, de toutes les tendresses, de toutes les délicatesses, et de toute l’infinité de son Cœur d’Enfant, restant jusque dans la gloire « son » Enfant. S’unir aux sentiments qu’Il avait pour Elle pendant sa vie terrestre et à ceux qui au Paradis remplissent sans cesse son Cœur, imiter son esprit de dépendance à l ‘égard de sa Mère, son don sans réserve et son dévouement sans mesure à Marie, s’essayer â La connaître, à La comprendre, à L’aimer, à La servir comme Il le fit — n’avons-nous pas Lui et nous la même Mère ? — c’est là encore la façon de reproduire Sa vie, assurément l’une de celles qui Le touchent davantage25.

EXCURSUS HISTORIQUES CONCERNANT LA CONSECRATION SELON SAINT LOUIS GRIGNION DE MONTFORT26.

1° L’idée de servitude ou d’esclavage marial.

Elle ne vient pas de Montfort.

Elle était indiquée chez plusieurs Pères. Le plus précis parmi eux fut peut-être saint Ildefonse, archevêque de Tolède (T 667), désireux d’être le « serviteur fidèle » de Marie, son « vrai serviteur », « son serviteur empressé », « soumis à son joug », « pleinement docile à ses commandements » (PL 96/107). — Peu après, le Pape Jean VII (705-707) est un témoin intéressant à plusieurs titres. Ainsi, en bordure du forum, à Sainte-Marie l’Antique, sur la dalle d’un ambon, on peut lire, d’un côté : Joannes servus scae Mariae, et d’un autre, en grec : Jean, esclave (δούλη) de la Theotokos (DA à Forum chrétien c. 2016- 2017 et à Jean VII c. 2211 ; Ma 1/837, 2/420). — Plus tard un frère de saint Pierre Damien († 1072) s’offre à l ‘autel de Marie « comme serviteur et esclave : altari se beatae Dei Genetricis, velut servile mancipium, tradidit » (PL 145/566). Dans la même ligne, saint Bernard (T 1153) se dit un « esclave de vil prix pour qui il est très beau d’être l’esclave de naissance à la fois du Fils et de la Mère, vile mancipium, cui permagnum est Filii simul ac Matris esse vernaculum (PL 182/970).

Quand Montfort parut, depuis plusieurs siècles cette idée de « servitude mariale » était descendue déjà dans la vie grâce à de nombreux écrits. On pourra lire, à ce sujet : Traité n° 159- 163 ; C lc ; les articles historiques de Dayet SMM, sous le titre « Notre Consécration », dans « La Revue des Prêtres de Marie, Reine des Cœurs », 1936 à 1942, suivis de fascicules sur « Bérulle et Montfort », « Boudon et Montfort » (sur Boudon, † 1702, à ce nom C 193, DS 1187, DT 474) ; Roschini oc p. 10-18; et Ma : 2/554, pour saint Odilon, abbé de Cluny, T1048 ; 2/564, pour A. Alvarado, ermite espagnol de Montserrat, † 1613 ; 2/581-582, pour Citeaux ; 2/640, pour les Chartreux ; 2/706, pour les Ermites de saint Augustin, dont le célèbre Barthélémy de Los Rios, T 1652, que lurent Boudon et Montfort, (voir VS supp. 4° trim, 1959/484-487) ; 2/810, pour les fils de saint François d’Assise ; 3/50, 52, 60, 70, pour Bérulle, † 1629, et quelques bérulliens (cf. Poupon oc 336 sq, 207 sq ; Flachaire oc p. 92-93, 126) ; 3/160, pour Olier, † 1657, (Olier eut comme mère spirituelle en cette servitude la Mère Agnès de Langeac ; voir Traité n°170) ; 3/167, 172, pour saint Jean Eudes, † 1680, (voir Notre Vie, revue eudiste 5/1955/310-312) ; 3/194-195, pour Marie de l’Incarnation, † 1672 ; 4/475, pour le noble hollandais au moyen Age. — Sur divers volumes consacrés au Saint Esclavage en 1627, 1629, 1634, voir Notre Vie, 5/1955/300, 310-312. Le plus célèbre, avant Montfort, est sans doute celui de Boudon, 1668, (on le trouvera sous de vieilles reliures en de vieilles bibliothèques, et au tome III de ses Œuvres, Migne, 1856). Qui le lira en trouvera joie et profit !

C’est donc bien longtemps avant Montfort que, poussée par une heureuse élaboration théologique, s’était répandue une dévotion à Marie allant jusqu’à son aboutissement logique — c’est-à-dire jusqu’à la vie de dépendance filiale. Reste que son immense développement est dû au livre de la Vraie Dévotion. (Il n’en est que plus curieux de le noter : au séminaire de Verrières, où le futur curé d’Ars fit sa philosophie, il y avait, bien avant la découverte du e Traité », une Confrérie du Saint Esclavage ; elle marqua pour la vie saint Jean Marie Vianney. Plus tard, il en établit une dans sa paroisse. Voir J. Pagnoux l’Apôtre de la confiance en Marie, Edit. Saint-Paul, 1958 p. 73- 74, 86-89).

Sur le sens même d’ « esclavage » et de c serviteur », tant dans l’Ecriture que dans le latin du Moyen Age : Poupon oc p. 348, note ; Roschini oc p. 23 ; C à Dulie et à Esclavage (dans la spiritualité); saint Thomas d’Aquin, Somme théologique 2a 2ae, q 1 03; CM mars 1959/109 sq : « Servitude et filiation divine dans la Bible » (étude brève mais poussée). Sur leur sens chez Montfort : Traité n° 68-77. — On peut peut-être expliquer quelque peu que le XVII° siècle ait été plus fortement conduit à l’idée de servitude mariale par son admiration pour la royauté temporelle.

Pour l’emploi liturgique, en général, voir, par exemple, à la messe, au Commun : avant la consécration (Hanc igitur obla tionem servitutis nostrae); après (Unde et memores, Domine, servi tui); avant la bénédiction (Sancta Trinitas, obsequium servitutis meae, ô Sainte Trinité, que cet hommage de ma servitude). Au propre : postcommunion du jeudi de la seconde semaine de Carême et secrète du lundi de la troisième semaine de Carême.

2° La célèbre formule de Montfort : « Par Marie, avec Marie, en Marie, pour Marie »27.

Elle est antérieure à lui.

Nous la trouvons :

  • Chez Nicolas de Clairvaux ( 0134 après 1176; au milieu des œuvres soit de saint Pierre Damien PL 144/558, soit de saint Bernard 184/834) : « Per ipsam, et in ipsa, et de ipsa, et cum ipsa totum hoc (Redemptio) faciendum decernitur, ut sicut sine illo nihil factum, ita sine illa nihil refectum sit. C’est par Elle, en Elle, d’Elle, avec Elle que la Rédemption est décrétée devoir se faire, de sorte que, comme sans Lui rien n’a été fait, sans Elle rien n’a été refait » ;
  • Chez Raymond Jordan, prévôt d’Uzès en 1381, puis Abbé dans le diocèse de Bourges ; prologue des Piae lectiones sen contemplationes de Beata Virgine, édité par B, 4/851 : « Per ipsam, et in ipsa, et cum ipsa habet mundus, habuit et habiturus est omne bonum, scilicet ejus benedictum Filium Jesum Christum. Tout ce que le monde possède de bon, c’est par Marie, et en Marie, et avec Marie » ;
  • Chez Olier († 1657) : sur une estampe mariale qu’il fit graver, figurait cette inscription : cum ipsa, per ipsam et in ipsa28;
  • Chez Marie de Sainte-Thérèse († 1677) : elle aussi parle de la « vie surnaturelle de l’âme en Marie, pour Elle, avec et par Elle »29 ;
  • Chez saint Jean Eudes († 1680) : Le Coeur admirable (Œuvres complètes 7/458 ou Œuvres choisies 7/424). Il cite, en nommant l’auteur, malgré quelques variantes, le texte de Raymond Jordan.

Après Montfort, la formule sera très souvent employée par le vénérable Père Libermann († 1852 ; Ma 3/389-390).

Mgr Marcel-Marie Dubois


APPENDICES

MARIE, CONDUCTRICE D’ARMÉES

Que ce soit, en quelque sorte, par Elle-même directement. Que ce soit par l’intermédiaire de chefs de guerre.
On s’étonne. Comment Marie, Reine et Mère de la paix, peut- Elle intervenir dans les querelles des hommes ?
Mais quand le droit est pour un peuple injustement attaqué ; quand la cause d’une patrie, pour quelque motif dont il est juge, est la cause de Dieu, comment Marie ne prendrait-Elle pas le parti de la justice et le parti de Dieu ? Dans la consécration que Fie XII fit du monde à Marie en 1942, il La saluait comme Celle oui a « remporté la victoire dans toutes les batailles de Dieu ». On comprend alors ses interventions à certaines heures de la vie des nations.

Citons-en au moins quelques-unes :

Byzance, l’une des premières, L’en remercia. Son sanctuaire des Blachernes avait été bâti par l’impératrice Pulchéric († 453) et l’empereur Léon 1er († 474). Abritant un Vêtement de Marie, il possédait aussi une Image de la Vierge. Dans les heures de péril, celle-ci fut portée aux remparts : ainsi, en août 626, par le patriarche Sergius, contre Perses et Avares ; ou le Vêtement mariai lui-même fut légèrement plongé dans la mer : ainsi en 860, contre les Russes, dont peu après la flotte fut détruite.
Deux célèbres hymnes byzantines chantent Marie comme la « Stratège Protectrice » : Elle dirige les batailles, Elle donne la victoire. Antérieures ou postérieures aux événements signalés, ces hymnes en donnent du moins comme l’explication théologique (Ma 1/259-263, 2/413, 4/808-814, 5/962-972).

La Russie à son tour bénéficia de la protection de Marie en 1395, 1480, 1521 et en 1812 : l’icône dite de Smolensk était sur le champ de bataille de Borodino (La Moskowa) ; (Ma 2/459, 456).

Venise a hérité, dit-on, de Constantinople, sa fameuse icône Nicopela. Ce nom parle par lui-même : « Celle qui fait les victoires ». Elle se trouve à Saint-Marc, dans un riche tabernacle qui malheureusement la cache ordinairement.
Le cardinal Roncalli (futur Jean XXIII), parlant à Fatima le 13 mai 1956, n’oublia pas qu’il était patriarche de Venise. Aussi, unissant les deux dévotions mariales de sa ville — celle de Notre Dame de la Santé, que nous avons déjà saluée, et celle de Notre Dame de Nicopeia — il disait à Marie : « Ces deux images vénérées, l’une dans son temple incomparable, l’autre sur un autel précieux auprès du tombeau de saint Marc, ces deux icônes, venues de Chio et de l’antique Byzance, sont comme les deux yeux où votre amour de Mère a souri aux antiques chrétiens d’Orient, chrétiens dont la dévotion n’est aujourd’hui surpassée, je le pense, que par celle des fils de la Venise d’aujourd’hui, dépositaires depuis sept siècles déjà de ces insignes trésors… La « Santé », cela veut dire l’intégrité de la personne humaine et la préservation des maux temporels. « Nicopeia » signifie « Reine des Victoires ». Ah ! Je ne pense pas ici à des victoires d’ordre militaire qui comportent toujours violence, cruauté, sang versé ! Je pense seulement aux conquêtes d’ordre spirituel, celles de la vérité, de l’Evangile, de la Sainte Eglise catholique, de son Chef Auguste, de la justice, de la liberté, de la paix enfin. Celle des Ames, des nations, du monde entier »30.

Comme le Portugal a édifié une église Notre-Dame de la Victoire pour une victoire du 14 août 1385 (Ma 4/615-616 ; cf. 626), Louis XIII en France voulut à Paris une Notre-Dame des Victoires (couronnement : 1853 ; basilique : 1897)31. Au Canada, la fondation dont tout partit fut une fondation mariale, celle de Ville-Marie (Montréal) : en 1654 est fondée, pour la défense de la cité, la Milice des soldats de la Sainte Vierge ; en 1711, la ville est protégée contre les Anglais par Notre Dame de la Victoire ; en 1718, une chapelle est construite sous ce dernier vocable.

Espagne. Elle invoque Marie comme « la Vierge des batailles, la Virgen de las batallas ». Notre Dame del Pilar à Saragosse est dite la Capitana de la tropa Aragonesa. Notre Dame du Carmel est la patronne de la marine (Miriam, juillet 1960/139, 141). Et Notre Dame du Perpétuel Secours, patronne du Service de santé militaire.

Au XIX° siècle, l’Amérique latine, en ce genre d’hommage, s’est distinguée.

Argentine. Notre Dame de la Merci, de Tuçuman, reçut du général Belgrano, en 1812, son propre bâton de commandement. Couronnement : 1012. Le 24 septembre 1943, écharpe et ceinture, autres insignes de commandement, lui furent remises par le Président de la République. Elle a été aussi nommée officiellement Patronne de l’aviation militaire nationale. (Miriam, juillet 1956/151).
Notre Dame du Carmel de Mendoza (ou de Cuyo) fut désignée, le 5 janvier 1817, comme Patronne de l’armée des Andes, destinée A la libération du Chili ; ce même jour, le général San Martin lui mettait dans la main droite son bâton de commandement. Couronnement : 1911. Chaque 5 janvier, depuis 1943, les honneurs militaires sont rendus à Marie (Ma 5/340-342, ND n* 786 ; NDR 1912/125; Miriam, Juillet 1956/147 sq, juillet 1960/133).
Par décret (18 août 1937), Notre Dame Etoile de la Mer a été nommée Patronne de l’armée et de la marine argentines.

Chili. C’est sous l’inspiration de O’Higgins, principal héros national du Chili, que Notre Dame du Carmel avait été choisie comme patronne de l’armée libératrice. S’étant réfugié dans la ville argentine de Mendoza, il y fut aidé, pour reconstituer une armée, par le général San Martin. Vainqueurs des Espagnols (1818), les Chiliens élevèrent peu à peu, à Maipù, à l’endroit de leur victoire, le sanctuaire qu’ils avaient promis. Couronnement de la statue de Notre Dame du Carmel (vénérée à Santiago dans la Basilique Saint Sauveur) : 1926, pa r le nonce apostolique, le futur cardinal Masella. Un nouveau sanctuaire est en construction (Ma 5/396-399 ; Miriam, juillet 1960/136, 138).

Bolivie. Notre Dame du Carmel — encore Elle — y est la Patronne de l’armée (Miriam, juillet 1960/202-203). De même en Colombie.

Equateur. Notre Dame y est Reine et Protectrice des Armées.

Pérou. Au temps de la domination espagnole, Notre Dame du Rosaire de Lima avait été choisie comme Patronne de l’armée. La République, elle, choisit Notre Dame de la Merci, vénérée également à Lima, chez les Mercédaires. — Comme c’est la même Notre Dame, la chose doit avoir un peu réjoui le Ciel. C’est par un décret du premier Congrès que, le 22 septembre 1823, Notre Dame de la Merci fut proclamée Patronne des armées du Pérou ; depuis, la fête liturgique de Notre Dame de la Merci (24 septembre) est fête nationale. Couronnement : 1921 ; à cette occasion armée et marine offrirent un sceptre d’or à leur Reine.
Comme le Président de la République l’avait fait lui-même la même année pour Notre Dame du Rosaire ; couronnement : 1927. (Ma 5/447, 458-459).

On s’explique alors les prières mariales des chefs d’armée ; ainsi, celles des chefs militaires espagnols (Ma 4/593), et celles de nos généraux les plus chrétiens, comme Leclercq à la dernière guerre mondiale ou Foch à la précédente. Ce dernier, quand il préparait les opérations victorieuses de 1918, allait tous les jours prier, à la cathédrale de Senlis, une Madone liée par la tradition au souvenir de la victoire de Bouvines (1214).

Avant cette dernière bataille, le roi Philippe Auguste avait lui aussi invoqué « Dame Sainte Marie » ; vainqueur, il fonda, près de Senlis, l’abbaye Notre-Dame de la Victoire ; précisément la Vierge de la cathédrale en proviendrait)32.

On s’explique aussi que des nations aient mis quelque insigne de la Vierge sur leurs drapeaux ; ainsi, autrefois, la Suisse (Ma 4/553) et la Hongrie (Ma 4/647). Le nom de Marie et la scène de l’Annonciation33 étaient sur l’étendard de Jeanne d’Arc. En octobre 1935, le chancelier autrichien Schushnigg remettait aux troupes de la garnison de Vienne un drapeau où l’on voyait l’image de Marie.

On s’explique enfin que ceux qui servent leurs patries dans les armées se tournent volontiers vers Marie. Surtout pendant les guerres. Mais aussi pendant la paix : car il y a d’autres combats34. Et que, jeunes soldats sous l’uniforme, anciens soldats affrontés les uns aux autres sur les champs de bataille, anciens prisonniers, se groupent fraternellement autour de leur Mère commune. Nous songeons surtout aux grands rassemblements internationaux de Lourdes35.

Notes :

1 Voir Cahiers Notre-Dame, nov. 1957 : « La Consécration à la Sainte Vierge », par J. de Finance ; DS à Consécration, par le même ; Consécration marial (Journées sacerdotales d’études mariales, Namur, 1943), Secrétariat de Marie Médiatrice, Louvain (bases théologiques et historiques, modes pastoraux) ; C à Esclavage (dans la spiritualité), par L. Le Crom (court et solide) ; R 90-117 ; G.-M. Roschini OSM, La Servitude mariale, Centre mariai canadien, 1952 (bref, bonnes vues historiques) ; La Sainte Vierge, figure de l’Eglise (Cahiers de la Vie spirituelle), Cerf, 1946, p. 178-210 : « La Sainte Vierge dans la via spirituelle », par P. Régamey OP ; M août 1951/29-39 : « Notre réponse à la Mission singulière de la T. S. Vierge Marie », par JM Hupperts SMM ; Journées des directeurs tenues à Francheville, 1931 (Editions des « Cahiers Notre-Dame « , p. 30 sq) « La Consécration mariale du Congréganiste », pur de (Becdeliévre SJ ; Cahiers Notre-Dame, Feuillet mensuel, nov. 1936, p. 32 sq. — Pour l’histoire de l’idée de consécration, et spécialement sur l’histoire des consécrations à Marie, vues brèves dans DS le 1579-1583.
2 Il devrait être normal que toute âme, étant donné ta filiation mariale, vécût une telle vie. En fait, celle-ci paraît être une grâce spéciale de Dieu, appelant à « exploiter au maximum » cette filiation.
3 Parlant de sa consécration, quelqu’un rappelait, à cause des conséquences qu’elle amène ; « notre petite profession religieuse de laïcs. » On comprend combien Il avait un peu raison.
Deux textes de Pie XII insisteront :
a) « La consécration à la Mère de Dieu dans la Congrégation mariale est un don total de sol, pour la vie et pour l’éternité » (admirons ce dernier horizon) ; « ce n’est pas un don de pure forme ou de sentiment, mais un don effectif, accompli dans l’intensité de la vie chrétienne et mariale, dans la vie apostolique où il fait du congréganiste le ministre de Marie, et, pour ainsi dire, ses mains visibles sur la terre par le débordement spontané d’une vie Intérieure surabondante, qui se reverse en toutes les œuvres extérieures d’une solide dévotion, en celles du culte, de la charité et du zèle » (All. aux Congrégations mariales, 21 janvier 1945 ; ND n* 389).
b) « Quiconque s’est consacré à Marie lui appartient de façon spéciale. II est devenu comme un sanctuaire de la Très Sainte Vierge ; l’image de Marie l’aide à écarter avec énergie toute pensée mauvaise ; l’amour de Marie lui donne le courage d’entreprendre de grandes choses, de vaincre le respect humain, de secouer l’égoïsme, de servir et d’obéir patiemment. Le regard fixé Intérieurement sur elle, il s’affectionne a la pureté, à l’humilité, à la charité, dont l’âme de la Vierge était rayonnante ; Il prend en haine le péché, Il le combat en lui-même et lui fait la guerre de toutes ses forces. Quand II volt l’Immaculée fouler aux pieds le serpent Infernal, quand il contemple la Mère de Dieu qui élève entre ses bras son divin Fils, sa volonté ne peut plus avoir aucune complaisance pour le mal ; au contraire. Il est fier d’appartenir à Jésus et à Marie, il sait aussi que Marie le presse de faire tout ce que Jésus commande ou désire. » (Radio message aux pèlerins de Sainte-Anne d’Auray, 26 juillet 1954 ; ND n* 652 ou DC 1954/1015).
4 Le motif premier de cette « butée » est assurément à chercher dans l’idée, en ce cas mal comprise, de « l’autonomie » de l’homme. L’homme, pourtant, ne peut la  » revendiquer  » à l’égard de Dieu ; qu’il le veuille ou non, Il a été créé par Dieu (directement en ce qui concerne son âme), et, à chaque fraction de seconde, c’est la puissance de Dieu seul qui le maintient hors de la mort. Il est donc  » la propriété absolue » de Dieu,  » la chose  » de Dieu : ce qui constitue l’état d’esclave. —- Mais, si Dieu lui a donné l’être, c’était par amour : l’homme est donc une  » propriété  » d’amour, une  » chose  » bien-aimée. — De plus, Dieu a laissé à l’homme la liberté de se déclarer « autonome » ou de se rattacher volontairement à la Famille divine. — On le voit : raison et cœur poussent l’homme — il ne faut pas craindre les mots vrais — à l’esclavage d’amour. Tout de même, y aurait peut-être lieu que ceux qui ont de Dieu mission d’apprendre à l’homme ce qu’est l’homme, reviennent, très souvent, sur a méditation « fondamentale » des « Exercices » : « L’homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu, notre Seigneur ». Cela vaut pour Dieu. Mais il y a également le Christ Sauveur, qui nous a « rachetés », un prix terrible : ce rachat, lui aussi, nous fait siens (cf. I Cor. 2/20, 7/22-23 : Traité, n°° 129 et 72, citant le Catéchisme du Concile de Trente 1/3). Et il y a Marie, « co-rédemptrice ». Son rôle éminent dans notre rachat, lui encore, nous fait siens. — Mais, dans les deux cas, ce sont toujours rachats d’amour, qui appellent la servitude d’amour. Conclusion générale : la vraie grandeur de l’homme, sa vraie dignité, sont dans la reconnaissance qu’il professe de sa servitude d’amour à l’égard de Dieu, de Jésus, de Marie : cette servitude assure sa vraie liberté (cf. Traité, n 73 e t la trouvaille de l’oraison réservée, aux messes d’ordination, à la prière pour les ordinands ; elle parle d’une servitude qui est
liberté : « liberam servitutem ! »).
N.B. : Le culte de dulie (un mot mystérieux qui ne fait broncher personne, et qui vient pourtant de δούλη, esclavage), indique le respect rendu par des serviteurs à leurs maîtres (Somme théologique 2a 2ae q 103, a 3). Nous devons ce culte aux saints ; on comprend que le culte d’hyper-dulie, qui Indique un service supérieur, ait été réservé à Celle qui est la Reine des saints eux-mêmes. Soyons donc, carrément, ses esclaves. Et disons-le. Et glorifions-nous en !
5 Somme théologique 1/96/4.
6 Sur la Royauté d’excellence et de gouvernement de Notre Dame : PS 1/343-346. Cf. le psaume 44 ; on sait son sens mariai (PS 1/310, note 11) : or « le peuple de Tyr », « les puissants du peuple », les âmes qui La suivent, y rendent hommage à leur Reine ; cf. aussi le psaume 86.
Sur le sens de « maîtresse » du nom Marie : PS 1/39.
7 Rom. 6/15-23
8 Luc 1/38
9 Phil. 2/7.
10 Luc 2/51.
11 Cf. Traité, l’admirable n° 139.
12 Traité, n° 243
13 Traité, n° 18..
14 Traité, n° 243.
15 PL 96/106, 107, 108.
16 70. Mgr Gauthey. Vie et Œuvres de sainte Marguerite-Marie Alacoque, de Gigord, édit. 1915, 2/31, 46, 781-782.
Au même grand siècle, Molière écrivait ces vers, les seuls d’inspiration religieuse que nous connaissions ; on les trouve au bas d’une estampe de Fr. Chauveau pour une Confrérie de l’Esclavage de Notre Dame (Edit. des Grands Ecrivains, Hachette, t. 9, 1886) :
Brisez les tristes fers du honteux esclavage
Où vous tient du péché le commerce odieux,
Et venez recevoir le glorieux servage
Que vous tendent les mains de la Reine des Cieux.
L’un, sur vous, à vos sens donne pleine victoire ;
L’autre sur vos désirs vous fait régner en rois ;
L’un vous tire aux enfers et l’autre dans la gloire :
Hélas ! Peut-on, mortels, balancer sur le choix ?

Ces deux quatrains auront peut-être eu leur poids marial dans la balance divine, en faveur de notre premier poète comique.
17 Le Saint Esclavage de l’admirable Mère de Dieu, Ier Traité, ch. 4 et 5.
18 Traité, n° 244 et sq ; cf. n° 75.
19 On trouvera dans Giraud, De la vie d’union avec Marie Mère de Dieu, Beauchesne, 15° édit. 1930, p. 279, le texte de la
consécration composée par Bérulle (T 1629) ; p. 281, un texte (différent de celui que nous citons ci-dessous) de saint François de Sales ; p. 285, le très beau texte de Boudon (T 1702). On trouvera mêmes accents dans l’Elévation du commencement, et l’Oraison de la fin du livre de ce dernier : Le Saint Esclavage de l’admirable Mère de Dieu. Lombaerde, Ma Journée avec Marie, Téqui, 9° édit. 1928, donne les textes, p. 426, de saint François de Sales ; p. 432, de Boudon ; p. 437, de Bérulle. Saint Jean Eudes a aussi composé un acte très prenant de consécration (texte dans Lebrun, oc p. 80-83). — Mon idéal, Jésus, Fils de Marie, par E. Neubert, Salvator, contient en appendice un excellent Acte de Consécration.
20 Cette formule est empruntée à l’Amour de la Sagesse éternelle, opuscule de la jeunesse sacerdotale du saint (composé sans doute entre septembre 1703 et mars 1704).
21 Voir plus loin l’excursus historique.
22 On notera, d’après le texte même, que le saint considère la consécration à Marie comme le moyen par excellence d’observer les promesses du baptême ; cf. CM, mai 1958/165-170 ; mars 1959/131-143 ; mai 1959/200-202 : JM Bonin, montfortain, Consécration à Marie et promesses baptismales selon saint Louis-Marie de Montfort, Centre marial canadien, 1960. (Il y a là une vue remarquable ment intéressante pour nos cérémonies de Rénovation des Promesses Baptismales, lors des Communions solennelles).
23 Sur la doctrine mariale de Montfort, si théologique et si pleine, simple et entraînante, voir son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge. Le Traité, édité seulement en 1843, a été loué par Pie X (27 décembre 1908) et Benoit XV (19 avril 1916) ; son auteur a été canonisé par Pic XII le 20 Juillet 1947. On prendra n’importe quelle édition. La meilleure en français nous parait celle qu’accompagne au bas des pages un commentaire d’A. Plessis, Apostolat de la Presse, 1954 (excellente présentation typographique ; division commode par numéros) ; du même : Commentaire du Traité de la vraie dévotion, Pontchâteau, 1944 (le commentaire est plus développé que dans l’ouvrage précédent, mais la présentation est moins satisfaisante).
On utilisera encore, avec le plus grand profit, les volumes suivants :
Le Livre d’Or, Louvain, 1942 (sous forme de petit manuel de poche, contient, dans une première partie, trois ouvrages de Montfort : le Traité, le Secret de Marie [très court et important ; existe à part chez Mame] et la Lettre aux Amis de la Croix [1714], puis, dans une seconde partie, des « Prières et Exercices dans l’Esprit de la Parfaite Dévotion » , etc. Ensemble mariai précieux) ; Lhoumeau, La vie spirituelle à l’école du Bx L.-M. Grignion de Montfort, Paris, 1913, nouvelle édition 1954. Bruges et Pontchâteau (netteté dogmatique ; excellent) ; Poupon OP Le poème de la parfaite consécration à Marie, Lyon, 1947 (volume Imposant : par sa masse, sa valeur théologique, son Information historique ; Jette les plus vives lumières sur la « formule » de consécration selon Montfort : c’est cette formule que l’auteur qualifie de « poème » : pour amis des hauteurs) ; une édition abrégée de cet ouvrage a été donnée sous le titre A Jésus par Marie, Lyon, 1948 (ici, plus de recours aux sources, mais la seule doctrine de Montfort, magnifiquement présentée, à la fois dans sa densité et sa simplicité ; parmi les fidèles, pour les militants) ; J. B. Le secret de Marie dévoilé aux enfants, Pontchâteau (Loire-Atlantique), 1937 (charmant : pour les petits, et pour les grands) ; Mgr A. Ancel, La vraie dévotion à la Sainte Vierge, Prado, Lyon, 1949 (réflexions théologiques sur le Traité) ; Desmullier SMM, La Consécration à la Sainte Vierge selon saint Louis de Montfort, Bonne Presse, 1953 (clair, simple) ; du même, Ma consécration mariale, Saint-Laurent-sur-Sèvre, Vendée, (plaquette de 24 p.) ; Dayet, Les exercices préparatoires à la consécration de saint Louis- Marie de Montfort, Pontchâteau, 1958 ; J.-M. Hupperts, Tout à Elle, Par Elle, Avec Elle. En Elle, Pour Elle (série de brochures, parues de 1954 à 1957, sur les « pratiques intérieures » de la consécration montfortaine ; Louvain ou Pontchâteau ; simplicité, richesse) ; J.-M. Gorricho CMF, Ejercicios esplrituales Marianos, Madrid, 1958 ; M. Barré, montfortaln, Une route spirituelle pour notre temps, Paris, 1959. A 1949/81-87, 1957/300 ; M septembre 1952 (tout le numéro, très précieux, est consacré à la doctrine de Montfort et au rayonnement qu’elle a eu) ; Nouvelle Revue Mariale 1956/4/244 sq : « Deux petits livres » (étude sur le  » Secret  » et sur le  » Traité « ) ; CM, mai 1958/176 sq, mars 1959/159 sq ; Miriam, sept. 1958 (presque tout le numéro) ; C à Esclavage (dans la spiritualité) 422-423. Revues répandant la dévotion mariale selon Montfort : Belgique : en flamand, Middelares en Koningin ; en français. Médiatrice et Reine ; Espagne : El Mensajero de Maria, Reina de los Corazones ; Etats-Unis : Queen of all Hearts ; France : Le Règne de Jésus par Marie ; Hollande : De Standaard van Maria ; Italie ; Madre e Regina, éditée par le Centro Mariano-Montfortano.
24 Voir Traité, n°265 ; Cahiers Notre-Dame 2 mars 1938 : « Consécration à Notre-Dame et Action catholique », par L. Meyer SM ; CM, mal 1958/171 sq : « Consécration mariale et apostolat », par O. Le Borgne SMM ; mars 1959/145 sq : « La consécration montfortaine et l’A. C.
25 On pourra lire l’excellent petit livre du P. Neubert, marianiste, « Mon Idéal, Jésus Fils de Marie, d’après l’esprit du P. Chaminade » (Editions Salvator). Cet ouvrage a obtenu un succès éclatant : une dixième édition française a paru en 1959.
Mais des éditions allemande, anglaise, catalane, chinoise, espagnole, néerlandaise, hongroise, italienne, Japonaise, polonaise, portugaise, slovaque, vietnamienne, etc. donnent à penser que quelque 500 000 exemplaires au moins ont été répandus. Après le Traité de Montfort, c’est sans doute le livre de piété mariale qui de notre temps mérite le plus d’être lu.
26 Généralités dans Ma 1/860-861 ; CM mars 1959/119 sq : « La consécration de soi à Marie à travers l’histoire ».
27 Traité, n°°257-265.
28 C. Fluchaire, oc p. 165
29 Marie de Sainte-Thérèse, L’Union Mystique à Marie, Cerf, 1936, p. 64, cf. 48, 49, 50, 51, 54, 55, 59, 62, 66. Voir p. 60,
note 92.
30 En Italie, à Rome même, sur la colline du Quirinal, se trouve l’église Santa Maria della Vittoriaf « l’une des plus riches et des plus Intéressantes » de la Ville. Des peintures y célèbrent les victoires dues à Marie, (Voir NDR, Juin et Juillet 1911 : N. M.-Denis et R. Boulet, Romée, Desclée de Brouwer. 2° édit. p. 889-892).
31 En France, parmi les Notre Dame des Victoires ou de la Victoire, elton ! Notre Dame des Victoires à Trouvent, à trois
kilomères de Châteauroux (Indre ; couronnement ; 1866 ; la fondation est liée à M, Desgenettes, curé de Notre-Dame des
Victoires de Paris ; DR 397) : Notre Dame de la Victoire à Sabart (Ariège ; couronnement s 1954 ; DR 575-579, SP n° 11/51).
Pour Varsovie (Pologne) : M septembre 1958, p. 47-50.
32 Bon article d’ensemble sur Foch marial dans Revue du Rosaire, septembre 1952, par le P. A. Brunot, des PP. de Bétharram ; (reproduit par Ecclesia, oct. 1958/29-34 et Revue des Prêtres Adorateurs, juillet 1959). — Sur saint Louis marial : NDR janvier 1927/207 sq, SP n°12 p. 52.
33 Le même mystère de l’Annonciation se trouvait sur la bannière de René II, duc de Lorraine. — Voir aussi pour d’autres étendards, français : SP n°12 p. 62-63 ; argentin : NDR Juillet 1929/699.
34 Dans la crypte de la basilique nationale Sainte-Jeanne d’Arc, à Domremy, est érigée canoniquement la confrérie de Notre Dame des Armées; cette confrérie dépend de l’archiconfrérie fondée à Versailles, en 1879, par les Eudistes : elle y a encore son siège, 4, Impasse des Gendarmes. (Voir le Compte Rendu du Congrès marial de Lyon, 1900, 2/313-320). — Calais possède une chapelle Notre-Dame des Armées, avec une statue de ce nom.
La petite église de Hans (XII* siècle), près de Valmy et du camp de Châlons, possède depuis 1888 une association de Notre Dame du Soldat.
Sur un bel usage, encore en vigueur au début du siècle en Bulgarie (les jeunes recrues venant baiser l’icône du régiment) : NDR 913/222.
35 Le premier pèlerinage militaire international à Lourdes eut lieu en 1958. Il groupait, autour des cardinaux de Paris et de Munich, du ministre des Anciens Combattants représentant le général de Gaulle alors président du Conseil, du maréchal Juin et d’une trentaine de généraux et d’amiraux, 40 000 soldats de toutes armes et de quatorze nations. Le premier pèlerinage militaire avait rassemblé, en 1946, 800 Jeunes. Le pèlerinage de 1958 fut honoré d’un message de Pie XII ; celui de 1959, d’un message de Jean XXIII. (Miriam Janvier 1959/8-9).
Longué (au nord de Saumur, Maine-et-Loire) possède une chapelle, édifiée par souscription auprès des membres de l’Ordre, dédiée à Notre Dame de la Légion d’honneur. Elle fut consacrée en 1860 par l’archevêque de Tours. (CC A 152 ; Miriam, Janvier 1959, p. 9).