LA CULTURE DE MORT DANS NOTRE SOCIETE LE REFUS DE L’EGLISE ET DE SES LOIS

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« Pour moi, vivre, c’est le Christ » nous dit Saint Paul dans son épître aux Philippiens (I, 21).
Il faut donc nous garder de croire que la défense de la vie ne se limite qu’à une lutte contre l’avortement ou l’euthanasie, même si celle-ci est urgente et indispensable et qu’il est de notre devoir de nous y engager avec générosité et courage. Mais ces deux maux qui affligent notre époque ne sont en effet que les manifestations les plus visibles de la culture de mort qui n’est autre que la banalisation du refus de Dieu, donc du péché, à travers le rejet de l’Eglise et de ses lois. La culture de mort est donc, en quelque sorte, une manifestation des péchés capitaux pratiqués collectivement.

Or ces péchés capitaux sont, nous le savons, la racine même de tous les autres péchés, c’est donc à eux qu’il nous faut nous attaquer si nous voulons extirper le mal qui ronge notre société.., et nos âmes !

Et tout d’abord, on ne peut combattre efficacement qu’un ennemi que l’on connaît. D’où la nécessité de ne pas fermer les yeux sur le mal qui nous entoure, sous l’illusoire prétexte d’en être préservé, du moins pour un temps.
Voyons donc comment les sept péchés capitaux se manifestent dans notre monde.

  • L’orgueil tout d’abord, est l’amour désordonné de soi, au point de se croire l’égal de Dieu. Comment alors, si l’on se croit supérieur à tous, accepter un quelconque enseignement, une quelconque direction qui nous viendrait d’en-haut ? L’homme se suffit à lui-même, se crée ses propres lois, s’érige en seul juge du bien et du mal, évacuant toute référence à son Créateur. C’est ainsi que l’on aboutit aux célèbres Droits de l’Homme érigés en référence universelle et à l’aune desquels se trouvent jugées toutes les actions, ou au laïcisme forcené de nos société qui refusent obstinément de rendre au Christ la place qui est la sienne. Qui s’inquiétera de rétablir le règne social du Christ si nous ne le faisons pas ?
  • L’avarice peut se définir comme l’amour immodéré des biens terrestres, dont la possession est considérée comme une fin en soi, et dont la convoitise mène à toutes les extrémités. Il se manifeste très clairement dans le matérialisme d’aujourd’hui. Interrogeons- nous donc sur la place que tiennent les biens matériels dans notre vie : sont-ils au service de nos actions, de notre générosité, ou en sommes-nous insidieusement devenus esclaves ?
  • La luxure, particulièrement répandue dans notre société, consiste en l’usure des créatures sans tenir compte de la fin pour laquelle elles ont été créées. Les incitations diverses auxquelles nous sommes quotidiennement soumis (modes indécentes, pornographie, banalisation de comportements immoraux…) en découlent directement. Là encore, il nous faut impérativement être vigilants pour ne pas nous laisser entraîner à des compromissions avec un certain nombre de dérives sous prétexte de nécessaire évolution.
  • La gourmandise est la recherche désordonnée des plaisirs sensuels (« leur Dieu c’est leur ventre »). C’est une tyrannie qui fait tout oublier tant que le désir n’est pas satisfait. On peut y rattacher des dépendances comme l’alcool, les drogues, tous les luxes de confort, et c’est également souvent la première étape vers l’impureté.
  • L’envie est peut-être l’un des péchés capitaux le moins bien connu et pourtant il est source de grands ravages pour les âmes. C’est la tristesse face au bien d’autrui et le désir de se l’approprier par tous les moyens. Au plan social, ce péché s’illustre notamment par les tentatives de plus en plus nombreuses de manipulations génétiques : l’homme envie à Dieu son pouvoir sur la vie et tente de le lui disputer. Les dérives de la société de consommation qui pousse à vouloir toujours plus, en sont aussi une manifestation par laquelle nous sommes peut-être plus concernés encore.
  • La paresse est la recherche du confort, le refus de l’effort sous toutes ses formes. C’est la lâcheté qui envahit notre société à divers degrés et pousse la plupart de nos contemporains – et peut-être nous-mêmes – à baisser les bras, à refuser de se battre, de s’engager, de prendre des responsabilités, parce que cela demande du temps, des efforts, une prise de risques, pour des résultats qui ne nous paraissent pas toujours évidents. Repensons à la phrase de Péguy « demander la victoire et n’avoir pas l’intention de se battre, je trouve cela mal élevé » ; ne nous comportons-nous pas souvent en personnes « mal élevées » ?
  • Enfin la colère est la passion où l’homme n’est plus maître de ses actes. Elle se caractérise au plan social par des revendications disproportionnées, une contestation systématique, un rejet de tout ce qui ne répond pas à notre désir personnel sans se soucier le moins du monde du bien commun.

Ainsi donc nous voyons combien ces péchés capitaux s’incarnent dans notre monde actuel au point même parfois que nous n’y prêtons plus attention. Mais il ne sert à rien de se lamenter sur notre société. N’oublions pas que « quiconque s’élève, élève le monde » aussi sommes-nous en partie responsables de cette situation. Si nous commençons, chacun d’entre- nous, par nous convertir, par être
réellement des enfants de lumière et par vivre de la vie même de Dieu, alors, nous pouvons en être sûrs, comme le Christ a vaincu la mort au jour de Pâques, la vie de nouveau triomphera. Que ce premier jour de pèlerinage soit donc pour nous l’occasion de nous examiner avec honnêteté, sans complaisance, et de recourir à la miséricorde de Dieu qui nous attend dans le sacrement de pénitence et ne demande qu’à nous pardonner, car II ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il vive !