La famille, cellule d’éducation et de transmission

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La famille est au centre de l’ordre humain, tout gravite autour d’elle. S’occuper de la famille revient à s’occuper de tout : de l’éducation comme des loyers, de l’héritage comme de l’avortement, de la retraite des personnes âgées comme des salaires, de l’amour comme de la politique. Cette position de la famille dans l’ordre humain donne une idée de l’importance du problème familial. Mais en elle-même, dans sa vie propre, elle est loin des combats et des luttes de l’action politique. :en son sein, il n’y est besoin que d’ordre, de paix, d’amour, de don de soi. Issus d’un père et d’une mère, l’homme et la femme sont appelés à le devenir à leur tour. C’est par la famille que les sociétés se perpétuent et se reconstruisent. La population n’existe que par elle. C’est par la famille que la foi se transmet, que l’Eglise grandit, que les saints chantent la gloire de Dieu dans le ciel.

Ainsi l’ordre familial apparaît-il comme le grand régulateur social, la grande loi de la civilisation, le grand champ de la moisson divine. D’où la haine que lui portent les ennemis de la Foi et les révolutionnaires.

L’essentiel du combat de l’Eglise, du pape et des catholiques, tourne aujourd’hui autour de la famille : éducation, scolarité, travail des femmes, autorité parentale, divorce, contraception, avortement, euthanasie, corruption des moeurs, etc ….

Il faut bien être conscient que combattre les dangers qui mettent aujourd’hui en péril l’institution familiale ne suffit, il faut aussi prendre les moyens spirituels de fonder et développer des familles authentiques et chrétiennes, des familles enracinées dans la foi, rayonnantes de charité, des familles portées par l’espérance.

I. LA FAMILLE, CELLULE DE BASE DE LA SOCIETE, EST LA CIBLE DE TOUTES LES ATTAQUES

« Il les fit homme et femme ».
« Il n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une compagne semblable à lui ».

Par ces paroles de Dieu, extraites de la Genèse, Adam reçut Eve pour compagne.

« L’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils seront deux dans une seule chair ».
« Croissez et multipliez-vous »

Tout le cycle, humain, avec ses conditions, est ici indiqué : condamnation de l’individualisme, différence voulue par Dieu entre les sexes, affranchissement parfois difficile mais nécessaire de la dépendance filiale, indissolubilité du mariage, coopération intime entre les époux, hiérarchie des fonctions, don de la vie naturelle, protection et éducation des enfants, participation au don de la vie surnaturelle.

Cette énumération permet de constater que toutes les attaques contre la famille, toutes les lois iniques du paganisme moderne, visent à détruire, point par point, cet ordre voulu par Dieu. Association Notre Dame de Chrétienté

L’individualisme de 1789 ouvrit l’ère anti-familiale. Le code Napoléon, ou Code Civil, en consacra les effets. Bien loin de reconnaître la famille, le mot lui-même ne s’y trouve pas. Ignorée comme phénomène naturel, elle n’y reçoit aucun statut civil. Juridiquement la famille n’existe pas. Elle n’a ni devoir, ni droit, ni patrimoine, ni domicile; et si une certaine législation « sociale » utilise le mot, elle ne désigne ordinairement par là qu’une simple rencontre locale d’intérêts économiques : la preuve en est qu’on n’hésite pas à l’appliquer aux fruits d’unions illégitimes. Ne pousse-t-on pas le paradoxe jusqu’à citer l’état de divorce parmi les « situations de famille » ?


Ainsi nos lois fondamentales sont faites pour l’individu contre la famille. Loin de seulement se refuser à protéger l’institution familiale, les lois les plus récentes s’attaquent aux fondements mêmes de la famille et à son fruit essentiel, la vie humaine de la conception jusqu’à la mort naturelle : lois scolaires interdisant ou restreignant la liberté de l’enseignement, lois voulant ignorer les différences entre les sexes et imposant la mixité, abominable loi Veil de 1975 autorisant l’avortement et ayant conduit quelques années après à sa quasi libération et à son remboursement, loi européenne validant les unions homosexuelles, loi de 1994 refusant à l’embryon le statut d’être humain et autorisant toutes les manipulations, lois permettant même de s’affranchir, grâce à la technique, des liens visibles de l’hérédité et ruinant par là-même la nécessité de l’existence de la famille, Loi Neiertz condamnant les sauveteurs d’enfants à naître, volonté de légaliser l’euthanasie.

On constate donc, que par une volonté démoniaque et suicidaire, l’autorité civile, loin de remplir son rôle de protection et d’aide de la famille, met en oeuvre les moyens pour la détruire. L’aboutissement ne peut être que la ruine d’une civilisation, preuve par l’absurde s’il en était besoin, de la place prééminente de la famille comme cellule de base de la société.

II. LA FAMILLE, CELLULE D’EDUCATION

La famille est la cellule éducatrice par excellence, parce que la famille est la cellule sociale, la cellule de base, la cellule sociale clef, la société élémentaire.

Beaucoup de choses ont été dites sur la responsabilité familiale en matière d’éducation des enfants. Il convient de bien distinguer, dans ce domaine, ce qui appartient à la famille et ce qui peut être pris en charge par l’Etat. Nous l’avons dit, la fonction de l’autorité civile qui réside dans l’Etat est double : protéger et faire progresser la famille…, mais sans l’absorber ou s’y substituer. « Les enfants », lisons-nous dans l’encyclique « Rerum Novarum », « entrent dans la société civile, non par eux-mêmes, immédiatement, mais par l’intermédiaire de la communauté domestique dans laquelle ils sont nés ». D’où il suit qu’en matière d’éducation, « la famille reçoit immédiatement du Créateur la mission et, par conséquent, le droit de la donner à l’enfant, droit inaliénable » nous dit à son tour Pie XI, « parce que inséparablement uni au strict devoir corrélatif droit antérieur à n’importe quel droit de la société civile et de l’Etat, donc inviolable par quelque puissance que ce soit ».


Mais si tant d’erreurs sont dites aujourd’hui sur le rôle que joue et doit jouer la famille en matière d’éducation, c’est que l’on pense qu’éducation familiale signifie strictement éducation « donnée » par les parents. Or, comme ces derniers, précise-t-on, sont incapables de donner ce qu’eux-mêmes, bien souvent, n’ont pas reçu, il est nécessaire de concevoir un organisme qui, se « substituant à eux », puisse les remplacer.


C’est précisément se faire une idée inexacte de la véritable éducation que de se la représenter ainsi comme une chose qui s’enseigne, une chose qui s’apprendrait comme on apprend ou comme on enseigne l’histoire et la géographie. Il entre dans la notion d’éducation quelque chose de beaucoup moins complexe et de beaucoup mois théorique.

Elle est quelque chose de moins appris que vécu. D’où l’importance, en ces matières, du cadre de vie, de la communauté, de la société où l’on se trouve, du « milieu ». C’est par là que la vertu éducatrice de la famille se distingue des qualités proprement éducatrices des parents.


La solution ne consiste donc pas tant à s’interroger sur le contenu de l’éducation que de favoriser la stabilité du cadre familial, de rendre force et santé à la famille, d’aider sondéveloppement et sa fécondité. Ainsi, du même coup, renaîtront sa vertu comme ses bienfaits.


Notre Pape Jean-Paul II résume parfaitement ces principes de responsabilité et de subsidiarité des parents en matière d’éducation, dans sa lettre aux familles publiée au début de 1994, à l’occasion de l’ouverture de l’année de la famille.

« Les parents sont les premiers et les principaux éducateurs de leurs enfants et ils ont aussi une compétence fondamentale dans ce domaine : ils sont éducateurs parce que parents. Ils partagent leur mission éducative avec d’autres personnes et d’autres institutions comme l’Eglise et l’Etat ; toutefois, cela doit toujours se faire suivant une juste application du principe de subsidiarité. En vertu de ce principe, il est légitime, et c’est même un devoir, d’apporter une aide aux parents, en respectant toutefois la limite intrinsèque et infranchissable tracée par la prévalence de leur droit et par leurs possibilités concrètes. Le principe de subsidiarité vient donc en aide à l’amour des parents en concourant au bien du noyau familial. En effet, les parents ne sont pas en mesure de répondre seuls à toutes les exigences du processus éducatif dans son ensemble, particulièrement en ce qui concerne l’instruction et le vaste secteur de la socialisation. La subsidiarité complète ainsi l’amour paternel et maternel et elle en confirme le caractère fondamental, du fait que toutes les autres personnes qui prennent part au processus éducatif ne peuvent agir qu’au nom des parents, avec leur consentement et même, dans une certaine mesure, parce qu’ils en ont été chargés par eux« .

III. LA FAMILLE, CELLULE DE TRANSMISSION

Au-delà du devoir inhérent à la nature de la cellule familiale de transmettre la vie, les parents ont le devoir de transmettre « l’héritage« . L’homme est fondamentalement un héritier, un héritier par le sang, un héritier par l’instruction et l’éducation, héritier dans l’ordre matériel, dans l’ordre des conditions de vie. Le tout se présentant comme un ensemble voulu par Dieu pour que, par la transmission et l’enrichissement de l’oeuvre des générations successives, l’homme puisse développer son état de nature et de grâce et ainsi être toujours plus apte à répondre à sa vocation de fils de Dieu promis à la perfection de la vie éternelle.


On comprend, dès lors, l’acharnement de l’athéisme révolutionnaire contre le produit du passé. Par instinct même, l’homme conserve et transmet ce qui est bon, ce qui est bien, ce qui est beau. Le mal n’engendre que la pourriture, la destruction et la mort. La révolution s’acharnera à détruire ce qui est le reflet dans la nature, perfectionnée par l’homme, des attributs divins. La révolution cherchera à couper l’homme de ses racines, de son passé, pour en faire un orphelin de l’héritage civilisateur des générations précédentes. Ainsi, il sera privé du terreau qui permettra à la vie humaine de se développer harmonieusement et à la vie divine de s’enraciner profondément. Ainsi, il sera malléable et deviendra lui-même agent de la destruction de l’ordre voulu et établi par Dieu.

Il appartient aux familles, après la transmission de la vie, de faire en sorte que le mystérieux travail qui s’accomplit de génération en génération, puisse être accueilli par les enfants, comme un héritage sacré ; qu’ils se considèrent eux-mêmes comme des héritiers redevables des générations passées ; qu’ils aient soin à leur tour d’enrichir cet héritage spirituel, intellectuel, moral et matériel par les fruits de leurs propres vertus et exemples. Ainsi, chaque génération de la famille dressera un peu plus haut l’échelle qui ira de la terre vers le ciel.

DOMUS CHRISTIANI

Extrait d’une conférence sur la famille, faite le 8 décembre 1994, par le Révérend Dom Gérard, Père Abbé du Barroux

QU’EST-CE QUE LA FAMILLE ?
Remarquons tout d’abord que le mot famille vient de famulus (serviteur), famulari (servir). La famille est soumise à la grande loi de l’échange : honore tes père et mère (qui t’ont donné la vie) afín que toi-même à ton tour, tu puisses vivre et donner la vie : comment donner ce que l’on n’a pas ? Tel est l’admirable échange, telle est la loi divine.


LA FAMILLE ET SON ENRACINEMENT
La famille n’est pas née d’une idée humaine, elle est une institution naturelle, divinement constituée, inscrite dans la pensée de Dieu, qui s’identifie avec l’essence même de l’homme, non seulement parce que l’homme est le fruit d’une alliance parentale, qui implique communauté, mais parce que cet homme ne peut se développer et s’achever que dans et par la famille. Toutes les affreuses prétentions modernes au sujet des lois génétiques viennent soit d’une ignorance de la loi naturelle, soit d’une révolte de l’homme contre la loi naturelle.

Qu’est-ce que la loi naturelle ? Elle est la structure même de l’être telle qu’elle a été conçue par le Créateur, jusqu’à la fin des temps. L’enveloppe familiale est si nécessaire à l’homme, que les enfants-loups découverts à la fin du siècle dernier n’ont pas pu survivre. Recueillis et allaités par une louve, ces enfants ont été trouvés incapables de se dresser verticalement et de parler.


Or, la première enveloppe protectrice, avant même la cité, c’est la famille. N’importe quel sociologue vous dira que 80 % des jeunes délinquants que la police appréhende et jette en prison sont nés de familles désunies, monoparentales ou de parents divorcés. Ce sont les enfants-loups de la société moderne : sauf miracle, ils sont incivilisables.

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