La famille et la Chrétienté

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Chers pèlerins,

« La Chrétienté, c’est le corps charnel de l’Église, son rempart, son inscription temporelle. »

Dom Gérard Calvet. Sermon du Lundi de Pentecôte 1985

La famille, premier réceptacle de la charité divine

La famille résume cette inscription temporelle : Dieu et l’Église ne peuvent être enfermés dans une sphère à part, hors de laquelle ils n’auraient aucune possibilité de rayonner. Le plan de Dieu vis-à-vis de sa créature est celui d’une charité active. Parce que Dieu est Amour au sens le plus parfait, Il veut se donner : « le bien est diffusif de lui-même » (saint Thomas). Il veut faire participer sa créature à Sa plénitude, à Son essence même. Non seulement Il crée Adam et Ève à son image, mais, en les unissant, homme et femme, dès le commencement, Il donne le premier réceptacle de la charité divine : la famille.

L’exemple de la Sainte Famille : l’Incarnation de Notre Seigneur Jésus Christ confirme cette volonté. En effet, elle ne s’est pas faite n’importe comment et n’importe où : le miracle s’est réalisé au sein d’une famille, la Sainte Famille. C’est là que le Christ a préparé humainement sa mission salvatrice. C’est bien pourquoi la Sainte Église protège jalousement la famille, bien précieux entre tous, tant au plan naturel que surnaturel. Car, la Grâce de Dieu n’agit pas dans le vide : elle s’inscrit dans la nature humaine rachetée par le Calvaire.

Le baptême est le premier acte de charité des parents vis-à-vis de leurs enfants : les parents participent au don de la vie, procurant l’enveloppe charnelle à la création la plus magnifique faite par Dieu : l’âme de leurs enfants. À l’égard des enfants, le Baptême est le premier acte de charité des parents. En effet, par ce sacrement qui efface le péché originel, les parents laissent installer chez leur enfant et par conséquent dans la famille, l’ordre initial voulu par Dieu. Il ne faut surtout pas se laisser impressionner par de faux arguments : certains ont prétendu qu’il fallait laisser aux enfants le libre choix de leur Baptême, et donc attendre qu’ils décident eux-mêmes de le demander. Mais pourquoi les priver du bien que nous chrétiens savons être le plus précieux de tous ? « Depuis les temps les plus anciens, le baptême est administré aux enfants, car il est une grâce et un don de Dieu qui ne supposent pas des mérites humains. Les enfants sont baptisés dans la foi de l’Église ; l’entrée dans la vie chrétienne donne accès à la vraie liberté. » (Catéchisme de l’église Catholique. No 1282).

C’est également au sein de la famille que les parents donneront à leurs enfants le sens du service et du don de soi, les préparant ainsi au service et au don, au sein de la Cité et de l’Église. Dans la famille, les parents et les enfants comprennent que toute autorité est service.
« Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir. » (saint. Marc. X 45.) Le service permanent des parents construit la sainteté des enfants, leur permettant de connaître et d’aimer Celui qui les a aimés en premier.
Par un juste retour de confiance, les enfants donnent à leurs parents le respect qui leur est dû : « Tu honoreras ton père et ta mère ». Cette marque première d’affection devra leur être donnée jusqu’à leurs derniers instants.
La mort terrestre ne peut mettre un terme au devoir de charité au sein de la famille : la lumière divine du face à face nourrit la prière de ceux qui sont morts à l’intention de ceux qui sont encore sur terre. La Communion des saints vivifie nos familles.

La famille qui rayonne

Dom Gérard ajoutait : « Si nous cherchons à pacifier la terre, ce n’est pas pour remplacer le ciel, c’est pour lui servir d’escabeau. » Car nos cités charnelles « sont l’image et le commencement et l’essai de la maison de Dieu. » (Charles Péguy.)
Les familles charitablement ordonnées construisent la grande famille de la patrie, de la cité chrétienne. Chacune transmet la fierté de son passé, tout imparfait qu’il soit, pour l’honneur de son avenir, participant à l’élaboration patiente et toujours perfectible de la communauté des esprits et des cœurs.

Parce que l’éducation des enfants appartient en priorité aux parents, toutes les composantes de la cité chrétienne doivent leur venir en aide : ainsi, l’école doit être marquée du sceau de Dieu :

  • Elle ne peut être au service d’une idéologie laïque et obligatoire. Elle est au service de l’âme intelligente. Par la connaissance naturelle qu’elle dispense, elle doit offrir à l’âme des enfants une partie de la connaissance de Dieu.
  • C’est aux parents qu’il incombe de protéger l’innocence et la pureté de leurs enfants.
  • Ce sont les parents qui apprennent à leurs enfants l’usage de la vraie liberté, celle qui rend responsable dans la poursuite de la destinée éternelle.
    La cité chrétienne regroupe toutes les familles autour du clocher.
  • Les familles fournissent à la cité la sève de Dieu, qu’elles reçoivent de l’Église par ses sacrements.
  • La cité donne aux familles la paix, expression suprême du bien commun : la tranquillité de l’ordre.

Dans la paix familiale se forgent les vocations : le prêtre, le moine, la religieuse répondent à l’appel surnaturel de Dieu. Mais cette réponse est d’autant plus facile que les enfants contemplent l’exemple de leurs parents qui ont su et voulu prier en famille. Tant de saints l’ont proclamé : saint Jean Bosco et « maman Marguerite », saint Pie X et son admirable mère, saint Dominique Savio consolant sa mère alors qu’il retournait vers Dieu. Tous ont appris leurs
prières sur les genoux de leur mère, et priaient en famille. À son fils qui lui montrait son anneau épiscopal, la mère du futur pape saint Pie X répondit : «Tu n’aurais jamais porté cet anneau, si moi je n’avais pas porté mon alliance de mariage». Mère et fils, mariage et sacerdoce unis par le même Dieu !
La famille est bien l’avenir de l’homme, de tout homme. De la même manière qu’elle prépare les vocations sacerdotales et religieuses, elle fournit aussi les futurs chevaliers, défenseurs de la cité chrétienne. « Ils s’instruisent pour vaincre » proclame la devise de Saint-Cyr. L’Évangile nous fait savoir qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Les armes sont régulées par les Béatitudes. L’exemple de la multitude des hommes d’armes morts dans l’honneur pour la patrie charnelle fait partie de la construction de la cité chrétienne, protectrice de la famille.

Prions à cette intention

Chers pèlerins,
Si, comme le disait Donoso Cortès dans un discours au parlement espagnol, « le devoir du prêtre est de mourir, de donner sa vie comme le Bon Pasteur pour ses brebis, le devoir du soldat, comme un bon frère, est de donner sa vie pour ses frères », notre devoir à tous est de nous engager dans la Cité, pour que la France redevienne digne du titre de « Fille aînée de l’Église ».

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