LA FAMILLE ET L’ÉDUCATION

Partager sur print
Partager sur email
Partager sur facebook
Partager sur twitter
logo-ndc-bleu-512px

« Paix à cette maison ! »

Méditation 6

Chers pèlerins,
Hier, notre première journée de pèlerinage était placée sous le patronage de Saint Jean Bosco, un remarquable éducateur qui eut la chance d’avoir pour éducatrice une mère admirable.
Aujourd’hui, nos méditations seront placées sous la protection de Saint Jean-Baptiste de La Salle, patron et protecteur de tous les éducateurs, dont la vocation pourrait bien être née ce jour où, âgé de 21 ans, il devint orphelin de père et de mère, et fut confronté, en sa qualité d’aîné d’une famille de 10 enfants, au drame de l’éducation d’enfants privés de leurs parents.
Que serait devenu le petit Jean Bosco, orphelin de père à l’âge de 2 ans, si « Maman Marguerite  » n’avait pas agi envers lui avec autant de fermeté et de douceur à la fois ?
Que serait devenu le jeune et brillant Jean-Baptiste de La Salle, s’il n’avait connu ce drame familial qui lui fit tenir, encore bien jeune, le rôle d’éducateur vis-à-vis de ses frères et sœurs ?
À travers ces deux exemples, comprenez, chers parents ou futurs parents, et vous, jeunes adolescents, l’importance de l’éducation familiale, et d’une éducation qui soit digne de ce nom.
C’est la base fondamentale pour un bon départ dans la vie.

I. C’EST LE DROIT ET LE DEVOIR DES PARENTS DE POURVOIR A L’EDUCATION DE LEURS ENFANTS

Vous tous ici qui avez des enfants, vous tous qui en aurez plus tard, gardez bien à l’esprit que ceux à qui vous avez donné ou vous donnerez la vie seront appelés à devenir membres du Christ. C’est très beau, car ainsi vous participez à l’œuvre créatrice de Dieu. Et Dieu qui est Père, vous confie ces nouvelles vies pour les faire grandir. Les faire grandir « en âge, en sagesse et en grâce » comme il est dit de Jésus Lui-même.
En cela consiste l’éducation : faire parvenir les enfants à être des hommes et des femmes mûrs, responsables et qui vivent en accord avec les exigences de leur nature d’enfants de Dieu.
Parents, ceci est votre droit le plus inaliénable, en même temps qu’un devoir de charité essentiel et primordial.
Ce droit et ce devoir ont leurs racines dans votre sacrement de mariage. Grâce à ce sacrement, votre mission éducative est élevée à la dignité et à la vocation d’un « ministère » authentique de l’Église. Ce ministère éducatif des parents chrétiens est si grand et si beau que saint Thomas d’Aquin n’hésite pas à le comparer au ministère des prêtres (St Thomas, Summa contra Gentiles, IV, 58).
Vous êtes donc, chers parents ou futurs parents, les premiers et principaux éducateurs de vos enfants. Avez-vous l’estime de cette noble charge ? Saisissez-vous tout l’enjeu de ce rôle irremplaçable qui est le vôtre ? Ce rôle est d’une telle importance que, en cas de défaillance de votre part, il peut être difficilement suppléé.

II. C’EST TOUTE LA PERSONNE QU’IL FAUT EDUQUER, DANS TOUS SES ASPECTS

Mais quel est donc l’objet de cette éducation si fondamentale ? Cet objet est très étendu. Vous avez donné, ou vous donnerez plus tard naissance à des êtres humains, doués d’intelligence, de volonté, de sensibilité. Des êtres composés d’une âme et d’un corps. C’est donc toute la personne qu’il faut éduquer, dans tous ses aspects.
Nous ne sommes pas des anges, mais des êtres incarnés et blessés par le péché originel.
Donc, avant toutes choses, le premier acte important à accomplir et, en même temps, le plus beau cadeau que vous puissiez offrir à vos enfants, c’est de les faire baptiser très vite, quelques jours après leur naissance.
Citons l’exemple de cette mère de six enfants qui n’a jamais assisté au baptême de l’un d’entre eux. Pourquoi ? Parce que, en accord avec son époux, elle les faisait baptiser au plus tard deux jours après la naissance. Merveilleux réalisme chrétien. Quelle était sa joie de pouvoir embrasser, à la maternité, son enfant baptisé. Puis, dès l’âge de 2 ou 3 ans, elle lui apprenait à connaître notre Père du Ciel, son enfant assis sur ses genoux.
Souvenez-vous, chers parents, c’est par l’exemple, beaucoup plus que par la parole, que vous serez éducateurs. Vos enfants voient tout, entendent tout. Mettez de la cohérence entre vos paroles et vos actes. Vos enfants vous imitent dans votre comportement et votre manière de parler. S’il y a cohérence entre ce que vous dites et ce que vous faites, vos enfants vous respecteront et vous feront confiance ; ils vous admireront et auront envie de vous ressembler. Veillez donc à la qualité de leur éducation.

III. L’EDUCATION DOIT ETRE COMPLETE

Quel le but de l’éducation ? Nous permettre d’atteindre notre fin : c’est-àdire la vie éternelle ! Et comment obtient-on la vie éternelle ? Par l’acquisition et la pratique des vertus, par la réception fréquente des sacrements et par la prière personnelle et familiale.
Nous sommes sur cette terre des pèlerins en marche vers la Terre Promise, vers le Ciel. « Le Ciel, il faut que je me le gagne ! » disait sainte Bernadette. Y pensons-nous souvent ?
Vos enfants doivent devenir de bons chrétiens, c’est-à-dire des personnes qui ont les pieds sur terre et la tête au ciel. Pour cela, il faut développer toutes leurs capacités humaines et spirituelles : « un esprit sain dans un corps sain. »

  • L’intelligence doit être très tôt éveillée aux mystères de la foi. Elle doit aussi acquérir une bonne culture générale : notre patrimoine historique est à connaître autant que notre Histoire Sainte.
  • La volonté doit être formée pour être capable de résister aux tentations nombreuses, surtout à l’âge de l’adolescence. Invitez les
    enfants au don d’eux-mêmes et aux prises de risque (pas de « papa/maman poule »). La volonté doit être apte à choisir le bien et à repousser le mal. Dans ce but, le corps doit être éduqué pour qu’il soit un bon serviteur et non un tyran.
    Tout ceci suppose de votre part, chers parents et futurs parents, une grande fermeté mêlée à une grande douceur. Qu’est-ce que vos enfants attendent de vous ? Beaucoup d’amour, mais un amour qui sache aussi dire non, en même temps qu’un amour qui sache écouter pour comprendre, pour diriger et pour conseiller : « Une main de fer dans un gant de velours. »

Chers pèlerins,
Tournons-nous vers Saint Jean Bosco et Saint Jean-Baptiste de la Salle: qu’ils nous inspirent l’art et la manière de conduire ces jeunes vies, qui nous sont confiées, vers le Créateur, dans un équilibre harmonieux entre le naturel et le surnaturel ; qu’ils nous donnent d’être exemplaires, pour que nous leur inspirions respect et confiance ; qu’ils nous aident à rester fermes et doux, réalistes et bienveillants. Car il n’y a pas d’éducation sans amour.