LA LITURGIE DU DIMANCHE

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Fête de la Pentecôte

La fête de la Pentecôte, comme celle de Pâques, était célébrée par la Synagogue avant de l’être par l’Église. Sous le nom de « fête des Tentes », elle commémorait le don des tables de la Loi fait par Dieu à Moïse.

Lorsque l’Introït de la liturgie catholique dépeint l’Esprit du Seigneur remplissant toute la terre, il témoigne combien la Pentecôte chrétienne dépasse les perspectives de son antique devancière. Le don de Dieu ne consiste plus en une Loi qui accuse le péché plus qu’elle ne l’élimine : ce don, c’est Dieu Lui-même venant prendre possession des coeurs et leur donner le désir d’accomplir sa volonté sainte. Devant ce désir, le diable et le péché, ces « ennemis de Dieu », ne sauraient résister (« dissipentur inimici ejus »). Le don de Dieu n’est plus réservé au seul peuple d’Israël réfugié au désert, mais il est destiné au monde entier (« replevit orbem terrarum »).

C’est pourquoi la Collecte ne craint pas de demander en faveur de toute l’Église, par l’effusion du même Esprit (« in eodem Spiritu »), le renouvellement de la grâce accordée aux disciples réunis dans le Cénacle. En rapportant l’événement survenu il y a près de deux mille ans à Jérusalem, la Lecture du livre des Actes insiste sur ce caractère universel. Enflammée du Feu divin, la langue des disciples devient diserte et propre à annoncer le message évangélique à « toutes les nations qui sont sous le ciel ». Les cœurs qui recevront avec foi ce message auront suffisamment entrebâillé leur porte pour que le Saint-Esprit s’y glisse et en fasse sa demeure. C’est dans cet espoir que l’Alleluia et la Séquence jettent un cri suppliant vers le ciel en répétant jusqu’à cinq fois le mot « Veni » : Venez Esprit Saint… doux hôte de l’âme.

Il semble que le Christ, dans l’Évangile, réponde à la prière de l’Église. Le texte décrit l’habitation des trois Personnes divines dans l’âme en état de grâce. C’est le discours du Seigneur entamé à la Messe de la Vigile qui continue. A la veille de sa Passion qui va le séparer de ses Apôtres, Jésus éprouve le besoin de rassurer leurs cœurs inquiets en leur apprenant que sa mission auprès d’eux doit se poursuivre après sa mort Le Verbe Incarné est venu dire avec des mots humains les mystères de son Père. Mais pour que l’intelligence humaine puisse saisir quelque peu l’ineffable révélation, il faut encore qu’elle reçoive une illumination intérieure. Le Christ remonté au ciel continue donc sa mission révélatrice en envoyant, conjointement avec son Père, leur commun Esprit. Celui-ci est chargé de nous « redire » tout ce que Jésus a enseigné, c’est-à-dire de nous le faire saisir intérieurement.

Cette présence rassurante et éclairante du Saint-Esprit, et des deux autres Personnes divines dont II est inséparable, nous console de n’avoir plus auprès de nous, sensiblement, l’humanité du Christ expliquant directement à ses disciples le sens des paraboles. Cette œuvre d’enseignement intérieur, l’Esprit l’opère par ses dons, ce « septénaire sacré » que lui demandait la Séquence. Il l’opère d’abord sur les membres du Magistère qui ont reçu la mission de donner l’interprétation authentique des Écritures, ensuite dans l’âme de tout fidèle qui, dans la docilité aux directives du Magistère, se penche sur les textes sacrés pour en pénétrer le contenu.

Dans cette perspective, la vie de l’Église militante est une perpétuelle Pentecôte qui continue celle de Jérusalem, qui la « confirme » pour employer le terme de l’Offertoire. Enfin, en nous faisant chanter « repleti sunt omnes Spiritu Sancto » (« tous furent remplis du Saint-Esprit »), l’antienne de Communion suggère que la réception du Sacrement de l’Eucharistie est le moment privilégié de la descente du Saint-Esprit dans nos âmes.