LA LITURGIE DU LUNDI

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Du lendemain de la fête de la Pentecôte, la liturgie revient sur le sujet qui l’avait occupée lors de la Vigile : les sacrements de l’initiation chrétienne. Cette insistance est due au fait que, dans l’antiquité, les personnes qui avaient été baptisées dans la nuit du Samedi assistaient à la Messe durant toute l’octave, revêtues de leurs habits blancs. L’Église n’a d’ailleurs pas cessé de prier pour eux : depuis la Vigile et jusqu’au samedi suivant qui sera l’octave de leur baptême, elle les mentionne, au cœur même du Canon de la Messe, afin que Dieu reçoive en leur faveur l’offrande du peuple fidèle (Cf. l' »Hanc igitur » propre). C’est en pensant encore à ces nouveaux baptisés et à leur première communion que l’Introït chante : Il les a nourris de la fleur du froment.

Mais en ce Lundi de Pentecôte, la liturgie met l’accent sur l’élément préalablement requis à la réception des sacrements : la foi. C’est la foi, en effet, qui pousse les parents à demander le baptême pour leur enfant. C’est par la foi qui l’anime déjà que l’adulte demande pour lui-même le baptême afin d’entrer dans l’Église. Celle-ci pourra alors lui en enseigner de façon toujours plus détaillée et profonde le contenu.

La foi est donc l’élément premier sur la voie du salut, et cet élément est déjà l’œuvre du Saint-Esprit La Collecte le reconnaît implicitement en mettant en parallèle le don du Saint-Esprit aux Apôtres et celui de la foi à l’Église. La Lecture du livre des Actes présente d’ailleurs une scène où la descente du Saint-Esprit sur des païens ouvre à ces derniers la porte du baptistère.

L’antienne d’Offertoire renchérit en chantant que les fonts baptismaux leur ont été rendus accessibles parce que le Très-Haut a donné de la voix, parce que le Saint-Esprit a parlé à travers eux dans le charisme des langues. Pour l’amener à la foi, le Saint-Esprit travaille l’âme : il lave ce qui est souillé, arrose ce qui est sec, soigne ce qui est blessé, assouplit ce qui est rigide, réchauffe ce qui est froid et remet dans le droit chemin, selon les expressions de la Séquence. Les instruments de cette œuvre de conversion sont les grâces actuelles. Par elles, le Saint-Esprit meut l’âme qui ne lui appartient pas encore à faire des actes de charité, à comprendre certaines vérités surnaturelles et, finalement, à désirer le baptême et le salut. Jésus décrit ce processus dans l’Évangile. Il est descendu dans le monde, Lui le Fils, afin que le monde croie en Lui. Et ceux qui ne croiront pas en Lui seront jugés coupables. Coupables de quoi ? D’avoir repoussé les grâces actuelles qui auraient dû les conduire à la foi. Lorsqu’ils ont refusé de faire un acte de charité que le Saint-Esprit leur inspirait, ils ont « repoussé la lumière », ils ont « choisi les ténèbres ». Lorsqu’ils ont saisi une vérité de la foi grâce à l’illumination intérieure de l’Esprit et qu’ils n’ont pas voulu donner leur confiance et s’engager dans cette voie, ils n’ont pas « fait la vérité ». Si pourtant ils avaient été dociles à ces touches ponctuelles de la grâce, le Saint-Esprit les aurait peu à peu conduits à l’état de grâce. Il aurait offert leurs âmes en « oblation éternelle » comme le dit la Secrète, afin qu’elles deviennent des temples pour la Très Sainte Trinité, des forteresses de vertu qui, possédant la grâce de façon habituelle, n’ont plus à craindre les assauts du diable (Cf. la Postcommunion).