LA LITURGIE DU SAMEDI

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Vigile de la Pentecôte

Dans son Année Liturgique, Dom Guéranger fournit des renseignements très éclairants sur la Vigile de la Pentecôte. « Dans l’antiquité, écrit-il, cette journée ressemblait à celle de la veille de Pâques. Sur le soir, les fidèles se rendaient à l’église pour prendre part aux solennités de l’administration du Baptême. Dans la nuit qui suivait, le sacrement de la régénération était conféré aux catéchumènes que l’absence ou quelque maladie avait empêchés de se joindre aux autres dans la nuit de Pâques ». La célébration de la Messe suivait immédiatement l’administration du Baptême et de la Confirmation (ce second sacrement étant toujours conféré avec le premier chez les adultes) et c’est au cours de cette Messe que les nouveaux initiés recevaient pour la première fois l’Eucharistie. Ce contexte nous permet de mieux comprendre les allusions aux sacrements de l’initiation chrétienne qui se trouvent dans les textes liturgiques de ce jour.

L’Introït rappelle la promesse du Seigneur faite par la bouche de son prophète Ezéchiel de donner un jour à son peuple une eau pure qui efface son péché (c’est le Baptême) et de mettre dans les coeurs un esprit nouveau, son Esprit, qui leur apprendra à observer la Loi divine (c’est la Confirmation).

La Collecte implore le Dieu Tout-Puissant en faveur des baptisés qui viennent d’être renouvelés par la grâce.

La Lecture du livre des Actes des Apôtres rapporte une des premières cérémonies du baptême et de la confirmation, s’épanouissant dans l’effusion des charismes du parler en langues et de la prophétie. Les manifestations spectaculaires consécutives à l’imposition des mains par saint Paul évoquaient la
force de l’emprise du Saint-Esprit sur les âmes des nouveaux confirmés.

L’antienne d’Offertoire, enfin, souligne que cette emprise du Saint-Esprit est si totale qu’elle est assimilable à l’œuvre de la Création. L’âme qui reçoit la grâce ne la possède pas comme un bien qui resterait extérieur à elle, mais comme une réalité qui vient faire partie de son être. Elle est recréée dans la grâce qui la fait passer d’un état de péché à un état de participation à la nature même de Dieu, le Saint par excellence.

Toutes ces allusions, destinées dans l’antiquité chrétienne à reporter l’attention des fidèles sur les baptisés de la nuit, nous invitent désormais à remercier Dieu de la grâce qu’il nous a faite lors de notre propre baptême et de notre confirmation. Nous pouvons également le remercier pour les enfants et les adultes qui ont reçu ces sacrements durant l’année. Alors viennent sur nos lèvres les mots de l’Alléluia et du Trait pour confesser que le Seigneur est bon et miséricordieux pour les peuples de toutes les nations.

Mais ces sacrements, en imprimant à nos âmes deux caractères indélébiles qui nous rendent enfants de Dieu et témoins du Christ, nous imposent une grande responsabilité : celle de correspondre à cette grâce par la sainteté de notre vie.

Mais nous sommes trop petits pour accomplir ce programme par nos propres moyens. Aussi, la Collecte, la Secrète et la Postcommunion nous font-elles demander à Dieu la clarté, la lumière, la pureté et la fécondité qui viennent du Saint-Esprit. Par ses dons de science, d’intelligence, de sagesse et de conseil, il éclairera nos âmes sur les mystères de Dieu et sur la façon d’accomplir sa volonté. En nous inspirant la crainte d’offenser notre Créateur, il nous gardera purs du péché. En nous accordant la force nécessaire contre nos mauvais penchants et la piété envers Dieu et le prochain, il fécondera nos âmes pour leur faire porter des fruits de tempérance et de justice. Alors seront réalisées les promesses que fit le Christ à ses Apôtres la veille de sa Passion et que rapporte l’Évangile : « Je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet pour qu’il soit avec vous à jamais, l’Esprit de Vérité ». L’accomplissement en est tout proche puisque la vigile de la Pentecôte est le « dernier jour de la fête » ininterrompue que constituent les sept semaines qui suivent Pâques et que c’est en ce jour que Jésus a promis de donner l’Esprit à ses fidèles (Cf. l’antienne de Communion).