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Le regard de la Sainte Vierge absorbé par la contemplation de l’Enfant Jésus est une lumière qui doit nous guider sur le chemin de l’oraison

Dans sa lettre apostolique le Rosaire de la Vierge Marie, Jean-Paul II nous rappelle la parole de Saint-Paul : « Nous reflétons tous la gloire du Seigneur et nous sommes transfigurés en son image, avec une gloire de plus en plus grande, par l’action du Seigneur qui est Esprit » (2Co3,18 – in Rosarium Virginis Mariae).

Si nous reflétons tous la gloire du Seigneur, considérons à quel point la Sainte Vierge la refléta au moment où après avoir mis au monde son Enfant qui est Dieu, elle le regarda pour la première fois non plus en esprit, mais avec ses yeux humains. Jean-Paul II poursuit : « La contemplation du Christ trouve en Marie son modèle indépassable. Le visage du Fils lui appartient à un titre spécial. C’est dans son sein qu’il s’est formé, prenant aussi d’elle une ressemblance humaine qui évoque une intimité spirituelle assurément encore plus grande. » (ibid)
Après 9 mois de préparation spirituelle, Marie découvre le visage humain de Jésus. Elle est le premier être humain à voir Dieu fait homme. Quel dût être ce regard, emprunt d’amour maternel et d’adoration ! Autour d’elle, rien ne semble adapté pour accueillir le Roi du Ciel : une étable pour chambre, une pauvre mangeoire pour berceau, l’âne et le bœuf pour comité d’accueil. Et pourtant Marie voit en Jésus qui vient de sortir d’elle le Christ sauveur, son Dieu.

Le regard de la Sainte Vierge absorbé par la contemplation de l’Enfant Jésus est une lumière qui doit nous guider sur le chemin de l’oraison. Plaçons-nous aux côtés de Marie dans la crèche. Tout près de Saint Joseph. Dans ce premier instant de la vie de la Sainte Famille, comme lui, nous restons en retrait, mais nous profitons pleinement de la scène qui se présente à nos yeux.

Nous voyons le regard de Marie illuminé par le rayonnement de l’Enfant-Dieu. Marie à cet instant est unie à Jésus comme une mère à son Fils et comme une fille à son Créateur : Jésus, qu’elle a porté dans ses entrailles et engendré, est le Verbe de Dieu qui au commencement du monde a créé l’homme. Comme Marie, chacun de nous a été créé et désiré par Dieu. Chacun avec sa vocation propre. Comme Marie dans la crèche mettons-nous en prière en contemplant Jésus :

  • Comme Marie, nous nous laissons submerger par l’adoration de la créature pour le Créateur. Elle s’émerveille des beautés que Dieu a créées en prenant soin des moindres détails ; de la cohérence et de la perfection de la Création. Ce que le monde considère comme inadapté, elle le comprend comme la perfection de l’oeuvre de Dieu qui par amour désire se faire le plus petit des hommes. Lui qui seul peut prétendre à la gloire, il choisit de la manifester dans la plus
    pure humilité. La vue de ces merveilles mène Marie à la louange d’adoration.
    L’adoration en nous faisant percevoir la grandeur de Dieu nous conduit à la prise de conscience de notre petitesse.
  • Alors, comme Marie, nous nous laissons submerger par la reconnaissance de l’être humain pour son Dieu, qui l’aime personnellement et de manière unique. L’acte d’amour de Dieu est gratuit, et il est infini puisqu’il va jusqu’au don total de son Fils pour le salut des hommes. Aucun homme ne mérite un tel sacrifice, mais Dieu a désiré offrir à l’homme cette preuve de son amour.
    La reconnaissance nous inspire l’amour auquel Dieu a droit, lui qui étant tout a désiré nous élever au rang de fils, alors que nous n’étions rien.
  • Et comme Marie nous nous laissons submerger par l’amour de l’enfant pour son Père. L’enfant dans les bras de son père se laisse aimer en toute confiance et ne craint aucun danger. Il sait que son père veille à son bonheur et le guide sur la voie qui le rendra heureux. Quels que soient les obstacles qu’il rencontre, l’enfant les surmonte dans la confiance en gardant son regard fixé sur le regard encourageant de son père.
    Ainsi plongés dans une confiance imperturbable, nous nous laissons aimer par Dieu en acceptant qu’il dirige notre vie, lui qui sait ce qui est bon pour nous.

Désirons comme Marie nous donner totalement à Dieu au moyen de la foi, l’espérance et la charité. Et n’oublions pas que l’Eglise nous est d’une assistance indispensable. Qu’à la suite de Marie elle soit aussi notre modèle. « L’Eglise, qui contemple la sainteté mystérieuse et imite la charité de Marie, l’Eglise, qui accomplit fidèlement la volonté du Père, devient mère, elle aussi, par l’accueil plein de foi qu’elle offre au Verbe de Dieu. Car par la prédication et le baptême, elle engendre à la vie nouvelle et immortelle des fils conçus du Saint-Esprit et nés de Dieu. Elle est aussi la vierge qui maintient intègre et pure la foi qu’elle a donnée à l’époux. A l’imitation de la Mère de son Seigneur, elle conserve d’une façon virginale, par la vertu de l’Esprit-Saint, une foi intacte, une espérance ferme et une charité sincère. » (Lumen Gentium)

Voilà les sentiments que nous devons appeler dans notre cœur au moment de l’oraison et plus particulièrement pendant notre action de grâce après avoir reçu la communion. Pensons que nous sommes comme Marie des tabernacles qui recevons Notre Seigneur de manière réelle et substantielle. Comme elle, sachons contempler dans l’émerveillement Dieu qui établit en nous sa demeure. Et laissons filtrer de notre pauvre cœur les rayons lumineux du trésor qu’il contient, car c’est ainsi que nous reflèterons tous vraiment la gloire du Seigneur.