LA SAINTE FAMILLE MODÈLE DE LIBERTÉ

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Fondée pour donner au monde celui qui sauve son peuple du péché (Matthieu 1,21), la Sainte Famille, où chacune de nos familles doit voir son archétype, manifeste clairement ce qu’est la vraie liberté de ceux qui sont renouvelés par l’amour du Christ et à quoi nous devons nous efforcer de parvenir, laissant le Saint-Esprit nous arracher aux jugements du monde pour ne considérer que le jugement de Dieu.

Outre Jésus, Marie et Joseph savent très bien qui ils sont, ce qu’est leur mission et les secours de grâces sur lesquels ils peuvent compter ; il suffit de lire le Magnificat (Luc I, 45-55) ou de considérer la silencieuse détermination de saint Joseph (Matthieu II,14-15) pour s’en persuader. Nous-mêmes, dans nos familles, savons-nous bien qui nous sommes ? Savons-nous bien quelle est notre mission irremplaçable ? Savons-nous bien compter sur la grâce divine ? Si nos familles sont à l’image de la Sainte Famille, dans la part qui est la leur, elles sont uniques pour répandre et communiquer le salut du monde en s’unissant toujours plus étroitement à l’action de Jésus par qui elles reçoivent toutes les grâces nécessaires et suffisantes pour exister. Demandons au Seigneur la grâce de mieux savoir ce que nous sommes pour Lui et profitons de ce pèlerinage pour nous résoudre à ajouter ou retrancher de nos habitudes ce qu’il nous faut pour mieux sanctifier le nom de Dieu, mieux faire advenir son Règne et mieux faire sa volonté.

Or, il n’y a pas de liberté passive dans le Christ, la liberté chrétienne est d’autant plus vraie et plus forte qu’elle se défend et là encore nous devons nous inspirer des exemples de la Sainte Famille pour libérer et sauvegarder nos propres familles. Le premier acte de combat à Nazareth tient surtout dans cette attitude qui les mène à ne plus craindre les jugements d’autrui (I Corinthiens X, 29) parce qu’ils savent pratiquer la Parole de Dieu implantée en eux et ne reconnaissent aucun autre jugement (Jacques 1-21 -25, II, 12). Nous-mêmes, ne sommes-nous pas trop attachés au qu’en dira-t-on ? Sommes-nous capables de rester fidèles même si le monde nous condamne ? Sommes-nous capables de souffrir pour le Christ, d’être avec Lui signe de contradiction (Luc II, 34) ? Le second acte de combat est la fuite en Egypte (Matthieu II,13-15). Pour protéger notre famille, pour répondre à notre mission, sommes-nous capables de fuir en Egypte, de rompre des relations mauvaises ou simplement dangereuses ? Demandons au Seigneur la grâce de mieux voir ce qui menace la fidélité de nos familles et profitons de ce pèlerinage pour nous résoudre à fuir nos habitudes et les gens qui nous empêchent de recevoir le pain quotidien de la grâce et de bien lutter contre le mal.

Enfin, la liberté de la Sainte Famille ne semble pas s’être exercée dans des grandes choses mais bien plutôt dans les humbles devoirs domestiques qui n’ont guère d’histoire. Sommes-nous exacts à nos devoirs d’Etat comme le furent les membres de la Sainte Famille que nous imaginons dans l’atelier de Nazareth où chacun tient sa place selon la loi naturelle (Luc II, 51 -52) ? Sommes-nous exacts à nos devoirs religieux, composante essentielle du devoir d’état familial, comme le furent les membres de la Sainte Famille que nous voyons maintes fois au Temple de Jérusalem (Luc II, 21-50) ? Demandons au Seigneur la grâce de mieux considérer les petites observances qui nous établissent sur de grandes choses (Matthieu XXV, 14-30) et profitons de ce pèlerinage pour nous résoudre à être plus attentifs aux petites choses de la vie familiale qui nous uniront mieux au Seigneur.

Pour nos familles, comme pour la Sainte Famille, notre liberté, c’est le Christ, qui, nous délivrant du péché et de la mort, nous associe à son action rédemptrice ; notre liberté est à la fois un don, un risque et une conquête ; somme-nous capables de nous donner au Christ ? Sommes- nous capables de risquer pour le Christ ? Ce sont les conditions obligatoires de la conquête au Christ de nous-mêmes et des autres.

Abbé Christian-Philippe Chanut