La vocation : la nature répond à l’appel de la Grâce

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Ne rien préférer à l’amour du Christ


« Nos grands saints de France, dit La Varende, les voici : un roi et trois paysans. Saint Louis, sainte Jeanne d’Arc, saint Vincent de Paul et saint Jean Vianney. » J’entends déjà toutes les objections et toutes les réclamations que peut susciter ce choix nécessairement arbitraire mais il a le grand mérite de mettre en valeur ceux qui sont, peut-être, en effet, les plus français de nos saints. Ceux qui, de façon plus appuyée que d’autres, illustrent l’union mystérieuse de la grâce et du génie français. Nous serions tentés de dire l’union de la mesure et du bon sens français avec la démesure de la charité. « La mesure d’aimer Dieu est de l’aimer sans mesure. » Cette sentence est de saint Bernard, l’un des plus glorieux « laissés pour compte » de la petite liste de La Varende.

La vocation d’un peuple comme celle d’une personne, c’est d’abord et avant tout cela : la grâce qui appelle à la perfection d’une nature bien déterminée. On n’a jamais confondu un Breton et un Gascon ! Et les physionomies spirituelles de saint Louis-Marie et de saint Vincent de Paul ne se ressemblent que par le grand idéal de toute sainteté : « Ne rien préférer à l’amour du Christ ».

La vocation dit un appel. Cet appel peut être formulé de façon explicite : sainte Jeanne d’Arc a su, sans équivoque, qu’elle devait devenir chef de guerre : sainte Bernadette a su qu’elle devait transmettre le message de l’Immaculée ; Marthe Robin a su qu’elle devait incarner la Passion rédemptrice de notre temps. Cet appel est le plus souvent implicite : la grâce invite une nature qui a une physionomie déterminée et des dons bien reconnaissables à la perfection de la charité. Perfection de la charité qui a été mise en devise de façon si française : « Messire Dieu premier servi ! »

Les grandes qualités françaises invitées depuis et grâce au baptême de Reims à composer une sainteté proprement française sont surtout la clarté de la pensée, de la parole et de l’écriture, la générosité de la croisade, de la chevalerie, des cathédrales, des missions, etc… ; La loyauté. La plus actuelle est peut-être celle du bon sens. Nom rustique de la droiture. La droiture c’est l’insolence et la splendeur de la vérité. Le bon Boileau ne pensait certainement pas qu’affirmer : « un chat est un chat et Rollet un fripon » pouvait vous attirer la haine des idéologues de tout poil. L’exemple de Jeanne devant ses juges montre assez qu’il faut toute la force du Saint-Esprit pour demeurer fidèle au bon sens !

Un moine