LE SAINT-ESPRIT ET LA PRIÈRE

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Veni Creator Spiritus1

Veni Sancte Spiritus2

Venez Esprit Saint, éclairez…


Ces quelques formules tirées de la liturgie ou de la piété la plus commune de l’Église nous rappellent que notre prière doit parfois se référer de façon distincte à la Troisième Personne de la Très Sainte Trinité. Cette vérité vécue par tout catholique doit, pour être fructueuse, être comprise selon le sens constant de l’Église plutôt que selon les oscillations passagères des modes.

Lorsque l’on examine les rapports entre l’homme et l’une des Personnes divines, on doit d’abord se souvenir de ne pas « séparer la Sainte Trinité ». Toutes les actions de Dieu envers les créatures, et donc en particulier envers les hommes, sont « communes » aux Trois Personnes. En particulier la grâce, les vertus surnaturelles et même les « dons du Saint-Esprit » sont causés dans le juste par toute la Sainte Trinité qui, corrélativement, habite dans l’âme ainsi sanctifiée. Le langage catholique, à la suite de l’Écriture Sainte, « approprie » souvent l’œuvre de notre sanctification au Saint-Esprit, parce que le Saint-Esprit est l’amour du Père et Fils et qu’en conséquence notre justification, œuvre éminente d’amour, présente une similitude particulière avec la Troisième
Personne. Mais le fidèle demeure attentif au caractère « non exclusif’ des affirmations ainsi énoncées.

Notre prière s’adresse au Saint-Esprit. La raison en est double :
=> du côté de son contenu
=> du côté de son origine

1- Du côté du contenu de sa prière, le fidèle a besoin de l’action en lui du Saint-Esprit. En effet, comme le Seigneur nous l’a commandé, nous devons prier en disant « Notre Père… ». Mais cette parole dépasse tout à fait le pouvoir humain : c’est le Saint-Esprit qui nous la fait prononcer : « Et la preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père ! » (Ga 4 6).

Ainsi, toute vraie prière doit s’insérer dans le « cri » du Saint-Esprit qui actualise en nous l’exercice de la filiation divine surnaturelle, filiation qui est le fruit de la grâce surnaturelle dans les hommes qui l’accueillent par la Foi au Christ : « Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, Il adonné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom (…) » (Jn 112).

Pour mieux correspondre à cette lumière intérieure, le fidèle aime prier avec les formules mêmes inspirées par le Saint-Esprit, ou garanties par sa divine assistance : c’est la prière du bréviaire et de la liturgie dans son ensemble, ainsi que les diverses dévotions particulièrement recommandées par la Sainte Église comme le salut du Saint-Sacrement, le chapelet, la dévotion au Sacré-Cœur…

Certes, cela n’empêche pas, bien au contraire, les libres tête-à-tête avec le Seigneur, lorsque l’on « s’enferme dans sa chambre ». Mais eux-mêmes seront d’autant plus fructueux qu’ils prendront pour source la Révélation divine plutôt que la pure subjectivité privée.

1 Hymne des Vêpres du jour de la Pentecôte
2 Séquence de la Messe de Pentecôte

2 – Le rôle du Saint-Esprit – et de toute la Sainte Trinité – est encore plus nécessaire, de façon absolue, si l’on envisage la prière du côté de son origine. Contrairement à ce que peut laisser croire l’introspection superficielle, et à ce qu’insinue dans les esprits le pélagianisme ambiant, la prière, la prière salutaire, si humble et brève soit-elle, n’est pas le fruit de la seule liberté humaine. La prière est d’abord le fruit d’une grâce divine, d’une action de Dieu en nous : car l’initiative du salut vient toujours de Dieu.

« Si quelqu’un dit que la grâce de Dieu peut être donnée à la demande de l’homme mais que ce n’est pas la grâce elle-même qui nous fait demander, il contredit le prophète Isaïe ou l’Apôtre qui dit comme lui : « J’ai été trouvé par ceux qui ne me cherchaient pas, je me suis rendu visible pour ceux qui ne m’interrogeaient pas » (Rm 10 20, Cf. Is 65 1) »3.

« Si quelqu’un dit que la miséricorde nous est donnée par Dieu lorsque, sans la grâce, nous croyons, nous voulons, nous désirons, nous faisons des efforts, nous travaillons, nous prions, nous veillons, nous étudions, nous demandons, nous cherchons, nous frappons à la porte, et qu’il ne confesse pas que notre foi, notre volonté, et notre capacité d’accomplir ces actes comme il faut se font en nous par
l’infusion et l’inspiration du Saint-Esprit, s’il subordonne l’aide de la grâce à l’humilité ou à l’obéissance de l’homme et s’il n’admet pas que c’est le don de la grâce elle-même qui nous permet d’être obéissants et humbles, il résiste à l’Apôtre qui dit :
« Qu’as-tu que tu n’aies reçu ?  » (1 Co 4 7) et « C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis » (1 Co 15 10) »4.


Ainsi, il n’y a pas à donner au Saint-Esprit « une certaine place » dans notre prière, mais à comprendre toujours plus que toute prière salutaire est déjà en nous un premier fruit de la grâce. Il faut en remercier le Seigneur et sous cet influx divin, demander la persévérance, l’accroissement et l’achèvement : « Et je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette œuvre excellente, en continuera l’achèvement jusqu’au jour du Christ Jésus » (Ph 1 6).

VENEZ, ESPRIT SAINT…

Oui, venez encore compléter et mener à bien, en nous et avec nous, ce que vous avez commencé en nous, sans nous ; et ne permettez pas que nous commettions ce péché contre le Saint-Esprit, contre vous-même, qu’est le refus de la prière que vous nous induisez à formuler. Celui qui prie se sauve, celui qui ne prie pas se damne…

… EMPLISSEZ LES CŒURS DE VOS FIDÈLES…

Oh oui, emplissez nos cœurs qui sans vous sont vides, emplissez-les de la plénitude du Chris notre Sauveur : « De sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce après grâce » (Jn 116).

Emplissez nos cœurs, d’abord de cette Lumière qui est vôtre, parce que vous êtes l’Esprit de vérité5
Dieu qui avez instruit les cœurs de vos fidèles par la Lumière du Saint-Esprit… ».

Donnez-nous, par cette Lumière, de « comprendre et d’aimer ce qui est bien », d’avoir en nous ce goût et cette saveur des choses divines qui nous font accueillir tout ce qui vient de Dieu.

3 Concile d’Orange II, 3 juillet 529 ; FC 541, DS 373.
4 Concile d’Orange II, 3 juillet 529 ; FC 544, DS 376.
5 « Et moi je prierai le Père, et II vous donnera un autre Paraclet, pour qu’Il demeure éternellement avec vous. C’est l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas. Mais vous, vous le connaissez parce qu’il demeure avec vous et est en vous » (Jn 16 (16-17)).

ALLUMEZ EN EUX LE FEU DE VOTRE AMOUR

« Je suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé ! » (Jn 12 49).

Que votre Lumière et son feu nous purifient des ténèbres du péché : « Mais si nous marchons dans la lumière comme II est lui-même dans la lumière, nous sommes alors en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jn 1 7).

D’ailleurs, nous le savons, la réalité de l’amour manifeste la vérité de la Lumière : « Celui qui dit être dans la lumière et qui hait son frère se trouve encore dans les ténèbres à présent » (1 Jn 2 9).

ENVOYEZ VOTRE ESPRIT, SEIGNEUR,
ET IL SE FERA UNE CRÉATION NOUVELLE,
ET VOUS RENOUVELLEREZ LA FACE DE LA TERRE

L’oeuvre du salut est cette nouvelle création, elle vient de Dieu et s’accomplit dans le Christ : « Quiconque est dans le Christ est une nouvelle créature. Ce qui est vieux est passé ; voyez, il y a du nouveau. Tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ, et nous a confié le ministère de cette réconciliation » (2 Co 5 17-18).

Donnez-nous Seigneur, par votre Saint-Esprit, de coopérer ici-bas à votre œuvre de « recréation », afin que nous entendions un jour vos douces paroles :

« C’est bien, serviteur bon et fidèle, lui dit son maître,
en peu de choses tu as été fidèle,
sur beaucoup je t’établirai ;
entre dans la joie de ton Seigneur »
(Mt 25 21)

INSTITUT DU CHRIST-ROI SOUVERAIN PRÊTRE