LE SAINT-ESPRIT ET LA TRÈS SAINTE VIERGE

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Dieu le Saint-Esprit étant stérile en Dieu, c’est-à-dire ne produisant point d’autre personne divine, est devenu fécond par Marie qu’il a épousée.


C’est avec elle et en elle et d’elle qu’il a produit son chef-d’œuvre, qui est un Dieu fait homme, et qu’il produit tous les jours
jusqu’à la fin du monde les prédestinés et les membres du corps de ce chef adorable.


C’est pourquoi, plus II trouve Marie, sa chère et indissoluble Épouse, dans une âme, et plus II devient opérant et puissant
pour produire Jésus-Christ en cette âme et cette âme en Jésus-Christ


Ce n’est pas qu’on veuille dire que la Très Sainte Vierge donne au Saint-Esprit la fécondité, comme s’il ne l’avait pas, puisque,
étant Dieu, Il a la fécondité ou la capacité de produire, comme le Père et le Fils, quoiqu’il ne la réduise pas à l’acte, ne produisant point d’autre Personne divine.


Mais on veut dire que le Saint-Esprit, par l’entremise de la Sainte Vierge, dont II veut bien se servir, quoiqu’il n’en ait pas
absolument besoin, réduit à l’acte sa fécondité, en produisant en elle et par elle Jésus-Christ et ses membres.


Mystère de grâce inconnu même aux plus savants et spirituels d’entre les chrétiens.


La conduite que les trois Personnes de la Très Sainte Trinité ont tenue dans l’Incarnation et le premier avènement de Jésus- Christ, elles la gardent tous les jours, d’une manière invisible, dans la Sainte Église, et la garderont jusqu’à la consommation des siècles, dans le dernier avènement de Jésus-Christ


Dieu le Père a fait un assemblage de toutes les eaux, qu’il a nommé la mer ; Il a fait un assemblage de toutes ses grâces, qu’il
a appelé Marie.


Ce grand Dieu a un trésor ou un magasin très riche, où II a renfermé tout ce qu’il a de beau, d’éclatant, de rare et de précieux, jusqu’à son propre Fils ; et ce trésor immense n’est autre que Marie, que les saints appellent le trésor du Seigneur, de la plénitude duquel les hommes sont enrichis.

Dieu le Fils a communiqué à sa Mère tout ce qu’il a acquis par sa vie et sa mort, ses mérites infinis et ses vertus admirables, et II
l’a faite la trésorière de tout ce que son Père lui a donné en héritage ; c’est par elle qu’il applique ses mérites à ses membres, qu’il communique ses vertus et distribue ses grâces ; c’est son canal mystérieux, c’est son aqueduc, par où II fait passer doucement et abondamment ses miséricordes.


Dieu le Saint-Esprit a communiqué à Marie, sa fidèle épouse, ses dons ineffables, et Il l’a choisie pour la dispensatrice de tout ce
qu’il possède : en sorte qu’elle distribue à qui elle veut, autant qu’elle veut, comme elle veut et quand elle veut, tous ses dons et ses grâces, et il ne se donne aucun don céleste aux hommes qu’il ne passe par ses mains virginales.


Car telle est la volonté de Dieu, qui a voulu que nous ayons tout [par] Marie ; car ainsi sera enrichie, élevée et honorée du Très-Haut celle qui s’est appauvrie, humiliée et cachée jusqu’au fond du néant par sa profonde humilité, pendant toute sa vie. Voilà les sentiments de l’Église et des Saints Pères.

SAINT LOUIS-MARIE GRIGNION DE MONTFORT
(TRAITÉ DE LA VRAIE DÉVOTION)