L’ÉGLISE ÉDUCATRICE

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« Qui vous écoute, m’écoute »

Méditation 12

Chers Pèlerins,
C’est le Christ qui est le Maître par excellence.
Mais sa mission sur terre n’a pas pris fin avec son retour auprès du Père : il a voulu qu’elle continue, grâce à une structure visible, l’Église sacrement
universel du salut
” (Vatican II, Lumen Gentium, n° 48).
Aux Apôtres, le Christ ressuscité a confié la mission d’enseigner tous les peuples : “Allez ! De toutes les nations faites des disciples, les baptisant au
nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, leur enseignant à garder tout ce que je vous ai commandé
” (Mt 28, 19-20).
Cette mission reçue du Christ est maintenant un devoir pour l’Église : “Malheur à moi si je n’évangélisais pas !” s’écrie saint Paul (I Co 9, 16).

I. SOCIÉTÉ SURNATURELLE, L’ÉGLISE A POUR VOCATION DE DONNER UNE ÉDUCATION INTÉGRALE ET ADAPTÉE À CHAQUE HOMME

L’Église reçoit son mandat d’éducatrice en tant que société surnaturelle, se distinguant en cela à la fois de la famille et de la société civile, qui sont
d’ordre naturel. Elle jouit de la suprématie dans son ordre propre, puisqu’elle a en elle tous les moyens pour parvenir à la fin qu’elle vise, le salut éternel de tous les hommes, comme l’enseigne Pie XI : “La conséquence nécessaire en est l’indépendance de l’Église vis à vis de tout pouvoir terrestre, aussi bien dans l’origine que dans l’exercice de sa mission éducatrice, et non seulement dans ce qui concerne l’objet propre de cette mission, mais aussi dans le choix des moyens nécessaires ou convenables pour la remplir” (Divini illius Magistri).

1. Le salut des âmes

Le premier domaine de l’éducation dispensée par l’Église est celui qui correspond à sa fin propre, le salut des âmes : annonce de la foi, initiation à
la prière, vie sacramentelle, enseignement de la morale dans la perspective de l’Évangile. Ne faudrait-il pas s’en tenir là ?

2. L’épanouissement intégral des personnes.

En réalité, seule l’Église a une vue complète de l’homme et de sa destinée, qui ne se comprend bien que dans la lumière du Christ (CEC n° 1701). Par conséquent, elle peut seule donner une éducation intégrale et adaptée. Aussi Gustave Thibon expliquait-il à propos de certaines “sciences humaines” modernes : « on a démonté la serrure, mais on en a perdu la clé… ». C’est pourquoi il revient à l’Église d’apprécier et de juger toutes les autres disciplines, y compris les sports, et Pie XI a pu parler de la dégénérescence et de la décadence de la véritable éducation physique à l’âge classique païen.

3. La connaissance et le respect des vérités du droit naturel.

C’est aussi au nom du droit naturel que l’Église s’oppose aux doctrines qui le bafouent, comme pour la théorie du « gender ». L’Église se heurte alors souvent à l’État moderne, qui se prétend abusivement seul compétent en matière d’éducation, fixant les programmes et s’arrogeant le monopole
des diplômes (Vatican II, Gravissimum educationis, n° 6).

II. L’ÉGLISE DISPOSE DE TOUS LES MOYENS POUR REMPLIR SA FONCTION EDUCATRICE

1. La Liturgie et les sacrements

Son grand moyen d’éducation, c’est la liturgie, comme Dom Guéranger l’a affirmé avec force. Dans sa prière officielle, l’Église, société de la
louange divine, prépare les âmes de ses enfants à la vie bienheureuse, qui sera un grand acte d’adoration liturgique, selon l’Apocalypse. Elle place
sans cesse sous leurs yeux, au cours de l’année liturgique, les grands mystères de la foi et de la vie du Christ, et leur communique la vie divine
par les sacrements
; ainsi, elle remplit éminemment sa fonction d’enseignement. D’autre part, l’égalité des baptisés devant l’autel a été longtemps un lien social très puissant.

2. Les missions et les établissements scolaires

Mais l’Église se doit également d’atteindre tous les hommes et de leur proposer la doctrine du salut, d’où son engagement missionnaire, vers des
terres de plus en plus lointaines au cours des siècles. Pour tous, elle a ouvert des institutions scolaires ou universitaires, les premières en
occident. Elle a fondé de nombreuses congrégations religieuses dans ce double but.

3. Les mouvements de laïcs

Mais avec la sécularisation des États, on a vu aussi une plus grande participation des laïcs, dans les œuvres d’Église désormais privées d’appui
officiel ; ils essayent d’imprégner des valeurs évangéliques les différentes sphères où ils agissent (entreprise, associations…).

4. Le témoignage des saints

Ajoutons cette prédication muette qu’est l’exemple donné par les chrétiens fervents, les saints surtout, témoignage de vie accréditant la
doctrine, car notre époque préfère les témoins aux docteurs, ou du moins n’écoute les docteurs que s’ils sont également des témoins. Comment
évaluer l’impact du martyre volontaire de saint Maximilien-Marie Kolbe, par exemple ?

III. LES CHRETIENS DOIVENT ETRE DOCILES AUX ENSEIGNEMENTS DE L’ÉGLISE

Quelle doit être alors l’attitude du chrétien face au magistère de l’Église?

  • À ce que le magistère enseigne comme divinement révélé, le chrétien devra apporter une adhésion complète de foi : “soumission plénière de
    notre intelligence et de notre volonté au Dieu qui se révèle
    ” (CEC, 154).
  • Aux doctrines que l’Église enseigne, sans avoir l’intention de les proclamer par un acte définitif (autre enseignement), le chrétien adhérera dans un hommage religieux de la volonté et de l’intelligence.
  • Pour le reste, le chrétien aura une docilité filiale.

Le Pape a décrit les deux grands défis de l’éducation, aujourd’hui :

  • l’agnosticisme, qui jaillit lorsque l’intelligence humaine est réduite à une simple raison calculatrice et fonctionnelle, et qui tend à étouffer le
    sens religieux
    inscrit au plus profond de notre nature ;
  • le processus de relativisme et de déracinement, qui ronge les liens les plus sacrés et les sentiments les plus dignes de l’homme, avec pour
    résultat de rendre les personnes fragiles, et nos relations réciproques précaires et instables. On comprend dès lors son appel à “l’urgence éducative” !

Chers pèlerins,
L’Église est mère et maîtresse de Vérité « Mater et Magistra », aussi devons-nous rester fidèles à son écoute. Elle veut faire de nous des saints.

Concluons en soulignant que la sainteté n’est “qu’une éducation surnaturelle bien faite”, selon Madame Cécile Bruyère.