LES CRISTEROS

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Le 11 décembre 1925, le pape Pie XI donnait l’encyclique Quo Primas, instituant le Christ Roi de l’univers, rappelant que sa « Royauté exige que l’état tout entier se règle sur les Commandements de Dieu et les principes chrétiens aussi bien dans la législation que dans la façon de rendre la justice et que dans la formation de la jeunesse à une doctrine saine et à une bonne discipline des mœurs« .

En 1911, « des aventuriers venus de territoires désertiques du nord mexicain, à la frontière des Etats-Unis », s’emparent du pouvoir politique au Mexique. Ce sont « des protestants, francs-maçons, marxistes, plus souvent tueurs sans foi ni loi, et dans tous les cas violemment anti-catholiques « . En 1917, la constitution révolutionnaire du Mexique est promulguée – et est toujours
en vigueur actuellement : son essence est marxiste.

En 1926, le Général Calles, président de la République, décide l’expulsion des congrégations religieuses (spécialement enseignantes), l’inventaire des biens de l’Église, aux fins de nationalisation, la mise hors-la-loi de toutes les organisations professionnelles non gouvernementales, et surtout l’enregistrement des prêtres, obligeant chacun d’entre eux à pointer au commissariat et à signer son engagement de non prosélytisme religieux, sous peine d’arrestation.
Or les Mexicains sont un peuple chez qui la Foi catholique imprègne toute la vie : la réaction se fait jour immédiatement avec d’immenses manifestations pénitentielles (spécialement dans les centres mariaux), pétitions réunissant deux millions et plus de signatures en quelques jours, occupations d’églises et manifestations de rues et, en point d’orgue, boycott économique du
gouvernement.

L’épiscopat – assez divisé – en appelle à Rome, qui tout d’abord dépêche le légat apostolique auprès du gouvernement, sans rien en obtenir ; et le Vatican condamne la loi. Dès lors, et devant l’intransigeance du pouvoir, les évêques décident la suspension du culte public pour le 31 juillet 1926.
Les mexicains ont le sentiment brutal, tragique – après tant d’épreuves déjà endurées – d’avoir vu se dresser tous les pouvoirs contre eux : Rome se tait, la troupe viole, pille, torture, fusille sans jugement ; le gouverneur fait pendre les dirigeants des associations catholiques ; les évêques les privent des sacrements et ordonnent aux curés de campagne de rejoindre la ville.

Alors, c’est la révolte du peuple chrétien, d’abord dispersé, puis organisé grâce à la ligue nationale de défense de la liberté religieuse, et à sa branche militante estudiantine, l’association catholique de la jeunesse mexicaine, aidées par les brigades féminines Sainte Jeanne d’Arc. La ligue désigne un chef suprême, Luis Navaro Origel, dit Général Gutierrez ; et prend dans ses rangs le général Enrique Gorostiera Velarde…franc-maçon converti, qui sut remarquablement inculquer l’art militaire à ces paysans devenus les Cristeros pour l’honneur de Dieu. Tant et si bien que malgré les massacres perpétués par les troupes fédérales – marchant au cri de « Viva el Demonio », drapeau noir aux tibias entrecroisés en tête, plusieurs régions parviennent à être libérées.

Le combat va durer trois ans, avec de nombreux martyrs, tués de façon ignominieuse, alors que les Cristeros luttent pour leur Foi :
« Nous ne cherchons ni honneurs, ni avantages, ni places, ni argent ; nous travaillons pour le Christ et c’est pour lui que nous lutterons jusqu’à la victoire, ou la mort. Peu importe que nous succombions, il faut qu’il y ait des martyrs ; peu importe que nous mourrions avant la victoire, il faut que le sang des chrétiens lave le Mexique de ses énormes taches. Rappelez-vous que nous ne
sommes pas des bandits, mais les défenseurs de l’Église et de la Patrie ; ne déshonorez pas la cause que nous défendons » (général Ochoa). Les victimes furent sans nombre : hommes certes, mais aussi jeunes femmes et enfants, tous assassinés
sauvagement.

Or, que fait l’Épiscopat pendant ce temps : après avoir ordonné à ses prêtres de ne pas assister la Christiada, il s’est réfugié aux Etats-Unis, et renseigne – à trois exceptions près – le Vatican de façon erronée, si bien que Pie XI, pourtant très favorable et plein de compassion pour les Cristeros, dont il reconnaît le martyre, au point de souhaiter procéder lui-même à des canonisations (encyclique In quis afflictisque du 18.09.1926) accepte la « négociation » entre le gouvernement et Monseigneur Ruiz Y Flores, Président du Comité Épiscopal mexicain, sous l’égide d’un franc-maçon, protestant et d’un jésuite américain progressiste ; le
Saint-Père mettait cependant trois conditions, qui ne furent même pas écoutées par le Président, qui obligea son interlocuteur à signer le protocole préparé par lui, sans même le lire.

Ce furent les fameux « Arregles » du 21 juin 1929 : outre la tête de trois évêques « résistants », obtenue sans difficulté, le culte était rétabli en accord avec les lois de la Révolution…faisant que la lutte des Cristeros n’avait servi à RIEN.
Ces Arregles, en désarmant totalement la Christiada, permirent aux Fédéraux de torturer, de tuer et dans les cas les plus bénins de déporter des milliers de Catholiques, livrés sans la moindre défense aux révolutionnaires. Si bien que l’amnistie supputée, la restitution des maisons et biens religieux espérée, la liberté de l’enseignement religieux et du culte ne furent qu’un leurre gigantesque cautionné par un prélat : en 1935, il n’y avait plus que trois cent cinq prêtres autorisés par tout le Mexique ; tous les chefs des Cristeros avaient été massacrés, comme les prêtres qui avaient aidé les combattants ; toutes les organisations
catholiques avaient été dissoutes sur ordre (imposé) de l’Épiscopat.

Quant à la longue litanie des morts, torturés, violés, il faudra attendre Jean-Paul II et Benoît XVI pour que leur martyre soit officiellement reconnu.
Alors pourquoi tant de haine ?
C’est la haine de Dieu – c’est le « non serviam » habituel. C’est le culte des droits de l’homme sans Dieu.
Les moyens sont ceux qui, de Néron à Poutine, ont toujours servi : l’asservissement par des lois iniques, appuyées par la torture, le viol, le meurtre, la déportation massive.
Nos armes sont…ridicules aux yeux des hommes : la prière, la pénitence, la pratique des sacrements, le martyre.
Mais elles restent les seules armes réellement efficaces, devant Dieu.