Les fondamentaux de l’éducation

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« Il grandissait en âge, en sagesse et en grâce »

Les fondamentaux de l’éducation que nous allons méditer, sont le fruit de l’expérience d’un père de famille nombreuse, ancien cadre d’entreprise puis directeur d’un établissement scolaire de l’enseignement supérieur, qui, après son veuvage, est devenu prêtre et consacre une grande partie de son ministère à la pastorale des familles et aux questions relatives à l’éducation.
Pour les parents et éducateurs chrétiens, le seul modèle d’éducateur, c’est Dieu lui même. L’Écriture sainte nous le montre éduquant lui-même le peuple juif tout au long de son histoire.
Cela commence après la sortie d’Égypte, quand Moïse sur le Sinaï reçoit les tables de la Loi. À plusieurs reprises, Moïse s’adressera au peuple juif en lui disant :  » Vous observerez les commandements de votre Dieu, tels que je vous les donne ; si vous les observez, si vous les mettez en pratique, ils vous donneront une réputation de sagesse et d’intelligence chez tous les
peuples qui entendront parler de ces lois.
« 
Quand Dieu se fait homme en la personne du Christ , Il proclame dans le sermon sur la montagne : » Ne croyez pas que je sois venu défaire la Loi et les Prophètes , je suis venu pour amener la Loi à l’état parfait.« 

I. APPRENDRE LA VIE EN SOCIETE

L’exemple divin nous montre bien que le premier acte éducatif consiste à obtenir de l’enfant qu’il obéisse à ses parents. L’obéissance n’est pas la soumission d’un esclave mais l’apprentissage d’un acte de libre arbitre dont la fin est le bien de celui qui obéit.
Dieu a donné à l’enfant ce libre arbitre, pour qu’il puisse répondre librement à son amour. À cette fin, Il l’a pourvu d’un poste de pilotage, équipé de l’intelligence pour discerner, et de la volonté pour s’engager dans une voie et s’en interdire une autre. Mais ce poste de pilotage, il faut que l’enfant apprenne à s’en servir, pour conduire sa vie terrestre et parvenir au bonheur éternel. Il y a donc un apprentissage qui commence dès l’entrée de l’enfant dans la vie familiale, sous l’autorité aimante des parents, premiers éducateurs.
Bien avant d’avoir l’âge de raison, l’enfant est déjà un être social, par nature et par nécessité. Dans les premières années de la vie de l’enfant, les parents n’ont pas à justifier les règles qu’ils imposent, et encore moins à se justifier eux-mêmes dans l’exercice de l’autorité. Il sera temps, quand l’âge de raison sera venu, d’expliquer les raisons de ces règles, pour que l’enfant puisse progressivement se les réapproprier.
Cette socialisation de l’enfant, fondée sur l’obéissance aux parents, implique le respect inconditionnel de toutes les personnes que l’enfant aura l’occasion de rencontrer dès les premières années de sa vie. Il faudra aussi lui apprendre à participer au bien-être commun par la pratique du service au sein de la famille. Ce travail éducatif devra soigneusement être exécuté par les parents, avant que l’enfant soit parvenu à l’âge de raison. Par la suite, il fera l’objet de  » piqûres de rappel « , notamment au moment de l’adolescence. Cependant, le travail sera facilité par l’acquis de bonnes habitudes.
L’acteur privilégié de cette socialisation de l’enfant est le père. La mère est souvent une bonne inspiratrice de la loi familiale, mais c’est le père qui est chargé de l’édicter et de la faire respecter : toute transgression de la loi familiale implique une sanction. La maman doit se garder d’affaiblir la nécessaire autorité paternelle, ce qui ne l’empêche pas de plaider les circonstances atténuantes et, selon le repentir de l’intéressé, de demander au père une remise de peine !
La complicité père – mère est indispensable pour cette éducation de l’enfant à la vie en société (d’où l’importance de la communication dans le couple dont nous avons parlé).

II. FORTIFIER SA PERSONNALITE

Pour se préparer à devenir un adulte autonome, l’enfant a besoin de fortifier sa personnalité pour pouvoir résister à l’intimidation et à la manipulation. C’est à partir de l’âge de raison que doit se faire le plus gros de cette phase éducative de façon que l’enfant aborde avec de solides atouts la première étape de l’adolescence. Comme dit saint Paul dans l’épître aux
Romains :  » Nous avons des capacités différentes selon le don que nous avons reçu « . Le Christ Lui-même nous dit que chacun doit développer ses talents. Tout enfant a des limites mais aussi des talents à développer. Il est nécessaire que l’enfant soit encouragé et stimulé, aidé à découvrir son potentiel pour qu’il puisse, en développant ses points forts, acquérir une bonne grosse confiance en lui.
La confiance en soi n’est pas de la prétention, elle dérive au fond de la confiance en ce Dieu amour qui, en chacun d’entre nous, ne peut avoir créé qu’un petit chef-d’œuvre en puissance. Il ne faut donc jamais comparer son enfant à qui que ce soit et lui apprendre à ne jamais se comparer lui-même avec les autres.
Dans le monde actuel, être influençable est très dangereux. Avoir une solide estime de soi est indispensable pour conduire sa vie en gardant le cap que l’on s’est fixé.

Le deuxième objectif de cette phase éducative est de donner à l’enfant une capacité à affronter l’inconnu sans crainte. Comme dit le Christ à ses apôtres :  » Courage, j’ai vaincu le monde « . Il est indispensable d’apprendre à l’enfant à ne pas vivre dans l’émotionnel, à envisager l’avenir comme une source d’opportunités et non pas seulement de périls, à se servir de sa raison pour minimiser les dangers et optimiser ses chances.

Le troisième objectif découle des deux précédents, c’est la progression de l’enfant dans l’autonomie, la prise de décision, et l’apprentissage de la responsabilité personnelle. N’oublions pas que, chez les Juifs, l’examen de majorité responsable se passait à l’âge de douze ans. Jésus s’y est soumis.

À l’adolescent, il faudra rappeler que l’autonomie, ce n’est pas de faire ce qu’on veut, mais ce qu’on doit, comme on veut …. à l’exception de ce qui reste interdit par les parents ! Dans ce deuxième acte éducatif, qui consiste à fortifier la personnalité de l’enfant, le père est l’acteur éducatif privilégié, car il rassure davantage que la mère, ses encouragements et compliments pèsent plus lourd, et l’autonomie qu’il confère l’inquiète moins que son épouse !

III. TRANSMETTRE LE SENS DE LA VIE

Reste le troisième domaine de l’éducation, celui de la transmission du sens de la vie. On ne se situe plus dans la conduite d’une action, il s’agit plutôt de donner un appétit, un goût pour ce qui est bon pour la personne.
Pas d’acteur privilégié : Père et mère, chacun à sa manière, cherchent à donner un exemple, prient ensemble pour demander la Grâce pour leur progéniture. C’est la vie du Christ qui leur donne les réponses dont leurs enfants ont besoin. En travaillant pendant dix-huit ans de ses mains à Nazareth, Jésus témoigne de la valeur spirituelle du travail manuel. Par sa Passion et par sa Croix, Il affirme la grandeur de l’Amour qui va jusqu’au don de sa vie pour ses frères humains, ainsi que sa totale obéissance au Père.
Le Christ était soumis à ses parents, Il faisait la Volonté de son Père ; Il affirmait être venu pour servir et non être servi, et Il ajoutait :  » Tout ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait « .
Prions pour que nos enfants se mettent à l’école de ce bon maître et confions au Seigneur tous les parents de bonne volonté, qui désirent de tout leur cœur armer leurs enfants pour la vie terrestre en vue du Bonheur éternel.