Les pèlerins d’Emmaüs

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Nous devons alors être prêts à partager la Bonne Nouvelle, à répandre l’Évangile, à évangéliser.


« Notre cœur était tout brûlant au-dedans de nous, tandis qu’Il nous parlait en chemin »

(Lc 24, 13-35)

Laissons tout d’abord notre bien-aimé pape Jean-Paul II nous retracer le récit de cette rencontre : « Jésus en personne s’approcha, et Il faisait route avec eux » (Lc 24, 15). Jésus prend l’apparence d’un voyageur en s’approchant des deux disciples qui se dirigent vers le village d’Emmaüs. Il leur explique le sens des Écritures, puis, une fois parvenu à destination, Il rompt le pain avec eux, précisément comme Il l’avait fait avec les Apôtres, le soir avant sa mort sur la Croix. A ce moment, les yeux des disciples s’ouvrent et le reconnaissent.

L’expérience pascale d’Emmaüs se renouvelle sans cesse dans l’Église.

Comme les pèlerins d’Emmaüs, nous cheminons dans notre pèlerinage et notre vie avec nos doutes, nos tristesses, nos déceptions, nos souffrances et même parfois nos désespoirs. « La crainte luttait en eux avec l’espérance et dans le doute ils oscillaient entre l’un et l’autre ».

Il importe de remarquer les dispositions intérieures des deux disciples qui sont les conditions nécessaires pour la rencontre avec le Christ ressuscité :

  • « Ces deux hommes sont pénétrés surtout d’une ferveur extraordinaire à l’égard de Jésus », ils ne pensent qu’à Lui, ne parlent que de Lui… La disposition principale pour mériter d’être accompagné par Jésus sur la route du pèlerinage de notre vie, c’est de L’aimer.
  • La seconde condition est de garder l’ouverture du cœur qui est la première condition de la docilité. Si le cœur est fermé, l’esprit ne sera pas éclairé. Si les deux disciples n’étaient pas ces hommes « au cœur noble et bon », Jésus leur accorderait-il cette grâce de les rejoindre comme Il fait, et de leur livrer un si bel enseignement ?

Avec cet état d’âme, Saint Augustin et Pascal ont entendu Dieu leur dire : « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé. »

Avec ces prédispositions, alors le Christ réalise sur le chemin d’Emmaüs ce qu’Il nous propose à chaque Messe : sa Parole et son Eucharistie.

Le cardinal Francis Arinze nous dit : « La Sainte Eucharistie occupe une place centrale dans la vie de l’Église ». Le Concile Vatican II dit qu’elle est « la source et le sommet de toute la vie chrétienne » (Lumen Gentium, n. 11).

La célébration de l’Eucharistie, ou la Messe, nous nourrit aux deux tables, celle de la Parole de Dieu, et celle du Corps et du Sang du Christ. Pendant la première partie de la Messe, nous sommes nourris par la Parole de Dieu en écoutant les lectures, le psaume, l’Évangile, et l’homélie. Si nous prenons bien part à cette écoute de la Parole de Dieu, nos cœurs doivent brûler en dedans de nous comme les disciples en firent l’expérience sur le chemin d’Emmaüs (Lc 24, 32). Comme eux, nous devons alors être prêts à partager la Bonne Nouvelle, à répandre l’Évangile, à évangéliser.

C’est aussi ce que firent les trois Mages, après avoir été conduits par l’étoile vers l’Enfant Jésus. Et quand nous sommes nourris à la table du Corps et du Sang du Christ, nous sommes remplis d’énergie pour aller et porter du fruit, un fruit qui demeure (Jn 15, 16).

Puis notre pape Benoît XVI (2 février 2007) : « Pas à pas, la lumière s’allume et le chrétien peut comprendre ce que le Seigneur a dit aux disciples d’Emmaüs, en leur expliquant que tous les prophètes avaient parlé de Lui. Le Seigneur nous ouvre la dernière relecture, le Christ est la clef de tout et ce n’est qu’en s’unissant sur le chemin aux disciples d’Emmaüs, ce n’est qu’en marchant avec le Christ, en relisant tout dans sa lumière, avec Lui qui est crucifié et ressuscité, que nous entrons dans la richesse et dans la beauté de l’Écriture Sainte. »

Commentant cet épisode évangélique, saint Augustin observe: « Jésus partage le pain, ils Le reconnaissent. Alors, ne disons plus que nous ne connaissons pas le Christ ! Si nous croyons, nous Le connaissons! Mieux encore, si nous croyons, nous L’avons! Ils avaient le Christ à leur table, nous L’avons dans notre âme! ». Et il conclut: « Avoir le Christ dans son cœur représente beaucoup plus que l’avoir dans sa propre demeure: en effet, notre cœur est plus proche de nous-mêmes que notre maison » (Discours 232, VII, 7).

Cherchons vraiment à porter Jésus dans notre cœur.

Méditons la conclusion de notre pape Benoît XVI avec les derniers mots de « Sacramentum Caritatis » :
« Par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, que l’Esprit Saint allume en nous la même ardeur dont les disciples d’Emmaüs firent l’expérience et qu’Il renouvelle dans notre vie l’émerveillement eucharistique pour la splendeur et la beauté qui resplendissent dans le rite liturgique, signe efficace de la beauté infinie elle-même du saint mystère de Dieu.
Ces disciples se levèrent et retournèrent en hâte à Jérusalem pour partager leur joie avec leurs frères et leurs sœurs dans la Foi. En effet, la vraie joie est de reconnaître que le Seigneur demeure parmi nous, compagnon fidèle de notre chemin. L’Eucharistie nous fait découvrir que le Christ, mort et ressuscité, se manifeste comme notre contemporain dans le mystère de l’Église, son Corps. Nous sommes rendus témoins de ce mystère d’amour.
Souhaitons-nous mutuellement d’aller pleins de joie et d’émerveillement vers l’Eucharistie, pour faire l’expérience de la vérité de la Parole par laquelle Jésus se sépara de ses disciples et pour l’annoncer aux autres: « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20). »