Les sacrements, instruments de la grâce

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C’est par les sacrements que toute vraie justice commence ou s’augmente, ou se répare si elle a été perdue.

Concile de Trente

Définition
Le Christ, notre Rédempteur, en tant que Chef mystique, fait couler sans cesse dans les membres de son corps, les forces de grâces de la vie surnaturelle.
Avec la prière, que Notre Seigneur a proclamée nécessaire et efficace, et dont Il nous a donné dans le Pater, le sublime modèle, les sacrements sont nos moyens d’obtenir la grâce et de maintenir notre union à Dieu. Depuis les premières années de catéchismes, on retient, et les circonstances de la vie le rappellent, qu’il y en a sept, imposés par le Concile de Trente, comme article de foi : le Baptême, la Confirmation, la Pénitence, l’Eucharistie, l’Extrême-Onction, l’Ordre et le Mariage.
Ils sont, tout à la fois, des signes et des sources de la grâce : ils la représentent et la produisent.

Outils pour le salut
De même que des pas, sur le sable ou sur la neige, décèlent le passage d’un être vivant, et que certains signaux commandent à une foule tels mouvements ou attitudes ainsi, l’eau, le pain, le vin, l’huile, qui sont en soi peu de choses, vont unis à des formules et à des gestes, exprimer de sublimes réalités.
« La parole, dit saint Augustin, s’ajoute à l’élément, et le sacrement existe. » Maître de ses présents et de la manière de les accorder, Dieu aurait pu nous octroyer la grâce sans le secours d’aucun intermédiaire. Mais tenant compte de notre nature matérielle et spirituelle, sa bonté associe notre corps et notre âme au grand œuvre de notre sanctification.

« C’est une loi établie par tous les mystères du christianisme, dit Bossuet, qu’en passant à l’intelligence, ils se doivent premièrement présenter aux sens, et il l’a fallu en cette sorte pour honorer celui qui, étant invisible par sa nature, a voulu paraître, pour l’amour de nous sous une forme sensible ».
Ainsi Notre Seigneur nous révèle encore son amour quand il adapte à notre tempérament, à nos inclinations, à nos besoins, la réception de l’admirable « don de Dieu » qu’est la grâce.

Dernière communion de Sainte-Marie d’Egypte

Leur action spirituelle dans les âmes
Comment des éléments matériels produisent-ils une action spirituelle aussi profonde ?
N’est-ce pas étonnant ? Non.
Le ciseau du sculpteur et le pinceau du peintre ne font-ils pas apparaître, dans le marbre ou sur la toile, des chefs-d’œuvre, par le génie de l’artiste ? A plus forte raison, la toute-puissance de Dieu, qui, du néant, créa l’univers et l’homme, sait opérer les merveilles de la grâce par des moyens inattendus.
« Sept choses, enseigne le Catéchisme du Concile de Trente, sont nécessaires à l’homme pour vivre, conserver la vie et l’employer utilement. Il faut qu’il naisse, croisse, se nourrisse, qu’il se guérisse par des remèdes s’il tombe malade, qu’il répare ses forces quand elles s’affaiblissent, qu’il ait autour de lui des magistrats investis de l’autorité nécessaire à procurer le bien public, et enfin, qu’il perpétue le genre humain par la génération légitime des enfants. Or ces sept choses s’appliquent facilement à la vie spirituelle, qui consiste dans l’union de nos âmes avec Dieu, et expliquent la raison du nombre des sept sacrements. »

Les Sacrements sont faits pour l’homme…
+ Il nous faut naître à la grâce en purifiant notre âme de la tache originelle. L’ablution du Baptême symbolisera cette purification, en même temps que le sacrement nous infusera la vie nouvelle du chrétien. Il nous faut croître et nous fortifier spirituellement.
+ L’huile, qui assouplit et endurcit les membres des athlètes, signifiera l’énergie morale que nous transmettra le sacrement de Confirmation, afin que nous devenions soldats du Christ.
+ Pour entretenir constamment notre vie surnaturelle, « le Pain vivant » sera, par la merveille de l’Eucharistie, notre puissante nourriture.
+ Nous devons nous repentir de nos fautes, mais nous désirons savoir qu’elles sont pardonnées. Un jugement, prononcé sur elles, dans le sacrement de Pénitence, nous rassurera ; l’absolution effacera nos péchés ; elle nous restituera la santé morale et la grâce dont ils nous dépouillèrent.
+ Il nous faut des guides et des soutiens de notre foi et de notre piété, des dispensateurs du secours divin. Les saintes onctions, les paroles décisives du sacrement de l’Ordre marqueront les élus, chargés de cet office sacerdotal et de la majesté du culte investis de la paternité des âmes.
+ Pour perpétuer la race et stabiliser la famille, voici le contrat sacré du sacrement de
Mariage, qui sanctifie et consolide l’union des époux
, qui garantit l’éducation saine et religieuse des enfants.
+ Enfin, à l’heure de paraître devant Dieu, le sacrement de l’Extrême-Onction tranquillise et réconforte l’âme, et il élimine les restes des fautes pardonnées.

Le Saint-Esprit descend sur les Apôtres

… gages de l’amour infini de Dieu pour eux.
Notre Seigneur est SEUL l’auteur de la justification et des sacrements, fruits de ses mérites. Ce dogme qui nous vient de l’Evangile, des origines du christianisme et de la tradition, a été défini par le concile de Trente et Saint Pie X l’a confirmé solennellement à l’encontre de l’hérésie moderniste. Avec quelle véhémence Saint Paul réprimandait ceux qui l’oubliaient : « Est-ce que Paul a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? Qu’est ce qu’Apollos ? Qu’est-ce que Paul ? Simplement les ministres de Celui en qui vous avez cru… Ne vous considérez donc que comme les ministres du Christ et
les dispensateurs des mystères de Dieu.
»

Les sacrements, vie de l’Eglise et des fidèles.
Mais il est clair que l’institution des sacrements par Notre Seigneur ne comporte pas les détails de leur constitution.
Le jour où Il a concédé à son Eglise de continuer sa mission jusqu’à la fin du monde, Il lui a aussi accordé de mettre au point les sacrements, dont il lui léguait le dépôt. Elle n’a certes la liberté, ni d’en changer l’essence, ni d’en accroître le nombre. Mais
elle a le droit et le devoir de régler ce qui favorise le respect, de fixer ou de modifier les rites, pour les rendre majestueux, attrayants, dignes d’attiser la piété.

Le saint Concile déclare : « Il convenait que les mystères sacrés soient célébrés et conférés avec des cérémonies religieuses, destinées à représenter la sainteté qu’ils exigent de ceux qui les administrent. Puis les effets de chaque sacrement sont figurés d’une manière plus expressive par des rites, qui les mettent comme sous les yeux, et qui impriment plus profondément, dans l’esprit des fidèles, l’idée de leur sainteté. »

Certaines dispositions de l’âme sont requises pour obtenir par les sacrements, la grâce sanctifiante. Les Sacrements ne sont pas des rites magiques. A une mystique italienne, Notre-Seigneur dit : « Tel je te trouve, tel Je me donne. »
Si tous produisent en nous la grâce, indépendamment des mérites du ministre et du sujet, hâtons-nous de préciser que l’action du sacrement est facilitée par les bonnes dispositions de l’âme, tandis que la tiédeur lui fait une atmosphère peu propice. Oui, notre ferveur ou notre indifférence influe sur notre sanctification. Le pénitent, dont le repentir est plus sincère, et le communiant, qui s’approche de la Sainte Table avec plus de piété, sont enrichis de grâces plus abondantes. Le concile de Trente encore une fois enseigne que chacun obtient la justice et la sainteté selon la mesure de ses dispositions et de sa coopération.
On ne trompe pas le Bon Dieu.

Il nous reste à conclure que nous devons hautement estimer les sacrements, les fréquenter souvent, et nous préparer à les bien recevoir. Ainsi nous témoignerons à Jésus notre gratitude d’un aussi grand bienfait. Considérons toujours plus leur rôle capital dans l’existence d’un vrai chrétien. Ils la règlent, ils la soutiennent, ils l’illuminent. Par l’usage des sacrements, nous manifestons, en effet, au dehors de notre adhésion à la foi au Christ. Un fidèle qui s’y empresse, témoigne qu’il croit à l’Incarnation et à la Rédemption, qui nous ont mérité pareille grâce, et il affirme sa docilité envers l’Eglise, qui nous ordonne,ou nous conseille des les recevoir. Par eux aussi, il s’efforce de rencontrer Dieu et de s’unir à Lui et d’étendre son règne.

« Mais prenons bien garde, Il ne peut régner efficacement autour de nous s’Il ne règne d’abord en nous ; Il ne peut être proposé au monde comme Roi, si nous ne sommes pas déjà ses fidèles sujets ; son royaume ne peut se répandre si nous n’en sommes pas de zélés et saints propagateurs.
Que chacun de nous réfléchisse s’il ne sacrifie pas un peu à l’humeur du siècle en Le détrônant sans cesse. Règne-t-Il vraiment en nous ? Notre âme, nos pensées sont-elles bien toutes imbibées de l’odeur du Christ ? Sommes-nous soumis à son autorité suprême ? Avonsnous dans nos mœurs tout restauré dans le Christ ? Avec nos prochains, agissons-nous comme le Christ le ferait ? Nos communions fréquentes sont-elles vraiment une union avec notre divin Roi ? Nos confessions sont-elles telles qu’elles touchent le cœur de Dieu ? Nos prières, plus des louanges et des remerciements que des retours sur soi-même ? Nos cœurs tout désireux d’être auprès du sien et de brûler d’amour ? Tout court, je vous dirai : le Christ, avant d’être le Roi de l’univers, de l’Église, du monde, est-il bien le vôtre ? […] Notre devoir est donc de porter le plus possible d’âmes auprès de notre Roi dans le bercail de son Église. C’est le baptême, en nous introduisant dans l’Église du Christ, qui nous communique cette richesse d’être des membres du Corps du Christ. Nous devons -chrétiens !- avoir haute estime de cette grande dignité, nous devons brûler de zèle pour en faire bénéficier le plus grand nombre, et étendre ainsi le royaume de notre Roi.
(Mgr Gilles
Wach, sermon pour la fête du Christ Roi 2009) »

Conclusion
Puissants moyens de salut, gratuitement à notre disposition, mais moyens seulement, les Sacrements doivent être mis en œuvre par nous afin de « rendre cent pour un » selon le mot de saint Marc. Pratiquer est nécessaire, mais à la condition de bien pratiquer. Les Sacrements doivent se recevoir pieusement et de façon réfléchie. Il convient de combattre durement ici tout esprit
de routine.
Il ne faut pas imaginer obtenir aussitôt, par eux, sans préparation, sans effort d’amélioration morale, des consolations surnaturelles ici-bas et, plus tard, l’éternelle béatitude. Il serait trop commode d’avoir une garantie de salut au rabais. La sainteté du Sauveur n’est point descendue à ces petitesses. Celui qui chassait les vendeurs du Temple peut-il admettre les combinaisons d’un maquignonnage spirituel ?

Que doit-on donc chercher dans les Sacrements ?
La force d’éclairer et d’amender l’âme, pour mieux croire, obéir plus docilement, aimer et servir Dieu « de tout son cœur ».
Car, leur premier but est de nous procurer, avant la grâce de bien mourir, celle de bien vivre.
La sève divine de la grâce monte dans les branches que sont les âmes des fidèles. Ainsi resplendissent la gloire et les bienfaits de la Rédemption.


INSTITUT DU CHRIST ROI SOUVERAIN PRÊTRE