Mais qu’est-ce que cela veut dire : la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ ?

Partager sur print
Partager sur email
Partager sur facebook
Partager sur twitter
logo-ndc-bleu-512px

L’hérésie majeure du XIXième siècle, c’est le rejt de la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ

Par le RP Jean-Marie, Supérieur de la Fraternité de la Transfiguration

« Ce déchaînement de malheurs a envahi l’univers, parce que la plupart des hommes ont banni Jésus-Christ et sa foi très sainte de leurs coutumes et de leur vie particulière, comme de la société familiale et de l’État… » (Pie XI « Quas Primas »).

Bien Chers Amis,

Monseigneur Lefebvre n’hésitait pas à déclarer, au siècle dernier, l’hérésie majeure du XXe siècle, c’est le rejet de la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ. N’était-ce pas une position exagérée de la part du fondateur d’Écône et de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X ? Absolument pas !

Aux premiers siècles de l’Église, l’empereur romain qui savait fort bien que toute autorité venait de la divinité, n’hésitait pas à proposer aux premiers chrétiens : « Nous sommes prêts à accepter Jésus-Christ, mais en échange, acceptez les dieux de l’Empire ». Et les premiers chrétiens répondaient fièrement : « Non possumus (nous ne pouvons pas) car il n’y a qu’un seul vrai Dieu : Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et par conséquent les personnes, les familles, les sociétés, doivent reconnaître sa divinité et lui être soumises ».

C’est tout le sens de la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ que le pape Pie XI a voulu rappeler par son encyclique « Quas Primas » du 11 décembre 1925.

Le cœur du problème est là, dans la dépendance, ou non, dans la soumission, ou non, de tous à l’égard de la loi très sainte du Dieu fait homme. Évidemment, je ne parle pas d’une tyrannie comme nous la voyons actuellement, basée sur des lois élaborées dans les loges maçonniques ou dans les cercles mondialistes. Non, je parle de la loi évangélique exprimée par les Béatitudes.

Alors peut-être me diriez-vous, qu’à notre XXIe siècle décadent, la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ ne plaît pas et provoque le rejet de cette vérité, dite d’une autre époque, par la quasi unanimité d’une opinion démocratique anesthésiée et ignorante.

  • Cela ne plaît pas aux ennemis de Dieu et de l’Église qui haïssent Notre Seigneur. Cette attitude a été magnifiquement exprimée par ces paroles de l’hymne des Vêpres du Christ-Roi, (paroles supprimées d’ailleurs par la réforme post-conciliaire) : « Schelesta turba clamitat : regnare christum nolumus» (Une foule criminelle s’écrie : nous ne voulons pas que le Christ règne).
  • Cela ne plaît pas au français moyen formé par les livres d’histoire « Malet et Isaac ». Pour ces personnes la France a commencé en 89 (1789).
  • Cela ne plaît pas aux catholiques libéraux, ces utopistes, comme les appelle saint Pie X dans sa lettre de condamnation du Sillon (que je vous invite vivement à lire et à étudier).
  • Cela ne plaît pas enfin à la très grande majorité du clergé actuel car cela implique qu’il n’y ait de véritable paix que par Jésus-Christ (et non l’ONU) comme le rappelle le pape Pie XI dans son encyclique « Ubi Arcano Dei» : « Le jour où les États et les gouvernements se feront un devoir sacré de se régler, dans leur vie politique, au-dedans et au dehors, sur les enseignements et les préceptes de Jésus-Christ, alors, mais alors seulement, ils jouiront à l’intérieur d’une paix profitable, entretiendront des rapports de mutuelle confiance, et résoudront pacifiquement les conflits qui pourraient surgir ».

Mais qu’est-ce que cela veut dire : la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ ?

Le Verbe, deuxième Personne de la Trinité, est Créateur et Maître de toute chose, de tout l’univers, de toutes les créatures. Il est donc Roi par droit de nature. Aussi tout Lui est soumis et, à sa façon, doit lui rendre un culte.

Mais Notre-Seigneur, le Verbe incarné, par sa mort sur la croix, sa Rédemption, a acquis le salut de tous les hommes. Ce qui veut dire que tous les hommes ont la possibilité de se sauver, même si tous ne se sauvent pas. Aussi, par la Rédemption, Jésus est devenu Roi par droit de conquête. Et par conséquent tous les hommes, individuellement et socialement (familles, corporations, cités, États) doivent rendre un culte public à l’unique vrai Dieu.

C’est à ces deux titres que nous devons reconnaître la Royauté sociale de Notre-Seigneur.

Aussi vouloir la paix de l’ordre chrétien c’est déjà accepter et vivre cette Royauté, comme l’explique Pie XI dans « Quas Primas » qu’il nous faut étudier pour en réaliser ses recommandations individuelles et sociales.

D’un point de vue très pratique

  • N’oublions pas chaque jour d’élever notre première pensée volontaire vers Dieu, dès le réveil ;
  • N’oublions pas la prière en famille chaque jour ;
  • Soyons attentifs au motif de nos choix terrestres : ne pas déplaire au monde ou chercher en toute chose la volonté de Notre-Seigneur ;
  • Face au choix de vie, pour les jeunes, la priorité est-elle donnée, si tel est le cas, à la vocation religieuse… ou sacerdotale, ou est-elle éliminée de ma réflexion ?…

Autant d’applications pratiques que chacun doit trouver et réaliser.

Hors de cela, il n’y aura que désordre, de gauche comme de droite. Ne l’oublions pas dans quelques mois.

Alors courage, le ciel est au bout !

Révérend Père Jean-Marie, Supérieur de la Fraternité de la Transfiguration (1)

Source : La Simandre de Janvier 2022

(1) La Fraternité de la Transfiguration est issue du cœur d’un saint prêtre venu de l’orthodoxie, Mgr Vladimir Ghika, prince moldave, converti à l’Eglise catholique romaine à 30 ans et ordonné prêtre à 50 ans à Paris. En 1927, Mgr Ghika fonda à Auberive le premier embryon d’une communauté marquée par la présence de l’Apôtre st Jean, témoin du Cœur de Jésus, le souci de l’unité chrétienne, le Thabor et la sainte Eucharistie, sacrement de l’unité par excellence. La petite communauté ne put atteindre sa fin. Après une vie toute de labeur apostolique et charitable, Mgr Ghika mourut, martyr de la foi et de l’unité, le 17 mai 1954, dans les prisons communistes roumaines.