Pélé de Chartres : la chasuble pour la messe avait servi pour le sacre d’Henri IV !

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Famille Chrétienne – Camille Lecuit – 9 juin 2022

Lors de la messe de clôture du pèlerinage de Chartres 2022, le célébrant était revêtu d’une chasuble très symbolique de l’histoire de France. Elle était peut-être utilisée pour la dernière fois…

 

Ce détail aura échappé à bien des pèlerins le jour J. Mais rétrospectivement, il ajoute encore un peu de mythe à la messe qui fut célébrée le 5 juin en grande pompe dans la cathédrale de Chartres, pour la clôture du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté 2022. Au-delà des bannières, de la liturgie solennelle, des chants polyphoniques ou du majestueux édifice, la chasuble dont le prêtre célébrant l’office était revêtu constituait elle-même tout un symbole. Elle n’était autre que celle qui aurait servi pour le sacre du roi de France Henri IV. C’est l’abbé Andrzej Komorowski, supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP), qui a eu l’honneur de la porter.

Un vêtement exceptionnel bordé au fil d’or et d’argent

« Ce vêtement est d’une valeur exceptionnelle, et je voulais qu’il puisse servir pour ce rassemblement très important avec 15 000 pèlerins », confie Davit Davoyan, le sacristain de la cathédrale. Il a ainsi proposé la précieuse chasuble à Notre-Dame de Chrétienté, sachant que ce pèlerinage est l’un des rares événements d’Eglise incluant une messe en forme extraordinaire, nécessitant encore l’usage de ce type de vêtements liturgiques. Sans compter que l’association fêtait cette année ses 40 ans, une occasion de plus pour déployer les plus beaux apparats. « Je savais que les prêtres et les pèlerins seraient heureux de découvrir cette belle chasuble », se réjouit l’homme attaché à ce précieux objet de Notre-Dame de Chartres où il est conservé depuis les années 1970.

Cette chasuble n’a pas été confectionnée avec n’importe quels matériaux ! Cousue dans du velours, elle comporte des broderies de soie vertes, bleues ou rouges mêlées de fils d’or et d’argent. Sans compter les franges en fil d’or ornant le contour du vêtement. Le col est quant à lui relevé par de la dentelle de coton. Certaines de ces matières nobles étaient souvent utilisées pour les vêtements liturgiques, notamment la soie. Malgré tout, le motif décorant celui-ci laisse deviner qu’il s’agit d’une pièce importante. On y voit le monogramme de la reine Anne d’Autriche, deux A inversés surmontés d’une couronne. Ce qui peut étonner, car Anne d’Autriche était l’épouse du fils d’Henri IV et de Marie de Médicis, Louis XIII, et leur mariage a eu lieu en 1615… soit 21 ans après le sacre d’Henri IV.

Comment expliquer cette forme d’anachronisme ? Certes la tradition retient que lors du sacre d’Henri IV dans la cathédrale de Chartres le 27 février 1594, l’évêque Nicolas Thou portait cette chasuble. En réalité, ce vêtement aurait été conçu après cet événement, « et peut être daté du début du 17ème siècle », justement grâce au monogramme d’Anne d’Autriche représenté, précise la plateforme dédiée au patrimoine du Ministère de la Culture.