Prise de fonctions de l’Abbé de Massia comme Aumônier général de Notre-Dame de Chrétienté

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Nous sommes pécheurs, marcheurs de Dieu, passionné du Christ. Les gens qui nous voient passer nous prennent parfois pour des fous, mais il est une folie qui est Sagesse de Dieu, et nous voudrions la communiquer.

Abbé de Massia
Extrait du discours de l’Abbé de Massia lors de sa prise officielle de fonctions d’Aumônier général de Notre-Dame de Chrétienté

 

Je relisais cet après-midi sur le site de NDC le texte de Rémi Fontaine, mononcle, « Aux sources du pèlerinage » qui m’a permis d’ailleurs de bien comprendre quel était le rôle de l’aumônier général – et ses limites, selon la saine distinction du temporel et du spirituel, du laïc et du clerc…


Dans votre conclusion, cher Rémi, vous exprimiez ce qui fait la force de notre pèlerinage, et écriviez : « notre force, c’est que nous formons une amitié au service d’un bien commun qui nous dépasse ». L’amitié est forgée sur l’amour commun, partagé, d’un même bien ; et ce bien que nous aimons, et qui fait que nous sommes tous ici amis au sens le plus noble du terme, c’est bien sur le pèlerinage, mais plus encore, ce bien c’est le Christ.

Le pèlerinage est né dans un contexte de crise, d’oubli du Christ. Et l’intuition des fondateurs fut qu’il fallait recréer une chrétienté, c’est-à-dire une réalité temporelle dans laquelle le message de l’Église et du Christ s’incarne concrètement, et continue à retentir fièrement et clairement. Et si nous aimons tant notre pèlerinage, cette forêt de bannières et de croix, nos chants, les flèches de Chartres et jusqu’à la pluie et l’orage qui accompagnent notre route certaines années, c’est parce depuis 40 ans, à son humble niveau, le pèlerinage a permis, par les méditations, la prière, la beauté de la liturgie traditionnelle, la joie pénitentielle de la marche, il a permis à des milliers de pèlerins d’entendre le Christ, de voir, de toucher le Christ, puisque c’est à cela que sert une chrétienté : rendre le Christ tangible dans le monde, irriguer le temporel par l’éternel, selon le mot de Gustave Thibon.


Ainsi, notre attachement au pèlerinage, comme à la messe traditionnelle, est passionnel. Il est de l’ordre du cœur, même s’il est fondé sur des raisons sérieuses ; il s’appuie sur cette attraction du Christ que chaque pèlerin depuis Péguy a un jour ressenti sur la colonne progressante, et qui l’a poussé à se confesser, à se convertir, et de retour à la maison à rayonner, et à batailler pour que le Christ soit aimé et pour qu’il règne.
Et cet amour commun, cette commune attraction pour le Christ et pour son règne, elle est la source de l’amitié qui nous unit autour du pèlerinage, elle est notre force dans les tempêtes actuelles, elle fait fi de toutes les divergences et désaccords que le démon tenterait d’installer entre nous.


Nous sommes pécheurs, marcheurs de Dieu, passionné du Christ. Les gens qui nous voient passer nous prennent parfois pour des fous, mais il est une folie qui est Sagesse de Dieu, et nous voudrions la communiquer. Alors oui, il faut que Chrétienté continue, il faut que le pèlerinage de Chrétienté continue, c’est le vœu, légitime, que nous présentons ce soir à Notre Dame de la Sainte Espérance.

 

Abbé de Massia