Qui êtes aux cieux

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Dieu est présent partout, en tout lieu et sa substance pourtant n’est pas divisée. Dieu est présent partout mais n’est contenu dans aucun lieu. Pourquoi disons-nous donc : Notre Père qui êtes aux cieux ?

 » Pour élever nos cœurs vers le ciel, où Dieu se manifeste dans la gloire à ses enfants  » : nous répond le catéchisme de saint Pie X. Le ciel vers lequel nous nous tournons pour parler à Dieu, représente donc la partie noble du monde, la demeure incorruptible où Dieu a son séjour. Loin de limiter Dieu dans un espace défini, cette attitude Lui rend honneur ; Le place dans un lieu qui, à l’inverse de notre terre, ne connaît pas la corruption et les limites du temps et de l’espace.

Nous utilisons donc le mot ciel par opposition à notre terre et nous l’utilisons avec nostalgie. Nostalgie car ce paradis éternel, nous l’avons perdu par notre péché. Nous qui étions faits pour vivre dans la compagnie du Père, sommes maintenant en exil sur la terre. Alors, penser que le Père est au Ciel élève notre âme et nous prépare à la contemplation et à la prière.

Penser que le Père est au ciel, c’est d’abord, comme le préconise la règle de Saint Benoît, « en tout lieu tenir pour être certain que Dieu nous voit », être persuadé que Dieu nous considère du haut du ciel continuellement, et qu’en tout lieu, nos actions se passent sous les yeux de la divinité.

Quelle garde et quel réconfort ! Garde car comment pouvons-nous offenser Celui qui nous aime au point d’avoir permis que son Fils meure sur une croix quand nous savons que nous sommes sous son regard ? Et réconfort de savoir que Celui qui est l’amour veille sur nous. Comment désespérer puisque Dieu ne nous oublie pas et qu’Il jette perpétuellement sur nous son regard miséricordieux ? .

Penser que le Père est au ciel, c’est aussi aspirer nous aussi aux choses célestes. Si le péché nous a exilé du paradis terrestre, nous
savons aussi que le Christ est venu réconcilier le ciel et la terre. Comme les saints, nous pouvons devenir la demeure de Dieu. Saint Jean nous rapporte en effet ces paroles de notre Seigneur Jésus Christ : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui et nous ferons chez lui notre demeure. » Voilà qui devrait nous donner le vertige : Le Christ nous dit à nous que nous sommes appelés à devenir le ciel, la demeure de Dieu. Quand nous récitons Notre Père qui êtes aux cieux, nous devons avoir à l’esprit que ce ciel, nous sommes appelés à en faire partie. Alors nous devons nous tourner résolument vers les choses célestes. Nous ne pouvons pas dire : qui êtes aux cieux, sans prendre la résolution de chercher Dieu.

Et on ne peut chercher Dieu que là où Il est, c’est-à-dire dans le silence. Silence extérieur d’abord. Sur le mont Horeb, Elie rencontre Dieu non pas dans le vent violent, non pas dans le tremblement de terre ni dans le feu, mais dans un murmure doux et léger. Avant la Pentecôte, Dieu impose aux disciples la retraite du cénacle. Saint Paul passe trois ans dans le désert d’Arabie avant d’aller annoncer l’évangile. St Benoît se retire dans la grotte de Subiaco et St Ignace dans celle de Manrèse. Et notre Seigneur Lui-même s’est retiré quarante jours dans le désert avant sa vie publique.

Se tourner vers les choses célestes, comme nous y invitent les premiers mots du Notre Père, implique donc de rechercher le silence. Reste alors à se taire intérieurement, à se recueillir. Se taire intérieurement nous explique Dom Bellorgey c’est mourir à soi pour vivre en Dieu. Le silence est l’aide que nous prêtons à Dieu pour qu’Il se communique à nous.

Pensons dorénavant à plus pratiquer ce silence intérieur, qui nous fortifie en nous rapprochant de Dieu. C’est ce que nous demanderons en récitant les prochains « Notre Père ».