Renaître dans l’Eglise par l’Esprit Saint. Dimanche de la Pentecôte.

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Venez Esprit Saint, remplissez le cœur de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.


Mes biens chers frères,

La fête de la Pentecôte que l’Eglise nous donne de célébrer aujourd’hui est celle d’un événement majeur dans l’histoire de la Sainte Eglise Catholique dont nous sommes les fils ; elle est celle de l’envoi, sur les apôtres et sur ceux rassemblés avec eux, au commencement de l’Eglise, du St Esprit promis par Jésus avant qu’il ne les quitta. Il est avantageux pour vous que je parte, car si je ne pars pas, l’Intercesseur ne viendra pas vers vous ; mais si je m’en vais, je l’enverrai vers vous. Je suis venu, disait encore Notre Seigneur, allumer le feu sur la terre sur la terre. Et par l’envoi du St Esprit, c’est bien réellement ce qui va se produire ; nous
le voyons de nos yeux ce prodigieux changement
disait St Jean Chrysostome ; ces disciples qui auparavant étaient si timides et craintifs, ayant reçus dans la suite le St Esprit, se jetaient au milieu des périls, des épées, des bêtes féroces et s’exposaient à toutes sortes de supplices ; des gens sans littérature ni étude, des hommes du commun peuple parlaient avec tant de constance et de fermeté qu’ils étonnaient leurs auditeurs. En effet, de boue qu’ils étaient auparavant, le St Esprit les rendit de feu, en fit des aigles et ne permit pas que rien d’humain fut capable de les renverser. Telle est la grâce du St Esprit ; telle est sa force et son efficacité. Si dans un cœur elle trouve de la tristesse, si elle y trouve de mauvais désirs, elle les consume et les éteint. Elle bannit la pusillanimité et ne souffre pas que nous ayons désormais la moindre crainte, mais elle nous élève jusqu ‘au ciel en rendant toutes les choses célestes présentes à nos regards.

A bien y regarder, la situation à l’aube de notre troisième millénaire n’est pas tant meilleure que celle du temps des apôtres. Après des siècles de chrétienté qui ont bâti notre Europe, nous sommes, il faut le reconnaître dans un temps d’apostasie quasi générale ; les anciennes structures politiques qui reconnaissaient la Royauté de Jésus-Christ sont aujourd’hui bannies ; les lois sont désormais données sans aucune référence à la loi de Dieu et très souvent même sont des lois absolument contraires aux dix commandements ; les églises se vident et les âmes se meuvent dans un univers matérialiste qui transforment les enfants de
Dieu en pure unité de consommation dans une société où l’argent et le plaisir sont devenus la valeur absolue du bonheur. Et si par hasard, parce que notre cœur a été fait pour Dieu, l’homme aspire tout de même vers quelque chose de plus élevé, il faut reconnaître que l’éducation religieuse dispensée dans les dernières décades de cette grande crise de l’Eglise, ne lui permet pas bien souvent de trouver les repères nécessaires à approcher cette vérité que pourtant il désire.

Alors que faut-il faire ? Il n ‘est pas l’heure de gémir, disait le Pape Pie XII, mais d’agir. Ce même Esprit que Jésus avait promis à ses apôtres et qui leurs a donné, au prix de bien des sacrifices il est vrai, de faire tomber les anciennes idoles et de convertir le monde entier à Dieu, ce même Esprit nous est encore promis aujourd’hui dans et par l’Eglise. Il nous est donné tout d’abord par les sacrements dont l’Eglise est la gardienne ; par le Baptême, nous devenons enfants de Dieu et la Sainte Trinité toute entière vient faire de notre âme sa demeure ; nous sommes alors, pour autant que nous gardions cet état d’amitié avec Dieu par une vie
fidèle à ses commandements, nous sommes alors véritablement des temples du St Esprit qui font de nous en quelques sortes de véritables îlots de résistance dans notre monde où l’esprit qui règne n’est pas celui de Jésus.

Et c’est pourquoi il nous faut cultiver cette grâce baptismale qui est la vie même de la Trinité dans notre âme ; la cultiver par une vie spirituelle sérieuse et la réception fréquente des sacrements, en particulier le sacrement de pénitence, surtout si nous avions le malheur de perdre cette amitié avec Dieu, et la sainte Communion qui nous donne de recevoir réellement, chaque semaine ou même chaque jour, Jésus avec son Corps, son Sang, son Ame et sa Divinité. Et puis il faut nous souvenir également que nous avons reçu pour la plupart le sacrement de Confirmation ; ce sacrement qui fait de nous, plus que des chrétiens ordinaires, de véritables soldats du Christ prêts à témoigner envers et contre tout du Dieu vivant qui seul peut donner le vrai bonheur. Cet état d’amitié avec Dieu, cette présence du St Esprit dans nos âmes, il nous faut enfin l’entretenir par une prière constante ; non qu’il faille nécessairement réciter des prières particulières à chaque instant, mais d’une manière plus générale, que notre manière de vivre soit sans cesse une louange pour Dieu tant par le bien que nous faisons que le rappel que nous garderons sans cesse en nous de sa présence dans nos âmes.

Alors, en cette fête de la Pentecôte, redemandons aujourd’hui dans nos prières au St Esprit qu’il nous donne de participer à une nouvelle Pentecôte, à cette nouvelle évangélisation si nécessaire que le Pape appelle de ses vœux depuis déjà tant d’années. Attachons-nous toujours d’avantage à notre Mère l’Eglise Catholique, cette unique Eglise du Christ qui seule peut nous donner de recevoir le St Esprit promis par Jésus. Lorsqu ‘on vous livrera, disait Jésus à ses disciples, ne vous préoccupez ni de la manière dont vous parlerez, ni de ce que vous aurez à dire : ce que vous aurez à dire vous sera donné à l’heure même. Car ce n ‘est pas
vous qui parlerez, c ‘est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous.
Forts des promesses de Dieu qui lui ne ment pas, gardons dans notre cœur cette espérance surnaturelle des apôtres au temps de la Pentecôte. Et tournons-nous enfin, en marche d’une de ses cathédrales à l’autre, vers la très Sainte Vierge Marie. Elle est l’épouse du St Esprit et elle a été remplie de ce même Esprit le jour de l’Annonciation ; demandons-lui de nous rendre à son exemple chaque jour plus docile aux inspirations du St Esprit afin de pouvoir dire avec elle notre fiat à la volonté divine ; qu’elle nous obtienne en particulier de recevoir en abondance parmi les 7 dons du St Esprit, celui de force, si nécessaire dans l’oeuvre qui nous est demandée.