VIDÉOFORMATION NDC N°11: QUELLE EST LA FINALITÉ DE L’EXISTENCE DE L’HOMME?

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Entretien avec le Père Basile, 
de l’abbaye Sainte Madeleine du Barroux

L’adoration et l’amour, finalité de l’existence de l’homme

Introduction. Pourquoi et pour quoi l’homme existe t-il ?

Réponse : Dieu est parfaitement heureux et n’a besoin de personne. C’est par pure libéralité qu’Il a créé l’homme, pour lui faire partager un jour son propre bonheur divin. Pour cela, il faut que l’homme adore Dieu, puis aime Dieu et son prochain.

1 : L’adoration

Et pourquoi adorer et servir Dieu?

Dieu est digne de louange et d’adoration. D’où le premier commandement :
« […] « Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras … Vous n’irez pas à la suite d’autres dieux » (Dt 6,13-14). Le premier

appel et la juste exigence de Dieu est que l’homme l’accueille et l’adore » (CEC 2084).

Mais alors, qu’est-ce qu’adorer Dieu ?

« […] Adorer Dieu, c’est le reconnaître comme Dieu, comme le Créateur et le Sauveur, le Seigneur et le Maître de tout ce qui existe, l’Amour infini et miséricordieux » (CEC 2096).

« L’adoration est la première attitude de l’homme qui se reconnaît créature devant son Créateur. Elle exalte la grandeur du Seigneur qui nous a faits (cf. Ps 95,1-6) et la toute-puissance du Sauveur qui nous libère du mal. […] L’adoration du Dieu trois fois saint et souverainement aimable confond d’humilité et donne assurance à nos supplications » (CEC 2628).

Chacun ne peut-il pas se contenter d’adorer Dieu dans l’intime de son cœur ?

L’adoration de Dieu se pratique intérieurement, mais aussi extérieurement, par les gestes de la liturgie. Cette attitude extérieure n’est pas réservée à l’Ancien Testament ; le Nouveau Testament la confirme : « « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et c’est à lui seul que tu rendras un culte » (Lc 4,8) dit Jésus, citant le Deutéronome (Dt 6,13) » (CEC 2096).

Mais adorer Dieu, n’est-ce pas dire que l’homme n’est rien ?

L’adoration de Dieu implique de remettre l’homme à sa place. « Adorer Dieu, c’est, dans le respect et la soumission absolue reconnaître le « néant de la créature » qui n’est que par Dieu. Adorer Dieu, c’est comme Marie, dans le Magnificat, le louer, l’exalter et s’humilier soi-même, en confessant avec gratitude qu’Il a fait de grandes choses et que saint est son nom (cf. Lc 1,46-49) » (CEC 2097). Pourtant, l’adoration de Dieu n’est pas une dépréciation de l’homme, mais conduit au contraire à révéler à ce dernier sa réelle dignité :

« L’adoration du Dieu unique libère l’homme du repliement sur soi-même, de l’esclavage du péché et de l’idolâtrie du monde » (CEC 2097).

L’adoration de Dieu dans la liturgie est-il le tout de la vie chrétienne ?

« Ce n’est pas en me disant: “Seigneur, Seigneur”, qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux », dit Jésus (Mt 7,21 ; cf. Lc 6,46). Adorer « Dieu en esprit et en vérité » (cf. Jn 4, 23-24), c’est aussi le servir, donc accomplir la volonté de Dieu, ce qui présuppose de connaître cette volonté, et donc de connaître Dieu (cf. Col 1, 9-10).page1image1741485632

Notre Dame de Chrétienté www.nd-chretiente.com Vidéoformation 2014page1image1741437600

2 : L’amour de Dieu

Et comment doit-on aimer Dieu ? Peut-on aimer Dieu autant qu’il est aimable ?

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit ; voilà le plus grand et le premier

commandement. » (Mt 22,37-38 ; cf. Mc 12,30 et Lc 10,27).

Non : seul Dieu aime Dieu autant qu’il est aimable, c’est-à-dire infiniment. Mais nous pouvons et devons tendre à l’aimer autant qu’il est possible ici-bas.

Connaître Dieu et l’aimer n’est-il pas contraire à l’épanouissement de la liberté ?

« […] Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera » (Jn 8,32).

« Le désir de Dieu est inscrit dans le coeur de l’homme, car l’homme est créé par Dieu et pour Dieu ; et Dieu ne cesse d’attirer l’homme vers Lui, et ce n’est qu’en Dieu que l’homme trouvera la vérité et le bonheur qu’il ne cesse de chercher : “L’aspect le plus sublime de la dignité humaine se trouve dans cette vocation de l’homme à communier avec Dieu. Cette invitation que Dieu adresse à l’homme de dialoguer avec lui commence avec l’existence humaine. Car si l’homme existe, c’est que Dieu l’a créé par amour et, par amour, ne cesse de lui donner l’être ; et l’homme ne vit pleinement selon la vérité que s’il reconnaît librement cet amour et s’abandonne à son Créateur” (Gaudium et spes, 19) » (CEC 27 ; cf. CEC 355 ; 1701 ; 1718]).

Dieu nous a aimés le premier. Il nous commande de l’aimer et d’aimer notre prochain comme nous-même. Cela présuppose de connaître Dieu et sa volonté. Tel est le suprême épanouissement de la liberté de l’homme.

Notre réponse à l’amour premier de Dieu est-elle nécessaire ?

« Quant à nous, aimons, puisque lui nous a aimés le premier » (I Jn 4,19).

« En ceci consiste l’amour: ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés. » (I Jn 4,10).

Quand aime-t-on Dieu ?

On aime Dieu quand on accomplit sa volonté. Pour aimer Dieu et notre prochain, il faut adorer Dieu et le servir dans les autres. Dieu a créé l’homme libre aussi l’homme garde pleinement et entièrement son libre arbitre dans son pouvoir de décider, de suivre ou non la loi de Dieu, ses enseignements. Cependant il n’existe pas d’autre chemin qui conduise au bonheur véritable en dehors de Dieu.

« Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements » (Jn 14,15). « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime; or celui qui m’aime sera aimé de mon Père; et je l’aimerai et je me manifesterai à lui. » (Jn 14,21) « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui » (Jn 14,23).

« L’homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu, notre Seigneur et, par ce moyen, sauver son âme. » (Saint Ignace de Loyola, Exercices spirituels, première semaine, principe et fondement).

Bibliographie – Pour aller plus loin :

BENOIT XVI, DIEU EST AMOUR : LETTRE ENCYCLIQUE « DEUS CARITAS EST » SUR L’AMOUR CHRETIEN / DU SOUVERAIN PONTIFE BENOIT XVI. – PARIS : TEQUI, 2006. – 71 P. ; 21 CM. ISBN 2-7403-1259-8

FRANÇOIS DE SALES (SAINT ; 1567-1622), TRAITE DE LAMOUR DE DIEU ; PREF. DE ANDRE RAVIER, S.J. – PARIS : MONASTERE DE LA VISITATION, 1984. – 560 P. ; 20 CM.

JOURNET CHARLES (1891-1975), ENTRETIENS SUR LA CHARITE ; [PREF. DU PERE GEORGES COTTIER, O.P.]. – SAINT- MAUR : PAROLE ET SILENCE, 1999. – 127 P. ; 21 CM. ISBN 2-911940-43-1

PHILIPPE JACQUESLA LIBERTE INTERIEURE : LA FORCE DE LA FOI, DE L’ESPERANCE ET DE L’AMOUR. – 4E ED. – NOUAN LE FUZELIER : ED. DES BEATITUDES, 2002. – 166 P. ; 18 CM. ISBN 2-8402-4184-6