VIDÉOFORMATION NDC N°21: COMMENT L’AMOUR DE DIEU SE MANIFESTE-T-IL ENVERS NOUS?

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Entretien avec l’Abbé Vincent Baumann, 
de l’Institut du Bon Pasteur

Comment l’amour de Dieu se manifeste envers nous ?

D’où vient l’expression « le bon Dieu » ?

Parmi toutes les qualités que l’on attribue à Dieu, la première, c’est la bonté. Dans la Genèse, nous découvrons que le premier couple lorsqu’il désobéit à Dieu en mangeant du fruit immédiatement est obligé de se cacher de Dieu. Et lorsque Dieu cherche à entrer en contact avec sa créature : « Adam où es-tu ? » Que répond notre premier père : « J’ai eu peur, alors je me suis caché. » Voilà, une des conséquences les plus désastreuses du péché originel, cette peur qui tétanise l’être humain devant son Dieu, qui pourtant n’est que bonté.

Que l’on songe à toutes ces religions que l’homme s’est forgé au fil des millénaires : la religion aztèque, la religion maya, romaine, grecque et j’en passe. Dans toutes ces religions, le ou les dieux sont au mieux indifférents à l’être humain, au pire malveillants à l’égard de l’homme. Par tout un travail de pédagogie au fil des millénaires, Dieu va réapprendre à l’homme combien il était le bon Dieu c’est-à-dire qu’Il l’apprivoise à nouveau. Dieu s’est servi de sa Révélation surnaturelle qui a été communiquée pour partie au peuple d’Israël et dans sa plénitude aux chrétiens dans le nouveau testament. Ce sont les chrétiens qui ont inventé le terme « bon Dieu ». Les théologiens appellent la bonté de Dieu l’un des attributs fondamentaux de Dieu.

Quel est le premier acte d’amour de Dieu envers nous?

Dans la Révélation, Dieu n’apparaît pas seulement bon en lui-même mais Il se montre encore amoureux de ses créatures. D’ordinaire, quand on aime un être, celui-ci préexiste à son amour. On aime quelqu’un parce qu’il a telle ou telle qualité antérieure à la perception que l’on en a.
L’amour de Dieu envers ses créatures procède autrement. Il leur préexiste.

Tout amour exige une extase, une sortie de soi et est-il une sortie de soi plus éminente que précisément la Création. Dieu qui n’était nécessité par rien, dans une totale gratuité se donne à l’extérieur de lui-même, se communique, communique sa bonté, à des choses qu’Il tire du néant. C’est l’acte le plus fondamental d’amour de Dieu à l’extérieur de Lui-même, à l’égard de toute la Création. Dans un deuxième acte avec une intensité d’amour encore plus grande, Dieu a voulu dans une libéralité absolue doter les anges et les hommes d’une capacité de connaître qui est l’intelligence et d’une capacité d’aimer dans une âme, une âme qu’on appelle spirituelle. Il a ainsi rendu l’homme et l’ange capables de rendre amour pour amour.

Faut-il interpréter la liberté laissée à l’homme comme une preuve d’amour ?

Le libre arbitre, cette fameuse liberté totale laissée à la créature angélique comme à la créature humaine par Dieu, est évidemment une preuve, un signe de sa délicatesse à son égard. C’est lui faire ressembler à l’homme ou à l’ange davantage à Dieu que toute autre créature. Pourquoi ? Parce que Dieu est souverainement libre. S’Il permet donc à l’homme d’être libre, c’est qu’Il le fait entrer dans une image, dans une ressemblance à Lui qui est encore plus éminente.

En laissant l’homme libre, Dieu a pris un risque, c’est certain. Il a pris un risque mesuré car enfin Il connaît par avance tout ce qui se passe jusqu’à la fin des temps mais un risque tout de même.
Un seul motif permet d’expliquer cela : la folie de l’amour infini de Dieu. Le Cardinal Journet a cette très belle phrase: « le libre amour qu’une pauvre créature peut lui donner est si précieux à Dieu qu’il triomphe en lui de toute hésitation (à créer des êtres libres) ».

Pourquoi Dieu ne rachète pas immédiatement Adam et Eve de cette faute commise ?

La Tradition a trouvé plusieurs motifs, dont deux principaux :

  1. D’abord, ce délai était nécessaire parce que l’homme est un être progressif qui requiert du temps pour comprendre les choses : il fallait que Dieu puisse préparer progressivement son intelligence à recevoir le salut de manière si déroutante (Dieu fait homme).
  2. Ensuite, Dieu voulait faire sentir à l’être humain la gravité de sa faute et le besoin dans lequel il se trouvait de se confier en Lui son Créateur et Sauveur (« au cours du temps passé, (Dieu) a d’abord convaincu notre nature de son impuissance à obtenir la vie » Lettre à Diognète, 190-200 de notre ère). En un mot, il fallait que l’homme éprouve sa misère afin que la miséricorde divine puisse porter tout son fruit.

Pourquoi Dieu a-t-il opté pour l’Incarnation comme moyen de salut, alors qu’il aurait pu nous sauver de bien d’autres manières ?

St Thomas d’Aquin explique la convenance de l’incarnation comme « une souveraine démonstration de l’intensité de l’amour que Dieu porte aux hommes » (De rationibus fidei, ch. 5).

En quoi l’incarnation prouve-t-elle que Dieu aime profondément l’homme ?

L’amour tend à l’union entre celui qui aime et celui qui est aimé. Y- a t-il une union plus étroite entre Dieu et sa créature que dans la personne de Son fils unique Jésus-Christ, Celui-ci étant pleinement Dieu et pleinement homme. Et puis par toute sa vie terrestre, par le fait qu’Il ait affronté la faim, l’incompréhension, la fatigue, la soif et le deuil de ses amis, et puis souverainement sur la croix, Jésus a pu montrer encore de manière encore plus tangible l’amour infini que Dieu nous porte. Qu’on songe à cette phrase qui ouvre dans l’Evangile de St Jean le récit de la Cène, et plus largement de toute la Passion : « Jésus (…) ayant aimé les siens qui était dans le monde, les aima jusqu’au bout ».

Comment Dieu manifeste-t-il son amour tous les jours pour nous ?

Dieu le fait de différentes manières : par les enseignements contenus dans l’Ecriture Sainte, par la beauté de la Création qui nous entoure, par les évènements de notre vie où l’on peut discerner tant de bénédictions de sa part.

Mais c’est incontestablement dans les sacrements que son amour se fait le mieux sentir.
Le Christ voulut que tout homme puisse expérimenter un tel amour, et pas seulement ceux qui eurent la chance de vivre dans son entourage il y a 2000 ans. Aussi institua-t-il les sacrements, qui sont comme un prolongement de sa personne à travers les siècles. Quelle idée géniale !
Puisque, des 5 sens, le toucher est celui par lequel l’amour s’exprime le mieux, il convenait que Jésus mette en place les sacrements qui sont comme des touchers du Christ, manifestant mieux que la parole combien il nous aime.

Ainsi, chaque être humain qui le veut peut reprendre les mots de St Jean au début de sa 1ère épitre :

« Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux (…) ce que nos mains ont touché du Verbe de vie (…) nous en témoignons (…) pour que notre joie soit complète ».
Le saint Curé d’Ars, disais également :
« Si seulement nous savions un peu ce que sont les sacrements, nous en mourrions d’amour ».


Bibliographie – Pour aller plus loin :

  • –  « Le mystère de la Rédemption » – Cardinal Charles Journet – (Cahier de l’Association « Abbé de Lesseins », Abbaye Notre-Dame de Triors, BP 1, 26750 Chatillon-Saint-Jean).-
  • –  « Le mystère du Christ » – RP Louis Marie de Blignières – Editions DMM