VIDÉOFORMATION NDC N°22: QUELLES SONT LES PROMESSES DU SACRÉ COEUR DE JÉSUS?

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Entretien avec l’Abbé Vincent Baumann, 
de l’Institut du Bon Pasteur

Comment l’amour du Sacré Cœur se manifeste envers nous ?

D’où l’expression Sacré-Cœur de Jésus tire t’elle son origine?

Le seul à évoquer explicitement le cœur de Jésus, il n’emploie pas encore le terme de Sacré-Cœur, c’est bien sûr l’apôtre Saint-Jean, le disciple bien-aimé, qui a mis le soir de la Cène la tête sur le cœur de son maître et qui était au pied de la croix lors des derniers instants de notre Seigneur.
Il relate l’événement du coup de lance du soldat romain qui vient percer le flanc et le Cœur de Jésus d’où s’écoulent du sang et de l’eau. Saint Jean insiste et le dit à deux ou trois reprises : « Celui qui a vu rend témoignage il sait que son témoignage est véridique. » L’importance de ce qui pour lui est plus qu’un détail qui est fondamental et les théologiens des premiers siècles ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. St Irénée, par exemple, un des premiers Pères de l’Eglise (+ 202), discerne dans les gouttes d’eau et de sang jaillies du Cœur transpercé, la source d’eau vive dont naît l’Eglise, à la façon dont Eve fut tirée de la côte d’Adam.Mais ce n’est qu’en 1675 que Notre Seigneur, Lui-même apparaissant à une religieuse du couvent de la Visitation de Paray-le-Monial, Ste Marguerite-Marie Alacoque, a employé pour la première fois Lui-même, le terme de Sacré Cœur en désignant son Cœur, le cœur qui avait été décrit percé par Saint Jean. Le Cœur de Jésus lui est alors dévoilé surmonté d’une croix, auréolé de flammes (symbole d’amour et d’immortalité), et serti d’une couronne d’épines dont Jésus lui explique qu’elle figure l’ingratitude des hommes envers lui.

A partir de quand la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus s’est-elle développée ?

• Il faut attendre vraiment le Moyen-Age pour qu’un début de culte soit rendu au Sacré Cœur :
– Saint Pierre Damien (vers l’An Mil) invitait déjà à « entrer dans le Cœur de Jésus comme en un asile assuré (…), secours puissant contre les tentations, (recelant) les plus purs délices dans cette vallée de larmes »
– Quelques mystiques au XII°- XIV°s furent favorisés miraculeusement d’une configuration physique de leur propre cœur à celui de Jésus (appelée « transverbération »). Ils firent progresser le culte du Divin Cœur, le plus fameux d’entre eux étant St François d’Assise le stigmatisé.

Le culte du Sacré-Cœur de Jésus se développe véritablement aux XVI°, XVII° et XVIII°s, réponse de la Providence aux fléaux qui sévissaient alors en Europe, ruineux pour la vie spirituelle : • Au XVI°s, deux mouvements issus du christianisme faisaient rage en Europe :
– un courant de mystique abstraite qui entend accéder à Dieu en s’abstenant de toute représentation sensible, notamment de Son Fils sur la Croix.

– la Réforme protestante qui manifestait beaucoup de mépris pour la piété populaire pour une part du mystère de l’Incarnation et qui avait une vision du Salut très étriquée, pensant que seuls certains parmi les hommes étaient prédestinés.
Dans ce contexte, de grands saints (St Ignace de Loyola, Ste Thérèse d’Avila, St François de Sales) se levèrent pour corriger ces erreurs et rappeler les largesses de Dieu envers l’être humain, la nécessité de considérer physiquement Jésus dans la prière, et la légitimité des manifestations populaires de dévotion.

• Au XVII°s, un certain jansénisme répandait son poison.
Alors, Dieu suscita deux saints qu’on identifie comme les fondateurs par excellence du culte du Sacré-Cœur Saint Jean-Eudes, disciple des Cœurs de Jésus et de Marie, et Sainte Marguerite- Marie Alacoque, déjà citée et sur laquelle nous reviendrons.

C’est à cette dernière que Jésus adressa ces mots qui furent pour beaucoup dans le développement du culte du Sacré-Cœur : « voici ce que Cœur qui a tant aimé les hommes (…) jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour ». Jésus lui ordonna de promouvoir une vénération toute spéciale envers son Cœur sacré. Les efforts conjoints de St Jean-Eudes (prédicateur à la Cour) et de Ste Marguerite-Marie (porteuse des messages du Christ pour le roi) obtinrent de Louis XIV les premières célébrations publiques du culte du Sacré-Cœur.

• Au XVIII°s :
– La philosophie des Lumières réduit Dieu à un grand Architecte indifférent et invite l’homme à ne compter que sur ses propres forces pour se perfectionner, sans plus tenir compte de la nécessité de la grâce. En un mot, ce courant de pensée rejetait l’incarnation et rendait vain le sacrifice du Christ en Croix comme condition de salut.
– C’est alors Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, ou encore Saint Paul de la Croix, fondateur de la congrégation des Passionistes, qui répandirent le culte du Sacré-Cœur, en France et en Italie. Le magistère bénit enfin les initiatives séculaires des saints que nous venons d’évoquer :
Clément XIII, institue en 1765, à la demande de l’épouse de Louis XV Marie Lezinska, la fête du Sacré-Cœur dans tous les diocèses de France et le Bienheureux Pie IX étend la solennité du Sacré- Cœur à toute l’Eglise catholique romaine en 1856.

3. Que faut-il retenir des apparitions du Sacré-Cœur à Ste Marguerite-Marie ??

Une nouvelle fois dans l’histoire de l’humanité, Dieu procède de même avec sa créature, c’est-à-dire qu’Il instaure une alliance avec sa créature. Il exprime une volonté de mettre en situation de responsabilité sa créature.
Jésus énumère des promesses à Sainte Marguerite Marie Alacoque : je les comblerai de bénédictions spéciales (pour la prospérité de leurs entreprises, la paix de leurs foyers, et la persévérance finale à l’heure de la mort) en échange d’engagements que Marguerite Marie doit prendre au nom de l’humanité :

– Réparer les outrages qu’eux-mêmes ont provoqué ou que leurs congénères ont provoqué envers le divin cœur particulièrement.
– Honorer ce divin cœur d’une dévotion particulière : en se consacrant à Lui, en exposant Son image, en lui offrant la communion réparatrice de chaque premier vendredi du mois. Jésus insiste sur le prix que revêt à ses yeux une telle pratique : il affirme qu’elle est pour lui une authentique consolation.

Jésus ajoute dans une de ses apparitions à Ste Marguerite-Marie cette phrase consolante et redoutable à la fois : « je règnerai malgré mes ennemis et tous ceux qui voudront s’y opposer ».

Il y a là de quoi être sûr du succès final mais il y a en même temps dans cette exhortation de Jésus quelque chose de troublant, voir de redoutable parce qu’enfin Jésus rappelle, via Marguerite Marie, à ses ennemis qu’Il règnera quoi qu’il advienne. Le choix est donc très simple :
– Soit on se range sous la bannière du divin roi et de son Sacré Cœur qui n’est que bonté, qui n’est que miséricorde, quels que soient les péchés commis par le passé.
– Soit on refuse ce règne et alors on est livré à sa propre turpitude et l’on dépérit.

4. Le Cœur Sacré de Jésus est parfois associé au Cœur Immaculée de Marie, comment faut-il comprendre cela ?

Conformément à la prophétie de Saint Siméon au temple, le cœur de la Vierge Marie a été percé de glaives au moment exact où celui de son fils a été transpercé par la lance du soldat romain. On parle du mystère de la transfixion. Et parce qu’alors s’est établie une connexion très étroite entre le cœur immaculé de Marie et le cœur sacré de son fils, la Vierge Marie peut disposer de tous les biens acquis par le sacrifice du fils unique de Dieu sur la Croix (Il est d’ailleurs possible qu’un jour prochain le Magistère catholique reconnaisse à Marie le titre de co-rédemptrice). Dès le XVIIème siècle Saint Jean Eudes a lui même eu l’audace de dire que l’on pouvait parler du cœur uni de Jésus et Marie.


Bibliographie – Pour aller plus loin :

– La France & le Sacré Cœur – Victor Alet – Editions Pays et Terroirs.

– Le Sacré-Coeur de Jésus – Mgr Gaston de Ségur – Editions Saint Remi

– Vie de Ste Marguerite Marie – H.S. (prêtre) – Visitation Paray Le Monial

– Intronisation du Sacré Cœur dans les familles, le Sacré Cœur et la France, le Christ Roi promesses du Sacré Cœur aux familles – Action Familiale et Scolaire.