VIDÉOFORMATION NDC N°29: FAUT-IL CROIRE AUX MIRACLES? A QUOI SERVENT-ILS?

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Entretien avec le Père Jean-Denis Chalufour, 
de Notre Dame des Familles

Faut-il croire aux miracles ? A quoi servent-ils?

Comment est-il possible de définir ce qu’est un miracle?

Dieu, en créant l’univers, a créé par le fait même les lois qui le régissent. Un miracle, c’est un phénomène qui a lieu en dehors des lois de la nature, mais toujours conformément à la volonté de Dieu qui, en donnant ces lois en a prévu des exceptions.

Un miracle est-il toujours de source divine ? Est-ce toujours par la puissance de Dieu qu’il se réalise ?

C’est toujours par la puissance de Dieu qu’un vrai miracle se réalise car c’est pour le bien des créatures. Il est voulu par Dieu de manière immédiate ou médiate. Dieu peut aussi permettre au démon à réaliser des phénomènes extraordinaires, mais ce ne sont pas vraiment des miracles au sens strict.

Existe-t-il d’autres personnes que Jésus capables d’accomplir des miracles ?

Tous les miracles sont nécessairement voulus ou permis par Dieu. Quand Jésus réalise un miracle Il le fait de Lui-même (de manière immédiate), par Sa puissance divine, ou bien cela peut être un homme qui demande à Dieu de réaliser un miracle (de manière médiate). Les saints ont souvent demandé à Dieu des miracles et Dieu leur a donné le pouvoir de les réaliser. Quand des guérisons sont opérées par des saints, c’est quand même toujours Dieu qui agit par eux. Ils ne peuvent outrepasser les lois de la Création qu’avec une permission divine, par la volonté de Dieu.

Existe-t-il différents types de miracles ?

Oui, il y a d’abord des phénomènes que l’on peut prendre pour un miracle parce qu’on ne connaît pas bien les lois de la Création et on croit que c’est miraculeux. Les vrais miracles, ce sont ceux qui outrepassent vraiment les lois de la nature :
– accomplis sur les êtres matériels, par exemple Jésus qui apaise la tempête.

– accomplis sur les corps, par exemple les guérisons ou les résurrections.


Faut-il nécessairement avoir la foi ou produire un acte de foi pour que Jésus accomplisse un miracle ?

Jésus a toujours refusé de faire des miracles pour « amuser la galerie. » Par exemple, Hérode demande à Jésus de faire des miracles et Jésus s’est refusé à le faire.
Pour Jésus, il y a toujours un lien entre la foi et le miracle. Le miracle est :
– soit accordé en récompense de la foi.

– soit accordé à quelqu’un de bonne volonté qui n’a pas une foi suffisante, mais justement pour lui permettre de faire grandir sa foi.

Les miracles qui sont des signes, des manifestations de la puissance divine, sont-ils nécessaires pour notre foi ?

Il faut distinguer les miracles actuels et les miracles fondateurs, le grand miracle fondateur du christianisme c’est la résurrection du Christ. Par ses miracles, Jésus a prouvé la réalité de Sa condition divine. L’Eglise vit de ces miracles et en particulier du grand miracle de la résurrection.

A l’heure actuelle, nous avons tout ce qu’il nous faut pour croire :

– les Saintes Ecritures.
– le témoignage de l’Eglise.
– la vie des saints.
– la persistance de l’Eglise qui continue son chemin dont le nombre des membres grandit, comme celui des prêtres (sauf en Occident) malgré les persécutions.
Ça doit nous suffire. Il ne faut pas courir après les événements merveilleux.

Existe-t-il encore des miracles aujourd’hui ?

Oui, il y a sûrement encore des guérisons miraculeuses, par exemple à Lourdes, mais sûrement dans d’autres points du monde aussi. L’Église exige toujours pour béatifier un serviteur de Dieu et pour canoniser un bienheureux qu’un miracle soit réalisé après qu’on a prié ce saint. On doit demander une guérison par l’intercession de ce saint et, si cette guérison est accordée, l’Eglise considère que Dieu approuve ce dossier de béatification ou de canonisation.

Est-ce que seuls les miracles accomplis après la mort de quelqu’un sont reconnus par l’Église ?

Ce ne sont pas les seuls qui sont reconnus mais c’est ce sont les seuls qui comptent pour la béatification ou la canonisation. Mais quand la sainteté de quelqu’un lui semble évidente, le pape, en vertu de son pouvoir absolu, peut se passer de ce miracle parce qu’il pense que la cause est assez claire comme cela. Pour les martyrs, on pense que le martyre en lui-même est déjà un fait tellement exceptionnel qu’il n’y a pas besoin de miracle pour confirmer encore la sainteté du martyr.


Bibliographie – Pour aller plus loin :

  • –  Les 4 Evangiles.
  • –  Initiation à la théologie de saint Thomas d’Aquin, Raphaël Sineux, O.P., Téqui.