VIDÉOFORMATION NDC N°48: LA DÉVOTION MARIALE DES SAINTS (1ÈRE PARTIE)

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Entretien avec le Père Albéric, 
de l’Abbaye Sainte Madeleine du Barroux

La dévotion mariale chez les Saints (1/2).

Pourquoi la dévotion mariale est-elle importante pour les chrétiens ?

« Chrétien »/« Christ ». Le chrétien c’est celui qui appartient au Christ, qui veut aller au Christ. Or le Christ est venu au monde par la Sainte Vierge Marie. Donc le meilleur moyen pour aller au Christ est de passer par la Sainte Vierge Marie. D’où l’importance de la dévotion mariale.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673 – 1716), docteur marial par excellence

1. En quoi est-il un docteur marial ?

Dans ses écrits et sa prédication, il a formalisé une manière de vivre avec Marie, par Marie, en Marie, pour Marie, comme un chemin sûr pour aller au Christ.

  1. Quels sont ses principaux livres sur ce sujet ?
    • LeTraitédelaVraieDévotionàlaSainteVierge.(probablementvers1712).
    • Le secret de Marie. est comme un bref et fidèle résumé du Traité fait par l’auteur lui-même.Beaucoup plus court (78 § au lieu de 273 §) il est d’un style plus abordable pour les catholiques du XXIe siècle. C’est exactement la même doctrine qui est présentée dans les 2œuvres avec le même ordre dans la présentation.
  2. Comment caractériser sa théologie mariale ?
    Elle s’articule autour de 3 pôles :

• Marie, lieu et signe de l’Incarnation.
« C’est par la Très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et c’est aussi par elle qu’Il doit régner dans le monde. » Traité. §1.

• La Rédemption par la Croix.
« Marie, étant la mère des vivants, donne à tous ses enfants des morceaux de l’Arbre de vie, qui est la croix de Jésus, mais c’est qu’en leur taillant de bonnes croix, elle leur donne la grâce de les porter patiemment et même joyeusement ; en sorte que les croix qu’elle donne à ceux qui lui appartiennent sont plutôt des confitures ou des croix confites que des croix amères ; ou, s’ils en sentent pour un temps l’amertume du calice qu’il faut boire nécessairement pour être ami de Dieu, la consolation et la joie, que cette bonne Mère fait succéder à la tristesse, les animent infiniment à porter des croix encore plus lourdes et plus amères. » Le secret de Marie, §22.

• Le rôle du SaintEsprit
« Le Saint-Esprit, par l’entremise de la Sainte Vierge, dont Il veut bien se servir, quoiqu’il n’en ait pas absolument besoin, réduit à l’acte sa fécondité, en produisant en elle et par elle Jésus-Christ et ses membres. Mystère de grâce inconnu même aux plus savants et spirituels d’entre les chrétiens. » Traité §21.

Un maître de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort : Saint Bernard de Clairvaux (1090 – 1153)?

1. Comment peut-on dire que Saint Bernard est un des maîtres de Saint Louis-Marie ?

Il est très présent dans les œuvres de Montfort (il y est nommé au moins 6 fois et y est cité beaucoup plus souvent encore. Le dernier auteur cité, si l’on excepte les livres bibliques, en finale du Traité, est précisément Saint Bernard « Haec maxima mea fiducia ; haec tota ratio spei meae. Elle est ma très grande sécurité, elle est toute la raison de mon espérance. »

La vox populi a fait le rapprochement entre les 2 grands saints en plaçant sur la tombe de Saint Louis-Marie cette épitaphe : « Nullus Bernardo similior – nul plus que lui n’a égalé saint Bernard ».

2. Pourriez-vous citer une des caractéristiques de la dévotion mariale de St Bernard ?

Saint Bernard est un bénédictin, il a vécu selon la Règle de Saint Benoît. Et chez le disciple de Saint Benoît, on retrouve un trait commun avec la Sainte Vierge : un cœur qui écoute.

Saint Bernard est formé à Cîteaux par Saint Etienne Harding, un fervent de la Bible, à la grande école de la lectio divina : scruter le mystère de notre Salut, en lisant la Sainte-Ecriture avec l’attention du cœur.

« Ecoute mon fils… » sont les premiers mots de la règle bénédictine. Tout au long du Prologue, on peut faire un parallèle avec l’évangile de l’Annonciation.

La Sainte Vierge Marie donne son adhésion totale et absolue à la Parole de Dieu « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre Parole » (Luc 1,38).

Un disciple de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort : Le Pape Jean-Paul II (1920 – 2005).

1. Comment peut-on dire que Saint Jean-Paul II est un disciple de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort ?

« Il y eut une période où je remis en cause dans une certaine mesure mon culte pour Marie, considérant que, développé excessivement, il finirait par compromettre la suprématie du culte dû au Christ. C’est alors [1940] que le livre de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort intitulé “Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge” fut pour moi une aide précieuse. J’y trouvai la réponse à mes doutes. Oui, Marie nous rapproche du Christ, nous conduit à Lui, à condition que l’on vive son mystère dans le Christ. Le traité de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort peut déconcerter par un style un peu emphatique et baroque, mais la substance des vérités théologiques qu’il contient est incontestable. Cet auteur est un théologien de classe. » Jean-Paul II, Ma vocation, Don et Mystère, 1996.

2. Quel est le rapport entre sa devise « Totus Tuus » et la Sainte Vierge ?
« L’expression vient de saint Louis-Marie Grignion de Montfort. C’est l’abréviation de la forme la plus complète de la consécration à la Mère de Dieu. » Jean-Paul II, Ma vocation, Don et Mystère, 1996.

Ces paroles se trouvent à la fin du Traité, quand le saint invite le fidèle à vivre la communion eucharistique avec Marie et en Marie : « Vous renouvellerez votre consécration en disant : Totus Tuus ego sum et omnia mea Tua sunt. Je suis tout à vous ma chère Maîtresse, avec tout ce que j’ai. Vous supplierez cette bonne Mère de vous prêter son cœur, pour y recevoir son Fils dans ces mêmes dispositions. […] Vous lui demanderez son cœur par ces tendres paroles : Accipio Te in mea omnia. Præbe mihi cor Tuum, Maria. » Je vous prends pour tout mon bien. Donnez-moi votre cœur, ô Marie ” (VD §266).


Bibliographie – Pour aller plus loin :

– « Dieu seul est ma tendresse », René Laurentin, La vie et l’expérience spirituelle de L.M. Grignion de Montfort, suivie de la nouvelle édition critique du Secret de Marie., éd. F-X de Guibert, 1996.
– « Saint Bernard et Notre-Dame », Bernard Martelet, Mediapaul, 1985.
– « Les Miracles de Marie dans la vie de Jean-Paul II », Wincenty Laszewski, éd. des Béatitudes, 2009.