VIDÉOFORMATION NDC N°49: LA DÉVOTION MARIALE DES SAINTS (2ÈME PARTIE)

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Entretien avec le Père Albéric, 
de l’Abbaye Sainte Madeleine du Barroux

La dévotion mariale chez les Saints (2/2). 

Qu’est-ce que la consécration à Marie ?

« Cette consécration à la très Sainte Vierge et à Jésus Christ par ses mains n’est autre chose qu’une parfaite rénovation des vœux ou promesses du baptême » Saint Louis-Marie, Vraie dévotion, §120 & 162.

Saint Maximilien Kolbe (1894 – 1941) et l’Immaculée.

Quelles différences y a-t-il entre Montfort et Kolbe ?

« Il y a une profonde unité entre la doctrine de saint Louis-Marie Grignion de Montfort et celle du Père Kolbe, car ils sont tous deux totalement livrés à Marie et tous deux n’ont qu’un seul désir : lui être agréable et la regarder le plus possible, sachant que plus on regarde Marie, plus on est regardé par le Christ ; et que plus Marie est présente dans notre vie, reçue au plus intime de notre cœur […], plus Jésus lui-même est là ». Père Marie-Dominique Philippe, OP, L’Étoile du matin, p. 205-206.

« Le don de Montfort et de Kolbe était bien le même : total et radical par Marie, la différence tient à ce que Kolbe l’a exprimé en métaphysicien, et Grignion de Montfort en prédicateur populaire. Montfort est délibérément existentiel ; et Kolbe, ontologique. » Abbé René Laurentin, Dieu seul est ma tendresse, p. 143.

Qu’est-ce qui a marqué saint Maximilien Kolbe dans le message de Lourdes ?

« Elle ne dit pas dans l’apparition de Lourdes : “Je suis conçue immaculée”, mais “Immaculée Conception”. Par là se précise non seulement le fait de la conception immaculée, mais aussi le mode par lequel ce privilège est sien. Ce n’est donc pas quelque chose d’accidentel, mais cela appartient à sa nature. Elle est, elle-même, Conception Immaculée. » Extrait du dernier écrit du Père Kolbe (qu’on peut considérer comme son testament), le jour de son arrestation le 17 février 1941.

Pour Kolbe, quel est le rapport entre la Sainte Vierge Marie et le Saint-Esprit ?

« Le Saint-Esprit est dans l’Immaculée, à la manière, pourrait-on dire, dont la deuxième personne de la Sainte Trinité, le Verbe, est en son humanité. Cependant, avec cette différence : en Jésus, il y a deux natures, divine et humaine, mais une seule personne qui est Dieu. Mais la nature et la personne de l’Immaculée sont différentes de la nature et de la personne de l’Esprit Saint. Et cette union est si inexprimable mais si parfaite que le Saint-Esprit agit uniquement par l’Immaculée, son épouse… En honorant l’Immaculé, nous adorons d’une façon particulière le Saint-Esprit. » Lettre du 28 juillet 1935.

À travers cette parole « Je suis l’Immaculée Conception », que peut-on découvrir du Saint- Esprit ?

« Il est le fruit de l’Amour du Père et du Fils. Le fruit de l’amour créé est une conception créée. Mais le fruit de l’Amour, prototype de cet amour créé, est nécessairement lui-même conception. L’Esprit est donc la Conception incrééeéternelle, le prototype de toutes les conceptions de la vie dans l’univers. Le Père engendre, le Fils est l’Engendré, l’Esprit est la Conception jaillissante, et c’est là leur vie personnelle, par laquelle ils se distinguent entre eux. Mais ils sont unis par la même nature, l’existence divine. L’Esprit est donc cette Conception très sainte, infiniment sainte, immaculée. » Texte du 17 février 1941.

Les 2 plus grands saints des temps modernes et la Vierge Marie:
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (1873 – 1897)

Quel est l’évènement qui a marqué la dévotion mariale de Sainte Thérèse ?
La piété mariale de sainte Thérèse a été profondément marquée par le sourire de la Sainte Vierge dont elle bénéficia le 13 mai 1883, en la fête de la Pentecôte. Un sourire qui la « pénétra jusqu’au fond de l’âme » et qui la guérit immédiatement de la maladie étrange dont elle souffrait depuis le 25 mars, jour de Pâques : « Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n’avais rien vu de si beau ; son visage respirait une bonté et une tendresse ineffables. Mais ce qui me pénétra jusqu’au fond de l’âme, ce fut le ravissant sourire de la Sainte Vierge » (Manuscrit A 30r°). Toute sa vie, sainte Thérèse va se laisser imprégner par cette tendresse maternelle dont elle a entrevue l’espace d’un instant toute la douceur.

Pour sainte Thérèse, y a-t-il un rapport entre la « petite voie » et la Sainte Vierge ? Oui, la Sainte Vierge Marie est l’exemplaire idéal de la petite voie.

« L’amour des humbles vertus, la vie régulière et cachée de la carmélite, ses épreuves intimes ont incité Thérèse à vivre avec la Vierge de Nazareth dans sa “petite maison” […]. Elle choisit donc, par goût et par nécessité, la mariologie de Nazareth qui conduit à l’imitation. Cette mariologie, qui prône les vertus de la “voie commune”, reflète l’expérience personnelle de la carmélite et son idéal de “petitesse”. » Abbé Christian Dumoulin, Thérèse icône de Marie., p 114-117.

Tu me le fais sentir, ce n’est pas impossible
De marcher sur tes pas, ô Reine des élus, L’étroit chemin du Ciel, tu l’as rendu visible
En pratiquant toujours les plus humbles vertus. Auprès de toi, Marie, j’aime à rester petite. Poésie 54, 6

Bienheureux Charles de Foucauld (1858 – 1916)

Quel est le mystère marial qui nourrit la vie de missionnaire du Père de Foucauld ?

C’est le mystère de la Visitation, qui révèle la dimension apostolique de la vie à Nazareth. « Ô ma mère, faites que nous soyons fidèles à notre mission […], que nous portions fidèlement au milieu de ces pauvres âmes plongées dans l’ombre de la mort, le divin Jésus, et en établissant au milieu d’elles la sainte Eucharistie, et son culte et en leur montrant la vie de Jésus dans la nôtre […]. Ô mère chérie, c’est votre propre mission, la première que Jésus vous ait confiée, que vous avez daigné partager avec nous, en nous appelant à cette vie ! » Frère Charles de Jésus, le 2 juillet 1898, fête de la Visitation.

Dom Gérard (1927 – 2008), un ami de Pèlerinage de Chrétienté.

Pourriez-vous citer 2 exemples de sa dévotion mariale ?
Sa devise abbatiale, « Per te Virgo » 
est tirée de la séquence liturgique Stabat Mater : « Per

te Virgo, sim defensus in die judicii – par vous, ô Vierge, que je sois défendu au jour du jugement ». La prière d’intercession qu’il conseillait à ses moines : le soir après Complies, toute la communauté se met à genoux au pied de la statue de la Sainte-Vierge qui tient l’enfant Jésus dans ses bras. Comme un condensé de cette journée d’intercession à travers le travail et la prière, dire 3

« Je vous salue Marie » 1/ pour nos communautés, 2/ pour nos familles, et 3/ pour nos patries.


Bibliographie – Pour aller plus loin

« Réflexion théologique sur la doctrine mariale du Père Kolbe », p. 199 à 239, par le Père M .D. PHILIPPE, OP, L’Étoile du matin., Entretiens sur la Vierge Marie, Le Sarment Fayard, 1989.

Abbé Christian DUMOULIN, Thérèse, icône de Marie, Thérèse de l’Enfant-Jésus et la Mère de Dieu, Dominique Martin Morin, 2003.

Frère Charles de Jésus, Œuvres spirituelles., Anthologie, Ed. Du Seuil, 1965. Voir « Vierge Marie » à la table analytique.