VIDÉOFORMATION NDC N°85: QUELLE EST L’HISTOIRE ET L’ORIGINE DU ROSAIRE?

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Entretien avec le Père Augustin-Marie, prêtre de la Fraternité Saint Vincent Ferrier du couvent de Chémeré

« Quelle est l’histoire et l’origine du Rosaire ? » Que signifie le mot « Rosaire » ?

Dans le vocabulaire médiéval, le mot « Rosaire » a deux significations :
1° le mot « Rosaire » signifie un « florilège », c’est-à-dire une collection de textes dans un domaine donné : aussi bien la médecine que la philosophie, le droit, ou encore des recueils de sermons ou de prières ;
2° le mot « Rosaire » désigne aussi une « couronne », une couronne de fleurs offerte en gage d’amitié ou d’amour pour des fiancés. La dévotion médiévale portait facilement à offrir à la Vierge, qui est « Notre Dame », un gage d’amour.
Ces deux significations se sont confondues pour donner le sens que nous connaissons au mot « Rosaire », qui est à la fois une collection de prières offertes à la Vierge avec une méditation sur ses mystères et aussi cette couronne de fleurs que sont les « Ave » qui lui sont offerts.

Quelle est l’origine du Rosaire ?

L’origine du Rosaire est à trouver dans les pratiques de prière monastique au IX-Xsiècles. Deux pratiques vont s’agréger peu à peu : la récitation et la méditation.
1° pour la récitation, ce sont surtout les moines, notamment cisterciens, qui seront à l’origine de cette prière répétitive des « Ave ». Tandis que les frères clercs chantaient au chœur le psautier de David, avec ses 150 psaumes, on faisait prier aux frères convers le « psautier de la Vierge », c’est- à-dire 150 « Je vous salue, Marie ».

2° pour la méditation, ce sont les milieux chartreux des régions rhénanes qui développeront une prière personnelle et méditative. Par la contemplation, on cherche à entrer dans les mystères de la vie du Christ et de Marie. Pour soutenir l’effort de l’intelligence et du cœur, on utilisera soit des images représentant les scènes de la vie du Christ, soit les clausules.

Quand on combine cette récitation des Ave avec le souci de rentrer dans les mystères du Christ, on obtient ce qu’on appelle le Rosaire.

Qu’est-ce qu’une « clausule » ?

Les clausules viennent du génie des grands contemplatifs que sont les Chartreux. Pour maintenir l’attention sur le mystère évoqué, ils ont pris l’habitude d’ajouter une formule conclusived’où le nom de « clausules », à la récitation de la première partie du « je vous salue Marie ». Par exemple : Je vous salue, Marie, pleine de grâces.

Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
et béni le fruit de vos entrailles, Jésus…
– né dans la crèche à Bethléem ;
– adoré par les mages ;
– flagellé par les soldats ;
– ressuscité d’entre les morts ;
Cette clausule, change à chaque dizaine, donne une certaine variété dans la récitation et permet de redonner l’attention au mystère évoqué en le signifiant par les mots.

Cet usage des clausules, qui s’élabore au début du XVe siècle, aura un grand succès dans les couvents d’abord, puis ensuite parmi les confréries de laïcs qui veulent prier la Vierge et qui trouveront très adaptée cette prière à la fois simple mais riche, puisqu’elle rappelle de manière très rapide et intuitive tous les mystères de l’Évangile, tous les mystères de la vie du Christ et de Marie.

Quel lien y a-t-il entre saint Dominique et le Rosaire ?

Nous avons rappelé les deux aspects de la genèse du Rosaire : méditation et récitation. Il y eut ensuite la diffusion ou l’apostolat du Rosaire. Il se fait sous l’influence d’un dominicain du XVsiècle, le bienheureux Alain de La Roche. Il fut le grand propagateur du Rosaire, au moyen notamment des confréries du Rosaire qu’il a fondées d’abord à Douai (1470), puis à Cologne (1475). Ces confréries regroupèrent rapidement des centaines de milliers d’adhérents.

A cette époque (fin du XVe siècle), on a associé le Rosaire à la figure de saint Dominique. Le bienheureux Alain de la Roche estimait que le Rosaire avait été donné directement par la Vierge à saint Dominique. Si ce don du Rosaire à saint Dominique relève plus de la légende que de l’histoire, il est très probable que saint Dominique a une grande importance dans la diffusion de la prière récitée et répétitive de l’Ave. Au début du XIIIe siècle, dans les premières générations de l’Ordre, on constate un engouement dans les couvents dominicains pour cette récitation répétitive de l’Ave, comme on l’avait déjà connue chez les cisterciens. Cette dévotion à l’Ave s’est très probablement développée sous l’influence de saint Dominique lui-même.

Quels sont les grandes figures spirituelles attachées à la dévotion au Rosaire ?

Saint Dominique, Alain de la Roche évidemment.
Au XVIe siècle, il faut nommer saint Pie V qui en 1569 fixera la dévotion au Rosaire, telle que nous la connaissons aujourd’hui. La grande victoire militaire de Lépante en 1571 sera considérée comme ayant été obtenue par la prière du Rosaire.
Saint Louis-Marie Grignon de Montfort (1673-1716), tertiaire dominicain, sera, dans l’ouest de la France, un immense propagateur du Rosaire à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe.
On peut aussi nommer le bienheureux Bartolo Longo (1841-1926), tertiaire dominicain lui aussi : il fera construire un sanctuaire à Notre-Dame du Rosaire à Pompéi avec des œuvres formidables, œuvres sociales notamment, qui se déploieront à partir de ce sanctuaire marial.

Comment le Rosaire organise-t-il la contemplation des mystères du Christ ?

A la fin du XVsiècle, le Rosaire avec ses trois séries de mystères (joyeux, douloureux, glorieux) est fixé.
Cette série suit la chronologie du la vie du Christ et de Marie, mais aussi sa logique, qui est significative par elle-même : l’entrée du Verbe dans le monde, son action, sa geste parmi nous, et son retour au Père.


Bibliographie – Pour aller plus loin :

Sur le site de Notre-Dame de Chrétienté : www.nd-chretiente.com : de nombreux articles ou chapelets médités sont à votre disposition dans la rubrique « formation ».

« Le Rosaire dans ma vie » TRP Louis-Marie de Blignières – Editions DMM, 2015.
« Le secret du Rosaire » – saint Louis-Marie Grignon de Montfort – Éditions Traditions Monastiques