VIDÉOFORMATION NDC N°92: COMMENT DÉFINIR LA VERTU DE TEMPÉRANCE?

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Entretien avec l’abbé Philippe Laguérie, prêtre de l’Institut du Bon Pasteur

Comment définir la vertu de Tempérance ?

La vertu de tempérance est une vertu de la volonté dont le rôle est de ne pas se laisser dominer par tous les plaisirs, c’est-à-dire ses passions faciles, tandis que la vertu de force a pour objet de tenir les passions difficiles.

Les passions faciles, c’est :

  • –  le manger, on ne doit pas manger trop.
  • –  la sobriété dans la consommation des alcools.
  • –  les drogues qui sont une manière d’addiction, il faut tenir ça.
  • –  tous les plaisirs de la chair.Un homme qui ne tient pas ses passions n’arrivera pas à être juste. Il sera mené comme la plupart des hommes par ses passions, par sa libido, par sa gourmandise, par l’alcool, etc. Quand il aura un choix à faire, au lieu de faire le bon choix, il suivra ses passions. Cette vertu de tempérance est indispensable.

Pouvez-vous citer des exemples de mise en œuvre de la vertu d’espérance dans le Nouveau Testament ?

Dans le Nouveau Testament la tempérance est recommandée sans arrêt, « Sóbrii estóte, et vigiláte » :« Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. » (1ère Epitre de Pierre 5,8)

Saint Jean-Baptiste a vécu comme ermite au désert vêtu d’une peau de chameau très peu confortable, ne buvant jamais d’alcool et mangeant des sauterelles, ce n’était pas le grand luxe !

Tous les saints du Nouveau Testament également, qui donnent cet exemple et prêchent comme saint Paul la tempérance. Saint Paul demande à Timothée de vivre avec modération, justice et piété pour mériter la vie éternelle.

La vertu de tempérance consiste-t-elle uniquement à maîtriser ses sens et le sensible ?

Il ne faut pas se laisser dominer par les sens et le sensible. Il y a un juste milieu, il y a une mesure, il faut gérer ses plaisirs selon la justice, selon la droite raison, selon ce que dicte la prudence et c’est indispensable à la pratique de la justice et à la vie chrétienne en général.

Peut-on dire que la tempérance, c’est agir avec mesure en tout ?

Oui, pour ce qui concerne les plaisirs, les deux ou trois grands plaisirs que peut avoir un homme dans la vie : celui du manger, du boire, du plaisir de la chair. Il faut contrôler cela.

Quand un homme aime sa femme, c’est tout à fait contrôlé parce que c’est bien. C’est pour la justice et la prospérité de leur union.

Quand il tombe amoureux de sa secrétaire c’est catastrophique, cela s’appelle l’adultère. Il y a tout ce qui va avec la justice : on abandonne ses enfants, c’est la catastrophe.

Quelqu’un qui n’est pas tempérant, s’il reprend deux fois de la crème au chocolat ce n’est pas catastrophique mais s’il commence à s’amuser avec l’alcool, les drogues, les affaires de sexe, alors on le voit très vite, il met toute sa vie en l’air aussi bien dans ses rapports avec Dieu qu’avec sa famille, son métier, son patron, etc. Tout devient bancal.

À quelle béatitude se rattache la vertu de tempérance ?

C’est :

« Bienheureux les pauvres en esprit car le royaume des Cieux est à eux. ». »
(Sermon sur la montagne (Matthieu 5))

Il faut être capable d’être pauvre dans son esprit, c’est-à-dire ne pas avoir besoin des facilités de ce monde, de rechercher toujours plus de confort comme … c’est notre monde, c’est notre monde.

Si on résume la vertu de tempérance, c’est de toujours être bien ordonné par rapport à la fin, à Dieu, afin d’aller à la vie éternelle.

Il faut savoir où on va et en prendre les moyens. On est fait pour la vie éternelle, on n’est pas fait pour « jouir sans entraves » comme disaient les soixante-huitards.

Le premier mot que prononce Jésus-Christ dans sa première prédication du sermon sur la montagne c’est « Bienheureux les pauvres en esprit… ». Il ne s’agit pas de l’intellect, plus on est intelligent mieux ça vaut, mais de cette pauvreté qui fait que nous ne recherchons pas la facilité, le confort, les joies de ce monde mais qu’on soit ordonné à la vie éternelle fondamentalement.

Toutes ces vertus : force, tempérance, justice, sont surnaturelles. Elles commencent pour nous chrétiens quand on a cette perspective de la vie éternelle, c’est évident.


Bibliographie – Pour aller plus loin :

– « Sommaire théologique de saint Thomas d’Aquin» R.P. Raphaël Sineux – Éditions Pierre Téqui – « De la tempérance » Marcel de Corte – Éditions DMM
– Catéchisme de l’Église Catholique – Éditions Mame/Plon