Viens suis moi – la vocation, par Frère Martin

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Sans le prêtre, la Mort et la Passion de Notre Seigneur ne nous serviraient de rien

« N’ayez pas peur de donner votre vie au Christ ! Rien ne remplacera le ministère des prêtres au cœur de l’Eglise! Rien ne remplacera jamais une messe pour le salut du monde… Chers jeunes, ne laissez pas l’appel du Christ sans réponse ! »

Frères pèlerins, cette exhortation de Sa Sainteté Benoit XVI (Paris, septembre 2008) est vraiment l’écho évangélique de l’appel de Notre Seigneur placé en exergue de notre méditation et correspondant exactement au thème de notre pèlerinage.

Si nous voulons en effet que le règne de Jésus arrive sur la terre comme il est déjà pleinement réalisé au ciel dans la splendeur de l’Eglise triomphante des Anges et des Saints, il faut que ce « Royaume de Sainteté et de grâce » trouve sur la terre – c’est à dire pendant le cheminement de chaque génération – des artisans zélés pour le réaliser.

Certes, tout catholique, en raison même de son baptême et de sa confirmation, est concerné par le « tout instaurer dans le Christ », mais cette énergique devise de Saint Pie X ne doit pas rester un vœu stérile et chacun se doit d’œuvrer à cette tâche dans la société humaine selon sa place et ses responsabilités. Or, pour prolonger son Incarnation jusqu’à la fin des temps, Jésus a voulu fonder son Eglise en lui confiant le triple pouvoir d’enseigner, de sanctifier et de gouverner (Math.28, 18-20). Dès l’Eglise primitive, cette structure divine originelle s’est organisée en une hiérarchie qui a perduré jusqu’à nous : le Pape, successeur de Saint Pierre, le « doux Christ en terre » disait Sainte Catherine de Sienne, les Evêques unis au Pape et les Prêtres sous l’autorité des évêques sont chargés, pour chaque génération, de prolonger et de mettre en œuvre la mission évangélique dont Notre Seigneur nous a livré le contenu essentiel.

C’est dire combien il est capital de « prier pour que le Seigneur envoie des ouvriers à sa moisson » (math 9,38). L’efficacité surnaturelle de la mission et la sainteté spirituelle de l’Eglise requièrent donc que fleurissent à chaque génération de nombreuses vocations sacerdotales et religieuses. Dès lors, se justifie pleinement l’appel pressant de notre Pape cité en exergue. Comme tout être vivant, pour grandir et se développer, l’Eglise a fondamentalement besoin de deux fonctions : se nourrir et respirer. La nourriture est assurée par le sacerdoce catholique qui donne aux baptisés les grâces nécessaires au pèlerinage terrestre par la prédication de la Sainte Ecriture et par les sacrements. En cette année où s’est ouvert, le 8 décembre 2008, en même temps que se clôturait le 150ème anniversaire de Lourdes, le centenaire de la naissance au ciel de St Jean Marie-Vianney, écoutons le St Curé d’Ars, patron de tous les curés du monde, parler du prêtre :

 » Si nous n’avions pas le sacrement de l’Ordre, nous n’aurions pas Notre Seigneur. Qui l’A mis là, dans ce tabernacle ? C’est le prêtre. Qui a reçu votre âme à son entrée dans la vie ? Le prêtre. Qui la nourrit pour lui donner la force de faire son pèlerinage ? Le prêtre. Qui la préparera à paraître devant Lui ? Le prêtre, toujours le prêtre. Et si cette âme vient à mourir (par le péché grave) qui la ressuscitera et lui rendra le calme et la paix ? Encore le prêtre; vous ne pouvez pas vous rappeler un seul bienfait de Dieu, sans rencontrer, à côté de ce souvenir, l’image du prêtre… Oh, que le prêtre est quelque chose de grand.. Sans le prêtre, la Mort et la Passion de Notre Seigneur ne nous serviraient de rien… Après Dieu, le prêtre, c’est tout ! Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre, on y adorera les bêtes ! Quand on veut détruire la religion, on commence par attaquer le prêtre, parce que là où il n’y a plus de prêtre, il n’y a plus de sacrifice, et là où il n’y a plus de sacrifice, il n’y a plus de religion… Le sacerdoce, c’est l’amour du Cœur de Jésus ! »

Oui, frères pèlerins, l’âme de feu du Saint Curé d’Ars, comme celle, en notre temps de Saint Padre Pio, avait merveilleusement compris le rôle irremplaçable du prêtre…

La deuxième fonction vitale pour la Sainte Eglise, c’est la respiration. Or, la « prière est la respiration de l’âme », et la respiration de l’âme de l’Eglise est assurée par les vocations religieuses, spécialement par les vocations contemplatives. Et les congrégations religieuses consacrées à des œuvres caritatives (hôpitaux, écoles, orphelinats, etc…) n’ont d’efficacité apostolique que dans la mesure où elles sont enracinées dans la prière eucharistique : les communautés fondées par la bienheureuse Mère Thérèsa en sont la démonstration vivante ! Car toute communauté qui choisit, selon sa vocation et son charisme, de donner du temps à l’Adoration Eucharistique participe à cette fonction essentielle d’être comme le « poumon » de l’Eglise, favorisant ainsi l’extension du Royaume.

Pèlerins de Chartres, entendez au fond de votre cœur cet appel de Notre Seigneur au service de son règne ! Ne restez pas sourds et, dès maintenant, demandez-vous sérieusement: que puis-je, que dois-je faire pour répondre à Jésus qui m’appelle à faire progresser son règne ?

Notre Dame, Reine de France, Notre Dame du sacerdoce et des consacrés, Notre Dame Reine du Ciel et de la terre, embrasez nos cœurs de l’amour de votre Fils pour qu’une rayonnante phalange de vocations sacerdotales et religieuses s’engage au service du Christ Roi !

Frère Martin, prêtre, ancien pèlerin