Viens, suis-Moi – La Vocation, par Jean-Paul II

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Laissez-vous interpeller par l’amour du Christ, reconnaissez sa voix qui résonne dans le temple de votre cœur


Le Christ est « le Bon Pasteur, celui qui appelle ses brebis une par une et marche devant-elles » (Jean 10,3-4). Nous, son troupeau. Nous reconnaissons sa voix et nous partageons sa sollicitude pour rassembler son peuple et le conduire sur la voie du salut.

Je désire avant tout attirer l’attention sur l’urgence de cultiver ce que l’on pourrait appeler « les attitudes vocationnelles de fond susceptibles de susciter une authentique culture vocationnelle ». Parmi ces éléments, on peut citer : la formation de la conscience, la sensibilité aux valeurs spirituelles et morales, la promotion et la défense des idéaux de fraternité humaine, du caractère sacré de la vie, de la solidarité sociale et du bon ordre civil.

Il s’agit d’une culture qui permet à l’homme moderne de se retrouver lui-même en se réappropriant les valeurs supérieures de l’amour, de l’amitié et de la contemplation. Notre monde, travaillé par des transformations souvent déchirantes, a besoin plus que jamais du témoignage d’hommes et de femmes de bonne volonté, et spécialement celui de vies consacrées aux valeurs spirituelles les plus hautes et les plus sacrées, pour que ne fasse pas défaut à notre temps la lumière des plus sublimes conquêtes de l’esprit.

L’on trouve aujourd’hui, très répandue, une culture qui induit les jeunes à se contenter de projets modestes, très en dessous de leurs possibilités. Mais que tous sachent, qu’en réalité, il y a dans leur cœur, face aux conquêtes éphémères, inquiétude et insatisfaction ; il y a en eux le désir de grandir dans la vérité, dans l’authenticité et dans bonté : il y a l’attente d’une voix qui les appelle par leur nom. Cette inquiétude, du reste, est précisément le signe de la nécessité inaliénable de la culture de l’esprit.

La pastorale des vocations, aujourd’hui, s’est développée à partir de cette dimension historico-culturelle, qui met en évidence, non seulement la crise, mais aussi le réveil des vocations. Il est donc nécessaire de promouvoir une culture vocationnelle qui sache reconnaître et accueillir cette aspiration profonde de l’homme, qui amène à découvrir que seul le Christ peut lui dire toute la vérité sur sa vie. Lui qui a pénétré d’une manière unique et absolument singulière dans le mystère de l’homme (le Rédempteur de l’homme, 8) dévoile pleinement l’homme à l’homme et lui fait connaître sa sublime vocation (Gaudium et spes, 22) : La vie est un don totalement gratuit, et en dehors de la perspective du don de soi, il n’existe pas d’autre manière de vivre digne de l’homme. Le Christ, Bon Pasteur, appelle tout homme à se reconnaître en cette vérité.

La vocation naît de l’amour et porte à l’amour, parce que « l’homme ne peut vivre sans amour ». (Le Rédempteur de l’homme, 10). Cette culture de la vocation est à la base de la culture de la vie nouvelle, qui est une vie de gratitude et de gratuité, de confiance et de responsabilité ; en son fondement, elle est une culture du désir de Dieu, qui donne la grâce d’apprécier l’homme pour lui-même et de revendiquer de façon incessante sa dignité face à tout ce qui peut l’opprimer dans son corps et dans son âme…

Je m’adresse par dessus tout, à vous chers jeunes ! Laissez-vous interpeller par l’amour du Christ, reconnaissez sa voix qui résonne dans le temple de votre cœur. Accueillez son regard lumineux et pénétrant qui ouvre les sentiers de votre vie sur les horizons de la mission de l’Eglise, engagée, aujourd’hui plus que jamais, à enseigner à l’homme son être véritable, sa fin, son destin et à dévoiler aux âmes fidèles les ineffables richesses de la charité du Christ. N’ayez pas peur de la radicalité de ses requêtes, parce que Jésus, qui nous a aimés le premier, est prêt à donner tout ce qu’il vous demande.

S’il vous demande beaucoup, c’est parce qu’il sait que vous pouvez donner beaucoup. Jeunes, prêtez la main à l’Eglise pour conserver le monde jeune et réagissez à la culture de la mort par la culture de la vie !…

Je m’adresse encore à tous ceux qui sont appelés à définir et à approfondir la culture vocationnelle : aux théologiens, pour que cette culture ait avant tout un solide fondement théologique ; à ceux qui œuvrent dans les mass-médias, pour qu’ils sachent entrer en dialogue avec les jeunes ; aux éducateurs, pour qu’ils sachent répondre à leurs aspirations et à leurs sensibilités ; aux directeurs spirituels, pour que chacun puisse être aidé à connaître cette voix qui l’appelle par son nom.

Je m’adresse enfin à vous qui êtes déjà consacrés au Seigneur, et de manière particulière, à vous prêtres : ayant déjà entendu et reconnu l’appel du Bon Pasteur, prêtez votre voix à Celui qui aujourd’hui encore en appelle beaucoup d’autres à le suivre ! Tournez-vous vers les jeunes en leur faisant comprendre la beauté de la marche à la suite du Seigneur, en les accompagnant sur les sentiers parfois difficiles de la vie, en témoignant surtout par votre vie de la joie d’être au service de Dieu.

Et maintenant ensemble, prions :

Seigneur Jésus Christ Bon Pasteur de nos âmes, Toi qui connais tes brebis et sais comment rejoindre le cœur de l’homme, ouvre l’esprit et le cœur des jeunes qui cherchent et attendent une parole de vérité pour leur vie ; fais leur comprendre que seulement dans le mystère de ton Incarnation ils trouveront pleine lumière ; réveille le courage de ceux qui savent où chercher la vérité, mais craignent que ta demande ne soit trop exigeante ; mets en mouvement l’âme de ces jeunes qui voudraient Te suivre, mais qui ensuite ne savent pas surmonter les incertitudes et les peurs, et finissent par suivre d’autres voies et d’autres sentiers sans débouché.
Toi qui es la Parole du Père, Parole qui crée et qui sauve, Parole qui illumine et qui soutient les cœurs, triomphe par ton Esprit des résistances et des atermoiements des âmes indécises ; suscite en ceux que Tu appelles, le courage de la réponse d’amour : « Me voici, envoie-moi » (IS6.S).
Vierge Marie, jeune fille d’Israël, soutiens de ton amour maternel les jeunes auxquels le Père fait entendre sa Parole ; soutiens ceux qui sont déjà consacrés. Qu’ils répètent avec Toi le oui d’une donation joyeuse et irrévocable.

Message de Sa Sainteté Jean-Paul II pour la journée des vocations