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Notre-Dame de Chrétienté - pèlerinage de Pentecôte de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres

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Le pèlerinage 2014

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Sermon du samedi


SERMON du RP GERENTET de SALUNEAUX
lors de la Messe du samedi de la Pentecôte 2002,
en forêt de verrières


Frères Pèlerins, quelle réalité sommes-nous venus chercher ici? Un exploit sportif genre "cross du Figaro" ? Une rencontre, amicale dans de joyeuses retrouvailles ? NON ! Nous ne devons chercher ici que la CONVERSION ! Ecoutez donc les paroles d'espérance que vous chante l'introït de cette vigile de Pentecôte :

" Lorsque ma sainteté aura resplendi parmi vous, je vous rassemblerai de toutes les régions de la terre. Je ferai couler sur vous l'eau qui purifie et vous serez lavés de toutes vos souillures. Je mettrai en vous un esprit renouvelé." "L'eau qui purifie" est celle de notre baptême qui nous a purifiés du péché originel et qui nous a restaurés dans la sainteté originelle, cette harmonie splendide dans laquelle Dieu nous a créés "à son Image et à sa ressemblance"...

Mais qu'avons-nous fait de cette sainteté originelle ? Hélas, nous le savons, nous l'avons profanée, souillée par nos péchés: sortis immaculés, au matin de notre baptême, des mains et du cœur de la sainte Eglise, "plongés" (sens premier du verbe "baptiser") dans le sang rédempteur de Notre Seigneur Jésus Christ qui a fait de nous une créature nouvelle, nous avons succombé très tôt aux caresses perfides du monde des ténèbres qui a su chatouiller en nous cet orgueil quasi congénital, source de toute désobéissance et donc de tout péché...

Or, nous le savons, tout pèlerinage, comme toute retraite, est un appel pressant à la conversion, et qu'est-ce que se convertir sinon changer de route, nous détourner de tout ce qui nous a conduits au péché pour nous tourner vers Dieu notre seule fin ? Mais pour se détourner du péché, encore faut-il le découvrir en nous ! Or, le monde dans lequel nous vivons s'est tellement construit sans Dieu et contre Lui que nous sommes tous intoxiqués au point de ne plus voir où se trouve le péché, quelles sont les pensées, les paroles ou les actes qui le traduisent. Nos âmes ressemblent alors à ces corps rongés insidieusement par un cancer dont on ne découvre la gravité qu'au moment où l'on vient à en souffrir mais dont l'évolution est telle que l'on n'a plus d'espoir de le guérir ...

Le cancer de nos âmes, c'est le péché :voulez-vous, frères pèlerins, en découvrir la gravité et les formes multiples à l'aide d'un sérieux examen de conscience tel celui que vous trouvez dans votre livret du pèlerin . ?..

Dans ce nécessaire examen de conscience, deux dangers nous guettent : l'aveuglement et l'orgueil. L'aveuglement d’abord se traduit le plus souvent par un argument simpliste : « Puisque tout le monde agit ainsi, cela ne doit pas être si grave ! » Et nous camouflons ainsi la gravité de nos péchés ! Deux exemples parmi bien d'autres :

- Ce n'est pas parce que beaucoup de jeunes gens et de jeunes filles pratiquent les relations conjugales avant le mariage que ces relations cessent pour autant d'être coupables, et pour rendre ces relations en quelque sorte plus "convenable", l'on a même inventé l'expression "cohabitation juvénile" : Oh qu'en terne galant, ces choses-là sont dites...

- Ce n'est pas parce que les lois civiles de nombreux états ont banalisé l'avortement que celui-ci cesse d'être un crime abominable que le vocabulaire usuel tente là encore de camoufler en IVG...

Le deuxième danger qui nous guette pour découvrir lucidement nos péchés, c'est l'orgueil : nous n'aimons pas voir clair en nous, nous n'aimons pas constater que nous nous trompons ! Cela blesse l'image de marque que nous nous faisons de nous-mêmes ! De plus, nous refusons de nous soumettre à des "commandements" qui nous sont pourtant donnés pour éclairer notre intelligence et fortifier notre volonté.

Si donc, nous sommes conscients de ces difficultés pour débusquer le péché et nous convertir, il nous faut alors prendre les bons remèdes. J'en vois deux principaux :

- Le premier nous est offert par le thème même de notre pèlerinage: les Béatitudes sont un chemin de conversion et de sainteté parce qu'elles développent les dispositions évangéliques essentielles pour lutter contre l'orgueil humain.

Or la première des Béatitudes -celle qui est la "clé" de toutes les autres - nous invite à l'"esprit de pauvreté" : "Bienheureux les pauvres en esprit, bienheureux ceux qui ont l'esprit de pauvreté.." Jésus nous invite, là, à un esprit de détachement de toutes les richesses matérielles et spirituelles dont un être humain peut être comblé. C'est un esprit de confiance absolue en Dieu de qui seul provient toute grâce. Et la "sœur jumelle" de cet esprit de pauvreté, c'est l'humilité : celui qui a l'esprit de pauvreté ne peut qu'être humble, car il connaît sa fragilité, sa faiblesse, sa misère et il attend et désire de tout son cœur d'être comblé des seules grâces divines. Ce double esprit de pauvreté et d'humilité est merveilleusement exprimé dans cette prière de Saint Ignace :"Prenez, Seigneur, et recevez ma liberté, mon intelligence et toute ma volonté. Tout ce que j'ai et possède, vous me l'avez donné. Je vous rends tout : disposez-en selon votre bon plaisir. Donnez-moi seulement votre amour avec votre grâce : Je suis dès lors assez riche et ne vous demande rien de plus". Pauvreté et humilité sont donc les dispositions indispensables à toute conversion comme aussi les critères infaillibles qui nous maintiennent dans le chemin de la conversion et de la sainteté.

- Le deuxième remède pour une bonne et durable conversion, c'est le don-de crainte qu'il faut réclamer à l'Esprit Saint de développer en nous.

C'est une disposition habituelle pour nous tenir en respect devant la majesté de Dieu, dans la dépendance et la soumission à sa volonté et nous éloigner de tout ce qui peut Lui déplaire. Saint Ignace nous apprend que ce don de crainte comporte deux degrés : la crainte servile et la crainte filiale.

La crainte servile nous fera éviter le péché en raison des châtiments inévitables qu'il nous mérite ; la crainte filiale nous fera éviter le péché parce qu'il offense un Dieu dont nous découvrons l'amour inépuisable à notre égard: C'est la crainte de blesser l'amour de Jésus-Christ. qui, par les mérites infinis de sa Croix, a racheté nos âmes. Cette crainte filiale nous rend maîtres de toutes nos inclinations pour les soumettre aux exigences de la charité divine. Elle est crainte de manquer à Dieu en quoi que ce soit, crainte de déplaire à Celui que l'on aime. C'est enfin une crainte confiante, car si nous craignons tout de notre faiblesse, nous espérons tout de la grâce de Dieu.

Esprit de pauvreté et d'humilité, Crainte de Dieu : voilà donc les deux remèdes pour notre conversion : demandons-les à Notre Seigneur Jésus Christ par l'intercession de Saint François d'Assise, protecteur et guide de notre journée, qui a su si bien, comme son Maître, se rendre "doux et humble de cœur".

Orientés par la béatitude de la Pauvreté, fortifiés par le don de Crainte, vous devez désormais, frères pèlerins, réaliser l'acte essentiel à toute conversion : plonger vos péchés dans le cœur de Jésus par la confession sacramentelle. Vous le savez : pour marcher plus allègrement, nous nous allégeons des fardeaux inutiles... Allégeons donc nos âmes du fardeau de nos péchés pour mieux progresser dans la voie de la conversion ! Surtout, frères pèlerins, ne vous laissez pas arrêter par de faux prétextes, les trois objections classiques que je voudrais lever :

- l’ignorance :"II y a si longtemps que je ne me suis pas confessé... Je ne saurai pas faire !" Rassurez-vous, les prêtres, eux, savent confesser, et si vous ne savez pas quoi dire, ils vous souffleront !

- la honte : que va penser de moi le prêtre devant l'étalement de ma poubelle ?!" Je vous l'affirme : le prêtre ne pense rien. Mais je puis aussi vous affirmer que la grâce sacerdotale le conduit à admirer l'honnêteté et l'humilité du pécheur qui se recourait tel devant Dieu par son intermédiaire ... Et n'oubliez pas que l'humiliation de l'accusation est source de grâces !

- la récidive :" A quoi bon me confesser puisque je sais que je risque de recommencer les mêmes fautes, et je ne suis pas sûr de ma contrition !" Attention ! La contrition est une grâce surnaturelle qu'il faut demander avec insistance dans la prière. Quant à la récidive possible, réfléchissez : lorsque je suis malade dans mon corps, je vais rencontrer le médecin aussi souvent que le réclame les différentes phases de la maladie. Le médecin de mon âme, c'est Notre Seigneur Jésus Christ, et il a voulu, dans sa miséricorde qui connaît ma faiblesse, que son pardon soit sollicité aussi souvent que le réclame mes rechutes : plus je suis récidiviste, plus j'ai besoin du pardon de Dieu, et cela n'empêche pas les efforts persévérants d'une thérapie vigoureuse !

Allez, frères Pèlerins, ne résistez pas à la grâce, ne laissez pas "chômer" notre sacerdoce : nous avons "faim" de vous faire goûter l'immense miséricorde de Jésus. Après une bonne confession vous comprendrez mieux ces paroles de Jésus que nous venons d'entendre au terme de l'évangile de ce jour :" Celui qui possède mes commandements et les observe, c'est celui-là qui m'aime. Or celui qui 'm'aime, mon Père l'aimera, et moi aussi, je l'aimerai, et je me révélerai à lui."

Alors, frères Pèlerins, avec Notre-Dame et Saint François, vous chanterez : ALLELUIA !


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